Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

En ce temps-là, Jésus s’adressa aux foules et à ses disciples,
et il déclara : « Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse.
Donc, tout ce qu’ils peuvent vous dire, faites-le et observez-le. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas.
Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
Toutes leurs actions, ils les font pour être remarqués des gens : ils élargissent leurs phylactères et rallongent leurs franges ;
ils aiment les places d’honneur dans les dîners, les sièges d’honneur dans les synagogues
et les salutations sur les places publiques ; ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner, et vous êtes tous frères.
Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux.
Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ.
Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé. »

Matthieu 23, 1-12
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

L’évangile d’aujourd’hui m’incite à exprimer un petit agacement que j’ai déjà évoqué ici ou là. La Parole de Jésus pourrait bien aujourd’hui me donner raison.
Je trouve que nous sommes à une époque, en Eglise et hors de son cadre, qui survalorise les diplômes en théologie. Quand tel prêtre s’exprime ou est cité, on s’empresse de détailler son cursus universitaire. Que dire alors des laïcs et surtout des femmes qui s’expriment publiquement! Tout se passe, dans les débats contemporains – médias, réseaux sociaux… – comme si on ne pouvait donner la parole en matière de foi, d’interprétation des Ecritures et d’organisation de l’Eglise qu’à des titulaires d’un Master, DEA ou aux Docteurs en ceci ou cela. C’est devenu tellement naturel que les arguments des non universitaires ne sont plus sollicités, voire se retrouvent balayés d’un revers de la main dans tout échange. Les grandes voix féminines du catholicisme et du protestantisme sont sur-diplômées et écoutées en raison de leurs compétences intellectuelles et de leur cursus professionnel davantage que pour la pertinence de leurs prises de position.

Disant cela, je vais encore me faire des ennemi(e)s. Peu m’importe. Je voudrais simplement souligner qu’au XXIe siècle, avec cette mode du diplôme universitaire en théologie, on contredit le Christ lui-même :

Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul maître pour vous enseigner.
Ne vous faites pas non plus donner le titre de maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ.

Qu’a voulu nous enseigner Jésus, sinon qu’avec une confiance totale en Lui, l’Esprit Saint nous serait donné pour comprendre Ses mystères et les exigences de l’évangélisation, comme cela fut le cas pour l’Apôtre Paul à la suite de tous les disciples, pour les évangélistes, pour de nombreux Docteurs de l’Eglise qui n’avaient aucune formation universitaire comme Catherine de Sienne – illettrée – Hildegarde de Bingen ou les deux Thérèse ?

Dans les débats sur les réseaux sociaux, je suis souvent rabrouée au nom de ma prétendue ignorance. Que l’on sache que je ne suis aucunement frustrée d’un diplôme universitaire en théologie. Ma paroisse m’avait même proposé de me former il y a quelques années, mais j’avais décliné par souci de ne pas négliger mon devoir d’état d’institutrice et de maman. Et je n’ai d’ailleurs aucune envie d’entreprendre ce genre de cursus car je n’ai qu’un seul maître, le Christ. On m’a déjà répliqué sur un ton narquois : « Vous avez donc une ligne directe avec Dieu ?  »

Eh bien oui, messieurs et mesdames les diplômé(e)s, le Christ Jésus m’enseigne dans mon oraison, et ce depuis vingt ans et pas cinq minutes, j’ose l’affirmer aujourd’hui. Et ce Jésus Christ-là n’a rigoureusement aucune différence avec celui des évangiles, c’est à cela que je le reconnais comme véridique. Ce n’est pas par fondamentalisme, un grand mot que l’on aime bien m’opposer, que je crois aux Ecritures : c’est par amour pour Celui qui s’y fait connaître tel qu’il a été et tel qu’il est encore. Et il lui plaît que je ne sois rien sur la scène ecclésiale. D’un rien, le Seigneur sait modeler un témoin à son image, lui qui n’a jamais étudié auprès d’aucun maître sinon son Père, dans sa propre prière.

En ce temps-là, comme les foules s’amassaient, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas.
Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération.
Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon.
Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas. »

Luc 11, 29-32
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Depuis très longtemps, cet extrait d’évangile m’interpelle au plus haut point. Car nous sommes une génération qui ressemble trait pour trait à celle de Jésus au temps de son incarnation. Les chrétiens authentiquement croyants sont minoritaires et pour nombre de nos contemporains, il faudrait reprendre l’évangélisation à ses tout débuts. L’ignorance en matière de foi est colossale et beaucoup de non-croyants se contentent de dire que Dieu ne donnant aucune preuve de son existence – le fameux « signe » attendu déjà par la génération de Jésus – on peut bien douter de Lui et s’en passer. Et de vivre au jour le jour en glanant les plaisirs du monde autant que possible et en reléguant au fin fond de sa conscience ses préoccupations au sujet de la mort et de son au-delà. Il est d’ailleurs très caractéristique d’observer les élans de panique en ces temps d’épidémie.

