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Tellement mignon !

12 novembre 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire


C’est tellement mignon qu’il faut que je le partage ici.
Mes petits élèves de CP commencent à savoir déchiffrer des syllabes et des mots, et pour corser l’affaire, ils en créent eux-mêmes avec leurs petites étiquettes pour les lire ensuite et me les soumettre. Et voilà ce que je découvre sur la table d’un petit garçon… J’adore !

Les pommes moches

10 novembre 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Je poussais mon caddie en quête de fruits et légumes, et je suis tombée sur l’offre de la semaine : les « pommes moches ». Franchement, cela m’a tellement amusée que j’ai pris l’affiche en photo. Et puis, à y regarder de plus près, elles n’étaient pas si moches que ça, ces pommes-là. Tachetées ici ou là, oui, de calibres différents, certes, mais à les observer, j’ai imaginé d’emblée la bonne compote que je pourrais en tirer. Et d’en prendre deux bons kilos.

Voilà, ma compote m’attend pour le dessert, bien appétissante. Et je songe à la disgrâce dont on a affublé ces pauvres pommes : « moches ». Sans aucun égard.

Qui a des égards pour les personnes qui ne correspondent pas aux canons de la beauté ? La cruauté du monde m’étreint parfois le cœur. Je me souviens de ces bals, naguère, où les jeunes gens faisaient leur marché parmi les jeunes filles. Quels étaient donc leurs critères de choix ? Il y avait celles qui « faisaient banquette ». Assises au bord de la piste de danse tandis que les autres s’amusaient et s’enlaçaient, elles avaient le temps de ressasser leurs complexes et leurs blessures d’adolescence face aux moqueries dans les cours de collèges. Et cela continuait, indéfiniment. Elles n’avaient guère le choix d’une relation parmi les jeunes hommes beaux et brillants. Il leur fallait attendre, patiemment ou non, les garçons relégués aussi et qui avaient déjà essuyé plusieurs refus des jolies filles.

Nous pouvons avoir une certitude : Dieu ne regarde pas ainsi ses créatures. Sous les fards et les coupes à la mode comme sous les traits disgracieux, il voit les cœurs, et rien ne lui échappe. Il voit ce qui, en nous, est beau, en tout premier. Tout comme j’ai découvert des pommes fermes et savoureuses rien qu’en les épluchant. Ne jamais s’arrêter à l’enveloppe extérieure. Il voit aussi ce qui, même sous de belles apparences, peut être moche en nous. L’acuité de son regard peut nous transpercer l’âme de façon foudroyante. Par grâce, en un instant, on prend conscience de son néant. Et on s’en repent. Miracle toujours donné du sacrement de la réconciliation. La créature en est renouvelée, et souvent, la beauté intérieure déborde alors des yeux lavés et du sourire retrouvé.

Les pommes moches.

Dieu lui, jamais, ne nous étiquettera.

Au feu rouge

3 novembre 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

J’avais de la route à faire. Il avait plu, et même neigé. Conditions de circulation difficiles.
J’étais en train d’arriver à ma première étape. Dans cette ville qu’il me fallait traverser de bout en bout, pas de chance, tous les feux passaient au rouge à mon arrivée. S’énerver un peu, et puis patienter.
Et soudain, à cette intersection-là, devant l’église, mes yeux se sont arrêtés sur un petit autocollant, juste en-dessous du feu qui ne voulait pas passer au vert.
« Jésus t’aime, oui, toi ! »
Voilà. C’était aussi simple que cela, mais délicat de me le rappeler.
Il m’aimait. Moi.
J’ai fini mon trajet la joie au cœur.

Depuis des mois, en secret, je contactais ses meilleurs amis : quand toutes les feuilles seraient rousses, comme elle qui a toujours pétillé du feu de sa joie de vivre, elle aurait vingt ans. Une occasion qu’on ne pouvait pas manquer. Je ne sais pas mentir, alors cela a été un peu difficile de dissimuler l’événement et de détourner ses projets jusqu’au bout. Parce qu’il faudrait que cette fête d’anniversaire soit une inoubliable surprise et qu’elle ne se doute de rien jusqu’au bout.

En son absence, elle qui étudie dans le « ville rose », j’avais plaisir à anticiper les courses de déco et de tout ce qu’il faudrait pour faire vivre un gîte deux jours et une nuit. Le sous-sol de la maison s’emplissait d’objets hétéroclites aux couleurs de l’automne.

Jour J. La pression monte. Certains amis très chers, son frère, sa sœur sont déjà là qui donnent un coup de main pour tout installer, fignoler et préparer la salle et l’apéritif pour qu’elle soit accueillie au mieux quand elle arrivera avec son papa et sa belle-mère, vêtue de façon festive pour aller, officiellement, au restaurant en famille restreinte.

