Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

En ces jours-là, le roi Balthazar donna un somptueux festin pour les grands du royaume au nombre de mille, et il se mit à boire du vin en leur présence.
Excité par le vin, il fit apporter les vases d’or et d’argent que son père Nabucodonosor avait enlevés au temple de Jérusalem ; il voulait y boire, avec ses grands, ses épouses et ses concubines.
On apporta donc les vases d’or enlevés du temple, de la Maison de Dieu à Jérusalem, et le roi, ses grands, ses épouses et ses concubines s’en servirent pour boire.
Après avoir bu, ils entonnèrent la louange de leurs dieux d’or et d’argent, de bronze et de fer, de bois et de pierre.
Soudain on vit apparaître, en face du candélabre, les doigts d’une main d’homme qui se mirent à écrire sur la paroi de la salle du banquet royal. Lorsque le roi vit cette main qui écrivait,
il changea de couleur, son esprit se troubla, il fut pris de tremblement, et ses genoux s’entrechoquèrent.
On fit venir Daniel devant le roi, et le roi lui dit : « Es-tu bien Daniel, l’un de ces déportés amenés de Juda par le roi mon père ?
J’ai entendu dire qu’un esprit des dieux réside en toi, et qu’on trouve chez toi une clairvoyance, une intelligence et une sagesse extraordinaires.
J’ai entendu dire aussi que tu es capable de donner des interprétations et de résoudre des questions difficiles. Si tu es capable de lire cette inscription et de me l’interpréter, tu seras revêtu de pourpre, tu porteras un collier d’or et tu seras le troisième personnage du royaume. »
Daniel répondit au roi : « Garde tes cadeaux, et offre à d’autres tes présents ! Moi, je lirai au roi l’inscription et je lui en donnerai l’interprétation.
Tu t’es élevé contre le Seigneur du ciel ; tu t’es fait apporter les vases de sa Maison, et vous y avez bu du vin, toi, les grands de ton royaume, tes épouses et tes concubines ; vous avez entonné la louange de vos dieux d’or et d’argent, de bronze et de fer, de bois et de pierre, ces dieux qui ne voient pas, qui n’entendent pas, qui ne savent rien. Mais tu n’as pas rendu gloire au Dieu qui tient dans sa main ton souffle et tous tes chemins.
C’est pourquoi il a envoyé cette main et fait tracer cette inscription.
En voici le texte : Mené, Mené, Teqèl, Ou-Pharsine.
Et voici l’interprétation de ces mots : Mené (c’est-à-dire “compté”) : Dieu a compté les jours de ton règne et y a mis fin ;
Teqèl (c’est-à-dire “pesé”) : tu as été pesé dans la balance, et tu as été trouvé trop léger ;
Ou-Pharsine (c’est-à-dire “partagé”) : ton royaume a été partagé et donné aux Mèdes et aux Perses. »

Livre de Daniel 5,1-6.13-14.16-17.23-28
Textes liturgiques©AELF

Qu’est-ce qui provoque ici la colère de Dieu révélée au roi Balthazar par Daniel ?
Ce n’est peut-être pas tant la profanation des objets sacrés du Temple que le flagrant délit d’idolâtrie. Balthazar et sa cour boivent dans les vases sacrés et poursuivent leur orgie à la gloire de leurs dieux païens. Et le Dieu d’Israël se manifeste ! Son jugement est alors implacable.

Je ne cesserai de défendre l’idée d’un Dieu créateur qui a des sentiments pour ses créatures, qui peut ainsi éprouver joie absolue comme déception, et ce quand sa créature se détourne de Lui au profit d’idoles païennes qui ne peuvent rien lui apporter de bon. Est-ce la débauche de Balthazar et de sa cour qui suscite la colère de Dieu, ou son ingratitude ?

Car Dieu, source de vie, a veillé sur l’homme pieux comme sur le païen depuis les premiers instants de sa vie. Oh, Il ne demande pas grand chose en retour : un peu d’amour et d’écoute, ce rien de gratitude qui le comble aussitôt de la part d’un cœur humble et reconnaissant pour sa magnanimité.
Tout comme un père, une mère se désolent quand leurs enfants prennent leurs distances avec eux au mépris d’années de soins et d’attention donnés gratuitement, Dieu le Père s’afflige quand nous oublions à quel point Il a pu être bon pour nous. Dans la parabole de l’enfant prodigue, nous voyons le père déborder de joie au retour de son fils cadet. L’histoire ne dit rien de son affliction quand son enfant l’a quitté. Ainsi de Dieu : il est des plus discrets quand nous lui sommes infidèles. Ce qui ne veut pas dire que son cœur infiniment aimant n’en soit blessé. Et davantage parce que nos chemins se perdent loin de Lui et que notre souffle se tarit alors, que parce qu’Il serait friand de louange.


