Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

En ce temps-là, les yeux levés au ciel, Jésus priait ainsi : « Père saint, garde mes disciples unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné, pour qu’ils soient un, comme nous-mêmes.
Quand j’étais avec eux, je les gardais unis dans ton nom, le nom que tu m’as donné. J’ai veillé sur eux, et aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte de sorte que l’Écriture soit accomplie.
Et maintenant que je viens à toi, je parle ainsi, dans le monde, pour qu’ils aient en eux ma joie, et qu’ils en soient comblés.
Moi, je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine parce qu’ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde.
Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais pour que tu les gardes du Mauvais.
Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi, je n’appartiens pas au monde.
Sanctifie-les dans la vérité : ta parole est vérité.
De même que tu m’as envoyé dans le monde, moi aussi, je les ai envoyés dans le monde.
Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu’ils soient, eux aussi, sanctifiés dans la vérité. »

Jean 17,11b-19
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Paradoxal. Nous méditons aujourd’hui ce magnifique extrait de l’Evangile de Jean, et je ne suis pas sortie de la messe comblée de joie, mais énervée. Et pourtant, les lectures données ce jour étaient magnifiques, et je me sentais comblée, comme à chaque messe, par le don de l’Eucharistie. Oui mais… Il se trouve que je suis une fidèle qui écoute intensément les homélies. Depuis un an que nous sommes sans curé, de multiples prêtres se sont succédé dans nos paroisses, nous avons entendu toutes sortes de discours, fait l’effort de nous adapter à tous les types d’élocution et d’accents, discerné sans mot dire toutes les personnalités sous-jacentes, nous avons apprécié de belles homélies, avons été heurtés, nous sommes ennuyés lors de sermons plats, sans jamais protester. Il y avait un prêtre pour célébrer la messe, cela nous réjouissait déjà.

Et voilà que notre curé nous fait savoir officiellement qu’il ne poursuivra pas dans sa mission auprès de nous. Et qu’un prêtre déjà venu de temps en temps est nommé administrateur, jusqu’à la prochaine nomination d’un curé. N’avions-nous pas droit à un petit mot de consolation pour ce « deuil » d’un jeune curé auquel nous nous étions attachés ? Rien de tout cela, mais depuis ce jour, des homélies à teneur culpabilisante. Oh, la forme est parfaite, remarquable même ! Enfin un prêtre que l’on comprend très clairement ! Mais quant au fond… Ai-je le malheur d’écouter, et d’écouter de toutes mes oreilles ?
Il m’en faut beaucoup pour sortir d’une messe énervée, mais là, la coupe se remplit un peu vite… Quelques insinuations qui distillent la culpabilité quant à la dépression de notre curé. Une opposition systématique entre les prêtres, diacres et « laïcs engagés » et tous les autres, dont nous sommes la plupart – chacun, actif et parent, a-t-il le temps de prendre un mandat pastoral ? Une confiance démesurée dans la parole officielle de l’Eglise, confondue un peu vite avec la Vérité du Père et du Fils : en vrac sont montrés du doigt le préservatif, l’avortement, l’union libre des jeunes couples, les enfants et jeunes qui désertent l’église, le saut à l’élastique (sic) et à peu près tous les loisirs…
A ce rythme-là, les quelques fidèles très fidèles se sentent forcément coupables de quelque chose. Sommes-nous donc d’affreux paroissiens pour que notre curé bien-aimé ait subi sa crise de la quarantaine chez nous ? Est-ce de notre faute à nous, le dernier noyau de pratiquants, si les jeunes parents n’envoient plus leurs enfants à la messe malgré quelques sacrements sollicités ? Sommes-nous de piètres témoins de l’amour conjugal pour que nos enfants ne prennent plus d’engagement dans le mariage ?

Sortie de cette messe, j’étais mal, et je me suis vraiment interrogée : venais-je d’entendre une parole inspirée tout droit de l’Esprit Saint, ou un discours ecclésial bien ficelé et déconnecté de ce qu’est une vie évangélique au milieu du monde, j’allais presque dire « malgré le monde » ? Je peux haïr l’esprit du monde. Ce n’est pas la raison pour laquelle je vais me mettre à faire la morale à mes propres enfants, mes neveux et nièces que je chéris tous, parce qu’ils ne sont pas « dans les clous » du point de vue de la morale sexuelle de l’Eglise catholique romaine. Je ne vais pas culpabiliser mon fils de rechercher des sensations fortes dans les parcs d’attraction alors qu’il est le plus aimant des fils et le plus fiable des compagnons et des copains. Je ne vais pas jeter l’opprobre sur ma nièce chérie qui va me faire la joie d’être encore une fois grand-tante dans un mois, même si le papa et elle n’ont pas la bague au doigt. Pour moi, témoigner de l’Evangile, ce n’est pas cela. C’est vivre dans un cœur à cœur permanent avec le Père et le Fils, en être comblée de joie, et rayonner cette joie de l’évangile dans mes faits et gestes quotidiens.

