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Prières

Chagall_Cantique-des-Cantiques

A Toi, perfection de douceur,
A Toi, délice de candeur,
Plénitude de mon âme enfin récompensée,
Indicible émotion,
Gracieuse consolation.

Toi qui, tel un poudroiement de lumière,
Balaies d’un souffle pur tout relent de colère,
Fais que colombe je sois
Et que mon vol se mue baume d’oubli
Sur les sillons de ton Temple meurtri.

Que mes mots t’enveloppent de soie
Et tissent d’aurore ton vêtement de Roi ;
Que ton visage se transcende en victoire
Et nos larmes, en vin nouveau à boire.

Oh, tends-moi ce calice que j’ai tant désiré,
Qu’elle nous enivre, la coupe de ta fidélité !
Que ce vin agonise tous ses tanins amers,
Fais-le vin de Cana, fais-le noces de chair !

Viens, Fils de la Vérité !
Reluis sur nos implacables hivers !
D’Adam réconcilie les fils prompts à la guerre
Et dans tes bras, grandis-moi reine d’Eternité
En notre terre promise, bergère de mon Berger.

Véronique Belen          Janvier 2001

Image : Cantique des cantiques I      Marc Chagall  (détail)

Accorde-moi cette grâce
Marie de Lourdes ou de la rue du Bac
Marie de Nazareth ou du Golgotha

Accorde-moi cette grâce
Marie mère de la confiance
Et mère des douleurs

Accorde-moi cette grâce
Marie mère de l’Eglise
Consolation des affligés

Accorde-moi cette simple grâce :
Etre près de lui
Le serviteur de ton Fils
Etre près de mon ami
Quand sonnera l’heure, pour lui,
D’aller contempler ta beauté radieuse
De se jeter dans les bras de Celui
Qu’il a si bien servi
Par une trop courte mais fidèle vie

Accorde-moi cette grâce
Marie de l’Esprit
D’aller tenir sa main en prière
De le rassurer dans le grand passage
De brûler de foi près de lui
Pour qu’il n’ait pas peur, pas mal
Pour qu’il parte sans bruit

Marie, j’ai déjà tant prié le Ciel
Pour qu’il vive et vive encore
Mais si l’heure est venue Marie
De le laisser partir
Donne-moi d’être là
Pour recueillir la confidence de son dernier soir
Pour lui ouvrir mon cœur plein d’espoir

Accorde-moi cette grâce, Marie
A l’heure de sa mort
D’être là, amie,
De le laisser partir
Moi près de lui
Pour que toute sa vie donnée
Dans la solitude sacerdotale
Soit gratifiée d’une présente aimante
A l’instant de son ultime Amen

Accorde-nous cette grâce, Marie
Je t’en supplie

 

Véronique Belen        Avril 2019

Je te les confie

11 février 2019 | Publié par Véronique Belen dans Prières - Aucun commentaire

Marie, Notre-Dame de Lourdes
Toi qui daignas te montrer dans notre indigne pays
Toi qui affectionnes les humbles, telle Bernadette
Aujourd’hui, je te les confie

Je te les confie, ces femmes meurtries en leur chair
Par cette maladie sournoise qui progresse inexorablement
Les privant de la joie de marcher
De se projeter saines dans l’avenir
Les mutilant du bonheur de jouer avec leurs enfants
Ou petits-enfants

Marie, Notre-Dame de Lourdes
Toi qui as consolé déjà tant de malheureux
Viens au secours de ma pauvre prière sans fruits pour elles
Viens les réconforter
Leur offrir quelque rémission
Viens t’interposer entre la maladie et leur chair

Marie, Notre-Dame de Lourdes
Retarde pour elles le jour du fauteuil
Elles ont des enfants, le cœur plein d’amour
Leur affection nous réconforte
Leur combativité nous émerveille

Marie, Notre-Dame de Lourdes
Toutes, je les aime et je te les confie :
Isabelle, Bernadette, Véronique,
Laurence et Laura,
Pitié pour ces femmes, Marie,
Ne laisse pas la maladie avoir raison de leur élan de vie.

 

Véronique Belen            11 février 2019

Elle brûle, ma première bougie de l’Avent
Pour l’aventure de Ton avènement
Elle ne brûle pas pour une impatience de cadeaux
De dinde aux marrons ou de tendance déco

Elle brûle, ma première bougie de l’Avent
Pour me freiner dans la course des jours
Pour n’allumer ni le batteur, ni le four
Pour ne pas m’enivrer de sucre édulcorant

Elle brûle comme ta Parole pleine de sel en ce jour
Elle brûle comme un appel à T’attendre vraiment
A témoigner de Toi, à T’annoncer vivant
A T’espérer immense dans Ta gloire révélée

Elle brûle, ma première bougie de l’Avent
Je ne suis pourtant pas en mal d’enfant
Je suis en attente d’accomplissement
De Parole, de Royaume, de Justice

Elle brûle, ma première bougie de l’Avent
Et peu m’importe qu’il y ait un Noël
Les crèches et les cantiques ne vont que me lassant
Je désire Ton retour, Roi de gloire éternel
J’attends dans la ferveur Ton autre avènement
Je le désire vraiment

 

Véronique Belen            Décembre 2018

Seigneur, quand tu exauces
Qui serais-je pour dédaigner ton exaucement ?
Tant de fois je t’ai prié ainsi :
« Ne me donne ni la richesse, ni la pauvreté ! »
Et je me rebellerais contre ton exaucement ?

Seigneur, jamais mon corps n’a connu la faim
Et j’ai un toit plus qu’agréable pour abriter mes jours.
Toi qui n’avais pas même une pierre pour reposer ta tête, dis-moi :
Qu’est-ce que la pauvreté ?

Est-ce seulement reposer sur un coin de rue,
Etre balloté sur un bateau qui ne mènera à nul mieux-vivre ?
Est-ce seulement être sans travail et sans perspectives
Et n’avoir pas de quoi se vêtir décemment ?

Ou est-ce aussi, Seigneur, travailler dur au long des jours
Et ne parvenir qu’à payer ses factures ?
Est-ce aussi avoir espéré une vieillesse simplement digne
Et voir se profiler encore et encore l’injuste précarité ?

« Ne me donne ni la richesse, ni la pauvreté ! »

Je t’avais demandé, Seigneur, ni l’une, ni l’autre,
Mais trop souvent l’autre prend le pas sur la première,
M’arrachant à la tranquillité des jours,
Me condamnant à soustraire des chiffres rouges…

« Ne me donne ni la richesse, ni la pauvreté ! »

Oh Seigneur, tu m’as bien exaucée
Dans mon vœu de boire à la coupe de mes sœurs en humanité,
De partager jusqu’à la lie leurs tourments
Quand le labeur ne suffit plus pour joindre les deux bouts
Et que l’Eglise, indifférente, poursuit sa route froide,
Focalisant son discours sur celui qui n’a rien
Pour dédaigner celle qui donne tout
Et qui jamais n’en conserve aucun bien.

Véronique Belen

Septembre 2018