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Marie de Béthanie et Jésus ( Jean 12, 1-11)

25 mars 2013 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, celui qu’il avait ressuscité d’entre les morts.
On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était avec Jésus parmi les convives.

Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie par l’odeur du parfum.
Judas Iscariote, l’un des disciples, celui qui allait le livrer, dit alors :
« Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ? »
Il parla ainsi, non parce qu’il se préoccupait des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait pour lui ce que l’on y mettait.
Jésus lui dit :
« Laisse-la ! Il fallait qu’elle garde ce parfum pour le jour de mon ensevelissement.
Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours. »

Or, une grande foule de Juifs apprit que Jésus était là, et ils arrivèrent, non seulement à cause de Jésus, mais aussi pour voir ce Lazare qu’il avait ressuscité d’entre les morts.
Les chefs des prêtres décidèrent alors de faire mourir aussi Lazare, parce que beaucoup de Juifs, à cause de lui, s’en allaient, et croyaient en Jésus.

Jean 12, 1-11

De cette page d’évangile, je ne voudrais souligner que ce qui concerne Marie de Béthanie, qui est, de toutes les femmes de l’Evangile, celle qui me touche le plus, celle dont – mes amis le savent ! – je prendrai toujours la défense envers et contre tous, comme Jésus le fit face à Judas.

Marie de Béthanie est un personnage bouleversant de pureté, de foi, d’amour vrai pour le Christ. L’Evangile parle peu d’elle. On sait qu’elle est la soeur de Marthe, sans doute sa cadette, puisque Marthe se révèle toujours comme la maîtresse de maison (tout laisse à penser qu’elles n’ont plus leurs parents). Soeur de Lazare, que Jésus comptait parmi ses meilleurs amis, et pour lequel il accomplit le signe le plus fort de sa divinité : le ressusciter alors qu’il était déjà au tombeau depuis quatre jours.
Quand il vient pour accomplir ce signe, Marthe s’élance à sa rencontre. La timide Marie est restée, elle, à la maison dans son deuil, et ne viendra rejoindre Jésus que sur son appel. Et quand Jésus voit ses larmes, il se trouble (Jean 11, 33) et avec elle et les Juifs qui l’entourent, il se met à pleurer son ami. Il est peu de scènes de l’Evangile où on s’approche avec autant de réalisme de la sensibilité de Jésus, de son coeur infiniment compatissant au chagrin de ceux qu’il aime, et d’ailleurs aussi de ceux qu’il ne connaît pas.

Marie de Béthanie, celle qui était prête à endurer les récriminations de sa soeur zélée quand elle préférait vivre intensément la présence de Jésus dans leur maison en restant à ses pieds à boire ses paroles (Luc 10, 38-42), cette douce et discrète Marie va se révéler tout audacieuse dans la scène d’évangile que nous lisons aujourd’hui ( voir aussi Mt 26, 6-13 et Mc 14, 3-9 ). Elle n’écoute plus rien ni personne et va embaumer d’un parfum très précieux le corps de celui qu’elle aime – et Judas aura beau récriminer lui aussi, Marie n’écoutera que son coeur, et saura que Jésus prendra sa défense contre les hypocrites qui ne veulent pas comprendre tout l’amour qu’elle met dans son geste prophétique.

Et que d’hyprocrisie aussi depuis 2000 ans, quand on refuse de voir Marie de Béthanie telle qu’elle est, quand on ternit le souvenir de ce qu’elle a très certainement été : la première des vierges du Seigneur, donnée pour toujours par amour pour lui, et quand on ne veut pas voir en elle une pureté de sentiments aussi grande que celle de la tendresse respectueuse et chaste que lui portait Jésus. Il faut savoir lire l’Evangile entre les lignes, peut-être aussi savoir le lire avec un coeur de femme qui discerne, dans l’amour total pour le Christ, ce même amour qui a habité une autre femme, ou plutôt une jeune fille, il y a 2000 ans…

Source image : http://blog.jeunes-cathos.fr/2012/05/une-femme-amoureuse-du-christ/

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7 commentaires

  • MERLE Jean-Pierre says:

    Sommes nous capables, à l’heure actuelle, de tout donner, de tout abandonner, pour honorer Jésus-Christ, comme Marie qui a tout dépensé en l’honneur de son hôte ?
    Ce geste intime, symbolique, préfigure la montée de Jésus au ciel et Marie s’associe à cette ascension. Le geste de laver les pieds de Jésus avec du parfum, puis de les essuyer avec ses cheveux, est un acte d’Amour pur, comme le parfum. Marie est consciente que cette onction relève du sacré. Car, fille de chair, elle va s’unir en esprit avec Jésus, fils de Dieu.
    Ce lavement des pieds est aussi l’humilité parfaite. Pour s’unir à Dieu, il faut d »abord s’abaisser spirituellement, c’est-à-dire, geler ou congeler son ego. Car, c’est à la tangente de l’humilité que l’on peut toucher du doigt la présence et la puissance Divine.