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ; ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Que votre cœur ne soit pas bouleversé ni effrayé.
Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le Père, car le Père est plus grand que moi.
Je vous ai dit ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez.
Désormais, je ne parlerai plus beaucoup avec vous, car il vient, le prince du monde. Certes, sur moi il n’a aucune prise, mais il faut que le monde sache que j’aime le Père, et que je fais comme le Père me l’a commandé. »

Jean 14,27-31a
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

Il faut que le monde sache que j’aime le Père, et que je fais comme le Père me l’a commandé.

Je me souviens, il y a presque vingt ans de cela, du reproche que m’adressait un prêtre : être trop confiante en mes « intuitions ». Une jeune convertie m’a fait la même réflexion récemment, un peu trop assurée par ses deux ans de catéchisation et sa volonté impatiente de trouver sa place dans l’Eglise catholique romaine.

C’est toujours facile de réduire un chrétien à celui qu’on serait soi-même si on s’enflait un peu d’orgueil. Ce que ces deux-là n’ont pas compris, faute de m’écouter ou de me lire vraiment, c’est que je n’exprime pas ici des « intuitions ». Comme je ne témoignais pas non plus en Eglise il y a vingt ans d’ « intuitions » ou pire, d’ « impressions. »
Non. Je témoignais déjà à ce moment-là, fort maladroitement j’en conviens, des profonds bouleversements intérieurs que provoquaient en moi une très grande proximité avec le Père, un amour dévorant pour le Christ Jésus, partagé et tangible, une effusion débordante de l’Esprit Saint qui a remis en question toutes les bases de ma vie. Et ce que j’ai confié à ce moment-là, ce n’était pas caprice ou délire de ma part, mais obéissance au Père et au Fils qui me recommandaient d’aller vers les représentants de l’Eglise pour témoigner de ce que je vivais, entendais, recevais, avais à transmettre.
Allais-je, dans cette démarche, m’en tirer mieux que le Christ Jésus lui-même ? Certes non. Le prince du monde était là, à l’affût, dans la méfiance de mes proches, dans les résistances de l’Eglise, dans les conceptions dévoyées de ce qu’est une effusion de l’Esprit Saint –  une notion tellement galvaudée dans le Renouveau charismatique dont était issu ce prêtre ! Dois-je préciser une fois encore que je n’ai aucune accointance avec ce courant dont dérivent malheureusement  tant de fausses prophéties et de fausses manifestations de l’Esprit ?

J’ai fait et dit simplement ce qui m’avait été recommandé dans mes dialogues au cœur de la Trinité sainte.

Le prince du monde s’est déchaîné longtemps contre moi, croyant avoir prise sur ma foi et mes certitudes intérieures. Mais bien des années ont passé, et comme Dieu tient toujours ses promesses, il m’a aussi donné la paix intérieure, la consolation, la confiance renouvelée en son amour et sa sollicitude, et l’assurance de l’authenticité de ma vie mystique.

Le prince du monde ne me tourmente plus beaucoup désormais, j’ai déserté les lieux de ses ultimes attaques virtuelles. J’avance, calme et sereine, fortifiée semaine après semaine par les sacrements de l’Eglise de mon baptême, à laquelle je suis malgré tout restée fidèle. J’avance et je témoigne ici, patiemment, sans adeptes et sans fruits visibles, mais sûre que le Seigneur marche à mes côtés.

Il faut que le monde sache que j’aime le Père, et le Fils, et que je fais toujours comme ils me le commandent, jour après jour, dans la prière et l’attention aux signes des temps. C’est l’Esprit qui me guide, me motive, me fortifie. L’Esprit qui procède du Père et du Fils, et qui connaît, Lui, les vérités ultimes que le monde ne veut pas recevoir.

Image : Arcabas      La Trinité

Source image : http://communaut-orantesstrasbourg.over-blog.com/article-trois-colombes-118058462.html

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Celui qui reçoit mes commandements et les garde, c’est celui-là qui m’aime ; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »
Jude – non pas Judas l’Iscariote – lui demanda : « Seigneur, que se passe-t-il ? Est-ce à nous que tu vas te manifester, et non pas au monde ? »
Jésus lui répondit : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

Jean 14,21-26
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Nous méditions ces jours-ci des passages d’évangile que j’aime entre tous. J’essaie, en écrivant jour après jour ici, de témoigner de la vérité des Evangiles, patiemment, avec constance, semant sur le web sans aucune preuve de germination, mais si je pouvais aujourd’hui convaincre une seule personne de la véracité de cette promesse de Jésus, j’en serais déjà heureuse.

