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Prières

Seigneur, quand tu exauces
Qui serais-je pour dédaigner ton exaucement ?
Tant de fois je t’ai prié ainsi :
« Ne me donne ni la richesse, ni la pauvreté ! »
Et je me rebellerais contre ton exaucement ?

Seigneur, jamais mon corps n’a connu la faim
Et j’ai un toit plus qu’agréable pour abriter mes jours.
Toi qui n’avais pas même une pierre pour reposer ta tête, dis-moi :
Qu’est-ce que la pauvreté ?

Est-ce seulement reposer sur un coin de rue,
Etre balloté sur un bateau qui ne mènera à nul mieux-vivre ?
Est-ce seulement être sans travail et sans perspectives
Et n’avoir pas de quoi se vêtir décemment ?

Ou est-ce aussi, Seigneur, travailler dur au long des jours
Et ne parvenir qu’à payer ses factures ?
Est-ce aussi avoir espéré une vieillesse simplement digne
Et voir se profiler encore et encore l’injuste précarité ?

« Ne me donne ni la richesse, ni la pauvreté ! »

Je t’avais demandé, Seigneur, ni l’une, ni l’autre,
Mais trop souvent l’autre prend le pas sur la première,
M’arrachant à la tranquillité des jours,
Me condamnant à soustraire des chiffres rouges…

« Ne me donne ni la richesse, ni la pauvreté ! »

Oh Seigneur, tu m’as bien exaucée
Dans mon vœu de boire à la coupe de mes sœurs en humanité,
De partager jusqu’à la lie leurs tourments
Quand le labeur ne suffit plus pour joindre les deux bouts
Et que l’Eglise, indifférente, poursuit sa route froide,
Focalisant son discours sur celui qui n’a rien
Pour dédaigner celle qui donne tout
Et qui jamais n’en conserve aucun bien.

Véronique Belen

Septembre 2018

Loué sois-tu Seigneur
Au plus haut des cieux et au plus profond de mon cœur
Tu as daigné te saisir de mon âme
Et y allumer le feu brûlant de l’Esprit
Qui fait aimer le Fils et adorer le Père
Tu as transfiguré ma chair
De mère qu’elle s’est voulue à amante du Verbe
Tu m’as donné d’aimer le Fils plus que toute créature
Le Rédempteur mendiant une écoute, une prière
Notre Sauveur se faisant tout petit
Et plus grand que l’amour qu’il inspire et prodigue

Loué sois-tu, Dieu Trinité ardent
Famille véritable où tu m’as aspirée
Débordement de grâce et gloire en Majesté
Tu te donnes sans retour, Toi, la Fidélité

Sous le regard du Père tressaille d’impatience
Le Fils ressuscité bientôt là dans sa Gloire
Il veut venir enfin consoler ses brebis
Etreindre les agneaux, confondre tous les loups
Faire jaillir à torrents dans nos vallées de mort
L’eau vive de la justice éternelle et promise

Nulle promesse antique qui ne soit tenue
Parole de Vérité déchirant les nuées
Je t’attends mon Seigneur, je te sais véritable
A ton Royaume j’aspire, havre de paix sans fin !

 

Véronique Belen           Mars 2018

Image : VIème station du Chemin de Croix du Mont Sainte Odile      Léon Elchinger

Donne-moi le temps d’avoir le temps, Seigneur
Le temps d’aimer les miens
De le leur dire
Et d’être là pour eux

Donne-moi le temps d’avoir le temps, Seigneur
Le temps de me former
De réfléchir
D’envisager de nouvelles responsabilités

Donne-moi le temps d’avoir le temps, Seigneur
Le temps d’aimer les tiens
De les servir
De les porter dans la prière d’intercession

Donne-moi le temps d’avoir le temps, Seigneur
Le temps de cultiver mes amitiés
De les nourrir
D’offrir un geste ou un sourire

Donne-moi le temps d’avoir le temps, Seigneur
Le temps pour l’oraison
Pour m’y blottir
Pour remettre mon cœur, enfin, au diapason du tien

 

Véronique Belen          Décembre 2017

Envoie-nous ton Fils

4 octobre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Prières - Aucun commentaire

Quand tu jugeras le temps venu, Seigneur
De mettre un terme à toutes les souffrances qui s’endurent ici-bas
D’essuyer toutes larmes de nos yeux
De faire se lever ton soleil de justice
Envoie-nous ton Fils

Quand tu jugeras le temps venu, Seigneur
De réduire les puissants à leur insignifiance
De désarmer les violents et de faire taire leur arrogance
De consoler les blessés qui souffrent injustice
Envoie-nous ton Fils

Quand tu jugeras le temps venu, Seigneur
De révéler la vérité de l’Evangile et la sagesse de l’Esprit
De renverser les logiques du monde
Pour faire briller aux yeux de tous les saintetés cachées
Envoie-nous ton Fils

Quand tu jugeras le temps venu, Seigneur
De rendre à chacun selon ce qu’il a fait au plus petit d’entre les tiens
Dans l’au-delà de ta miséricorde qui couvre tout repenti
Quand sera venue l’heure d’ouvrir le Livre de nos vies
Envoie-nous ton Fils

Envoie-nous ton Fils, Seigneur
Vivant et glorieux
Terme du chemin périlleux
Envoie-nous ton Fils couronné de sa royauté
Pour qu’avec Lui nous fêtions sa victoire
Sur la terre espérée aux cieux renouvelés
Où jamais plus le mal ne ternira ta Gloire

Envoie-nous ton Fils

 

Véronique Belen       Octobre 2017

Image :  La Résurrection  Matthias Grünewald   Retable d’Issenheim

Seigneur, fais-moi aimer ma place
Celle que je vis, celle où je suis
Fais-moi aimer ma place
Les jours de labeur et les jours de repos
Fais-moi aimer ma place
Dans ma famille, dans le cœur de mes amis
Fais-moi aimer ma place
Dans cette vallée, dans cette paroisse

Seigneur, fais-moi aimer ma place
Aux côtés de celles et ceux à qui tu as confié mon âme
Fais-moi aimer ma place de fille et ma place de femme
Fais-moi aimer ma place
A tes pieds ou contre ton cœur
Tu as choisi pour moi la meilleure part
Et je sais bien que jamais, elle ne me sera enlevée
Pour cette place-là, Seigneur, sois béni et remercié

Véronique Belen         Août 2017