Je voudrais simplement souligner que cette génération-ci a beaucoup moins d’excuses que celle de Jésus quant à son incroyance et son inculture religieuse. Dans presque toutes les contrées du monde, les enfants ont la chance d’aller à l’école et d’apprendre à lire. Et les textes fondateurs sont disponibles à tous dans les pays où ils ne sont pas censurés, en version papier ou en quelques clics sur le net. La Parole de Dieu est là, à notre portée. Cette génération a-t-elle de l’appétit pour elle ? Pourquoi réclame-t-elle encore des « preuves » alors que 2000 ans de témoignage chrétien et plus encore de témoignage de la Première Alliance sont disponibles on ne peut plus facilement ?

On m’objectera, et avec raison, que les contre-témoignages surabondent aussi en ces temps où nous sommes plongés. Mais il faut une petite dose de mauvaise foi pour leur accorder plus d’importance qu’à toute une histoire, depuis Abraham, de relation d’un peuple avec son Dieu. J’expérimente d’ailleurs moi-même depuis que je tente d’évangéliser sur le net qu’il est beaucoup plus facile de me tourner en dérision et de me soupçonner des pires mystifications que de m’accorder confiance et crédit. C’est tellement plus confortable d’éluder un témoignage authentique et de poursuivre sa petite route personnelle souvent dépourvue de quête de vérité !

Alors comme Jésus, même si c’est très impopulaire, je voudrais mettre notre génération en garde : nous ne sommes plus aux temps de l’incarnation du Verbe de Dieu, il est venu il y a 2000 ans, nous a donné sa Parole et ses commandements, et nul n’est plus censé les ignorer complètement. Oui, vingt siècles ont passé, et c’est désormais le temps du jugement qui est tout proche. Quand on attend passionnément le retour du Christ en Gloire, c’est un événement des plus heureux. Quand on refuse obstinément de prendre en considération la Sagesse de Dieu, peut-être y a-t-il lieu de le redouter bien davantage qu’un coronavirus. Celui-là, on peut y échapper. Le Jour du Seigneur, lui, sera pour tous, sans exception.

Image : Le retable du Jugement dernier  (détail)     Rogier Van der Weyden,   XVe , Hospices de Beaune

Ainsi parle le Seigneur Dieu : Crie à pleine gorge ! Ne te retiens pas ! Que s’élève ta voix comme le cor ! Dénonce à mon peuple sa révolte, à la maison de Jacob ses péchés.
Ils viennent me consulter jour après jour, ils veulent connaître mes chemins. Comme une nation qui pratiquerait la justice et n’abandonnerait pas le droit de son Dieu, ils me demandent des ordonnances justes, ils voudraient que Dieu soit proche :
« Quand nous jeûnons, pourquoi ne le vois-tu pas ? Quand nous faisons pénitence, pourquoi ne le sais-tu pas ? » Oui, mais le jour où vous jeûnez, vous savez bien faire vos affaires, et vous traitez durement ceux qui peinent pour vous.
Votre jeûne se passe en disputes et querelles, en coups de poing sauvages. Ce n’est pas en jeûnant comme vous le faites aujourd’hui que vous ferez entendre là-haut votre voix.
Est-ce là le jeûne qui me plaît, un jour où l’homme se rabaisse ? S’agit-il de courber la tête comme un roseau, de coucher sur le sac et la cendre ? Appelles-tu cela un jeûne, un jour agréable au Seigneur ?
Le jeûne qui me plaît, n’est-ce pas ceci : faire tomber les chaînes injustes, délier les attaches du joug, rendre la liberté aux opprimés, briser tous les jougs ?
N’est-ce pas partager ton pain avec celui qui a faim, accueillir chez toi les pauvres sans abri, couvrir celui que tu verras sans vêtement, ne pas te dérober à ton semblable ?
Alors ta lumière jaillira comme l’aurore, et tes forces reviendront vite. Devant toi marchera ta justice, et la gloire du Seigneur fermera la marche.
Alors, si tu appelles, le Seigneur répondra ; si tu cries, il dira : « Me voici. »

Isaïe 58, 1-9a
Textes liturgiques©AELF

Magnifique passage d’Isaïe, le Prophète que l’on peut lire et relire sans jamais se lasser et qui parle encore tellement à notre époque !
Dieu se révèle dans ces lignes si conforme à ce que nous connaissons de Lui par son Fils Jésus Christ !
Au jeûne de circonstance, il exprime qu’il préfère la concorde, la justice, la fin de l’oppression des un(e)s par les autres, le partage, la charité… Toute le Parole du Christ Jésus est déjà là en germe.

