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Poèmes

Rester qui je suis

18 août 2017 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - Aucun commentaire

Rester qui je suis
Dans les brises légères ou les fracas d’orages
Dans les flots tranquilles ou les houles sauvages
Dans les jours de paix ou de feux qui ravagent

Rester qui je suis
Dans les mains tendues ou les couteaux dressés
Dans les plumes de colombe ou les fusils armés
Dans les voiliers tranquilles ou les camions béliers

Rester qui je suis
Dans les bonnes nouvelles ou dans les cataclysmes
Dans les rencontres vraies ou dans les intégrismes
Dans une vie sauvée ou un corps en séisme

Rester qui je suis
Dans le sourire aimable ou l’invective acide
Dans le geste donné ou la haine homicide
Dans le mot qui apaise ou le cri déicide

Rester qui je suis
Dans le souffle divin ou l’haleine fétide
Dans l’eau rafraîchissante ou le désert aride
Dans les pensées heureuses ou les desseins putrides

Rester qui je suis
Aimer qui Tu es
Prier que Tu sois
Concorde et liberté

 

Véronique Belen        Août 2017

Froidure

6 janvier 2017 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - Aucun commentaire

Le froid, polaire
Le chagrin, submergeant
Visages inconnus dans leurs vêtements sombres
La larme au coin des yeux
Le sourire embué
Ils se retrouvent là où personne ne voudrait.

Assemblée dense et silencieuse
L’instant est lourd
La peine partagée
Deux frères, une sœur, si jeunes encore
On voudrait conjurer l’acharnement du sort.

Je le découvre dans l’hommage
Lui que je ne connaissais pas
Je le devine chaleureux, amical, bon papa.

Elle, longue liane brune
Presque ma fille déjà
Les mots serrés dans un sanglot
Bousculés par l’amour filial
Elle rend un vibrant témoignage
De leur complicité au fil des jours ;
Son adieu s’attarde dans leurs souvenirs
Et nos larmes coulent sans plus se retenir.

Presque ma fille déjà
Je l’étreins, je suis là
Et je supplie le ciel
D’où père et mère les voient
D’épargner désormais et leurs cœurs, et leurs pas.

 

Véronique Belen       Janvier 2017

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Elle existe
Et Tu le sais
Elle est l’un de tes noms
Toi, chemin et vie
Seigneur Jésus, pont vers la Vérité

Tu avais encore beaucoup de choses à leur dire
Mais ils n’étaient pas prêts à les porter
Un autre temps et leur ignorance
Leur susceptibilité et ta transcendance

Ils l’ont trahie bien des fois
L’ont travestie
L’ont imposée comme loi
Mais sans jamais la saisir tout entière
Car nul n’a joui en plénitude de l’Esprit

Seigneur bien-aimé
Toi le Père et toi le Fils
J’ai tant désiré la Vérité
Tant quêté les mystères de l’Esprit
Dans les déserts et les plénitudes
J’ai tant erré et tant accueilli

La Vérité est une aux sources de l’Esprit
Elle se révèle à qui te prie
A qui se dépouillerait de tout pour elle
A qui endurerait sans fin sarcasmes et jets de pierres
La Vérité existe, tu me l’as dit
la Vérité est flamme qui brûle jusqu’en nos nuits
Elle est belle, et pure, et infinie
La Vérité : ton Nom uni à l’Esprit

Véronique Belen         Novembre 2016

Tu te révèles

19 octobre 2016 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - Aucun commentaire

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Tu te révèles
Toi la lumière de mes ombres
Comme dans le bain d’une photo argentique
Reflet brillant d’un négatif énigmatique

Tu te révèles
Dans ces reproches acrimonieux
Qui pleuvent sur une prose nostalgique
Tu réajustes mes fidélités

Tu te révèles
Dans les mots donnés à une autre
Dans un ton, un style, une confidence
Dans un écho de ta clémence

Tu te révèles
Dans le dénigrement de mes combats
Dans cette arène où je me bats
Tu me fais signe, et je te vois

Tu te révèles
Dans les mots qui voulaient blesser
Dans la contestation de mes pensées
Tu compatis du haut de ta croix

Tu te révèles
Et je te reconnais
Dans la transparence de tes traits
Dans l’évidence de ta résurrection
Dans les matins de justification

Voix trahie
Voie de vérité
Tu te révèles
Et je le sais

Véronique Belen          Octobre 2016

Repose ta tête, Bien-Aimé

28 septembre 2016 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - 1 commentaire

Oratoire Tamié

Repose ta tête contre mon cœur, Bien-Aimé
Je ne te demanderai pas qui tu es
Je ne te demanderai pas si tu Es
Je ne te poserai pas de questions qui fatiguent
Je n’entrerai pas en contestation avec Toi

