Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

C’est ton peuple, Seigneur, qu’ils piétinent,
et ton domaine qu’ils écrasent ;
ils massacrent la veuve et l’étranger,
ils assassinent l’orphelin.

Ils disent : « Le Seigneur ne voit pas,
le Dieu de Jacob ne sait pas ! »
Sachez-le, esprits vraiment stupides ;
insensés, comprendrez-vous un jour ?

Lui qui forma l’oreille, il n’entendrait pas ?
il a façonné l’œil, et il ne verrait pas ?
il a puni des peuples et ne châtierait plus,
lui qui donne aux hommes la connaissance ?

Le Seigneur ne délaisse pas son peuple,
il n’abandonne pas son domaine :
on jugera de nouveau selon la justice ;
tous les hommes droits applaudiront.

Ps 93 (94), 5-6, 7-8, 9-10, 14-15
Textes liturgiques©AELF

On pourrait dire que les Psaumes ne sont parfois qu’émanation humaine qui appelle Dieu à la vengeance. On pourrait. Et encore l’Eglise, dans la liturgie du jour, omet-elle des strophes plus vindicatives que celles-ci dans ce Psaume 93 (94). Mais s’il en était ainsi, pourquoi les Psaumes seraient-il si présents dans la prière de l’Eglise : prière des heures pour les religieux, liturgie quotidienne ?
Les Psaumes nous parlent, à nous humains, oui, mais ils parlent aussi à Dieu, ils parlent aussi de Dieu ! Et ce n’est pas parce que le Christ Jésus s’est montré puits de miséricorde qu’en Dieu, le versant justice est aboli ! Je n’apprécie pas les discours chrétiens qui tendent à considérer le Premier Testament comme caduc au profit du Nouveau. Notre foi doit être équilibrée sur la totalité des Ecritures.

Je lis parfois, ici ou là, que le Dieu de l’Ancien Testament est un Dieu jaloux et vengeur, et que Jésus et lui seul en aurait montré le vrai visage, doux et miséricordieux. Je vais encore remettre en question certaines doctrines catholiques. Pour moi, et je suis ferme dans ce que je dis – non pas par ignorance du dogme mais par connaissance intime de bien des mystères de la Trinité Sainte – le Christ Jésus n’est pas Dieu incarné à lui tout seul : du Dieu Trinité, il est la Deuxième Personne, et seulement la Deuxième Personne. Je crois que c’est un abus de langage de dire, à Noël, que « Dieu est descendu du Ciel ». Certes, le Verbe de Dieu préexistait à tout. Et il s’est incarné dans le sein de Marie, vierge, prenant de la substance de la chair de Marie et mystérieusement, procédant du Père. Il n’y a que l’homme mâle en tant que géniteur qui soit absent de cette conception. Mais Jésus Christ est bien le Fils de Marie, ce qu’il n’avait pas en chair humaine aux côtés du Père, il l’a tissé dans la matrice de Marie, comme tout fœtus humain. Marie a donné naissance à un nourrisson dont le sexe est par mystère masculin – ce n’est pas de sa mère qu’il tient cette masculinité, nous femmes ne savons donner qu’un chromosome sexuel « x ».

J’insiste donc encore sur le fait que notre Seigneur Jésus-Christ ne soit pas Dieu le Père incarné au milieu des hommes. C’est cet abus de langage qui rend incompréhensible et inacceptable notre foi chrétienne pour nos frères aînés juifs. De même qu’il n’y pas pas de peuple « déicide ». Le siècle de Jésus – et en particulier les autorités religieuses de son temps – ont fait mettre à mort le Fils de Dieu, et non l’Eternel de la Révélation biblique.

