Site de Véronique Belen
Header

Blog

Des discussions animées ont cours ces jours-ci sur un réseau social au sujet de mes prises de position sur les rapports entre la doctrine officielle de l’Eglise catholique romaine et la vérité, notamment en ce qui concerne le péché originel. Beaucoup, attachés à la doctrine de l’Eglise, en restent à l’acception habituelle de la théorie du péché originel : un couple de premiers parents, Adam et Eve, créés saints et immaculés, aurait chuté par désobéissance à Dieu, Eve ayant péché la première, et entraînant par là-même à eux deux toute l’humanité issue d’eux dans le péché. Le péché originel marquerait ainsi la femme et l’homme depuis cet événement initial, le seul remède à cette inclination naturelle des deux au péché étant la rédemption par le Christ Jésus. Les catholiques romains ajoutent à cela qu’une seule créature a été préservée du péché originel « par grâce venant déjà de son Fils » – donc avant même la conception de celui-ci – à savoir la Vierge Marie « Immaculée Conception » dès sa conception à elle aussi. Marie aurait ainsi, elle et elle seule, été préservée de l’héritage du péché originel et n’aurait en outre jamais commis le moindre péché personnel de toute sa vie. Voilà pour la doctrine.

Concernant la transmission du péché originel, en partant du constat que l’unique homme masculin à en avoir été exempt et à être demeuré toute sa vie sans aucun péché personnel, le Christ Jésus, je développe, après toute une vie d’observation, de méditation, d’écoute du Seigneur dans la prière et de réflexion sur ce sujet précis une idée nouvelle et qui fait scandale à beaucoup : ma foi étant conforme au Credo de Nicée-Constantinople, je confesse que Jésus a Dieu pour Père, qu’il est né de la Vierge Marie sans intervention d’aucun géniteur masculin terrestre. Il y a donc eu rupture en Jésus Christ de la « chaîne de transmission » du péché originel aussi bien que de la tentation du péché personnel.

Or, si on admet – et en tant que catholique romaine je le fais – que Marie était préservée du péché originel, « Immaculée Conception », elle n’a pas pu le transmettre à Jésus. Mais personnellement, je refuse de voir là une grâce spéciale ne touchant que Marie et relevant d’une sorte de « magie » – la magie étant honnie de Dieu et Marie étant née de deux parents humains ordinaires – je développe donc l’idée que Marie n’a pas reçu de ses parents affectés eux par l’héritage du péché originel quelque chose qui l’aurait inclinée elle aussi « naturellement » au péché. Il me semble pour le moins tiré par les cheveux de dire, comme le fait la doctrine, que c’est la mort et la résurrection de son Fils Jésus, alors que Marie est à ce moment-là un amas de cellules dans le sein de sa mère Anne fécondée par son mari Joachim.  Donc Jésus son Fils, né quelques quinze ans plus tard de la chair de Marie, était à mon avis bien loin de déjà pouvoir faire quoi que ce soit pour elle ici-bas…

Poursuivant mon raisonnement méditatif, je recherche quelque chose de commun entre Marie et Jésus, et quelque chose d’humain que ni elle, ni lui ne possède, que ni elle, ni lui n’ait reçu de ses parents. Et m’intéressant à la génétique et à l’obstétrique, je réfute, en ce XXIe siècle, l’idée que Jésus ait été un embryon tout complet issu de Dieu et venu s’implanter tel quel dans l’utérus de Marie. « Il a pris chair de la Vierge Marie et s’est fait homme », oui, héritier génétiquement de Marie mais d’aucun homme, et sans péché potentiellement transmis par un homme. Alors, dans son patrimoine génétique personnel, je discerne chez Jésus comme chez n’importe quel enfant « né d’une femme » le chromosome sexuel X commun à absolument toute l’humanité, homme ou femme. Et de son Père Dieu lui-même, qu’aurait-il reçu ? Un chromosome sexuel Y ? Dieu serait donc masculin ? Ce n’est pas ce que nous disent les Ecritures, car s’il est indubitablement Père, il possède aussi « des entrailles maternelles » dans lesquelles il a porté la préfiguration du Verbe et qui frémissent maternellement pour chacune de ses créatures.