Quant à celui ou celle à qui il fait la grâce de confier sa Parole, notre Dieu redouble pour lui, pour elle, d’encouragements à la proclamer à temps et à contretemps. Les hypocrites prétendent vouloir connaître les pensées de Dieu, désirer l’approcher. Mais quand surgit un messager que le Seigneur s’est choisi et qui leur rapporte ce qu’ils n’ont pas envie d’entendre, ils le persécutent voire le mettent à mort.

Douce cohérence de notre Dieu, qui s’exprime à travers les moins en vue dans l’humanité, et qui les fortifie malgré toutes les oppositions qu’ils endurent par la promesse de sa justice éternelle.
Qu’espérer de mieux de Lui qu’un jour, sa gloire et ce magnifique « Me voici » ?

 

Image : Le Prophète Isaïe      Raphaël,   XVIe

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera.»
Quel avantage un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s’il se perd ou se ruine lui-même ? »

Luc 9, 22-25
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Précieuses paroles de Jésus, données à ses disciples qui ne les ont pas comprises avant la mort et la résurrection de leur Maître.
Il en va souvent ainsi des paroles mêmes de Dieu. Le Père, qui a enseigné son Fils, l’a fait marcher sur ses chemins qui ne sont pas les chemins de hommes, lui a partagé ses pensées qui sont infiniment plus hautes que les pensées humaines (Cf. Isaïe 55, 8-9). Si le Fils, lui, a bien compris sur quelle voie de renoncement à sa propre vie il devait marcher pour le salut de ses frères et sœurs en humanité, il a beau l’annoncer par trois fois à ses disciples, ceux-ci n’y comprennent rien, Pierre cherchera même à le dissuader de faire la volonté du Père !
(Matthieu 16, 22-23)

Et ainsi, tous les prophètes authentiques depuis la Première Alliance et jusqu’à aujourd’hui se heurtent-ils à l’opposition du monde au projet de Dieu sur ses enfants et sur l’humanité tout entière. Notre Dieu est un Dieu qui se propose et qui jamais ne s’impose. Mais trouve-t-il une âme qui accepte de se nourrir de sa Parole et de marcher dans ses voies plutôt que dans toute voie humaine, il se la réserve en la passant d’abord au creuset des pires épreuves spirituelles, auxquelles même son propre Fils n’a pas échappé pendant ses quarante jours au désert et son face à face avec le Tentateur.

Quand Dieu juge cette âme digne de sa confiance – et il la choisit en général cachée et sans éclat, pour qu’elle ne puisse définitivement s’enorgueillir que de Lui-même – il lui fait peu à peu la confidence de son projet pour elle-même et pour ses frères et sœurs en humanité.
Non, Dieu n’est pas silencieux. Ce n’est que le monde qui reste sourd à ses appels et à ses prophètes. Ce n’est que l’humanité préférant ses propres voies aux voies de la Trinité Sainte qui fait mine de ne pas avoir reçu ses commandements et ses avertissements répétés, comme les disciples du Seigneur Jésus préféraient ne pas le croire quant à sa Passion inéluctable et toute proche.

Eh bien, voici que la première création de notre Dieu est entrée dans sa propre Passion. On aura beau s’évertuer à corriger la dérive écologique, on ne pourra plus sauver ce que l’homme a déréglé voire détruit. On aura beau faire monter vers Dieu de pieuses prières pour la paix, ce n’est plus sur cette présente création qu’Il va nous l’accorder. On aura beau restaurer des cathédrales et montrer les meilleures volontés de réformer l’Eglise, on ne pourra pas leur ajouter une mesure de vie au-delà des temps et des moments fixés par le Père.

« Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. »

Celles et ceux qui accepteront de quitter toutes leurs possessions terrestres pour la terre nouvelle sous les cieux nouveaux, cette Eternité bienheureuse promise à travers toutes les Ecritures et qui n’est pas que l’au-delà de la mort, mais aussi et surtout l’au-delà de cette création dévoyée, celles-là et ceux-là seront sauvés.

Mettons donc à profit ce temps du Carême pour discerner enfin, ici et ailleurs, la volonté ultime de Dieu sur nous et les mystères pas si cachés qu’on le prétend du Salut et de la parousie.

