
Je suis née et je fus un poids
Parce que fille
J’ai grandi et on tint peu compte de ma foi
Je ne pouvais pas servir à l’autel
J’étais ardente à croire, on se moquait parfois
De ma piété anachronique
De mes engagements catholiques
Le couvent ne m’attirait pas
On ne se pencha pas sur mes doutes et mon cri
Quand Dieu sembla déserter ma vie
Mon meilleur ami, objet de toutes les attentions
Pour un potentiel sacerdoce
J’avais tant prié pour sa vocation
Que je fus meurtrie
Quand je sus sa promesse trahie
Je revins vers l’Eglise pleine de foi
Mais j’étais alors mariée
On scruta la pratique de mon foyer
Plus que mon cœur exalté
Un mari gagné à la foi
Après tant d’années de combat
C’est lui que la paroisse sollicita
Pour un mandat refusé
Mon bouillonnement spirituel
Ne m’attira que des soupirs consternés
De l’accompagnement, il n’y en eut pas
Plus simple fut de m’interner
De mes cendres, je me suis relevée
Il y eut quelques mains tendues
Mais beaucoup de portes fermées
Ma vocation scellée dans un vœu
Par très peu est prise au sérieux
Pour l’Eglise, je demeure divorcée
Indélébile étiquette de femme quittée
Mais que m’importe sous les yeux de mon Seigneur
De mon Amant, de mon Sauveur
De Lui je reçois tout bien
Lui qui scrute les cœurs et les reins
Il connaît la profondeur de mon amour
Et ma sincérité sans détour
Je suis née, et il est ma foi
Nommée fille du Très-Haut par l’eau du baptême
J’ai grandi, et il est mon Roi
Je l’attends fermement, libre de toutes chaînes
Véronique Belen Avril 2016