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Renaître de ses cendres

8 décembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog

Je n’étais pas la bienvenue, comme cela a très souvent été le cas dans les grandes étapes de ma vie.
Je ne fus pas la bienvenue dans le ventre de ma mère, et en tant que femme je le comprends très bien : aurais-je moi-même désiré un quatrième enfant en six ans de mariage ?
Je ne fus pas la bienvenue dans la vie de plusieurs jeunes gens que j’ai intensément aimés. Sans réciprocité.
Je ne fus pas la bienvenue non plus dans cette école. J’avais posé au préalable des choix professionnels mal vus aux yeux de ces collègues-là, et pour cause de ces choix, j’avais d’emblée bloqué un poste qui m’appartenait pendant plusieurs années sans exercer dessus. Malvenu aussi de ma part d’attendre, au moment où j’aurais dû revenir sur ce poste, un troisième enfant avec le choix de lui consacrer les quatre années suivantes, le poste me restant comme par miracle réservé.
Revenez sur ce poste après sept ans sans l’avoir occupé, et vous traînerez derrière vous sept ans de préjugés et de médisance. J’aurais pu craquer et partir, j’ai fait le choix de ravaler et de rester. Mais j’ai toujours été celle qui traînait des casseroles après elle.
Par chance, beaucoup de jeunes collègues adorables se sont succédé pendant des années dans cette école, et j’ai toujours noué avec elles les meilleures relations. Plusieurs sont restées, même parties ailleurs, d’excellentes amies. Pour cette raison principalement, j’ai quand même trouvé là ma place et mon bonheur. Et tenu bon dans le dénigrement fréquent de mes compétences et de mes initiatives.

Chacun le sait, quand il est peu reconnu dans son travail pour son investissement et ses qualités propres, il doute très vite de lui-même. Et ainsi, mes rapports d’inspection plutôt élogieux m’étonnaient toujours. N’étais-je donc pas une piètre enseignante ? J’ai fini par accorder plus d’importance à ce regard autorisé sur ma pédagogie qu’à la défiance dont j’étais au quotidien souvent l’objet.

Et là, il a suffi d’une semaine hors de ce contexte, dans une situation de formation continue où mes capacités étaient pleinement reconnues, il a suffi de quelques échanges avec des collègues positives et bienveillantes pour que je reprenne profondément confiance en moi et que je me sente capable d’aller de l’avant. Ici, dans cette école qui est aussi intensément la mienne et qui sans doute, le restera pour les années qu’il me reste à enseigner. A la prochaine rentrée, je suis en droit de l’espérer et de m’investir en ce sens, peut-être comme directrice.

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3 commentaires

  • Toutes mes félicitations ! Tu l’as fait !!!

  • Véronique Belen says:

    Cinq mois ont passé depuis ce billet de blog, et que de chemin parcouru ! J’ai fait mes preuves auprès de ma hiérarchie, et aujourd’hui, j’ai été nommée sur le poste de direction de mon école rurale pour septembre ! Je m’en réjouis, même si le défi est de taille. Je vais pouvoir m’investir encore davantage dans cette école que je chéris, tout en gardant ma classe à trois niveaux à plein temps.



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