Soyez attentifs, vous qui dominez les foules, qui vous vantez de la multitude de vos peuples.
Car la domination vous a été donnée par le Seigneur, et le pouvoir, par le Très-Haut, lui qui examinera votre conduite et scrutera vos intentions.
En effet, vous êtes les ministres de sa royauté ; si donc vous n’avez pas rendu la justice avec droiture, ni observé la Loi, ni vécu selon les intentions de Dieu,
il fondra sur vous, terrifiant et rapide, car un jugement implacable s’exerce sur les grands ;
au petit, par pitié, on pardonne, mais les puissants seront jugés avec puissance.
Le Maître de l’univers ne reculera devant personne, la grandeur ne lui en impose pas ; car les petits comme les grands, c’est lui qui les a faits : il prend soin de tous pareillement.
Les puissants seront soumis à une enquête rigoureuse.
C’est donc pour vous, souverains, que je parle, afin que vous appreniez la sagesse et que vous évitiez la chute,
car ceux qui observent saintement les lois saintes seront reconnus saints, et ceux qui s’en instruisent y trouveront leur défense.
Recherchez mes paroles, désirez-les ; elles feront votre éducation.

Sagesse 6,2-11
Textes liturgiques©AELF

Puissance du Livre de la Sagesse, l’un de mes préférés dans l’Ancien Testament !
Dieu ne s’y montre pas un Dieu de la molle mansuétude. Je suis étonnée quand j’entends parfois, même dans la bouche de notre pape François :
« Dieu pardonne tout, absolument tout ! »
Je crois qu’il convient de mettre quelques bémols à cette affirmation : celui de la contrition nécessaire au pardon pour commencer, et encore celui de la responsabilité dans la faute, avec les conséquences qu’elle peut avoir sur autrui à petite ou très grande échelle. Je ne puis croire que le Nouveau Testament ait abrogé l’Ancien, que Jésus soit venu prêcher une autre justice que celle des Prophètes et des sages de l’Ecriture. Prenons donc les versets ci-dessus au sérieux !

Au petit, par pitié, on pardonne, mais les puissants seront jugés avec puissance.

Comment passer sous silence un tel enseignement ? Il est évident qu’entre un humble qui a péché par exemple en ne rendant pas autour de lui un service qu’il aurait pu rendre, et un puissant qui a détourné des fonds importants à des fins personnelles, lésant le pauvre et discréditant la confiance que le peuple avait placée en lui, il y a une différence évidente, que Dieu, Lui, ne prendrait pas en considération ?

Pour moi, j’accueille cet extrait de la Sagesse pour ce qu’il nous enseigne concrètement.

Et j’ajoute que j’ai d’autant plus de mal à comprendre que l’Eglise catholique canonise avec une telle promptitude et facilité ses papes, qui ont certes observé les lois de Dieu dans leur ensemble, mais ont néanmoins été des chefs d’état recevant tous les puissants de ce monde bien avant les pauvres et les petits, qui ont déjà bénéficié durant leur pontificat de tous les honneurs possibles partout où ils se sont rendus, qui n’ont jamais connu la précarité d’une existence pauvre et cachée, et enfin qui ont pu commettre des fautes considérables par omission – je n’ose penser par intention ! – ne faisant rien par exemple pour empêcher l’omerta d’une institution ecclésiale sourde à la plainte des abusés de toutes sortes, alors qu’ils y avaient tous les pouvoirs.

Vraiment, je trouve qu’il y a lieu de méditer ce texte de la Sagesse donné à la liturgie d’aujourd’hui, et d’autant plus quand on jouit d’une situation de pouvoir sur la vie d’autrui.

En ce temps-là, un scribe s’avança pour demander à Jésus : « Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse : « Voici le premier : ‘Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.’
Et voici le second : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même.’ Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit : « Fort bien, Maître, tu as dit vrai : Dieu est l’Unique et il n’y en a pas d’autre que lui.
L’aimer de tout son cœur, de toute son intelligence, de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse, lui dit : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. » Et personne n’osait plus l’interroger.

Marc 12,28b-34
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

 

Aimer Dieu !

