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« Ceux qui rendent un culte à la sagesse célèbrent le Dieu saint, ceux qui l’aiment sont aimés du Seigneur » Ben Sira 4, 14

27 février 2019 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

La sagesse conduit ses fils à la grandeur, elle prend soin de ceux qui la cherchent.
L’aimer, c’est aimer la vie ; ceux qui la cherchent dès l’aurore seront comblés de bonheur ;
celui qui la possède obtiendra la gloire en héritage ; là où il entre, le Seigneur donne sa bénédiction.
Ceux qui rendent un culte à la sagesse célèbrent le Dieu saint, ceux qui l’aiment sont aimés du Seigneur ;
celui qui l’écoute jugera les nations, celui qui s’attache à elle sera en sécurité dans sa demeure.
S’il se confie en elle, il en prendra possession, et tous ses descendants la recevront en héritage.
Pour commencer, elle le conduira par des chemins sinueux, elle fera venir sur lui la peur et l’appréhension, elle le tourmentera par la sévérité de son éducation, jusqu’à ce qu’elle puisse lui faire confiance ; elle l’éprouvera par ses exigences.
Puis elle reviendra tout droit vers lui, elle le comblera de bonheur en lui dévoilant ses secrets.
Mais s’il s’égare loin d’elle, elle l’abandonnera et le laissera aller à sa perte.

Livre de Ben Sira (l’Ecclésiastique) 4,11-19
Textes liturgiques©AELF

Je l’ai déjà dit dans la méditation précédente, certains versets misogynes du Livre de Ben Sira me choquent profondément. Ce qui n’empêche pas que d’autres soient pleins de vérité. L’extrait ci-dessus en est un exemple.
Je trouve ce passage sur la Sagesse très juste. Oui, elle dispose de prérogatives divines et d’une incontestable pédagogie. Exactement comme il faut chercher Dieu pour avoir une chance de le trouver, il faut chercher la Sagesse et l’explorer pour avoir une chance de la saisir et de se l’approprier. Elle-même est à la recherche de l’humain, mais de manière exigeante. Elle ne se donne pas a priori avec facilité, et elle éprouve l’âme, parfois durement, jusqu’à s’y installer pour la combler de bienfaits.

Quant à la gloire qu’elle peut procurer, Ben Sira se trompait peut-être en la pensant pour ce monde. Nous savons, nous, que le Christ est ressuscité pour la vie éternelle, et que son Royaume n’est pas de ce monde. Nous savons que Marie, à Lourdes, a eu ces mots pour Bernadette Soubirous : « Je ne vous promets pas le bonheur en ce monde, mais dans l’autre. » Et il en fut ainsi.

La Sagesse s’acquiert par une quête incessante de la Vérité, la persévérance et le détachement des gloires mondaines. Mais quand elle s’éprend d’une âme, elle lui laisse bien plus en héritage : la promesse du Royaume aux côtés du Père et du Fils, dans la Gloire de ceux qui les aiment et qui se confient en eux bien plus qu’ils ne s’attachent aux créatures.

« Qui cherche la vérité cherche Dieu », écrivait la grande Edith Stein.
J’aimerais ajouter : « Qui s’approche de la Vérité trouve la Sagesse, en Dieu. »

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2 commentaires

  • « Je ne vous promets pas le bonheur en ce monde, mais dans l’autre. »
    Cette parole inspirée que Bernadette exprime et une intuition des profondeurs de sa personne comme toute parole inspirée.
    Bien souvent on considère « l’autre monde » comme « quelque chose après la mort ».
    L’autre monde n’est-il pas plutôt lorsqu’on passe ailleurs avec Jésus ?
    Ici et maintenant. C’est-à-dire lorsque l’on vit en soi-même « toutes choses nouvelles » cueillies au plus profond de soi-même, de son âme. Lorsque l’on cultive la spiritualité profonde de la fraternité. Ce que fit Bernadette après ses visions.
    Elle accrédite ainsi la réalité de celles-ci par une transformation personnelle et radicale.
    Le reste est littérature…

    • Véronique Belen says:

      Bonjour Le Voyageur.

      Je ne manquerai pas de vous lire sur votre blog. Merci pour votre passage ici.
      Mais je ne suis pas d’accord avec ce que vous exprimez ci-dessus. Je pense y discerner que vous ne croyez pas aux apparitions de Marie à Lourdes. Vous estimez que Bernadette a généré cette parole de Notre-Dame, et vous employez le mot « vision », à dessein je pense, pour éviter celui « d’apparition ».
      Je sais qu’on est libre de croire ou non en une apparition. Pour ma part, sachez que je suis extrêmement dubitative de nature sur les témoignages « apparitionnaires », si vous me connaissez un peu, vous savez peut-être même que je suis sur le net une très farouche adversaire déclarée des phénomènes de Medjugorje. J’ai écrit maintes fois, ici et ailleurs, toute ma conviction que Marie n’est jamais apparue là-bas. J’ai exactement la même réserve sur toute la nébuleuse de faux prophètes qui gravitent autour de ce faux sanctuaire.

      Par contre, et je le réaffirme, je crois profondément en Lourdes et par exemple la Rue du Bac à Paris. Et pas par mimétisme catholique, mais par respect profond pour Bernadette Soubirous et Catherine Labouré, toutes deux parfaitement humbles, simples et sincères. Qui se penche longuement et avec discernement sur leurs histoires de vie ne peut prétendre que ces deux femmes aient menti, affabulé, déliré. Et j’ajouterais qu’elles étaient déjà dans de saintes dispositions avant que Marie ne leur apparaisse à toutes deux, leur histoire n’est pas une histoire de conversion mais de cohérence entre les grâces reçues et une suite de vie toute donnée à Dieu et au prochain.

      Bernadette a vécu une vie religieuse absolument humble et discrète, avec plus de souffrance que de joie, sa santé est demeurée fragile et ses consœurs n’étaient pas tendres avec elle. Alors oui, je crois très profondément en la parole de Marie à son sujet : « Je ne vous promets pas le bonheur en ce monde, mais dans l’autre. »

      Et il en va de même pour Catherine Labouré, savez-vous que ce n’est qu’à sa mort que ses sœurs en religion ont appris qu’elle était la religieuse favorisée des grâces qui ont rendu leur chapelle si célèbre, avec abondance de grâces de conversions et de guérisons ? Personne à part ses confesseurs ne savait de son vivant que tout était venu par l’intermédiaire de Catherine.

      C’est donc offensant pour ces deux femmes de dire « le reste est littérature ».

      Apprenez que les mystiques souffrent toujours ici-bas bien davantage que leurs contemporains. Cela peut demeurer un mystère pour vous, c’est pourtant une réalité. Ils goûtent plus que quiconque à la croix du Christ, lui qui est né dans une mangeoire et mort sous le supplice, alors qu’il était innocent en toutes choses et Fils de Dieu. Si vous considérez que cela aussi, c’est de la littérature, c’est que vous êtes un curieux chrétien.



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