Dans le Livre de l’Apocalypse, Dieu est ainsi défini : « Je suis l’Alpha et l’Oméga » (Apocalypse 22, 13).

Et par voie de conséquence, j’avance que le Père aurait donné à son Fils Jésus quelque chose qui le distingue de tous ses frères en humanité, qui le rende pur de tout péché, qui signe sa filiation divine, qui lui donne cette puissance de guérison et de résurrection qui a marqué son incarnation : un autre chromosome, venu du Père, de son Père à lui, unique dans toute l’histoire de l’humanité, un chromosome sexuel Oméga pour compléter son patrimoine génétique. Jésus serait donc non pas XY comme le commun des hommes, mais XΩ. Voilà ce que je crois.

Et de là, la conviction très forte que le chromosome sexuel Y soit quant à lui le véritable vecteur du péché originel, celui que porte tout homme mâle à l’exclusion du Christ Jésus, celui que ne porte aucune femme en ce monde.

Alors on me reproche d’insinuer que les femmes soient incapables de pécher, ce qui n’est pas ce que je dis. Car bien évidemment nous péchons nous aussi. Mais pas de la même manière, et en général pas dans les mêmes proportions.

Ce que je pense, en fait, c’est que le péché pour les femmes est acquis, c’est à dire induit par tentation, soit qu’elles y soient incitées par autrui voire le démon lui-même – une sorte de péché par « imitation » – soit par le désir de plaire à une créature, auquel cas ce désir se substitue à leur désir originel de plaire et d’obéir à Dieu avant tout – exemple d’Eve trompée par le serpent puis péchant à cause de lui, en ayant en outre le souci de plaire à Adam en partageant avec lui la transgression.

Alors qu’à mon sens, le péché, dans les hommes masculins à l’exception du Christ Jésus, est inné. Adam, à aucun moment, ne fait référence au commandement de Dieu, il transgresse tout à fait spontanément l’interdit dès qu’il en a l’occasion. Tout comme Caïn qui tue son frère par jalousie, et toute la Bible regorge ensuite d’exemples de transgressions masculines inhérentes à cette condition d’homme intrinsèquement pécheur. Les commandements bibliques puis le Christ venant pour inciter l’homme à se surpasser en luttant contre sa tendance interne, génétique même, au péché – le fameux « vieil homme » dont parle l’Apôtre Paul.

Marie est l’exemple de la femme qui demeure dans sa condition originelle d’inclination à l’obéissance à Dieu en ne cherchant que sa Volonté à Lui. Pas du tout parce qu’elle serait différente d’une autre femme génétiquement ou « par grâce », non, c’est seulement qu’elle a affaire à un ange et pas au démon comme Eve, et qu’il n’y a pas d’homme présent à l’Annonciation pour la détourner de son désir inné d’obéir à Dieu et à Dieu seul.
Elle est déjà fiancée mais elle pose un choix : le risque de déplaire à Joseph et d’être répudiée dans sa condition de fiancée enceinte, et non de lui. Elle préfère la volonté de Dieu à celle d’un homme. Et d’ailleurs le premier mouvement de Joseph, en apprenant qu’elle est enceinte, est de la soupçonner d’adultère et de vouloir la répudier – défiance innée en la volonté divine qui déteint chez Joseph en doute quant à Marie. Joseph est prêt à pécher, puis se ravise après un songe de Dieu l’avertissant de la vertu de Marie. Mais cela n’aura pas été son mouvement premier. Alors que pour Marie, oui.

Et j’affirme que de très nombreuses jeunes filles, dans la même situation, auraient agi comme elle. L’immaculée conception n’est donc pas le privilège exclusif de Marie. Elle est la condition de toutes les femmes, absolument toutes, qui ont à leur portée d’éviter le péché personnel en suivant leur inclination naturelle et première à faire la Volonté de Dieu, c’est à dire le bien, et non le mal par tentation ou contagion de leur entourage pécheur. Nous avons bien des exemples de saintes, à travers les âges, qui n’ont pas eu besoin de conversion pour aimer Dieu de toute leur âme et éviter autant que possible de sombrer dans le péché.

