Site de Véronique Belen
Header

Poèmes

Dans mon jardin
A la faveur d’un beau printemps
J’ai imaginé un potager
Je l’ai conçu et installé
J’ai apporté la terre
Et je l’ai amendée
J’ai aplani et ratissé
Ensemencé et éclairci
Et passé de longs moments silencieux
A m’émerveiller du miracle de la vie
De cette croissance continue
De ces promesses de légumes partagés
Des jours chauds de l’été jusqu’aux frimas de l’hiver

Dans mon jardin
A la faveur d’un beau printemps
J’ai désiré la gratuité des fleurs
J’ai imaginé des massifs
Les ai conçus et installés
Terre apportée et amendée
Foison de graines à semer
Patience de plants à faire grandir
Et de bulbes à bien disposer
J’ai imaginé des couleurs
Des abeilles et des papillons enivrés
Des bouquets odorants au salon
Et sur les tombes de mes bien-aimés

Dans mon jardin
A la faveur d’un beau printemps
J’ai tondu et taillé
J’ai désherbé et élagué
J’ai imaginé des tartes aux cerises
Et des compotes de pêches de vigne
Je me suis émerveillée de la sûre profusion de fruits
Quand même le gel daigne épargner les bourgeons prometteurs
Et que de la splendeur des fleurs
Jaillissent déjà le sucre et les couleurs

Et dans ma prière vespérale
A la faveur d’un beau printemps
Je T’ai aimé, et je T’ai dit :
« Seigneur, sois le jardinier de mon âme
Déracines-en tout ce qui n’est pas Toi
Amende et ensemence
Apporte ta Parole comme un bon grain
Plante les jeunes pousses issues de ton Cœur
Dans une terre que Tu auras fertilisée
Arrose-la de l’eau vive de Ton puits
Et donne encore l’engrais de Ta tendresse
Pour faire croître et porter du fruit
A la pauvre terre que je suis. »

Dans ce jardin
A la faveur d’un beau printemps
Tendre et doux, Tu es descendu
Et je T’ai redonné ma vie

 

Véronique Belen     Mai 2020

« Le Maître est là, il t’appelle. »
Seigneur, me voici, je cours vers toi !
Je n’ai pas voulu t’importuner
Je n’ai pas voulu me donner en spectacle devant les foules
Je n’ai pas voulu courir spontanément vers toi avec des reproches plein la voix

« Le Maître est là, il t’appelle. »
Seigneur, me voici, je me jette à tes pieds !
J’ai cru très fort que tu allais venir
J’ai cru très fort que tu allais le guérir
J’ai cru, pourquoi as-tu déçu ma foi ?

« Le Maître est là, il t’appelle. »
Seigneur, me voici, je te dis mon amertume
Nous aurais-tu oubliées ?
Aurais-tu omis de nous exaucer ?
Aurais-tu refusé ta grâce à ton ami et tes bien-aimées ?

« Le Maître est là, il t’appelle. »
Seigneur, me voici, je plonge mes yeux dans ton regard
Je les vois, tes yeux si purs, se troubler de larmes
Je vois ton cœur meurtri par mon chagrin
Je vois affleurer ta détresse devant la pierre scellée

« Le Maître est là, il t’appelle. »
Seigneur, le voici qui quitte le linceul de la mort
Seigneur, le voici qui marche, qui vient dehors
Seigneur, le voici qui brave vivant le verdict de sa maladie !

« Le Maître est là, il t’appelle. »
Seigneur, me voici, avec ma reconnaissance infinie
Je le sais désormais, tu es fidélité et tu es vie
Tu es victoire et puissance du ciel
Appelle-moi tant que tu voudras
J’accourrai de tous horizons
Avec un seul désir : répondre à ton appel

 

Véronique Belen               Mars 2020
A la mémoire de Marie de Béthanie

Image : Evangéliaire copte-arabe de la Bibliothèque de Fels

Comme les mages à Bethléem
Après t’avoir contemplé, Seigneur
Regagner son pays intérieur par un autre chemin
A contresens de l’enfance
A rebours des déterminismes familiaux
En faisant fi des convenances
En écornant la bienséance

Résolument en marche vers soi
Perdre de vue l’enfant couvé de doux regards
Mais te retrouver, Toi
Pourchassé, banni, émigré
Accusé, trahi, crucifié

Comme des mages à Bethléem
Fuir Hérode, ses épées et sa haine
Loin des bourreaux identifiés
Laisser grandir l’enfant plein de sagesse
Consentir à sa Croix autant qu’à ses largesses
Vivre une épiphanie de Vérité
Au grand vent de la liberté

Véronique Belen         5 janvier 2020

Sur la toile fragile de nos vies
Déposer des cristaux d’espérance
La sentir vibrer dans une brise de foi
Se risquer à la tendre un peu par charité
Jusqu’à la limite de son inconfort
Eprouver sa souplesse au vent des idéaux
Ne pas la laisser rompre sous le poids du givre
Espérer le soleil qui lui rendra sa brillance
Et l’azur dans lequel la déployer encore

Sur la toile fragile de nos vies
Imprimer le désir des matins nouveaux
Entamer une année, ouvrir une décennie
En espoir du mieux que seul peut donner Dieu

Heureuse année 2020, chers lecteurs !

Véronique Belen          1er janvier 2020

Quand tu comparaîtras

26 septembre 2019 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - Aucun commentaire

Quand tu comparaîtras
Mon frère, ma sœur,
Au soir de ta vie ou au matin glorieux du Seigneur
Souviens-toi que dans tes mains
Tu n’auras rien de toutes tes possessions
De tes titres et de tes qualifications
De ta carrière et de tes décorations
De ta renommée et de ta fortune
De tes héritages et tes gloires posthumes

Tu comparaîtras
Avec pour seul poids en balance de ton éternité
L’amour que tu auras mis
Dans le soin des humbles et des plus petits
Dans l’attention à tes sœurs opprimées
Dans des vœux accomplis de justice et de paix

Tu comparaîtras
Nu de réputation
Si ce n’est celle parvenue jusqu’au Ciel
D’une vie d’Evangile ou de fraternité universelle
D’une vie de respect d’autrui et de son Dieu
D’une vie dévouée au prochain et au vrai

Tu comparaîtras
Dans une lumière blessante
Qui balaiera toutes les illusions de ton ego
Qui te fera paraître soudain immenses en sainteté
Celles et ceux qui si souvent ont été foulés aux pieds

Tu comparaîtras
Egal/e  au pauvre Lazare en dignité
Egal/e  au riche en responsabilité
Egal/e  à tes sœurs en humanité

Tu comparaîtras
Au soir de ta vie ou au matin glorieux du Seigneur
Avec pour unique richesse
Les œuvres et la prière de ton cœur.

 

Véronique Belen                Septembre 2019

Source image : https://www.label-emmaus.co/fr/