D’aucuns me diraient qu’ils ne peuvent aimer quelqu’un en qui ils ne croient même pas. Cela semble tomber sous le sens. Et pourtant !
On peut aimer Dieu au point de partir en quête de Lui, de chercher à le connaître, d’espérer le rencontrer. On peut aimer l’idée de Dieu. On peut aimer les valeurs habituellement rattachées à Dieu. On peut aimer le beau, le bien, le vrai, et par là-même, incliner à mieux connaître Dieu.

Bien sûr, Dieu nous précède toujours dans l’amour. Indubitablement, c’est Lui qui nous aime le premier, et ce dès l’instant de notre conception, qu’elle soit heureuse, désirée ou une épreuve dans la vie d’un couple, d’une femme, d’un homme. Dieu, principe de vie, affectionne la vie, et manifeste intérêt et attachement pour tout être humain en promesse de devenir sur cette terre. Là où nous n’avions pas encore une once de conscience, Dieu formait déjà le projet de se faire connaître de nous à un moment ou à une autre de notre vie, pour que nous soyons acteurs de sa volonté et réceptacles de sa grâce.

Alors bien sûr, on peut au cours d’une vie passer à côté de Lui sans le voir, sans le comprendre, sans le connaître, sans l’aimer. Défaut d’éducation religieuse, milieu hostile à toute idée de Dieu, germe de foi semé mais détourné à force de contre-témoignages autour de soi à la bonté et à la miséricorde de Dieu, goût de la transgression et de la cupidité qui aveuglent et étouffent en nous la conscience du bien et du mal, religions détournées pour nuire à autrui, totalitarismes, obscurantismes, les entraves sont nombreuses et requièrent une grande obstination pour partir néanmoins en quête de la vérité et du bien.

Toute âme de bonne volonté, qui désire discerner à travers les événements de sa vie et les témoignages de croyants sincères autour de soi les traces de l’existence et de la grâce de Dieu, se met déjà en route vers la Rencontre. Car Dieu est comme le père de l’enfant prodigue en Luc 15, 11-32 : nous voit-il hésiter sur le chemin vers Lui, tituber sous le poids de nos erreurs et sur les voies de nos errances, qu’il nous précède déjà et accourt vers nous pour nous revêtir du manteau de la foi et nous convier à la joie d’une fête de retrouvailles. Et là, contre son cœur de Père, pas de séjour plus consolant et d’amour plus comblant que ceux qu’il est prêt à nous prodiguer, et pour l’éternité.

Dans ma propre quête du Père, je n’ai pas trouvé meilleur chemin que Jésus : aimer sa personne, son témoignage de vie, ses paroles et ses actes consignés dans les évangiles, chercher à lui demeurer fidèle en esprit et en vérité, cette attitude du cœur et de la volonté m’a reconduite de manière sûre vers son Père, notre Père.

Alors on pourra toujours m’objecter que Dieu est inconnaissable, personnellement je ne le crois pas. Son propre Fils étant éminemment accessible, la voie est ouverte en permanence vers le Père. Et le Père est infiniment bon et reconnaissant Lui aussi quand on sait lui témoigner amour et désir de faire sa volonté. Rien ne lui est plus agréable qu’une âme aimante et abandonnée en toute confiance à sa grâce. Dieu aime, et aime à être aimé.

Image : Marc Chagall L’Exode Détail du tableau, Exposition au musée Pompidou de Metz, Juillet 2021

Comme s’accomplissait le temps
où il allait être enlevé au ciel,
Jésus, le visage déterminé,
prit la route de Jérusalem.
Il envoya, en avant de lui, des messagers ;
ceux-ci se mirent en route
et entrèrent dans un village de Samaritains
pour préparer sa venue.
Mais on refusa de le recevoir,
parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.
Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent :
« Seigneur, veux-tu que nous ordonnions
qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »
Mais Jésus, se retournant, les réprimanda.
Puis ils partirent pour un autre village.

Luc 9, 51-56
Textes liturgiques©AELF

Cet extrait d’évangile me donne des envies de le réécrire à l’aube du troisième millénaire. Il pourrait débuter ainsi :
Comme s’accomplissait le temps
où il allait
revenir du ciel,
Jésus, le visage déterminé,
prit la direction de
Béthanie.