 

Image : Adam et Eve au paradis    Rubens  XVIe

Le signe de Cana

16 janvier 2022 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Depuis des années, le couple que je formais avec le père de mes trois enfants partait à la dérive. C’était une souffrance sans fond. Nos conflits, son indifférence, ses menaces récurrentes de me quitter « en emmenant les enfants », son absence de gratitude pour tous les petits services rendus au quotidien, l’ingérence de sa mère dans notre vie familiale, mon instabilité psychique… Tous les ingrédients d’une séparation étaient en germe.

Des amis paroissiens devinaient ce fiasco, et nous conseillèrent de nous inscrire à une session pour couples « Cana » avec la communauté du Chemin Neuf dans laquelle ils étaient engagés. C’était un peu la démarche de la dernière chance pour nous.

Nous voilà donc, à l’été 2004, à l’abbaye de Hautecombe en Savoie, nos enfants répartis dans des camps du mouvement animés par des bénévoles. Semaine intense, belle et aussi éprouvante. Nous nous retrouvions en petits groupes de couples tous venus là pour tenter de puiser à nouveau un peu du bon vin de leurs noces.

Temps de prière de toute beauté, méditations sur les Ecritures, analyses de nos fonctionnements de couple par questions / réponses croisées entre conjoints dans nos cahiers respectifs, espaces de silence et d’oraison, repas et vaisselle en commun dans une joyeuse ambiance, mais aussi fatigue intense du fait du programme chargé laissant peu de place au sommeil. Un temps pour une demande de pardon en fin de semaine, le verdict de l’échange des cahiers respectifs qui pouvait faire très mal, l’attente fébrile de nos enfants dont nous n’avions pas l’habitude d’être séparés…

La semaine allait crescendo. Tout semblait possible en matière de réconciliation, même si des griefs, souvenirs, ressentis échangés étaient profondément déstabilisants.

Mais il n’y avait pas que la vie de couple au cours de cette semaine. Il y avait aussi la vie de foi, qui atteignit là pour moi un summum. Je sortais de trois ans de prière plutôt sèche, j’avais émergé pas longtemps avant d’une dépression ravageuse avec son lot de déréliction spirituelle. Ma foi était toujours aussi vive, mais le Seigneur se cachait de moi.

Or, une nuit, au cours de cette session, le sommeil me fut refusé, oh non pas pour des pensées mortifères, bien au contraire : le Seigneur revint dans ma nuit mystique en grande force et débordement d’amour lumineux. Qu’étais-je venue chercher ici, à Cana ? Un nouveau souffle pour mon couple. Qu’est-ce qui me fut donné ? L’abondance du vin des noces spirituelles, le Bien-Aimé dans sa candeur et sa puissance bienfaisante, Celui que mon cœur avait toujours aimé et qui me revenait enfin, après toute cette détresse profonde et ces années de lutte dans le désert pour continuer à vivre ma foi malgré l’aridité de ma prière.

Le lendemain, je me sentis comme transfigurée. Tout me semblait envisageable désormais, la reconstruction de mon couple et aussi autre chose, que j’allai chercher dans une longue méditation à la chapelle, sous le patronage d’Edith Stein dont c’était bientôt la fête, une sainte que j’aime infiniment. Il y avait là une autre femme, derrière moi, qui me dit quand nous sortîmes qu’elle avait prié pour moi. Et de fait, mon avenir me semblait soudain très clair. L’Esprit m’avait soufflé qu’après les longues années qui nous restaient à élever nos enfants ensemble, soit une quinzaine environ, dans une harmonie possiblement retrouvée, le fait que nous ne nous soyons jamais mariés religieusement – ce dont je souffrais à cette époque-là – prendrait sens : nous retrouverions chacun notre liberté, et la mienne aboutirait à une consécration au Seigneur de mon cœur dans des vœux de chasteté définitifs.

Ce chemin de vie me semblait limpide au sortir de la chapelle où j’avais passé un très long moment en prière. J’en fis part à mon mari, je lui racontai aussi la beauté de ma nuit mystique la veille.

A Cana, tout fut mis en œuvre pour rendre inoubliable la fin de la session : farandole des époux avec passage de chaque couple sous une haie d’honneur dans une très grande joie, bonheur de retrouver nos enfants apparaissant au loin dans un lâcher de ballons multicolores et accourant dans nos bras. Notre bonheur semblait parfait.

Au retour, je fis part à notre curé de mon optimisme et de ma joie de ce nouveau départ prometteur.