Et à présent, après sa Résurrection, le Fils de Dieu siège à Ses côtés dans sa Gloire, il n’a rien « enlevé  » au Père qui siège toujours, depuis les origines et pour l’Eternité, intègre et « entier ». Une femme, ayant mis au monde un enfant, a-t-elle perdu quelque chose de sa propre personne ? Non. Elle est toujours la même femme, avec la même chair et le même esprit, augmentés seulement de l’expérience de la maternité. Il me plaît de penser que pour le Dieu éternel, c’est la même chose. Dans le Nouveau Testament, Il est augmenté de l’expérience de la paternité, et on peut penser, oui, que ses entrailles en frémissent encore davantage pour l’humain qui se débat dans les difficultés du monde. De là peut-être sa très grande miséricorde, Il a éprouvé dans sa paternité ce que les hommes avaient été capables de faire à son propre Fils, et Il a été sensible à cette ultime parole de son enfant : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

J’aime le Dieu du Premier Testament. Je suis proche de Lui dans la prière. Aucune confusion, dans mon oraison, entre le Père et le Fils. Je sais exactement quand j’entre en dialogue avec l’un, et quand je suis avec l’autre. Je ne leur confie pas les mêmes préoccupations, je ne leur parle pas avec les mêmes mots. L’un est comme mon Père, oui, l’autre comme mon Frère ou mon Epoux. Qui emploierait le même langage avec son père humain qu’avec son époux ? Ce sont deux Personnes distinctes, indiscutablement.

Et quand j’ai faim et soif de justice, je crie vers les deux, certes, mais j’en appelle surtout au Père et à ses promesses antiques mais éternelles.
Depuis 2000 ans, nous avons à disposition la Parole du Verbe dans les Evangiles. Que nul ne prétende ne pas en connaître l’existence. L’Evangile est partout pour peu qu’on le cherche un peu – même si je sais qu’en certaines contrées, il est grandement prohibé. Le vrai code du « vivre ensemble » est là et pas ailleurs. Si nous voulons être des humains comme Dieu nous veut, vivons selon les commandements de l’Evangile, et nous deviendrons saints.

Et quant au mal et au péché, le Christ Jésus les porte pour nous dans ses plaies depuis 2000 ans aussi. Mais pas pour que nous péchions et péchions encore, dans une grande désinvolture !

Viendra un jour la justice de Dieu, après ce très long temps de miséricorde qui nous a été accordé. Et ce sera son Fils qui « jugera les vivants et les morts », oui , Lui-même ! Selon sa Parole. Pour ouvrir le Royaume où le mal n’entrera plus.

Et moi, je crois que ce temps-là est tout proche. L’iniquité du monde et des hommes n’a que trop duré. La miséricorde est là, à notre portée, mais beaucoup la dédaignent. C’est le temps de la justice qu’il faut espérer désormais.

« On jugera de nouveau selon la justice ;
tous les hommes droits applaudiront.  »

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur.
Il suffit que le disciple soit comme son maître, et le serviteur, comme son seigneur. Si les gens ont traité de Béelzéboul le maître de maison, ce sera bien pire pour ceux de sa maison.
Ne craignez donc pas ces gens-là ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu.
Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps.
Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille.
Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.
Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

Matthieu 10,24-33
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Je voudrais aujourd’hui m’attarder sur les deux derniers versets de cet extrait d’Evangile, et ne pas faire comme si Jésus n’avait jamais prononcé ces paroles.
Par deux fois, il parle bien de se déclarer pour lui « devant les hommes » ou de le renier « devant les hommes ». Il s’agit donc de l’attitude que nous adoptons au cours de notre vie, et non à l’instant de notre mort. De curieux théologiens prétendent de nos jours qu’à cet instant, nous bénéficions d’une « vision béatifique » du Seigneur qui nous encourage à nous jeter dans ses bras. Il me semble que « Tout est pardonné » est un titre satirique de Charlie Hebdo au lendemain des attentats, et non une parole toute faite dans la bouche du Christ, hormis à l’occasion du sacrement de la réconciliation demandé dans la foi et le repentir au cours de notre vie terrestre. Pardon du Seigneur donné pour que nous poursuivions une vie plus sainte, dans une grande gratitude pour sa miséricorde. « Va, et désormais ne pèche plus. » (Jean 8, 11). Et si nous chutons encore, revenir vers ce merveilleux sacrement, pas comme vers un coup d’éponge, mais dans la volonté de cheminer toujours davantage aux côtés du Seigneur, en vivant de sa Parole et des commandements de l’Evangile.

Nous voilà donc prévenus : il faut se déclarer pour lui devant les hommes. Je reconnais que ce n’est pas facile, surtout au pays qui commémore aujourd’hui le triomphe de la Révolution française dans la prise de la Bastille. Tout un chacun doit ici respect à la République. C’est une bonne chose, mais ces dernières années, on n’a que trop voulu repousser la foi dans le domaine de la sphère privée.

