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« Ta mère et tes frères sont là dehors, qui veulent te voir » Luc 8, 20

24 septembre 2019 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

En ce temps-là, la mère et les frères de Jésus vinrent le trouver, mais ils ne pouvaient pas arriver jusqu’à lui à cause de la foule.
On le lui fit savoir : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui veulent te voir. »
Il leur répondit : « Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. »

Luc 8,19-21
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Cette petite méditation ne sera pas de trop pour faire contrepoids à tous les pieux sermons mariaux qui seront débités aujourd’hui en Eglise catholique à propos de cet évangile. Car nos curés et prédicateurs sont devenus experts dans l’art de l’esquive et du détournement de la Parole quand elle devient un peu gênante pour l’orthodoxie catholique. Consigne a dû leur être donnée dès le séminaire : quand on parle des frères de Jésus dans l’Evangile, et pas forcément de façon flatteuse, hâtez-vous de prêcher sur la Vierge-Marie-qui-a-mis-comme-personne-d’autre-la-Parole-de-Dieu-en-pratique. Et c’est ce qu’ils font. Au besoin, ils prennent des détours alambiqués pour nous démontrer que les frères de Jésus ne sont pas ses frères mais ses cousins, ses voisins ou que sais-je encore. Surtout, surtout, il faut préserver vierge et vide de maternités conjugales le sein de la Très Sainte Vierge Marie ! Et ne jamais laisser soupçonner qu’elle ait pu avoir, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie, la faiblesse de suivre ses fils nés après Jésus dans la volonté de le faire taire sur les places et au milieu des foules !

L’évangile de Luc est ici plus confortable que celui de Marc qui nous dit pourtant clairement, juste avant le passage parallèle à celui-là :

Alors Jésus revient à la maison, où de nouveau la foule se rassemble, si bien qu’il n’était même pas possible de manger.
Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête. »
Marc 3, 20-21

Voilà hélas la stricte réalité : on veut se saisir de Jésus au motif qu’il a perdu la tête et l’intimer de se taire. Qui donc ? Sa mère et ses frères. Ses frères de sang, ceux qui, eux, ne sont pas fils de Dieu mais fils de Marie et Joseph, et donc concernés comme tout homme mâle par le péché des origines, celui qui se transmet de père à fils et qui consiste à ne pas croire a priori en la Parole de Dieu. Joseph voulut répudier Marie à l’annonce de sa grossesse virginale car il ne pouvait croire qu’elle le fût. De même, ses fils de sang ne croiront pas – et ce jusqu’après la résurrection – que leur aîné par Marie parle vraiment au nom de son Père. Ils vont tout faire pour l’intimider et le ramener à une vie aussi ordinaire que la leur. Mais c’est sans compter avec la connaissance qu’a le Christ, à ce moment-là de sa vie, de son identité profonde de Messie d’Israël et de l’impérieuse nécessité pour lui d’annoncer le Royaume qui vient et d’accomplir les œuvres de Dieu.

Voilà la vérité que nos prêtres se refusent à discerner et à prêcher.

Mes propos choquent et scandalisent ? On préfèrerait me faire taire ?

Que l’on se rassure : ma famille de sang et ses complices ecclésiaux ont déjà tenté de le faire maintes fois depuis vingt ans. Mais je suis, avant toute autre appartenance, de la famille du Christ Jésus ; sa Parole, je l’écoute, je la médite et elle me tient aux entrailles. Et mieux que personne, peut-être, je suis capable de comprendre à quel point il a été tiraillé entre son appartenance religieuse et familiale et l’impératif de sa mission messianique.

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