Repose ta tête contre ma foi, Bien-Aimé
Je ne douterai pas de ton humanité
Je ne douterai pas de ta divinité
Je ne te chercherai aucun géniteur
Je ne déplierai pas le linceul laissé là

Repose ta tête dans mes mains, Bien-Aimé
Je porterai avec respect le Saint Sacrement à mes lèvres
Je te consacrerai mon labeur quotidien
Je verrai ton visage diaphane en mon prochain
Je ne renierai pas la croix de tes douleurs

Repose ta tête en mon âme, Bien-Aimé
Je t’y ferai un nid de prière et de joie
Un terrier d’amour et de foi
Je cueillerai la grappe mûre au milieu des sarments
Nous la partagerons, ivres de nos serments

Véronique Belen          Septembre 2016

 

Image : Christ de l’oratoire de l’hôtellerie à Tamié

Gethsémani

20 août 2016 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - Aucun commentaire

Jésus à Gethsemani

Partager Ta solitude
Un court moment à Gethsémani
Prendre avec Toi la route de la foi
De la confiance qui ne s’ébranle pas

Attendre dans le silence un signe qui dise oui
Quelques mots d’empathie
Qui mettent un terme à la requête
De presque toute une vie

Guetter dans le sommeil des plus proches amis
La main qui se tendra
Les mots qui justifient
Le vol d’un ange qui aurait tout compris

Souffrir dans l’ombre un moment
Sous l’olivier de Gethsémani
Pleurer des larmes d’encre
Auprès de Ton cœur qui gémit

Etreindre le silence
L’attente de la fin de la nuit
Savoir que veille le Père
Quoi que nous fasse le monde
Près de Toi, à Gethsémani

Véronique Belen                 Août 2016

Source image : http://yann.lelay.free.fr/L’oratoire.htm

Vis quand même !

6 juillet 2016 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - Aucun commentaire

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On t’a arraché tes amours
La chair de ta chair et l’auteur de ses jours
Tu es dévastée, accablée, le rire ne coule plus
Vis quand même !

Continuer n’a plus de sens
Tu te débats dans la souffrance
Chaque matin se lève sur le glaive de tes souvenirs
Vis quand même !

L’objet de ta fierté est sous la terre
Le silence habite ses murs
Son visage te hante et fuit tes baisers tendres
Vis quand même !

Le ciel te semble vide au-dessus de ta détresse
Tu ne sais pas les mots pour quêter son aide
La mort est une absurde fin, tu l’espères délivrance
Vis quand même !

On te couvre de conseils maladroits
De mots qui te blessent, de regards atterrés
Et tu te noies encore dans la culpabilité
Vis quand même !

Tu m’as tendu une main hésitante
Tu m’as ouvert un cœur ravagé
J’ai rencontré ton âme délicate
Et je me suis prise à l’aimer
Vis quand même !

Pour ceux qui restent, pour ceux qui t’aiment
Pour la vie qui n’est pas finie
Pour le jour qui se lève après la nuit
Vis quand même, je t’en supplie !

Véronique Belen        Juillet 2016

Trois printemps

16 avril 2016 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - Aucun commentaire

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Deux hivers et un automne
Pour me donner trois printemps
Quand la nature s’endormait
Ils ont aspiré la vie à pleins poumons

Je ne suis pas encore revenue de mon émerveillement
Malgré tant de fatigue et de cris
Et de rires aussi
Malgré les années labeur
Et les grincements de dents
Entre leurs quatorze et seize ans

Les voici devant moi, leurs ailes déployées
Un funambule du web
Artiste à succès
Une elfe blonde
Qui soignera corps et esprits blessés
Une gracieuse tornade
Qui dansera le bonheur d’exister

Les voici en avant de moi
Dans la splendeur de leur jeunesse
La force de leurs engagements
La profondeur de leurs tendresses
Dans une cohorte d’amitiés
Dans les liens forts qu’ils ont tissés

Les voici propulsés devant moi
Et je bénis le Ciel de nous les avoir donnés
Trois projets, trois désirs, trois espérances
Sous mes yeux de maman comblée

Véronique Belen         Avril 2016

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Espérance sous le frimas
Jaune soleil qui perce déjà
Au terme de ces quarante jours de désert
Du blanc du linceul jaillira ta lumière

Véronique Belen       Février 2016

A deux serviteurs fidèles

10 janvier 2016 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - 1 commentaire

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Sous la neige, il reposera
Après toute une vie donnée à sa foi
Fidèle à sa vocation
Humble doyen de sa maison

Je n’ai connu de lui
Que son visage déjà vieilli
Sa présence au milieu des frères
Son évidence dans ce monastère

J’étais là, c’était un hasard
Quand il a fêté ses neuf décennies
Dans le silence de ce long couloir
Je l’ai vu heureux avec sa famille