« Celui qui m’aime sera aimé de mon Père ; moi aussi, je l’aimerai, et je me manifesterai à lui. »

Ami lecteur, rien ne t’oblige à lire mon témoignage « Histoire d’une foi », mais toute ma vie atteste de la vérité de cette parole du Christ. J’ai toujours aimé Jésus, depuis le jour de mon baptême, quelques jours après ma naissance, depuis mes premiers balbutiements, jusqu’à aujourd’hui, dans la maturité de mes 54 ans, oui, je l’ai toujours aimé, lui, pour la personne qu’il a été, est et sera. J’ai douté quinze années de l’existence de Dieu, oui, c’est vrai, de mes 18 ans à mes 33 ans, le mot « Dieu » ne revêtait plus de signification tangible pour moi, j’avais pris mes distances avec l’Eglise catholique de mon baptême, de ma tradition familiale, mais jamais, jamais, je n’ai cessé d’aimer Jésus et de vouloir garder ses commandements. L’Eglise ne me renvoyait plus le visage du Christ, mais sa parole, je la gardais, je la cultivais en moi et dans mes relations sociales et privées, des bribes des Ecritures me revenaient sans cesse à l’esprit, je ne trouvais pas de meilleur code du « vivre ensemble » que l’Evangile. Agnostique que j’étais, j’avais quand même dans ma chambre d’étudiante un poster du spectacle « Un homme nommé Jésus », que j’étais allée voir à Paris et qui m’avait bouleversée. Mariée civilement que j’ai été, je gardais tout de même intact mon respect pour la parole du Christ dans les Ecritures. Non, les discours de Jean-Paul II et ses leçons de morale familiale n’étaient pas ma tasse de thé, mais oui, j’essayais toujours de vivre en respectant mon prochain comme moi-même. On pourra toujours me juger orgueilleuse, mais je crois que dans ma vie, même dans ces années-là, je n’ai pas fait de mal à grand-monde. Du mal, on m’en a fait, oh que oui ! Mais le moteur de ma vie demeurait la fidélité aux commandements de Jésus et à l’esprit des béatitudes. Je ne me souviens pas d’avoir rendu le mal pour le mal.

Alors je peux en attester aujourd’hui, un tel amour pour le Christ et une telle fidélité à sa parole n’échappent pas au Dieu Trinité. Un jour, et je pourrais en préciser la date, et l’heure, le Père m’a inondée de sa grâce et de son amour, figée dans un état de béatitude comme je n’en avais jamais connu de toute ma vie. L’absolu et l’inouï du bonheur le plus comblant, en un instant inoubliable, une nuit gravée dans ma mémoire.

Cela fait presque vingt ans, et plus jamais, plus jamais je n’ai douté que Dieu le Père Soit, que Jésus le Christ soit son Fils, que l’Esprit se manifeste en surabondance dans la connaissance infuse des deux premières personnes de la Trinité sainte. C’est une expérience indicible, intime, vécue hors de toute assemblée, absolument personnelle et indépassable. C’est plus fort que la foi elle-même. C’est une connaissance de l’âme, manifestée jusque dans la chair.

Voilà, ami lecteur, mon témoignage. Crois en cette parole, elle est vérité. Je n’aurai de cesse de vouloir rappeler tout ce que le Seigneur a fait, tout au long de l’histoire biblique et de l’histoire sainte, et les merveilles qu’il a déployées et déploie encore dans ma vie.

Amen

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.
Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures ; sinon, vous aurais-je dit : “Je pars vous préparer une place” ?
Quand je serai parti vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi, afin que là où je suis, vous soyez, vous aussi.
Pour aller où je vais, vous savez le chemin. »
Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. »