    • Véronique Belen says:

      Merci pour ce commentaire, Jean-Pierre, je crois qu’il y a encore de nos jours des personnes – surtout des femmes – capables de tout donner et tout abandonner pour vivre pleinement dans l’amour du Christ.

      Personnellement, je ne comprends pas bien le qualificatif de « fille de chair » pour Marie de Béthanie, qui est sans doute une jeune fille très pure ayant connu Jésus depuis son plus jeune âge. Elle l’a toujours écouté avec la plus grande attention, et gageons qu’elle a été l’une des premières à vraiment mettre en œuvre sa Parole, à son humble niveau. Je la vois bien plutôt comme la « promise » du Christ Jésus, demeurée vierge et dévouée à ses enseignements, dans cette vie d’incarnation où le Christ marchait vers sa passion et ne pouvait prendre femme faute d’avoir le loisir de vivre une vie de famille bien rangée. Marie de Béthanie est à mes yeux la première des vierges consacrées au Christ Jésus, la première à renoncer à la vie de famille et à la maternité par fidélité à une promesse échangée entre eux. Marie de Béthanie, prémices de toutes les femmes qui se sont consacrées au Christ depuis 2000 ans ! Ce n’est pas parce que l’Eglise lui a toujours refusé cette place que nous devons poursuivre dans les erreurs à son sujet.

      • MERLE Jean-Pierre says:

        Vous avez raison, Véronique, ce terme « fille de chair » peut, d’un premier abord choquer les esprits. Pour ma part, ce que je voulais exprimer et surtout faire ressortir, c’est la différence entre Marie, tout comme nous, être humain avec ses limites et ses faiblesses, mais en même temps ses qualités, et Jésus-Christ, d’essence divine. La fusion d’esprit entre Marie, pleinement humaine, dans le sens pur du terme, et Jésus, a pu se réaliser par l’onction. Pour Marie, c’est l’ascension de son esprit. Pour Le Seigneur, il s’agit d’une descente. C’est ce point de jonction entre les deux âmes, dont l’une Divine, qui donne toute la puissance à ce geste d’Amour.

      • MJ says:

        Saint Jean précise que Marie de Béthanie est la pécheresse en 11, 2 (où il fait référence à l’épisode chez Simon raconté par Saint Luc, ch. 7, 36) Evidemment on peut considérer que par pécheresse il s’agit d’un autre péché que l’adultère mais c’est peu probable : bien que l’adultère chez les Juifs soit considéré comme un des pires péchés, ce n’est pas le cas par le Christ qui dit bien que les prostituées (et les publicains) précéderont les pharisiens au Royaume de Dieu ce qui a dû choquer profondément. Quoiqu’on en dise l’Eglise a été fidèle à cet enseignement ; même si la luxure est très fustigée, elle a été classée par les Pères de l’Eglise en bas des péchés capitaux avec la gourmandise, les péchés capitaux les pires étant ceux de l’esprit (l’orgueil notamment). De même Saint Ignace de Loyola au début de ses exercices dédaigne ce type de péché, expliquant que la honte attachée à ce péché nous permet de nous en repentir et que le véritable ennemi c’est la vanité et l’orgueil parce qu’ils ne nous portent pas au repentir alors que c’est essentiel pour vivre dans l’amitié divine. On associe trop le fait de consacrer sa vie à Dieu à la virginité alors que de très grands saints n’étaient absolument pas vierges, parce que les grands amants sont de grands passionnés, et c’est ce que Dieu veut de nous amour et passion. Marie était publiquement connue pour être pécheresse, mais c’est elle qui a choisi la meilleure part,et qui a oint le Christ à deux reprises.

        • Véronique Belen says:

          MJ, vous vous doutez bien que je ne suis absolument pas d’accord avec vous concernant Marie de Béthanie. Vous défendez une position de l’Eglise catholique romaine : c’est votre droit. Je défends ce que je comprends du Christ, de Marie de Béthanie et de l’Evangile par une vie d’oraison intense et par toutes les fibres de mon être.

          Cette confusion de Marie de Béthanie avec la pécheresse repentie ou encore avec Marie de Magdala a engendré dans l’Eglise – dans l’esprit des hommes catholiques devrais-je même dire – l’idée que toute femme est encline au péché par nature, en particulier à la luxure, ce qui est totalement faux, c’est un fantasme d’homme qui a peur des femmes ou désire se défausser sur elles de ses propres tendances intrinsèques au péché. Vous retournez singulièrement l’échelle des péchés. L’orgueil est très grave, oui, mais ne dissimulez pas qu’il y a pire encore : l’usage de ses pulsions sexuelles par la violence ou l’autorité sur plus faible que soi, plus soumis, plus vulnérable, voilà le pire de tous les péchés. Et il est exclusivement masculin. Il n’est plus très à propos aujourd’hui pour l’Eglise catholique de faire de toutes les femmes de l’Evangile, hormis la mère de Jésus, des prostituées ou des femmes adultères. Qu’on en finisse avec ces vieux préjugés de vieux garçons. Cette même Eglise a étouffé pendant des décennies voire des siècles les crimes de ses propres prédateurs sexuels. Qu’elle s’examine elle-même avant de qualifier la très pure Marie de Béthanie de pécheresse. C’est vraiment trop facile.

