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Question de territoire

21 octobre 2019 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

J’assiste ces jours-ci assez impuissante à une guerre psychologique… entre chats. J’ai une chatte déjà un peu âgée, tranquille et sage, affectueuse et pas très aventurière. Et depuis quelques jours, j’ai adopté aussi un adorable chaton femelle, petite boule de poils facétieuse et pleine de vie. Je redoutais la confrontation entre les deux, et elle fut ardue. La petite nouvelle s’est d’emblée sentie très à l’aise chez moi, colonisant de ses jeux incessants tout l’espace que je lui ai laissé accessible. Grognements intempestifs voire quelques coups de pattes de l’aïeule, qui quant à elle n’apprécie pas du tout cette intrusion juvénile dans ses quartiers.
« Il ne faudra pas trop vous en mêler », m’avait prévenue l’assistante vétérinaire.
J’essaie donc de ne pas m’immiscer outre mesure dans cette guerre froide qui dure maintenant depuis quatre jours.
Mon cœur balance entre la joie que me procure la petite créature mignonne et débordante d’énergie, et l’empathie pour ma bonne vieille compagne perturbée dans son paisible mode de vie. Il n’est pas jusqu’à sa chère gamelle qui ne se trouve en danger d’expropriation.

Les observant l’une et l’autre, je médite sur l’importance du territoire pour les créatures que nous sommes tous. Les pires guerres ne se déclenchent-elles pas quand un peuple empiète sur le territoire d’un voisin proche ou lointain ? Les affrontements de clans dans nos villes ne sont-ils pas issus de la volonté d’hégémonie sur une portion de quartier par une jeunesse en perte d’espace personnel ? Et même dans le couple, certains conflits ne naissent-ils pas de la difficulté de cohabiter au long cours, parfois dans peu d’espace ?

Mes deux minettes, aux caractères aux antipodes l’un de l’autre, semblent pour le moment inconciliables. Chacune, l’adoptée récente comme la plus ancienne dans les lieux, s’estime chez elle, et à juste titre. Moi-même, pleinement décidée depuis des mois à accueillir un chaton, je contemple un peu médusée mon salon qui se transforme jour après jour en salle de jeux pour jeune félin. Tous ces objets ludiques manufacturés ou improvisés sont bien encombrants, et on rêverait parfois, ma vieille tigresse et moi, de faire une petite sieste tranquille dans notre décor habituel, comme dans le bon vieux temps.

Le temps, je parie sur lui pour amoindrir le conflit entre mes deux protégées. Mais je mesure désormais ô combien comme est précieux un espace où l’on puisse se sentir chez soi, en paix et en sécurité.

Ces derniers jours, je me suis découvert une nouvelle passion : créer des diaporamas musicaux sur des chants que j’affectionne particulièrement. J’ai l’habitude, pendant mes sorties nature, touristiques ou en musée, de prendre beaucoup de photos. Voilà donc une façon agréable de les utiliser. J’ai le goût de partager mes émotions musicales et mon amour pour le Christ et sa Parole de cette façon simple et, je l’espère, esthétique.
Rendez-vous à tous ceux qui sont sensibles à la beauté et à l’Evangile sur ce post que j’alimenterai au fur et à mesure de mes créations. Merci pour votre écoute avec l’ouïe, les yeux et le cœur, et n’hésitez pas à partager !

Le rendez-vous secret – Pierre Eliane sur un texte de Sainte Elisabeth de la Trinité

Un automne en Alsace

Vergin, tutto amor ( Prière à la Vierge)

(suite…)

La mort et moi

5 octobre 2019 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Je n’ai pas l’intention d’écrire un billet sombre. Non. Seulement quelques lignes sur la mort, alors que l’été s’en est allé et que déjà, les fleuristes préparent la Toussaint.

Je n’aime pas la mort des autres. Elle m’attriste, me blesse, me fait pleurer. Elle me donne la nostalgie de ce que l’on n’a pas fait, pas dit, pas donné en présence et en amour, de leur vivant. La mort des autres est une épreuve, toujours. Je la tolère mieux quand elle vient au bout d’une longue vie bien remplie, ou au terme de souffrances qui sont toujours de trop. La mort jeune ou violente m’accable. Je ne sors du noir du chagrin que par la foi, et cela prend son temps.

La mort m’inquiète aussi pour mon prochain, car je n’ai pas une foi angélique : « Ajoute un couvert, Seigneur, à ta table, tu auras aujourd’hui un convive de plus » disait le cantique. Au fond, nous n’en savons rien. La mort est ce mystère au cours duquel l’âme délivrée des pesanteurs de son incarnation prend soudain une vive conscience de ce qu’a été sa vie : elle la revoit défiler tout entière à travers le prisme de ce qu’elle aurait pu être, et de ce qu’elle n’a pas été. Ce passage rend soudain crûment le verdict de l’authenticité de nos comportements terrestres et de la vérité de nos pensées et de nos engagements. L’instant de la mort nous fait apparaître en pleine lumière ce qui est juste et bon, et ce qui a été faux et pervers dans notre existence. Et il faudrait être dans une sainteté absolue pour ne pas être brisé, dans un premier temps, quant à ce qu’a été sa propre vie. Fulgurante prise de conscience de toutes nos erreurs de conduite et de jugement.

Quand un proche décède, dans les premiers jours, je suis toujours accablée par le deuil et l’inquiétude pour ce passage éprouvant du défunt. Alors je prie pour son âme, beaucoup. Quand l’inquiétude se prolonge, il m’arrive de faire dire des messes. Je crois en l’intercession des âmes de bonne volonté et des célébrants.