Pourquoi Béthanie ? Parce que lors de l’événement de l’Ascension du Seigneur, quarante jours après sa Pâque, c’est là que se trouvaient les disciples (Luc 24, 50), et que la promesse du retour du Seigneur leur fut donnée (Actes des Apôtres 1, 9-11) :

Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient,
il s’éleva,
et une nuée vint le soustraire à leurs yeux.
Et comme ils fixaient encore le ciel
où Jésus s’en allait,
voici que, devant eux,
se tenaient deux hommes en vêtements blancs,
qui leur dirent :
« Galiléens,
pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ?
Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous,
viendra de la même manière
que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

Nous sommes donc en droit d’attendre fermement ce retour du Seigneur Jésus, cette fois dans sa gloire, et d’autant plus en ce troisième millénaire qui pourrait fort bien être celui de son second avènement, tout comme le troisième jour après la Pâque fut celui de sa résurrection. La deuxième Epître de Pierre nous rappelle bien ceci :

Pour le Seigneur, un seul jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un seul jour. Le Seigneur n’est pas en retard pour tenir sa promesse, comme le pensent certaines personnes ; c’est pour vous qu’il patiente : car il n’accepte pas d’en laisser quelques-uns se perdre ; mais il veut que tous aient le temps de se convertir.
(2 Pierre 3, 8-9)

Et si, comme dans l’évangile d’aujourd’hui, le Seigneur envoie des messagers en avant de lui pour en avertir nos contemporains, ces Samaritains incrédules ont bien du mal à les accueillir car en vérité, ils n’ont même pas envie que le Christ revienne, tout occupés qu’ils sont de leurs possessions terrestres et de leurs petits pouvoirs qui les satisfont davantage qu’un possible accomplissement des Ecritures, enfin !

Mais là, observons bien la réaction de Jésus face à la menace proférée sur les Samaritains par Jacques et Jean qui voudraient qu’un feu tombe du ciel et les détruise : le Seigneur se retourne et les réprimande.
Pierre n’aurait-il pas succombé à la même tentation quand il écrit ceci ?

Alors les cieux disparaîtront avec fracas, les éléments embrasés seront dissous, la terre, avec tout ce qu’on a fait ici-bas, ne pourra y échapper. 
2 Pierre 3, 10

Le disciple devenu évangélisateur a-t-il vraiment compris que le retour glorieux du Christ ne s’accompagne pas nécessairement d’une foudre destructrice de la planète, mais bien plutôt du feu intérieur de l’Esprit Saint qui saisira chaque âme sans aucune exception pour lui faire connaître avec lucidité en quoi elle a vécu selon les commandements de l’Evangile, ou au contraire selon une convoitise égoïste voire malfaisante ?

Voilà le feu qu’il faut craindre, l’embrasement réel qui nous attend.

Le cinéma apocalyptique a de nos jours complètement dévoyé le sens de la fin des temps. Ce n’est pas Dieu qui enverra des fléaux détruisant sa création, c’est l’homme cupide et inconséquent qui a déjà grandement détruit cette terre. Et la « fin du monde » n’est pas non plus un cataclysme géographique, mais bien plutôt une prise de conscience intérieure de tout ce que chacun, dans sa propre vie, a pu faire en bien ou en mal en direction de son prochain.

Alors pourront advenir « un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice » (2 Pierre 3, 13), soit le Royaume de Dieu promis depuis qu’Il a suscité des prophètes. Et celui-ci n’élira pas domicile sur la présente terre déjà grandement détruite par l’homme, mais ailleurs dans cet univers immense dont Dieu seul maîtrise tous les secrets.

Corrigeons donc la menace des disciples à l’aune de la volonté du Seigneur, qui ordonnera lui-même, à son retour glorieux, que le feu de l’Esprit descende sur toute âme non pas pour la détruire mais bien plutôt pour l’instruire de ce qu’a été sa vie terrestre sous le regard clairvoyant de la Trinité. Pour qu’enfin elle se convertisse.

Source image : https://www.lexpress.mu/article/une-boule-de-feu-aper%C3%A7ue-dans-le-ciel-r%C3%A9unionnais

Parole du Seigneur de l’univers :
Ainsi parle le Seigneur de l’univers :
J’éprouve pour Sion un amour jaloux,
j’ai pour elle une ardeur passionnée.
Ainsi parle le Seigneur :
Je suis revenu vers Sion,
et je fixerai ma demeure au milieu de Jérusalem.
Jérusalem s’appellera : « Ville de la loyauté »,
et la montagne du Seigneur de l’univers :
« Montagne sainte ».
Ainsi parle le Seigneur de l’univers :
Les vieux et les vieilles
reviendront s’asseoir sur les places de Jérusalem,
le bâton à la main, à cause de leur grand âge ;
les places de la ville
seront pleines de petits garçons et de petites filles
qui viendront y jouer.
Ainsi parle le Seigneur de l’univers :
Si tout cela paraît une merveille
aux yeux des survivants de ce temps-là,
ce sera aussi une merveille à mes yeux
– oracle du Seigneur de l’univers.
Ainsi parle le Seigneur de l’univers :
Voici que je sauve mon peuple,
en le ramenant du pays de l’orient et du pays de l’occident.
Je les ferai venir
pour qu’ils demeurent au milieu de Jérusalem.
Ils seront mon peuple,
et moi, je serai leur Dieu,
dans la loyauté et dans la justice.

