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« Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu » Luc 4, 34

3 septembre 2019 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

En ce temps-là, Jésus descendit à Capharnaüm, ville de Galilée, et il y enseignait, le jour du sabbat.
On était frappé par son enseignement car sa parole était pleine d’autorité.
Or, il y avait dans la synagogue un homme possédé par l’esprit d’un démon impur, qui se mit à crier d’une voix forte :
« Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »
Jésus le menaça : « Silence ! Sors de cet homme. » Alors le démon projeta l’homme en plein milieu et sortit de lui sans lui faire aucun mal.
Tous furent saisis d’effroi et ils se disaient entre eux : « Quelle est cette parole ? Il commande avec autorité et puissance aux esprits impurs, et ils sortent ! »
Et la réputation de Jésus se propageait dans toute la région.

Luc 4, 31-37
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Je m’attends à ce que mon article d’aujourd’hui déplaise beaucoup, mais ma foi, j’en ai l’habitude désormais…
Nous voyons ici Jésus expulser un démon, en grande autorité. Déjà, ses auditeurs étaient surpris de sa parole qui était pleine d’autorité. Ne soyons pas surpris quant à nous : Jésus est le Verbe de Dieu, c’est de Lui qu’il tient sa connaissance parfaite des mystères divins et des replis de l’âme humaine. Jésus, par nature, a autorité sur la Parole de Dieu et sur celui qui fait profession de la contester depuis les origines : appelons-le le Mauvais, ou le démon, ou même le diable qui divise, en nous dépouillant de l’iconographie moyenâgeuse. Celui-là ne prend pas forcément des apparences repoussantes, bien au contraire, il est même  le plus habile à se déguiser, séducteur et trompeur qu’il est en son être profond. Je l’ai déjà dit et je le redis encore, une des apparences les plus séductrices du démon de nos jours, à destination des âmes chrétiennes, est justement, par exemple, la Gospa de Medjugorje.

Mais revenons à cet évangile : le démon qui s’est emparé de cet homme sait que Jésus est le Saint de Dieu . Et qu’il est venu pour le perdre, lui, le diable, et pour sauver les âmes qui souffrent de l’emprise directe ou indirecte du « prince de ce monde ». Au temps de Jésus, beaucoup de personnes semblaient « possédées » et cela peut nous étonner, nous rationalistes du XXIe siècle. N’oublions pas cette maxime célèbre : « La plus grande ruse du diable, c’est de faire croire qu’il n’existe pas. » Nous en sommes là aujourd’hui, nous qui nous moquons de sa définition et ne parvenons plus à le discerner dans les âmes et dans notre quotidien. L’ange déchu, lui, s’en frotte les mains : déclaré inexistant, il peut nuire à sa guise. Et c’est ce qu’il fait incontestablement dans notre époque « sans foi ni loi » sous les apparences les plus anodines et parfois les plus charismatiques.

Comme il connaît assez bien les Ecritures, et, mieux que la moyenne humaine, les façons de faire de Dieu, il les singe. Aussi peut-il s’écrier :
« Ah ! que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es : tu es le Saint de Dieu. »
Les gardiens de la religion de Jésus ne vont pas reconnaître le Messie, mais le démon, lui, l’a déjà identifié et il le redoute. Il sait bien qu’il rencontre là son ennemi majeur, le propre Fils de Dieu, celui contre lequel il ne peut rien, sinon souffler, comme Judas le fit sous son emprise, qui il est et où il se trouve pour que des hommes mauvais se chargent de le persécuter et même de le mettre à mort. La mort, c’est la chasse gardée du démon. La vie, c’est le privilège de Jésus qui la transcende en vie éternelle par sa résurrection.

Dans le combat contre le démon, l’humanité est très inégale. Seuls ceux qui sont totalement configurés au Christ Jésus peuvent le combattre, le chasser, le vaincre. Et j’irai plus loin, parlant par expérience : en tant que femme, aussi forte que soit notre foi au Christ, nous n’avons pas le pouvoir d’intimider le démon, encore moins de le faire sortir d’une créature. Car le diable est, de tout ce qui existe, l’entité la plus misogyne qui soit. Il hait littéralement toutes les femmes, les agressant jusqu’au martyre quand elles s’approchent de la sainteté, ou recherchant leurs complaisances quand leur foi n’est pas assez solide pour lui résister. Voyons-le tourmenter Eve dans la Genèse. Voyons-le pourchasser « la Femme » en Apocalypse 12, 1-6. Voyons-le chassé seulement par Jésus quand il s’acharne dans l’âme de celle qui deviendra « L’Apôtre des apôtres », Marie de Magdala (Luc 8, 2). Voyons-le triompher en Hérodiade, gagnée à sa cause par adultère, dans le martyre de Jean le Baptiste (Marc 6, 12-29).

Une femme ne peut avoir le pouvoir de réaliser un exorcisme parce que le démon n’a strictement aucun respect pour elle. Et je le dis ici au risque de me faire encore lyncher : les catholiques se fourvoient quand ils pensent que Marie, mère de Jésus, est le rempart contre le diable. Seul Jésus l’est, lui qui parvient à le tenir en respect. Marie n’a jamais eu à lutter seule contre le démon : à l’Annonciation, c’est l’ange Gabriel qui vient à elle et non le Mauvais. Et si Joseph n’avait pas tenu compte du songe donné par Dieu, il aurait répudié Marie et l’aurait laissée livrée à la vindicte populaire. Mais il s’est ravisé suite à ce songe, il a protégé Marie, puis son Fils l’a protégée à son tour. Et qu’a-t-il fait à la Croix ? Jésus agonisant  l’a encore confiée au plus saint de ses disciples, Jean (Jean 19, 26-27), lui qui était plus apte à faire écran entre Marie et le Mauvais que n’importe lequel de ses quatre autres fils, eux qui ne se sont convertis à leur frère Jésus comme Fils de Dieu qu’après sa résurrection. Ceux qui s’indignent de mes lignes me montreront dans l’Evangile Marie victorieuse toute seule, ne serait-ce qu’une fois, d’une attaque du Mauvais. Personnellement, je n’ai pas trouvé un tel exemple dans les Ecritures canoniques. Toujours, au moins un homme des plus saints s’est trouvé entre Marie et l’Adversaire. Elle en a toujours été protégée.

En est-il de même aujourd’hui pour toutes ces femmes victimes de violences inouïes de la part des hommes complices du mal et qui étaient pourtant censés les en protéger ? Je prendrai un seul exemple : ces nombreuses et ô combien malheureuses religieuses abusées sexuellement par des clercs. Ceux-là même qui auraient dû faire écran entre elles et le démon qui les a prises en haine depuis toujours se sont laissé envahir complaisamment par lui, et ont violé les vierges du Seigneur. Summum d’iniquité, dont ceux-là auront à rendre compte un jour.

Nous autres pauvres créatures féminines sommes impuissantes devant le mal déchaîné contre nous. Nous avons un seul pouvoir : le discerner, l’esquiver et le dénoncer.

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