Frères, ne savez-vous pas que vous êtes un sanctuaire de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ?
Si quelqu’un détruit le sanctuaire de Dieu, cet homme, Dieu le détruira, car le sanctuaire de Dieu est saint, et ce sanctuaire, c’est vous.
Que personne ne s’y trompe : si quelqu’un parmi vous pense être un sage à la manière d’ici-bas, qu’il devienne fou pour devenir sage.
Car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. Il est écrit en effet : ‘C’est lui qui prend les sages au piège de leur propre habileté.’
Il est écrit encore : ‘Le Seigneur le sait : les raisonnements des sages n’ont aucune valeur !’
Ainsi, il ne faut pas mettre sa fierté en tel ou tel homme. Car tout vous appartient,
que ce soit Paul, Apollos, Pierre, le monde, la vie, la mort, le présent, l’avenir : tout est à vous,
mais vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu.

1 Corinthiens 3, 16-23
Textes liturgiques©AELF

La Parole que nous lisons personnellement ou en Eglise est vivante, et je sais que de nombreux catholiques, tout comme moi, ont trouvé ce matin que cet extrait de la première Epître aux Corinthiens entrait singulièrement en résonance avec l’actualité de cette fin de semaine. Comment ne pas penser à ce « saint vivant » qu’était Jean Vanier pour beaucoup de chrétiens, déchu en quelques heures de son piédestal en raison de la révélation d’abus spirituels et sexuels avérés dont il s’est rendu coupable pendant une bonne partie de sa vie ?

Je ne m’étendrai pas davantage sur le cas de cet homme aux mains également pleines d’œuvres bonnes, mais je saisis l’occasion de cette lecture liturgique pour redire mon aversion pour toute forme d’idolâtrie.
Les Baal contemporains ne sont plus des divinités païennes auxquelles les idolâtres offrent des sacrifices, mais bien souvent des personnes que, pour une raison ou pour une autre, on érige en êtres supérieurs et dont on se veut les « fans » dans ce monde en perte de repères.

Depuis les adolescents et leurs idoles de la chanson jusqu’aux inconditionnels de tel ou tel acteur ou actrice, cinéaste, sportif/ve, star dans quelque domaine que ce soit, nombre de nos contemporains se comportent en idolâtres de créatures qui brillent à leurs yeux pour de bonnes ou de moins louables raisons. Et si les tabloïds se portent bien, c’est bien qu’il existe des gens friands « d’actualités people » pour les lire.

J’ai remarqué souvent que mes proches non-croyants avaient besoin de tels héros. Ils font la promotion de leurs actualités, œuvres, conférences, livres, comme s’ils voulaient gagner autrui à leur propre passion. Ils ont des mines décomposées quand leur champion/ne apparaît dans les nécrologies. Ils adoptent ses idées selon une interview, les paroles d’une chanson, une réplique de film… Et ce sont les mêmes, souvent, qui me croient dans la vaine illusion voire le parti pris quand ils découvrent que je suis profondément chrétienne. Qui comprendra que tout ce qu’ils recherchent à tout vent de doctrine, je l’ai dans la personne du Christ et dans la vivante Parole de Dieu ? Je les sens parfois à deux doigts de me dire que j’idolâtre bien Jésus, moi.
Nuance : j’aime plus que tout le Fils de Dieu, et j’adore en esprit et en vérité le Père éternel.

Je pense que l’humain est ainsi fait qu’il a besoin de se référer à plus haut que lui. Et ainsi, ceux qui ont évacué Dieu de leurs préoccupations y mettent une idole à la place, que ce soit une créature ou la dernière avancée technologique du moment…

Plus étonnant est le fait que des croyants tombent dans le même piège, adulant telle ou telle personne qui leur semble au-dessus de la mêlée en matière de discours, d’œuvres ou de supposée sainteté. Et dès que l’esprit critique et la vigilance vis-à-vis d’une telle créature s’abolit, le risque de mettre cette personne à la place même du Seigneur s’installe. Ces héros du christianisme s’attirent tous les honneurs, on les écoute avidement, on les invite à donner des conférences, on se sent pousser des ailes quand on parvient à se faire une petite place à leurs côtés. A qui cela ne monterait-il pas à la tête ? Qui, devenant gourou, fera encore l’effort de contrer la tendance peut-être déjà présente en lui à la prédation spirituelle voire sexuelle ?

En ce début d’année 2020, je vois l’Eglise catholique de mon baptême K.O après tant de révélations d’abus par des fondateurs et des témoins longtemps portés aux nues.
Et si Dieu, justifiant enfin leurs victimes, voulait nous dépouiller de nos mauvaises idoles ? Et s’il voulait, par cette succession de douches froides, nous ramener vers Lui, le seul qui mérite culte et adoration ?

Saisissons-nous de ce temps de Carême qui commence mercredi pour faire le vide dans nos temples trop plein d’idoles, et rendre à la Trinité la place qu’elle n’aurait jamais dû perdre dans nos cœurs de baptisés.

Image : Elie et les prophètes de Baal au mont Carmel