Mais dans un couple, on est deux. Et on ne se comprend pas toujours, surtout en ce qui concerne les profondeurs de l’esprit.

Mon mari ne voyait pas les choses comme moi. Il était parti dans des ruminations. Il avait entendu expérience mystique, et il pensait délire. Il avait entendu vœux de chasteté, et, bien que je lui aie dit dans quinze ans, en lui rendant sa liberté, il en était blessé et inquiet pour lui-même. Pourtant, nos partages à Cana avaient bien mis en lumière que nos divergences profondes ne nous permettraient pas de vieillir ensemble. Cela tenait de l’évidence. Comme cela tenait de l’évidence pour moi que nous nous devions d’élever nos enfants ensemble, dans la vie commune.

Dès notre retour au foyer, il se mit à me harceler violemment. Il ne voyait dans ce profond cheminement spirituel que délire et rechute de mes combats intérieurs violents des années précédentes. Là où je voulais demeurer dans la paix et la sérénité, nous retombâmes dans l’affrontement psychologique extrême.

La suite, certains la connaissent déjà. Il me tendit un guet-apens et me fit interner en psychiatrie.
Et un mois après ma sortie de l’hôpital, il me quittait, me laissant seule avec les trois enfants.

Dix-huit ans ont passé, ces années que je pensais vivre encore avec lui dans l’intérêt de nos enfants. En fait, sa liberté, il l’a reprise trois mois après notre session Cana. Sans pour autant jamais délaisser nos enfants, je le précise, c’est à son honneur.

Je n’ai pas, je n’ai plus d’amertume. Cet homme n’a jamais compris ma vie intérieure. Il avait le don, malgré ses qualités admirables, de me déstabiliser en permanence psychiquement et spirituellement. Hors de son influence, j’ai pu me reconstruire peu à peu. J’ai pu devenir une femme pleinement libre, toutes chaînes rompues, pour vivre une vie personnelle épanouie et me donner au Seigneur. Dans la petite chapelle de Hautecombe, j’avais en fait bien entrevu mon avenir : oui, j’allais me consacrer au véritable Amour de ma vie, le Christ. A la nuance près que le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes, et qu’Il a la délicatesse de ne pas nous montrer à l’avance les tourments par lesquels il nous faudra passer pour atteindre la plénitude à Ses côtés.

https://www.cana-couple.fr/proposition/semaine-cana-couples-hautecombe/

Trop de doctrine endoctrine

14 janvier 2022 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 4 commentaires

Une chose me laisse perplexe depuis très longtemps dans l’Eglise catholique de mon baptême : que nombre de mes coreligionnaires puissent adhérer sans retenue à l’empilement de doctrines élaborées depuis les premiers temps du christianisme, et qui sont allées en se multipliant au fil des siècles, des conciles, des catéchismes, des encycliques… J’avais déjà constaté non sans étonnement que quand un évêque donne une conférence, aussi intéressante puisse-t-elle être, il se réfère sans arrêt au magistère et aux paroles posées ici et là par le pape en exercice ou ses prédécesseurs, comme si étayer son discours de ces citations était la garantie d’être dans le vrai dans ses propres analyses et recommandations aux fidèles de son diocèse. Et ainsi, comme catholiques, nous sommes enjoints de prendre à notre compte vingt siècles de doctrines et de dogmes, comme si tout tenait ensemble pour assurer que le magistère nous délivre la vérité absolue sur la révélation divine.

Finalement, admettre cela, prendre la doctrine catholique pour la vérité définitive, n’en rien contester et l’enseigner à son tour en catéchèse et à ses enfants est plutôt rassurant, confortable et gratifiant : on se sent « dans les clous » et on pense posséder la vérité absolue, rendez-vous compte du gain spirituel et intellectuel ! Et c’est même la panacée morale puisque l’Eglise va vous considérer comme un bon fidèle observant, fiable, digne de confiance. Sans compter qu’elle est prête dans ce cas-là à absoudre toute tendance à l’orgueil spirituel et aux déviances prosélytes : vous demeurez dans la foi de l’Eglise, vous êtes donc inoffensif et bon missionnaire chrétien. Voilà comment un système orgueilleusement identitaire peut émerger en lieu et place d’une assemblée de chercheurs de Dieu humbles dans leur progression spirituelle et ouverts au questionnement permanent.

