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Si c’était à refaire…

30 juin 2020 | Publié par Véronique Belen dans Blog

Cette journée aurait pu donner lieu à un tendre dîner en tête à tête. Ou a une belle fête de famille.
Il y aurait eu de quoi se réjouir d’avoir partagé trente ans de vie commune. Trente ans ! J’étais belle ce jour-là dans ma robe que j’avais choisie colorée pour ne chercher à cacher à personne que j’exultais déjà d’attendre la vie. Il était beau aussi, celui que j’aimais et qui avait osé le pari fou de fonder une famille avec moi. Nous avions voulu la simplicité mais pas complètement l’intimité non plus, nous étions une cinquantaine de convives pour nous réjouir ensemble de cette vie qui nous souriait. La famille proche était au rendez-vous en ce jour heureux où nous n’avions pas encore connu de deuil déchirant. Grands-parents encore vaillants, parents présents, oncle, marraine ou cousins, frères et sœurs au complet, quelques amis aussi et déjà les enfants de la relève, la tablée était intergénérationnelle et joyeuse. Nous dansions harmonieusement sous les regards un brin soucieux de ma maman qui s’inquiétait que j’en fasse trop dans mon état de grossesse débutante. Des mets à l’ambiance, tout fut parfait.

Il me plaît aujourd’hui de m’en souvenir sans aigreur ni l’ombre d’un regret. La valse qui ouvrit le bal se poursuivit pour une quinzaine d’années, entre lumière et ombres, et nous fit parents de trois merveilleux enfants qui ne cessent de faire notre fierté et rendent notre lien indélébile.

Certes, nous n’avons pas partagé toutes ces trente années au quotidien, il y eut même de terribles tempêtes, des déchirures, des conflits, le divorce et bien des mots et des larmes chez différents psychologues pour plusieurs d’entre nous. Mais au-delà des meurtrissures du cœur et de l’âme, chacun de nous cinq a su garder intacte en lui la force de vie et le goût de l’enthousiasme dans les petites et grandes choses qu’une vie peut offrir. Reconstruit chacun sur les cendres d’un foyer bien trop conflictuel, nous avançons, parents vers la sagesse et la paix du cœur, enfants vers une vie adulte riche de conquêtes, d’intelligence à l’œuvre et de multiples talents. Non vraiment, je ne puis aucunement regretter ce jour de notre mariage, ni qu’il ait eu lieu, ni même que je l’aie commémoré seule aujourd’hui. Alors j’ai mis mes chaussures de marche et j’ai gravi des montées jusqu’à une charmante auberge de moyenne montagne et je me suis offert, seule mais en plénitude d’acceptation, un déjeuner de fête qui m’a réjoui les papilles et l’esprit. Et que pouvais-je rêver de mieux qu’un petit texto de mon mari d’il y a trente ans, apaisé lui aussi, qui disait :
« Si c’était à refaire, je le referais aussi. »

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