Je témoigne cependant qu’il y a des alternatives. Je suis bien placée pour en parler, moi qui suis fonctionnaire de la République, observant dans mon métier une parfaite laïcité : aucun prosélytisme, pas de signe religieux sur moi dans l’exercice de mes fonctions, la neutralité quand mes élèves me posent une question touchant à la religion ou à la vie après la mort…

Cela ne m’empêche pas, revenue dans ma « sphère privée », de témoigner publiquement de ma très grande foi, ici, sur ce site internet, certes avec un nom de plume, mais sans m’en cacher de mes proches, même de certaines collègues en qui j’ai confiance. Qui veut me lire me trouve facilement. Parfois, je l’avoue, je redoute que ma hiérarchie professionnelle ne m’identifie ici. Cela pourrait me mettre en difficulté. Mais j’assume mon témoignage. Et en aucun cas, jamais, je ne renierai le Christ Jésus devant les hommes. Si on m’intime un jour de choisir entre le témoignage chrétien et la fonction publique, je choisirai le témoignage chrétien. Quoiqu’il doive m’en coûter. Car je ne veux surtout pas qu’au jour de son retour en Gloire – que j’espère bien davantage que le lendemain de ma mort – le Seigneur Jésus ait des raisons de me dire :
« Je ne te connais pas. Ecarte-toi de moi, toi qui m’as renié devant les hommes. »
(d’après Matthieu 7, 23)

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes.
Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues.
Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens.
Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là.
Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous.
Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort.
Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. »
Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra. »

Matthieu 10,16-23
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Il est bon de bien se remettre en mémoire ces paroles du Christ Jésus.
Quand on est touché un jour par la grâce de l’Esprit, on a souvent la naïveté de croire que cette grâce sera contagieuse et que le témoignage nous vaudra du respect voire de la renommée.
Or en Dieu, les choses ne se passent pas du tout de cette façon-là. Le monde est souvent hermétique à la grâce de l’Esprit Saint, de cela nous pouvons nous douter à l’avance. Le témoignage vers le monde est toujours difficile, source au mieux de moqueries, au pire de persécution. Dans certains pays ce sera une persécution corporelle, dans nos nations plus permissives mais impies, un renvoi vers la psychiatrie.

Ce qui est plus perturbant pour le témoin authentique, c’est le rejet de la part des institutions religieuses en place. On a beau témoigner du Dieu trinitaire, Père, Fils et Esprit Saint, l’Eglise catholique, si on appartient à celle-ci, ferme les écoutilles. Surtout quand on est une femme, ni pécheresse invétérée, ni modèle d’épouse chrétienne retranchée silencieusement derrière son devoir d’état.
C’est incompréhensible ? Pas si on observe notre Maître le Seigneur Jésus : il a été haï par les dignitaires religieux de son temps. Que cela demeure pour nous le phare de notre témoignage.

Que le témoin authentique soit persécuté par ses coreligionnaires – les tribunaux contemporains sont les réseaux sociaux et autres forums étiquetés catholiques – cela doit être considéré comme son lot incompressible. Suivons les pas du Christ.

Cette donnée étant acquise, le témoin peut tenter des incursions vers le monde. Et là, s’il témoigne à l’image de son Seigneur, il peut rejoindre ceux qui sont aux marges de l’Eglise. Il trouvera là meilleur accueil que dans sa paroisse, son évêché ou les cellules chargées de « discerner ».

Alors demeurons vigilants, et méfions-nous même des manifestations de l’Esprit « reconnues par l’Eglise » : celles des premiers Apôtres n’ont jamais été reconnues par la tradition à laquelle eux-mêmes appartenaient.

 

Image : Martyre de saint Apollonius  Juan de Carion      XVe

Ainsi parle le Seigneur : Mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur.
Là, elle me répondra comme au temps de sa jeunesse, au jour où elle est sortie du pays d’Égypte.
En ce jour-là – oracle du Seigneur –, voici ce qui arrivera : Tu m’appelleras : « Mon époux » et non plus : « Mon Baal » (c’est-à-dire « mon maître »).
Je ferai de toi mon épouse pour toujours, je ferai de toi mon épouse dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse ;
je ferai de toi mon épouse dans la loyauté, et tu connaîtras le Seigneur.