          Excusez-moi de me fâcher, mais concernant Marie de Béthanie, je suis à fleur de peau comme le Christ lui-même : je la défendrai toujours pour la sincérité et la pureté de sa consécration à Jésus, dès son plus jeune âge.

  • Pourquoi marie resta seule a la maison seule a pleurer a l’arrivée de Jésus ?
    quand Marthe revient a la maison après avoir vu Jésus elle annonça secrètement a marie la demande de Jésus pourquoi l’a t’elle fait secrètement ?
    En réalité la société juive est paytiacle et c’est lraine qui administré ma maison il est donc possible que Marthe en sortant a demande a marie de rester a la maison et c!est d’ailleurs pourquoi elle annonce secrètement ma nouvelle a marie. Toute fois, marie se distinguait toujouts par des gestes hors du commun et impressionnant.

  • André BONDU says:

    D’ après les évangiles, on distingue :

    -Marie de Magdala ou Marie Madeleine, l’ une des saintes femmes qui suivaient Jésus, qui, la première découvrit le tombeau vide ( Jean, chap. 20, 1-2) et à qui Jésus apparut la première, la chargeant d’ aller annoncer sa résurrection à ses disciples ( Jean, 20, 11-18 ).
    – Marie de Béthanie, sœur de Lazare et de Marthe, tous les trois amis de Jésus, qui, chaque fois qu’ il allait les voir, passait son temps aux pieds du Seigneur, écoutant sa parole ( Luc, 10, 38 – 42 ), avec qui Jésus pleura, quand son frère mourut, avant de le ressusciter ( Jean, 11, 1-46), et qui versa une livre d’ un parfum de grand prix sur les pieds du Seigneur et les essuya avec ses cheveux ( Jean, 12, 1-11 ), alors que Jésus était chez eux à Béthanie
    – Et une femme, citée par les Synoptiques, dont le nom n’ est pas donné, une « pécheresse », qui, dans une autre circonstance, alors que Jésus était à la table de Simon le Pharisien le lépreux, versa un vase d’albâtre rempli d’un parfum de grand prix sur la tête du Seigneur ( Matthieu, 26, 6-12, .Marc 14, 3-9, Luc, 7, 37-38 ).
    Il y eut rapidement confusion entre les deux onctions, et on fit de Marie de Béthanie et de la pécheresse, une même et seule personne, comme si la Marie de Béthanie, décrite par l’ Evangéliste Jean pouvait être une pécheresse connue dans la ville !
    Devant cette confusion, Grégoire le Grand, au sixième siècle, décida, sans aucune explication, que les trois femmes n’ étaient qu’ une seule et même personne.

    Si cette interprétation prévalut chez les Catholiques, elle fut refusée par les Orthodoxes et par les Protestants.
    Et, alors que Bède le Vénérable fixait la date de la fête de cette Marie Madeleine au 22 juillet, on continua à fêter Marie de Béthanie le 29 juillet, en même temps que sa sœur, Marthe ( le 4 juin chez les orthodoxes) !
    Il fallut attendre Saint Jean Chrisostome pour affirmer que Marie de Béthanie n’ était pas une pécheresse, mais une vierge vertueuse.
    Mais, comme se développait la légende de sainte Marie Madeleine venue en Provence, la confusion entre les trois femmes resta très ancrée en France pour donner plus de lustre au Sanctuaire de la Sainte Baume,, au point que même les affirmations de Paul VI et du Concile Vatican II précisant que Marie Madeleine ne pouvait en aucun cas être considérée comme une prostituée repentie, certains continuent à maintenir la confusion, alors quze le doute n’ est plus permis.
    .
    Aussi, quand tu affirmes, Véronique :
    « Et que d’hypocrisie aussi depuis 2000 ans, quand on refuse de voir Marie de Béthanie telle qu’elle est, quand on ternit le souvenir de ce qu’elle a très certainement été : la première des vierges du Seigneur, donnée pour toujours par amour pour lui, et quand on ne veut pas voir en elle une pureté de sentiments aussi grande que celle de la tendresse respectueuse et chaste que lui portait Jésus. Il faut savoir lire l’Evangile entre les lignes, peut-être aussi savoir le lire avec un coeur de femme qui discerne, dans l’amour total pour le Christ, ce même amour qui a habité une autre femme, ou plutôt une jeune fille, il y a 2000 ans… »,

    Il n’ y a aucun doute à avoir . Tu as totalement raison. Tu ne fais que confirmer ce qu ‘ont dcit Paul VI et Vatican II !

    Merci pour la fougue avbec laquelle tu réhabilites une si grande sainte,qaui fit mêmùe pleurer Jésus…



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