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Prières

Je te les confie

11 février 2019 | Publié par Véronique Belen dans Prières - Aucun commentaire

Marie, Notre-Dame de Lourdes
Toi qui daignas te montrer dans notre indigne pays
Toi qui affectionnes les humbles, telle Bernadette
Aujourd’hui, je te les confie

Je te les confie, ces femmes meurtries en leur chair
Par cette maladie sournoise qui progresse inexorablement
Les privant de la joie de marcher
De se projeter saines dans l’avenir
Les mutilant du bonheur de jouer avec leurs enfants
Ou petits-enfants

Marie, Notre-Dame de Lourdes
Toi qui as consolé déjà tant de malheureux
Viens au secours de ma pauvre prière sans fruits pour elles
Viens les réconforter
Leur offrir quelque rémission
Viens t’interposer entre la maladie et leur chair

Marie, Notre-Dame de Lourdes
Retarde pour elles le jour du fauteuil
Elles ont des enfants, le cœur plein d’amour
Leur affection nous réconforte
Leur combativité nous émerveille

Marie, Notre-Dame de Lourdes
Toutes, je les aime et je te les confie :
Isabelle, Bernadette, Véronique,
Laurence et Laura,
Pitié pour ces femmes, Marie,
Ne laisse pas la maladie avoir raison de leur élan de vie.

 

Véronique Belen            11 février 2019

Elle brûle, ma première bougie de l’Avent
Pour l’aventure de Ton avènement
Elle ne brûle pas pour une impatience de cadeaux
De dinde aux marrons ou de tendance déco

Elle brûle, ma première bougie de l’Avent
Pour me freiner dans la course des jours
Pour n’allumer ni le batteur, ni le four
Pour ne pas m’enivrer de sucre édulcorant

Elle brûle comme ta Parole pleine de sel en ce jour
Elle brûle comme un appel à T’attendre vraiment
A témoigner de Toi, à T’annoncer vivant
A T’espérer immense dans Ta gloire révélée

Elle brûle, ma première bougie de l’Avent
Je ne suis pourtant pas en mal d’enfant
Je suis en attente d’accomplissement
De Parole, de Royaume, de Justice

Elle brûle, ma première bougie de l’Avent
Et peu m’importe qu’il y ait un Noël
Les crèches et les cantiques ne vont que me lassant
Je désire Ton retour, Roi de gloire éternel
J’attends dans la ferveur Ton autre avènement
Je le désire vraiment

 

Véronique Belen            Décembre 2018

Seigneur, quand tu exauces
Qui serais-je pour dédaigner ton exaucement ?
Tant de fois je t’ai prié ainsi :
« Ne me donne ni la richesse, ni la pauvreté ! »
Et je me rebellerais contre ton exaucement ?

Seigneur, jamais mon corps n’a connu la faim
Et j’ai un toit plus qu’agréable pour abriter mes jours.
Toi qui n’avais pas même une pierre pour reposer ta tête, dis-moi :
Qu’est-ce que la pauvreté ?

Est-ce seulement reposer sur un coin de rue,
Etre balloté sur un bateau qui ne mènera à nul mieux-vivre ?
Est-ce seulement être sans travail et sans perspectives
Et n’avoir pas de quoi se vêtir décemment ?

Ou est-ce aussi, Seigneur, travailler dur au long des jours
Et ne parvenir qu’à payer ses factures ?
Est-ce aussi avoir espéré une vieillesse simplement digne
Et voir se profiler encore et encore l’injuste précarité ?

« Ne me donne ni la richesse, ni la pauvreté ! »

Je t’avais demandé, Seigneur, ni l’une, ni l’autre,
Mais trop souvent l’autre prend le pas sur la première,
M’arrachant à la tranquillité des jours,
Me condamnant à soustraire des chiffres rouges…

« Ne me donne ni la richesse, ni la pauvreté ! »

Oh Seigneur, tu m’as bien exaucée
Dans mon vœu de boire à la coupe de mes sœurs en humanité,
De partager jusqu’à la lie leurs tourments
Quand le labeur ne suffit plus pour joindre les deux bouts
Et que l’Eglise, indifférente, poursuit sa route froide,
Focalisant son discours sur celui qui n’a rien
Pour dédaigner celle qui donne tout
Et qui jamais n’en conserve aucun bien.

Véronique Belen

Septembre 2018

Loué sois-tu Seigneur
Au plus haut des cieux et au plus profond de mon cœur
Tu as daigné te saisir de mon âme
Et y allumer le feu brûlant de l’Esprit
Qui fait aimer le Fils et adorer le Père
Tu as transfiguré ma chair
De mère qu’elle s’est voulue à amante du Verbe
Tu m’as donné d’aimer le Fils plus que toute créature
Le Rédempteur mendiant une écoute, une prière
Notre Sauveur se faisant tout petit
Et plus grand que l’amour qu’il inspire et prodigue

Loué sois-tu, Dieu Trinité ardent
Famille véritable où tu m’as aspirée
Débordement de grâce et gloire en Majesté
Tu te donnes sans retour, Toi, la Fidélité

Sous le regard du Père tressaille d’impatience
Le Fils ressuscité bientôt là dans sa Gloire
Il veut venir enfin consoler ses brebis
Etreindre les agneaux, confondre tous les loups
Faire jaillir à torrents dans nos vallées de mort
L’eau vive de la justice éternelle et promise

Nulle promesse antique qui ne soit tenue
Parole de Vérité déchirant les nuées
Je t’attends mon Seigneur, je te sais véritable
A ton Royaume j’aspire, havre de paix sans fin !

 

Véronique Belen           Mars 2018

Image : VIème station du Chemin de Croix du Mont Sainte Odile      Léon Elchinger

Donne-moi le temps d’avoir le temps, Seigneur
Le temps d’aimer les miens
De le leur dire
Et d’être là pour eux

Donne-moi le temps d’avoir le temps, Seigneur
Le temps de me former
De réfléchir
D’envisager de nouvelles responsabilités

Donne-moi le temps d’avoir le temps, Seigneur
Le temps d’aimer les tiens
De les servir
De les porter dans la prière d’intercession

Donne-moi le temps d’avoir le temps, Seigneur
Le temps de cultiver mes amitiés
De les nourrir
D’offrir un geste ou un sourire

Donne-moi le temps d’avoir le temps, Seigneur
Le temps pour l’oraison
Pour m’y blottir
Pour remettre mon cœur, enfin, au diapason du tien

 

Véronique Belen          Décembre 2017