Il se trouve que je suis baptisée catholique, mais en délicatesse avec un certain nombre de doctrines que je n’ai jamais pu accueillir comme authentiques et encore moins infaillibles. Pour en citer quelques-unes, l’infaillibilité pontificale et a fortiori l’autorité supérieure des évêques comme oints spécialement de l’Esprit Saint, les doctrines mariales telles que la virginité perpétuelle et les développements internes sur le dogme de l’Immaculée Conception, le recours ultime au magistère pour tout questionnement qui se fait jour, la référence constante au catéchisme de l’Eglise catholique dans sa version hautainement qualifiée sous Jean-Paul II de « définitive ».

Je suis une personne libre et un esprit libre aussi. Dès que le langage m’est venu, je me suis interrogée sur le décor de piété omniprésent dans notre maison familiale, sur les paroles entendues à la messe hebdomadaire depuis ma prime enfance et que je désirais décrypter en profondeur, sur les principes moraux qu’avaient les membres de ma famille et qui ne pouvaient pas se discuter. Je n’ai jamais été mécréante dans le sens d’une rébellion contre la foi chrétienne, bien au contraire : j’aimais infiniment le Christ, depuis toujours, et l’Evangile était mon moteur absolu dans ma construction morale et spirituelle. Brebis du Seigneur, je pense l’avoir toujours été dans un profond désir de lui être agréable et de mieux le connaître. Mais mouton de l’Eglise omniprésente dans ma famille, c’était bien plus compliqué. La révolte était déjà en germe en moi contre l’intransigeance de l’oncle prêtre, ses propos misogynes, la mainmise de la morale catholique sur nos existences en devenir.

Et aujourd’hui, alors que j’aborde la fin de la cinquantaine qui est tout de même un âge où l’on peut jouir d’une certaine sagesse acquise au long des heurs et malheurs d’une vie déjà sur la pente descendante, je m’estime légitime à interroger le Seigneur, dans l’Esprit, hors du carcan de la doctrine catholique, et ce d’autant plus que je continue à pratiquer régulièrement ma foi dans cette Eglise. Je ne puis admettre que nos frères et sœurs protestants soient considérés comme totalement dans l’erreur sur nos points de divergence. Je ne considère pas le judaïsme comme périmé et j’y puise des lumières sur lesquelles le dogme catholique met parfois le boisseau. Certaines sagesses orientales m’ouvrent aussi de nouvelles perspectives.

Alors m’entendre dire tout récemment en accompagnement spirituel que mes contestations et mes approches sont sans doute le fait de mes idées personnelles que je devrais repasser au crible de la doctrine catholique, j’ai bien du mal à l’accepter.

Le pape François a lui-même cette formule bien trouvée :
« L’Esprit Saint ne peut être mis en cage ».

Mais quand il s’agit, en Eglise catholique, de remettre en question des doctrines séculaires et des comportements à la limite du sectarisme, tous les bien-pensants moutonniers se retranchent derrière « la foi de l’Eglise », et on se retrouve plus proche de l’excommunication réelle ou suggérée que de la prise en compte du fruit de sa très longue quête de vérité.

Et d’autant plus quand on est une femme qui ose ne pas se taire.

Bonne année 2022 !

1 janvier 2022 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Lecteurs occasionnels ou habituels, je vous présente mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année, paix et joie intérieures et cheminement serein dans la grâce du Seigneur. Que Celui qui nous comble vous soit toujours plus présent et généreux !

Dans quatre semaines, le site « Histoire d’une foi » fêtera ses dix ans ! L’occasion pour moi de redire à quel point les échanges ici me sont précieux, et quelle joie me procurent des amitiés profondes et durables nées au détour de mes billets, nourries de partages voire de rencontres qui m’ont déjà comblée et me réservent encore de très belles surprises, j’en suis persuadée ! Quoi de plus important et créateur de liens que d’échanger sur la profondeur de nos vies et de nos approches de Celui qui est lui-même Chemin, Vérité et Vie ?

