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« Une Alliance nouvelle, fondée non pas sur la lettre mais dans l’Esprit ; car la lettre tue, mais l’Esprit donne la vie » 2 Corinthiens 3, 6

12 juin 2019 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Frères, si nous avons une telle confiance en Dieu par le Christ,
ce n’est pas à cause d’une capacité personnelle que nous pourrions nous attribuer : notre capacité vient de Dieu.
Lui nous a rendus capables d’être les ministres d’une Alliance nouvelle, fondée non pas sur la lettre mais dans l’Esprit ; car la lettre tue, mais l’Esprit donne la vie.
Le ministère de la mort, celui de la Loi gravée en lettres sur des pierres, avait déjà une telle gloire que les fils d’Israël ne pouvaient pas fixer le visage de Moïse à cause de la gloire, pourtant passagère, qui rayonnait de son visage.
Combien plus grande alors sera la gloire du ministère de l’Esprit !
Le ministère qui entraînait la condamnation, celui de la Loi, était déjà rayonnant de gloire ; combien plus grande sera la gloire du ministère qui fait de nous des justes !
Non, vraiment, ce qui, dans une certaine mesure, a été glorieux ne l’est plus, parce qu’il y a maintenant une gloire incomparable.
Si, en effet, ce qui était passager a connu un moment de gloire, combien plus ce qui demeure restera-t-il dans la gloire !

2 Corinthiens 3,4-11

Textes liturgiques©AELF

Je m’aperçois que je ne me suis jamais beaucoup arrêtée sur ce passage si beau de la 2ème Lettre aux Corinthiens. Aujourd’hui, il m’interpelle hautement.
J’ai eu des échanges ces derniers jours avec une femme catholique qui écrit beaucoup, se présente comme mystique, mais dont les choix et les orientations correspondent à ce qui personnellement me rebute le plus dans l’Eglise de notre baptême : l’allégeance à Medjugorje, l’hyperdulie *, l’obéissance scrupuleuse à toute la doctrine de l’Eglise et la confiance aveugle dans le catéchisme, qu’elle récite à longueur de réponses. Et lorsque j’ose argumenter selon ce que je reçois depuis tant d’années dans l’abandon à l’Esprit Saint et la fidélité aux sacrements, je suis qualifiée par elle d’orgueilleuse. Pourtant, je pourrais reprendre mot pour mot l’affirmation de l’Apôtre Paul : « Si nous avons une telle confiance en Dieu par le Christ, ce n’est pas à cause d’une capacité personnelle que nous pourrions nous attribuer : notre capacité vient de Dieu. »
Que l’on mesure ce paradoxe : les « charismatiques » auto-proclamés ont le droit de prononcer de telles paroles. Cela ne choque personne dans leur cercle. Soyez extérieure à ce cercle mais cependant pratiquante très fidèle dans une humble paroisse, passant des heures précieuses en oraison, vous n’aurez pas le droit de vous présenter comme inspirée par l’Esprit… si vous vous mettez à contester le catéchisme de l’Eglise catholique.

Car enfin, il est temps de réfléchir à notre situation en regard de celle que Paul évoque ici. Sommes-nous encore, Eglise du Seigneur comme dans ce texte à ses premiers temps, soumis uniquement aux lois de l’Esprit ? C’est ce que prétend encore l’Institution, elle qui s’est crue bien trop longtemps bénéficiaire privilégiée de l’Esprit Saint. Plus on monte en grade dans l’Eglise hiérarchique, et plus on est censé être oint, jusqu’au pape qui lui, en ses affirmations de foi, est censé être infaillible ! Infaillible, mais franchement, que l’on réfléchisse un peu à cette notion que le Magistère dans son entre-soi masculin s’est octroyée ! Je conteste ce dogme depuis longtemps, et je continuerai à le faire. Car c’est un insupportable bâillon pour tous les autres chrétiens.

Paul a eu en son temps à se battre contre les légalistes juifs qui opposaient la Loi de Moïse à la nouveauté du Seigneur Jésus. Et moi, dans l’onction de l’Esprit – je ne suis pas moins baptisée, confirmée et consacrée au Seigneur que les ordonnés – j’ose affirmer que le catéchisme de l’Eglise catholique est désormais une insupportable gangue qui a une lourde part de responsabilité dans la défection des baptisés. Non pas qu’il faille vivre hors de tout commandement : la Parole du Christ demeure, est un guide insurpassable. Mais quand vous voyez que le CEC a bien plus d’épaisseur que les quatre Evangiles réunis, vous êtes en droit de vous poser des questions.

« Ah mais, va-t-on me rétorquer, le catéchisme a été approuvé tel que rédigé sous son pontificat par Jean-Paul II, qui est un Saint !  »

Nous y voilà. Jean-Paul II, déjà infaillible en son ministère, et de surcroît Saint de nos jours, on ne peut plus rien y redire.

Eh bien j’y redirai quand même, car ce ne sont que des hommes pas forcément inspirés par l’Esprit qui ont rédigé ce carcan moral, et un pape pas toujours très clairvoyant qui l’a contresigné. Avec le CEC, nous sommes, je pense, en plus mauvaise situation que les Juifs avec leurs 613 commandements. Pour vivre selon le catéchisme, il faudrait être un ange désincarné. Est-ce le but d’une vie humaine ? La conséquence d’un tel empilement de prescriptions n’est-elle pas plutôt soit de décourager complètement le chrétien sincère, soit de le faire vivre en légaliste ? Et comme tous sans aucune exception, nous sommes en faute vis-à-vis du CEC, nous devrions donc battre notre coulpe indéfiniment, nous noyer dans la culpabilité et nous sentir indistinctement pécheurs et pécheresses au long des jours ?

Que les rédacteurs bénis par Jean-Paul II s’interrogent d’abord eux-mêmes : n’est-ce pas sous ce pontificat-là que les crimes les plus odieux de certains clercs ont été étouffés par l’institution et couverts par le Vatican ? Se souvenir de cela permettrait de désacraliser un peu ce pavé de prescriptions morales qui n’a plus grand chose à voir avec la Parole percutante et efficace de Jésus le Christ. C’est ma protestation du jour.

 

* hyperdulie :
Culte d’hyperdulie, culte réservé à la Vierge Marie en raison de sa prééminence parmi les saints. (Définition Larousse)

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