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Poèmes

Amie d’Inde ou d’Orient
Ma fille, ma sœur, ma mère
Beauté à peine née que l’on étouffe avec du sable
Ou que l’on enterre vivante
Parce que tu es née fille
Ce qui est grâce aux yeux de Dieu, disgrâce aux yeux des hommes

Amie d’Inde ou d’Orient
Qu’on élimine dès le dépistage prénatal
Parce que tu seras fille
Et que l’on considère que ce sera trop peu donné que d’être déjà l’esclave des hommes
Et de ta belle-famille

Amie aux yeux noirs, beauté pure
Ma sœur dévouée aux soins d’un indigne mari
Qui te bat, te viole et t’humilie
Qui arrache de ta vie les livres
Propres à pouvoir t’émanciper

Amie d’Inde ou d’Orient
Ma fille, ma sœur, ma mère
Déshonorée quand tu quittes ton bourreau
Déshéritée quand meurt ton époux
Toi qui hantes désormais d’improbables foyers
Et mendies près des temples de Vrindavan
Je te dédie ces mots, ma sœur si belle et innocente
Je t’enveloppe de ma prière
Et je supplie Celui que mon cœur aime
De descendre enfin des cieux qui pleurent aussi ton sort
Pour te délivrer de cette vie indigne et si injustement amère

Amie d’Inde ou d’Orient
Même si tu pries des idoles
J’ai confiance pour toi
Au creux de ma foi
La justice prompte et éternelle
Est aussi, est surtout, pour toi.

Véronique Belen          Novembre 2018

Tes bras en croix
Dans le ciel bleu
Tu agonises
Mais c’est trop peu

Donner jusqu’à la dernière goutte de ton sang divin
Pour racheter nos péchés, un à un,
Fermer tes yeux trop purs pour voir le mal
Pour nous épargner le séjour infernal

Tes bras en croix
Dans le ciel bleu
Tu nous attends
Verbe de Dieu

 

Véronique Belen            Octobre 2018

Toi, le prêtre…

19 juillet 2018 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - Aucun commentaire

Toi, le prêtre, quand tu passes ici
A la recherche d’un verset ou d’une homélie
Arrête-toi un peu !

Toi, le prêtre, quand tu as un peu de temps
Entre une liturgie et une réunion
Ne crains pas, lis ici quelques lignes !

Toi, le prêtre, quand tu te connectes
Ne redoute pas que l’enfer tout entier
Soit au bout de ton clavier
Accorde-moi quelque confiance !

Toi, le prêtre, quand tu lis mes lignes,
Ne doute pas de ma profonde volonté d’évangéliser !
Crois que j’en appelle toujours à l’Esprit,
Dans mon oraison comme dans mes écrits.

Toi, le prêtre, quand tu lis une femme
Dépouille-toi de tes préjugés !
Nous ne sommes pas des outres de péché,
Nous ne cherchons pas à te séduire,
Ni à te détourner de ta mission d’Eglise.
Bien au contraire, souvent, nous avons la fibre du Ciel,
L’oreille qui écoute les motions divines,
Le cœur qui bat au rythme de celui de ton Seigneur.

Toi, le prêtre, quand tu seras convaincu
De ma bonne foi comme de mon vécu,
Attarde-toi ici et pose-toi les bonnes questions :
Au Nom de qui s’exprime-t-elle ?
Quelle place lui a-t-on faite dans l’Eglise jusqu’ici ?
Et si elle disait vrai,
Suis-je meilleur, acteur de l’Eglise,
Que Pierre dans son reniement,
Que les disciples laissant Jésus pleurer seul à Gethsémani,
Puis accusant les femmes de la Résurrection de pure folie ?

Pose-toi les bonnes questions, ami prêtre,
Toi qui nous donnes l’Eucharistie
Et la grâce vivifiante du sacrement de Réconciliation :
Qui suis-je pour toi dans ce que j’écris ?
Qui suis-je pour le Seigneur à qui tu as voué ta vie ?

 

Véronique Belen     Juillet 2018

C’est le feu qui saisit les entrailles de l’âme
Pour y insuffler la foi
C’est la brise légère sur mon visage
Pour me parler de Toi

C’est le souvenir d’aubes blanches
Professant leur foi
C’est la lumière de l’espérance
En plus grand que soi

C’est la lecture familière
Des Apôtres parlant en langues
C’est le cénacle de la surprise
Pour des disciples en capacité de Toi

C’est la flamme jamais rassasiée de cire
Qui brûle le cœur épris de Toi
C’est le printemps entêtant de senteurs
Qui se mêlent aux couleurs de la joie

C’est la fleur sur la vigne
Et sur l’acacia
C’est la pivoine épanouie
Au soleil de Ton aura

C’est l’avènement de l’Esprit
Sur l’Eglise déjà là
Et sur le front embaumant le saint Chrême
De l’enfant humble choisi par Toi

Véronique Belen          Pentecôte  2018

Donner

28 mars 2018 | Publié par Véronique Belen dans Poèmes - Aucun commentaire

Donner
Donner de son temps pour fleurir une église
Donner la paix du Christ
Donner le bras pour accompagner un pas hésitant
Donner une pièce à la quête dominicale
Donner de ses nouvelles
Donner un bouquet de fleurs faute d’être là
Donner des mots de réconfort
Donner du sens
Donner son sourire, toujours
Donner de l’espoir, quand même

Donner sa vie pour ceux qu’on aime

Donner un banquet éternel
Y convier celles et ceux qui auront su, leur vie durant,
Donner
Gratuitement

 

Véronique Belen           Mars 2018

A Marie-Thérèse…