A l’occasion de ses dix ans, ce site bénéficiera d’un petit lifting qui le rendra plus actuel et compatible avec le téléphone. Je sais qu’il est assez fastidieux de lire mes articles sur ce support. Nous allons nous employer à rendre le site plus « responsive », responsabilité que je confierai, comme à l’origine, à mon fils à qui je dois tant de bons conseils. Merci d’avance à lui !

A chacun, à chacune, je redis ma joie d’être lue, de découvrir vos commentaires ou messages privés, d’échanger avec vous à travers ce site auquel je souhaite encore longue vie, tout comme à ses lecteurs et lectrices !

Très bonne année 2022 à toutes et à tous !

Je me bats ces jours-ci sur les réseaux sociaux contre des « penseurs » chrétiens qui se plaisent à mettre en doute avec énergie le fait que Jésus soit né de Marie visitée par la grâce du Père, sans l’intervention d’un homme mâle dans l’histoire de cette conception d’un enfant. Soit ils attribuent la paternité de Jésus à Joseph, sans accepter d’avouer que cela les met en porte-à-faux avec les Ecritures, soit ils imaginent Marie « fille facile », et ce pendant le temps de ses fiançailles avec Joseph, ce qui est tout de même une belle insulte à la mère de Notre Sauveur, soit ils prétendent sans sourciller qu’elle aurait été violée, sans être dérangés par le fait que Dieu cautionnerait ainsi l’ignominie du viol en faisant du fruit de ce crime majeur son propre Fils destiné à être notre rédempteur. C’est vraiment se méprendre sur la prévenance de Dieu à l’égard de la jeune Marie, comme si le fait de voir par la suite son fils haï par tous les dignitaires religieux de son temps jusqu’au supplice sur la croix, n’allait pas suffire à transpercer son âme et son cœur du glaive de la douleur.

Je constate que ce sont bien plus souvent des hommes que des femmes qui défendent de telles thèses contredisant profondément les Ecritures. Comme s’il leur était absolument insupportable d’être exclus du mystère de la naissance du Fils de Dieu, comme s’ils ne pouvaient tolérer que le corps ne serait-ce que d’une femme, Marie, leur ait échappé pour concevoir son enfant premier-né. Et quand je défends le point de vue des Ecritures et l’orthodoxie de la foi chrétienne, je suis taxée de féministe-qui-rêve-de-concevoir-sans-homme, ou encore de folle « à qui il manque une case ».

Ce que ces messieurs rejettent en fait, c’est la liberté souveraine de Dieu et sa maîtrise de sa propre création. Ils voient Dieu de préférence comme le Très-Bas sans pouvoir ni prérogatives. Dieu est pour eux celui qui ne saurait faire ce que l’homme apprenti sorcier est déjà capable de réaliser en ce XXIe siècle, comme je le disais dans mon billet précédent – fécondation in vitro, gestation pour autrui, clonage déjà à portée d’éprouvettes… Ils veulent bien que leurs semblables soient capables de réaliser de telles manipulations biologiques ou génétiques, et qu’ils s’en glorifient, mais que Dieu qui est à l’origine de tout ait pu prendre, il y a 2000 ans, l’initiative de choisir une jeune fille attentive à sa Parole, libre de toute influence masculine et désireuse de faire Sa volonté pour être fécondée par grâce et donner naissance à la deuxième personne de la Trinité, le Fils pur de tout péché, ô scandale, ces messieurs voulant se mêler de tout, même du projet divin, ne peuvent le supporter !

C’est pourtant à l’évidence pour éviter à Jésus la lourde hérédité du péché masculin que le Père a choisi de le faire naître sans autre géniteur que Lui et la jeune Marie réceptive à son dessein. La chaîne de transmission du péché des origines, depuis la lâcheté d’Adam jusqu’au doute spontané de Joseph sur la vertu de Marie en passant par le crime de sang de Caïn et la ruse de Jacob pour capter la bénédiction de son père, était ainsi rompue. Jésus est d’une lignée par un père adoptif, mais ni par le sang, ni par les gènes. N’en déplaise aux hommes qui voudraient avoir mis leur grain de sel – pour ne pas dire autre chose – partout, et qui se rêvent semblables en tous points au Christ Jésus, lui qui est pourtant tellement éloigné de leur orgueil et de leur volonté de domination.

Image : Exposition     Femmes de la Bible       Laurence Torno       2019