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Poèmes

Ta Parole brûle en moi
Seigneur, Dieu de nos Pères
Ta Parole brûle en moi
Jésus, Sauveur et frère

Votre Vérité m’a saisie
Transportée haut, anéantie
Vos commandements m’ont ravie
Façonnée, consolée et guérie

Parole du Père et Parole du Fils
Tout un, et deux voix bien distinctes
Deux Testaments écrits pour une même héritière
Parole donnée qui jamais ne s’altère
Parole authentifiée dans toutes nos étreintes

Ta Parole se fait don, Seigneur, Dieu prodigue
Au Fils tu as donné d’être orateur suprême
Lui dans sa mélodie sans égale ici-bas
Parabole incarnée de la crèche à la croix
Il nous enseigne encore
Et propulse notre foi

Ta verve se fait partage, Dieu éternel et sage
Tu souffles à mon ouïe
Tu embrases mon cœur
Tu ravives les promesses faites aux prophètes antiques
Tu rends clair et vivant le Cantique des cantiques

Père de l’Agneau sans tache
Trine et unique Dieu
De la Pâque à ses Noces, tiens ma main sans anneau
Fais-moi écrire encore, inspire en moi le beau
Que ton Verbe en sa gloire déchire enfin les Cieux !

 

Véronique Belen        Mars 2019

Quand l’allégresse
Te caresse
Elle passe tout près de toi
Et prend la forme des petites joies

La voix chaleureuse d’un fils au téléphone
Son aide toujours précieuse
Qui s’offre et ne demande rien
Qui dépanne plus sûrement qu’un informaticien

La perspective de jours de repos bien gagnés
Des rencontres, quelques festivités
La famille qui te tient chaud au cœur
Amis de choix, cousines et sœurs

Revivre un peu, sans le labeur
Sans amertume et sans rancœurs
Goûter la paix de la stabilité
Quand l’horizon se fait couleurs

Elle te caresse
Cette allégresse
Accueille-la
Ruisselle-la

 

Véronique Belen     Février 2019

Amie d’Inde ou d’Orient
Ma fille, ma sœur, ma mère
Beauté à peine née que l’on étouffe avec du sable
Ou que l’on enterre vivante
Parce que tu es née fille
Ce qui est grâce aux yeux de Dieu, disgrâce aux yeux des hommes

Amie d’Inde ou d’Orient
Qu’on élimine dès le dépistage prénatal
Parce que tu seras fille
Et que l’on considère que ce sera trop peu donné que d’être déjà l’esclave des hommes
Et de ta belle-famille

Amie aux yeux noirs, beauté pure
Ma sœur dévouée aux soins d’un indigne mari
Qui te bat, te viole et t’humilie
Qui arrache de ta vie les livres
Propres à pouvoir t’émanciper

Amie d’Inde ou d’Orient
Ma fille, ma sœur, ma mère
Déshonorée quand tu quittes ton bourreau
Déshéritée quand meurt ton époux
Toi qui hantes désormais d’improbables foyers
Et mendies près des temples de Vrindavan
Je te dédie ces mots, ma sœur si belle et innocente
Je t’enveloppe de ma prière
Et je supplie Celui que mon cœur aime
De descendre enfin des cieux qui pleurent aussi ton sort
Pour te délivrer de cette vie indigne et si injustement amère

Amie d’Inde ou d’Orient
Même si tu pries des idoles
J’ai confiance pour toi
Au creux de ma foi
La justice prompte et éternelle
Est aussi, est surtout, pour toi.

Véronique Belen          Novembre 2018

Tes bras en croix
Dans le ciel bleu
Tu agonises
Mais c’est trop peu

Donner jusqu’à la dernière goutte de ton sang divin
Pour racheter nos péchés, un à un,
Fermer tes yeux trop purs pour voir le mal
Pour nous épargner le séjour infernal

Tes bras en croix
Dans le ciel bleu
Tu nous attends
Verbe de Dieu

 

Véronique Belen            Octobre 2018

Toi, le prêtre…

19 juillet 2018 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - Aucun commentaire

Toi, le prêtre, quand tu passes ici
A la recherche d’un verset ou d’une homélie
Arrête-toi un peu !

Toi, le prêtre, quand tu as un peu de temps
Entre une liturgie et une réunion
Ne crains pas, lis ici quelques lignes !

Toi, le prêtre, quand tu te connectes
Ne redoute pas que l’enfer tout entier
Soit au bout de ton clavier
Accorde-moi quelque confiance !

Toi, le prêtre, quand tu lis mes lignes,
Ne doute pas de ma profonde volonté d’évangéliser !
Crois que j’en appelle toujours à l’Esprit,
Dans mon oraison comme dans mes écrits.

Toi, le prêtre, quand tu lis une femme
Dépouille-toi de tes préjugés !
Nous ne sommes pas des outres de péché,
Nous ne cherchons pas à te séduire,
Ni à te détourner de ta mission d’Eglise.
Bien au contraire, souvent, nous avons la fibre du Ciel,
L’oreille qui écoute les motions divines,
Le cœur qui bat au rythme de celui de ton Seigneur.

Toi, le prêtre, quand tu seras convaincu
De ma bonne foi comme de mon vécu,
Attarde-toi ici et pose-toi les bonnes questions :
Au Nom de qui s’exprime-t-elle ?
Quelle place lui a-t-on faite dans l’Eglise jusqu’ici ?
Et si elle disait vrai,
Suis-je meilleur, acteur de l’Eglise,
Que Pierre dans son reniement,
Que les disciples laissant Jésus pleurer seul à Gethsémani,
Puis accusant les femmes de la Résurrection de pure folie ?

Pose-toi les bonnes questions, ami prêtre,
Toi qui nous donnes l’Eucharistie
Et la grâce vivifiante du sacrement de Réconciliation :
Qui suis-je pour toi dans ce que j’écris ?
Qui suis-je pour le Seigneur à qui tu as voué ta vie ?

 

Véronique Belen     Juillet 2018