Tandis que résonne le chant d’anniversaire à son entrée tant attendue au gîte, elle sourit, très émue, mais ne pleure même pas ! Entourée d’amour et d’amitié, elle va fêter joyeusement ses vingt ans radieux, accueillant encore des amis qu’elle ne s’attendait pas à voir là, dansant, riant, savourant mets et boissons, versant des larmes quand même quand son papa lui chantera une chanson écrite par lui rien que pour elle, et qui reflète si bien les espoirs que nous portons sur sa belle personne. Rétrospective en photos et vidéos projetées de toute sa jeune vie, émotions, souvenirs, rires, ce sont vingt ans de nos vies aussi qui défilent entre ombres et éclats de lumière, événements familiaux, amicaux, festifs, scolaires…

Elle souffle ses bougies. Toute cette journée, elle a vingt ans. Et je crois bien qu’elle aura vingt ans très longtemps encore.

Nous méditons en Eglise ces jours-ci des extraits du chapitre 11 de l’Evangile de Luc, et le moins que l’on puisse dire, c’est que Jésus n’y est pas tendre pour les gardiens de la religion dans laquelle il a été élevé et qu’il a fidèlement pratiquée. Nous pouvons y lire toute une série d’invectives contre les pharisiens et les docteurs de la Loi.

J’ai toujours entendu prêcher sur ces extraits de doctes paroles sur le judaïsme de l’époque, sur la situation intenable de Jésus qui était messie d’Israël, Fils de Dieu et que ces notables du judaïsme étaient aveugles à reconnaître comme tel. Sans doute l’antisémitisme qui a eu cours dans les milieux chrétiens pendant des siècles a-t-il pris là sa source. Moi-même, quand j’étais petite fille dans les années soixante – soixante-dix et que je demandais à mes parents catholiques très peu cultivés ce que signifiait « être juif », je recevais pour réponse : « Ce sont les Juifs qui ont tué Jésus. » Ils ne l’avaient pas inventé, ni ne le disaient par haine personnelle. C’est ce qu’ils avaient toujours entendu en chaire, depuis leur enfance très simple et fidèle à l’Eglise.

Je crois que nous sommes obligés de nos jours d’élargir notre regard et de transposer l’intemporelle parole du Christ à notre propre époque. Et il est vain désormais de détailler encore et encore le contexte juif de la vie de Notre Seigneur, comme si c’était du judaïsme qu’étaient provenus tous ses tourments, et que nous, chrétiens éclairés, nous bénéficierions d’une grâce spéciale qui nous garderait de ne plus reconnaître les prophètes que Dieu continue à envoyer. Nous nous croyons sauvés – quand ce n’est pas supérieurs – parce que nous « aimons Jésus » et que nous sommes baptisés, parce que nous avons retenu l’essentiel du catéchisme et que nous approuvons la canonisation de tel ou tel pape.

Pas plus tard qu’hier, un jeune prêtre m’a adressé des reproches sur les réseaux sociaux, je le cite: « Et je souris de ce que vos centres d’intérêt ou vos préoccupations réinterprètent toute la Parole de Dieu à la lumière de ce que vous voulez lui faire dire. Parfois, je trouve que ça apporte une interprétation intéressante et originale, parfois, je trouve que c’est juste une récupération artificielle et ça me fait sourire… »

Eh bien…

Je vais persévérer dans la « récupération artificielle » puisque c’est ainsi que ce prêtre nomme le fait que je sois soucieuse de comprendre et de faire comprendre la Parole du Christ Jésus dans le contexte d’aujourd’hui.

Qui n’a pas vu des photos du « Synode des évêques sur les jeunes », cette assemblée de vieux prélats qui dissimulent leurs cheveux gris sous des calottes rouges ou violettes et qui prennent toute la place sur la photo ; on devine quelques jeunes au fond de la salle, mais de femmes, point, ou à peine, bien évidemment au Vatican. On sait aussi que ces mêmes prélats, ou leurs prédécesseurs, prennent exclusivement entre eux des décisions qui concernent les couples ou, encore davantage, le corps des femmes, puis les font inscrire dans le sacro-saint catéchisme. Catéchisme qui est ensuite présenté comme émanation de l’Esprit Saint et coercition pour les âmes et les corps.

Mais si je fais là un rapprochement avec le chapitre 11 de l’Evangile de Luc, je pourrai être accusée de vouloir faire dire aux Ecritures ce que ma seule petite personne veut leur faire dire. C’est méconnaître que je lis et écoute énormément mes sœurs en humanité, depuis toujours, et que je connais quelques-unes des raisons qui les ont fait fuir, et parfois définitivement, l’Eglise. Je reprécise que je demeure pratiquante, et que je porte intensément dans ma prière toutes ces femmes profondément blessées.

Lors du Jugement, la reine du Midi se dressera
en même temps que les hommes de cette génération,
et elle les condamnera.
En effet, elle est venue des extrémités de la terre
pour écouter la sagesse de Salomon,
et il y a ici bien plus que Salomon.

Luc 11, 31

Source image : Vatican News  https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2018-10/synode-jeunes-2018-pape-discours-ouverture.html?fbclid=IwAR1ZI0dg2JLirUGFkpIA44q2gLbjiEvfqJwbsxkVE_zJuwpIBA2Ayvlirss