Osée 2,16.17b-18.21-22
Textes liturgiques©AELF

Accueillir les textes bibliques, même ceux du Premier Testament, dans l’aujourd’hui de nos vies…
Le Livre d’Osée me bouleverse depuis de longues années. Je le trouve d’une beauté et d’une justesse saisissantes, en particulier cet extrait donné à la liturgie d’aujourd’hui.
Essayons de sortir de l’exégèse, de l’analyse historique du texte. Prenons-le vraiment comme la Parole de Dieu, qui n’est jamais obsolète. Prenons-le comme un message intemporel qui s’adresse aux croyants d’aujourd’hui, à ce chrétien que tu es peut-être, ami lecteur.
Personnellement, ce texte me parle au plus intime de mon cœur, de mon âme et de ma chair, et ce depuis une vingtaine d’années. J’en ai même choisi un extrait comme titre de l’un des chapitres de mon témoignage « Histoire d’une foi ».
Oh, je n’ai jamais été une épouse infidèle, je n’ai jamais été une femme vénale. Jamais. Mais infidèle à mon Seigneur, oui peut-être, pendant ces quinze années de doute qui ont miné mon passage à l’âge adulte. Infidèle peut-être à l’appel très fort qui reposait sur moi, depuis l’instant de mon baptême à quelques jours et sans doute même depuis l’instant de ma conception dans le sein d’une mère qui ne me désirait pas, épuisée déjà par trois grossesses antérieures en peu d’années de mariage. Oui, un appel reposait sur moi.

A 16 ans, je me suis interrogée sur la vie religieuse, mais à cet âge-là, ce n’était pas ma vocation. Ma chair hurlait vers la vie de femme et de mère. (suite…)

En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent.
Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains.
Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

Marc 6,1-6
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

J’ai lu et entendu sur cet évangile des homélies musclées pour souligner que les Nazaréens n’ont pas reconnu en Jésus le Verbe de Dieu, et que « nous » sommes bien souvent capables de la même chose.

Mon propos diffère : je trouve tout de même assez facile, après vingt siècles d’évangélisation, un peu de foi et de bonne volonté, de reconnaître en Jésus au minimum un homme de bien, au mieux le Fils de Dieu, de façon médiane un grand prophète comme les religions non-chrétiennes le font.  Il me semble que le problème n’est pas tant d’accepter Jésus et sa parole – beaucoup de non-croyants ont pour lui du respect – que d’accepter les expressions de l’Esprit Saint dans l’aujourd’hui des femmes et des hommes, qui est aussi l’aujourd’hui de Dieu.
On peut trouver que Jésus est un chic type, on peut même s’abîmer d’amour pour lui devant des images pieuses ou dans l’euphorie d’un concert de louange, on n’en sera pas pour autant forcément capable de discerner l’Esprit Saint chez la personne ordinaire qui est en face de soi et qu’on croit tellement bien connaître.

Ce qu’il faut avant tout considérer, c’est que Jésus ne ressemblait pas du tout aux images que l’on s’en fait de nos jours. Il avait une famille ordinaire : mère, père dont presque tous ignoraient qu’il ne fût qu’adoptif, frères et sœurs qui le considéraient plutôt comme dérangé que Fils de Dieu. Il ne rayonnait pas la sainteté quand il était harassé de fatigue par le poids des jours et de la route, il s’entourait d’amis à la mauvaise réputation dans sa tradition religieuse. Ne fondant pas de famille, il ne se comportait pas en Rabbi digne de ce nom. Il pouvait souffrir de la faim, de la soif, pleurer, être trahi, se faire insulter et cracher au visage. Jésus dans son incarnation et en son temps dégageait sans doute un grand charisme de charité et de vérité, mais sa parole acérée et percutante – qui incommodait tant les autorités religieuses de son temps – le rendait certainement aussi impopulaire parmi les bien-pensants qu’apprécié des foules oppressées par le joug romain et d’impossibles prescriptions religieuses. (suite…)