Jean 14,1-6
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Ce chapitre 14 de l’évangile de Jean est comme le cœur de la Parole de Jésus. Il y parle de lui-même et du Père, de ses œuvres, de sa résurrection, de l’Esprit Saint que le Père enverra après lui pour tout enseigner et faire souvenir de tout ce que le Fils aura dit (Jean 14, 26). Jésus s’y présente comme le Chemin, la Vérité et la Vie : pouvait-il nous faire plus grande révélation sur sa Personne ?
Jésus comme chemin vers la vérité et la vie éternelle. C’est important, cette notion de « chemin ». Où nous mène ce Chemin ? Vers le Père, qui est « plus grand que lui » (Jean 14, 28). Pourquoi, notamment dans certains chants contemporains de louange, omettons-nous de souligner que Jésus n’est pas Dieu à lui tout seul ? Il est la deuxième Personne de la Trinité sainte, oui, mais le Père, que nos frères juifs connaissaient déjà, est la Première, et l’Esprit Saint la Troisième, une Personne aussi, oui, qui vient après Jésus. Parfois, les chants de louange m’incommodent quand ils font de Jésus Christ le Tout du Ciel. Je me souviens aussi que dans la courte période où j’ai fréquenté une église évangélique, j’entendais certains fidèles s’adressant à Jésus en l’appelant « Père ». Quelle confusion ! Ne nous étonnons pas que les Juifs contemporains regardent le christianisme comme une religion bizarrement polythéiste quand nous commettons de telles erreurs de langage. Comme je l’écris souvent, quand Jésus s’est incarné dans le sein de Marie, le Père était encore au Ciel, intact, immuable, non amputé d’une partie de Lui-même ! Une femme est-elle amputée d’elle-même quand elle met son enfant au monde ? Non. Elle a engendré une vie nouvelle. Et ainsi du Père qui s’est engendré un Fils, puis encore une autre Personne après lui, la Ruah. Eux trois sont la famille Trinité Sainte, unie et bienheureuse, la période la plus douloureuse pour les deux engendrés du Père étant le temps de l’incarnation, pendant lequel le prince de ce monde peut leur faire « tout ce qu’il veut », même s’il n’a sur leur être profond aucune prise. Gageons que le Père a versé des larmes sur son Fils crucifié, comme il en verse encore sur la Ruah méconnue et méprisée.

Jésus a repris à son Ascension  le chemin qui le menait vers le Père, avec son corps d’homme ressuscité. C’est dans ce corps glorieux qu’il reviendra bientôt pour donner à ceux qui auront cru en sa Parole les places qu’il leur a préparées dans la maison de son Père.

Après avoir lavé les pieds de ses disciples, Jésus parla ainsi : « Amen, amen, je vous le dis : un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie.
Sachant cela, heureux êtes-vous, si vous le faites.
Ce n’est pas de vous tous que je parle. Moi, je sais quels sont ceux que j’ai choisis, mais il faut que s’accomplisse l’Écriture : ‘Celui qui mange le pain avec moi m’a frappé du talon.’
Je vous dis ces choses dès maintenant, avant qu’elles n’arrivent ; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez que moi, JE SUIS.
Amen, amen, je vous le dis : si quelqu’un reçoit celui que j’envoie, il me reçoit moi-même ; et celui qui me reçoit, reçoit Celui qui m’a envoyé. »

Jean 13,16-20
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Jésus était charpentier. Pierre était pêcheur. Les autres disciples n’étaient pas plus en vue dans la société de cette époque. D’où vient que l’Eglise de ce siècle-ci a oublié qu’ « un serviteur n’est pas plus grand que son maître » ?
A qui l’Eglise d’aujourd’hui accorde-t-elle quelque crédit quand il s’agit de parler des choses de Dieu, de comprendre sa Parole, de discerner ce qui vient, ou non, de l’Esprit Saint ? Je la trouve obnubilée par les diplômes de théologie, la formation au droit canon, la maîtrise du catéchisme… Un prêtre pourra se targuer d’une dizaine d’années d’études, et dès qu’un(e) fidèle catholique fait preuve d’un tant soit peu d’intelligence et d’implication dans une paroisse, on va l’encourager à suivre une formation en université, un cycle catéchétique… Autant dire que parallèlement, la personne qui se présente dépourvue de formation diplômante en théologie sera écartée poliment de tout débat ecclésial et considérée comme incompétente dans le domaine du discernement spirituel.

On emploie souvent le terme de moyenâgeux pour qualifier ce qui est totalement obscurantiste. Il n’empêche que dans quelques jours, nous allons fêter sainte Catherine de Sienne, une illettrée du XIVe siècle qui a eu une influence tout à fait considérable sur l’Eglise de son époque. Là, à la fin du Moyen-Age, l’Eglise a accordé crédit à une pauvre fille qu’on cantonnerait de nos jours à repasser les nappes de l’autel. Aucun diplôme, aucune chance d’être entendue.

On oublie que les chemins de Dieu ne sont pas les chemins des hommes, et qu’Il a toujours préféré les sans grade aux sages et aux intelligents à la manière du monde. Or, les clercs d’aujourd’hui ne sont-ils pas tous de ceux-là ? A qui l’Eglise confie-t-elle le discernement des esprits et des vocations, sinon à des surdiplômés ? Depuis quand l’Esprit Saint dépend-il d’un diplôme ?

Il y aurait tant et tant à dire sur les défauts de discernement de l’Eglise catholique d’aujourd’hui ! Mais présentez-vous comme une simple paroissienne qui n’a jamais franchi la porte d’une faculté de théologie, et on ricanera de vos prétendus charismes derrière votre dos, en priant simplement pour que vous vous résolviez enfin à catéchiser les petits enfants ou à participer au nettoyage de l’église paroissiale…

 

Image : Le lavement des pieds      Retable allemand du XVe  (Berlin)