La personne a-t-elle été généreuse, humble, dévouée, véridique, je ne suis pas inquiète longtemps, et ce, quelle qu’ait été sa foi. Je crois pour elle au moins au repos paisible, voire à la lumière du Ciel, celui de la première résurrection, où l’on va avec foi pour, comme le disait si bien sainte Thérèse de Lisieux « passer son ciel à faire du bien sur la terre ».

Ma propre mort, je ne la crains même pas, dussé-je encore heurter. Je n’arrive pas à y penser, car le désir du retour du Christ en Gloire m’habite intensément. Vraiment, profondément, je le crois pour cette génération. C’est donc une vie bien plus belle, et non la mort, que j’attends de sa part. Je crois très sincèrement à l’avènement prochain de la « terre nouvelle sous les cieux nouveaux. »

Alors pour ceux qui nous ont déjà quittés et ceux qui le feront dans l’intervalle, je prie. J’intercède. J’espère. Je ne suis pas forcément triste car j’ai grande confiance en la Parole du Seigneur Jésus. Oui, la vie éternelle est en Lui. Par-delà la mort.

Ici, un très beau Pie Jesu de L.L. Webber que j’ai mis en images ce matin :

https://www.youtube.com/watch?v=w6wQaanApqs

Quand j’étais petite fille, mes parents, sans avoir une authentique exploitation agricole, cultivaient potager et champs et pratiquaient l’élevage en plus du métier de mon père, pour avoir de quoi nourrir quatre enfants. C’était pour moi un terrain de jeu tout trouvé.

Je me souviens de ces longs jours de printemps ou d’automne pendant lesquels mon père bêchait le potager à la force des bras. J’étais toujours non loin de lui et il me lançait les énormes vers de terre qui surgissaient sous sa bêche. Je courais, très fière, les jeter à mon tour aux poules qui finissaient par me connaître et par apprécier ce nourrissage de choix. Quand elles se rassemblaient, très tôt, pour la nuit, je pénétrais dans le poulailler et là, perchées sur leurs échelons, elles devenaient ma chorale : je dirigeais avec assurance la cacophonie de leurs caquetages en canons.

Je ramassais tous les insectes et autres bestioles que je trouvais, au désespoir de ma mère, qui me disait que je finirais par attraper des boutons partout. Un magnifique carabe doré fit mon émerveillement, enfermé dans une bouteille – le pauvre ! – pendant des semaines. J’avais une passion pour les batraciens, et rien ne m’enthousiasmait plus que de les élever de l’œuf à la grenouille ou au triton en passant par les tétards. Quand l’élevage aboutissait : deux pattes, puis quatre pattes, c’était un triomphe.

Au collège, on nous infligeait la dissection de la souris, ce qui me fendait le cœur. A la veille des vacances d’été, j’adoptais les souris blanches en surnombre. Autre sujet de désolation pour ma mère, qui en avait la phobie, elle qui s’était retrouvée, puisant dans la réserve à grains petite fille, avec une souris grise dans la main. Je me souviens ainsi de mes compagnes Souricette, Titine et Barnabé. Je poursuivais l’élevage à la maison, mais celles-ci n’étaient du moins pas sacrifiées. Elles se laissaient prendre dans la main sans mordre, au contraire de mes hamsters dont je me méfiais toujours un peu. Souricette étant très fine quand je l’avais eue, elle était un jour passée entre les barreaux de sa cage. Il fallut fouiller toute la pièce où je la gardais, je finis par la retrouver dans le cartable d’une de mes sœurs. Elle avait sans doute besoin d’espace car elle parcourait en intention de longues distances dans sa roue mobile une fois consignée dans sa cage.

Et puis il y avait des cochons d’Inde dans les clapiers des lapins, des moutons dans nos enclos, des pigeons dans une volière. Tout un univers de créatures que j’affectionnais toutes, et qui, pour certaines d’entre elles, atterrissaient dans nos assiettes non sans avoir causé quelques larmes les samedis après-midi d’immolation…

De cette enfance entourée d’animaux divers, j’ai gardé le goût pour ces créatures compagnes de nos vies humaines, et je porte une affection sans borne à mes chats successifs, qui me le rendent bien. Il n’y a aucune malice dans les animaux, et souvent, je rêve qu’il en soit de même entre humains, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.
En ce jour, prions saint François d’Assise qu’il nous préserve de nos prédations humaines guerrières ou psychologiques !

Cantique de la prière de Saint François d’Assise, mis en images par mes soins :

https://www.youtube.com/watch?v=36gtZh4iifk

Il y a quelques années, Nicole Rieu est venue en concert près de chez moi, et j’ai retrouvé avec bonheur sa voix très pure, son beau sourire et ses textes ciselés qui m’émerveillaient déjà quand j’étais adolescente et qu’on l’entendait beaucoup à la radio et à la télévision. Elle poursuit une carrière plus discrète mais exprime toujours avec talent sa grande sensibilité au beau et sa spiritualité qui rencontre la mienne sur bien des plans.
Dans son album « Jardins » N°1, il y a un titre que j’écoute en boucle et qui parle admirablement de la personne de Jésus : « Il est Lui ».
Je viens d’en réaliser une petite vidéo, avec des photos personnelles pour la plupart, que je vous partage aujourd’hui avec joie, chers amis lecteurs.

Bonne écoute avec l’ouïe, le regard et le cœur !

https://www.youtube.com/watch?v=wvKwEe_-wEs