Zacharie 8, 1-8

Le souffle qui traverse le Livre de Zacharie, du moins dans ses premiers chapitres, est certes celui de la reconstruction du Temple de Jérusalem après le retour de l’exil à Babylone au VIe siècle avant Jésus-Christ. Jérusalem est alors promise à une splendeur qu’elle avait perdue depuis longtemps. Mais il est aussi manifeste qu’il annonce les jours du règne de Dieu, auxquels nous ne sommes toujours pas parvenus quelque vingt-cinq siècles plus tard. Et le style du Livre de Zacharie, que l’on rapproche souvent de celui de l’Apocalypse de Jean, lui donne une portée eschatologique, notamment dans la figure du Roi définitif et du Transpercé qui ne peuvent que, nous chrétiens, nous faire penser au Christ Jésus.

Je crois personnellement profondément que les Prophètes de l’Ancien Testament recèlent encore des trésors de prophéties non accomplies à ce jour. On est donc en droit de se demander ce que représente Jérusalem dans une perspective eschatologique.

L’extrait ci-dessus montre de quel amour débordant elle est aimée de Dieu. En son contexte d’émergence, cette prophétie pouvait être reçue comme la restauration de la gloire de la ville de Jérusalem avec le Temple reconstruit en son sein. Mais aujourd’hui ? Nous chrétiens savons que le Temple véritable, c’est le Corps du Christ Jésus, «Détruisez ce temple, et, en trois jours, moi je le relèverai» (Jn 2, 19) et même, si nous avons part à son Esprit en tant que baptisés, chaque membre de son Eglise devient à son tour ce Corps, ce Temple dans lequel Dieu vient à notre rencontre par l’Esprit, pour que nous Le connaissions et témoignions de Lui en actes et en vérité à l’attention du monde.

Jérusalem en tant que ville n’est donc plus l’objet de la suréminente prédilection de Dieu. Ceux qui s’y disputent de nos jours la suprématie quartier par quartier en ont-ils conscience ? Douloureuse question qui cherche à se résoudre par les armes comme il y a tant de siècles, alors que le regard de Dieu s’est désormais posé ailleurs pour manifester sa gloire et l’accomplissement de toute promesse antique et eschatologique !

On a coutume de rapprocher la fille de Sion en Zacharie 2, 14-15 de la Vierge Marie qui accueillit le Messie en son sein.

Chante et réjouis-toi, fille de Sion ; voici que je viens, j’habiterai au milieu de toi – oracle du Seigneur.
Ce jour-là, des nations nombreuses s’attacheront au Seigneur ; elles seront pour moi un peuple, et j’habiterai au milieu de toi. Alors tu sauras que le Seigneur de l’univers m’a envoyé vers toi.

Mais force est de constater que malgré 2000 ans de christianisme, le monde ne vit toujours pas des préceptes de Dieu, et que le Royaume se cherche encore à tâtons, se manifestant ici ou là par bribes d’altruisme vrai et d’éclats de sainteté, cependant que le Prince de ce monde cherche par tous les moyens à dévoyer la foi authentique et à asservir les âmes à sa bassesse. Le combat est rude aujourd’hui entre forces du mal et foi active en l’Evangile.

Alors qui est, pour Dieu, Jérusalem aujourd’hui ? Pour qui éprouve-t-il un amour jaloux et une ardeur passionnée ?

Gageons que ce n’est ni pour un lieu géographique, ni pour une demeure de pierres, ni pour une Eglise donnée en raison du très grand morcellement des obédiences chrétiennes de nos jours.
Non, nous avons vu le Père accorder toute sa grâce à Marie mère de Jésus, puis mettre toute sa complaisance dans son Fils :

«Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie.»  Matthieu 3, 17 (Baptême de Jésus) et encore «Celui-ci est mon Fils bien-aimé : écoutez-le !»  Marc 9, 7 (Transfiguration).

Alors s’Il brûle encore d’amour et de prédilection pour une Jérusalem aujourd’hui, ce ne peut être que pour une Personne élue par Lui et à laquelle Il confie ses ultimes secrets qui ne demandent qu’à venir au jour « pour la gloire de Dieu et le salut du monde ».

 

Source image : http://www.interbible.org/interBible/decouverte/comprendre/2005/clb_050617.htm