La mort joue avec la vie
Je pleure un curé et un moine aussi
Deux façons aussi dissemblables
De tout donner pour l’Amour véritable

A l’heure où mourut le Fils
Ce sera pour eux le dernier office
En un même instant, couverts de prières
Ils rayonneront dans la vraie lumière

Véronique Belen       Janvier 2016

Privés d’espérance

8 janvier 2016 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - 1 commentaire

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Privés d’espérance
Privés de Ciel
Difficile enfance
Aux joies artificielles

Parents sevrés de foi
Les berçant d’illusions
Un faux Père dans le froid
Sera leur déception

Rêve embué de doute
Brisé en un instant
L’enfant seul sur sa route
Comprendra qu’on lui ment

Dieu devenu tabou
Interdit d’exister
Au pays qui ne loue
Que la laïcité

Une foi sincère et sage
Il faut qu’on la muselle
Laisser pour héritage
La vacuité du ciel

Véronique Belen       Janvier 2016

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A la mort, ils n’étaient pas prêts
Goûtant les joies d’un vendredi soir
La semaine qui offre sa pause bienvenue
L’amitié, la convivialité, l’enthousiasme d’un sport, d’un concert

A la mort, ils n’étaient pas prêts
Quand ont surgi les sanguinaires
Ceux pour qui la vie n’est que secondaire
Ceux qu’arme une idéologie mortifère

A la mort, ils n’étaient pas prêts
Comme on ne l’est jamais dans nos contrées
Quand la survie n’est que le problème de quelques-uns
Quand on s’enivre de vie au-delà de la faim

A la mort, ils n’étaient pas prêts.
Une nuit d’horreur, un matin de pleurs
Nous reste la colère
A d’autres la prière

Comment dire, au cœur de cette désolation
Qu’il existe pourtant une consolation ?
Ecoute, ces jours-ci, l’Ecriture
Et espère comme moi l’aurore après la nuit
Le Retour de Celui qui, fermement, nous l’a promis

Véronique Belen     14 novembre 2015

Dernier adieu

30 septembre 2015 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - Aucun commentaire

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Sous une gerbe de fleurs aux couleurs de l’automne
Vous reposiez
Ceint de l’étole
Près de l’autel que vous avez tant servi

Dans cette église
Encore vibrante du souvenir de votre présence
Nous avons chanté pour vous
Nous avons prié à votre exemple
Vos frères prêtres vous ont béni

Nous avons fait mémoire de votre sens de l’accueil
De votre pédagogie
De la fraternité rayonnant de votre personne
Et du service fidèlement accompli

Nous nous sommes souvenus de votre ardeur à la miséricorde
De votre paternité de confesseur
De votre prière jamais tarie

Autour de votre dépouille nous nous sommes recueillis
Emus et confiants
Nous avons encore chanté Marie
Pour vous accompagner vers le seuil
De l’éternelle vie

Véronique Belen      Septembre 2015

Garder courage

21 septembre 2015 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - 2 commentaires

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Garder courage
Quand le travail se fait labeur
Quand le jour baisse
Assombrissant les heures
Quand la pluie conteste la lumière
Et que la sécheresse s’insinue dans la prière

Garder courage
Quand la nostalgie d’une présence
Etreint le cœur et bleuit l’âme
Quand la mélancolie affleure
Et ankylose l’être de sa pâleur

Garder courage
Sur le revers des tristesses
Retrouver les mots qui Te disent
Tendre l’oreille à Tes tendresses
Confier le trop-plein d’humeur grise
Se reposer sur Tes promesses

Garder courage
Le temps des mots de la foi
Le temps de fonder tout en Toi
Le temps d’oser encore un « Je crois ».

Véronique Belen      Septembre 2015

J’entends ton cri

18 août 2015 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - 2 commentaires

Guernica détail

Tu as douze ans, quinze ans, quarante ans peut-être
Et j’entends ton cri
La horde t’a enlevée
Ton père, ton frère, ton mari ont été tués
Te voilà livrée
Jaugée
Vendue
Déniée d’humanité
Et j’entends ton cri
Tu trembles sans plus aucune protection
Trop jeune pour comprendre quel calvaire t’attend
Ou trop lucide pour avoir encore envie de vivre
Et j’entends ton cri
Tu es seule au monde
Face à un tyran
Aux instincts les plus vils
Et j’entends ton cri
Il est là qui se justifie
Qui prétend son crime béni
Qui te bafoue, qui te salit
Qui déchire tes chairs et ta vie
Et j’entends ton cri

C’est la voix de ton sang et de ton honneur
Ma petite sœur yézidie
Qui hurle vers le ciel
Que ton bourreau trahit

Véronique Belen      Août 2015

Image : Guernica   Pablo Picasso (1937), détail

Source image : http://marseilleveyre13.free.fr/guernica1937/etude2.htm