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« Je ne suis pas venu de moi-même ; c’est lui qui m’a envoyé. » Jean 8, 42

20 mars 2013 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Jésus disait à ces Juifs qui maintenant croyaient en lui : « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »
Ils lui répliquèrent : « Nous sommes les descendants d’Abraham, et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : ‘Vous deviendrez libres’ ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : tout homme qui commet le péché est esclave du péché. L’esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours. Donc, si c’est le Fils qui vous rend libres, vous serez vraiment libres. Je sais bien que vous êtes les descendants d’Abraham, et pourtant vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole n’a pas de prise sur vous. Je dis ce que moi, j’ai vu auprès de mon Père, et vous, vous faites aussi ce que vous avez entendu chez votre père. »
Ils lui répliquèrent : « Notre père, c’est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous êtes les enfants d’Abraham, vous devriez agir comme Abraham. Et en fait vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j’ai entendue de Dieu. Abraham n’a pas agi ainsi. Mais vous, vous agissez comme votre père. »
Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas des enfants illégitimes ! Nous n’avons qu’un seul Père, qui est Dieu. »
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m’aimeriez, car moi, c’est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c’est lui qui m’a envoyé. »

Jean 8, 31-42

Inlassable et sans doute épuisant combat de Jésus contre ceux qui prétendent comprendre Dieu mieux que lui.
Je crois que dans toute religion, il n’y a rien de pire que la jalousie spirituelle. Lorsque, par grâce, on s’approche des mystères du Très-Haut, on a finalement moins de mal à être accepté tel qu’on est par les gens qui n’ont pas la foi que par ceux qui se croient les plus observants dans leur religion.
Jésus s’attirait facilement la sympathie des païens : la samaritaine, la syro-phénicienne, le centurion romain, la pécheresse repentante dont on ne sait ni le nom, ni l’appartenance religieuse. Ceux-là ont su voir dans le Christ un envoyé du Dieu de miséricorde et de justice.

Quand on est vraiment saisi par le Christ, le Christ des Evangiles, le Christ crucifié pour nos péchés, et qu’on se prend à témoigner de lui, on s’attire très vite – surtout quand on est femme – les foudres des bien-pensants qui croient avoir tout compris de Jésus par leur connaissance livresque de lui, leur religiosité ou leur attachement aux témoignages des convertis plus ou moins fiables.

Ma vie a été une longue lutte pour retrouver la quintessence du Christ qui était la seule lumière de mon enfance difficile. Quand trop de contre-témoignages iniques et l’irruption des athées dans ma vie m’ont fait basculer dans l’agnosticisme, je n’ai eu de cesse de retrouver le vrai visage du Christ autour de moi et en moi. Le Seigneur Jésus n’a jamais pu être pour moi un distributeur d’obligations et d’interdits, un censeur moral à l’affût de mes chutes et prêt à condamner mes comportements extérieurs sans tenir compte de ma disposition intérieure à le retrouver tel que je le comprenais pour l’avoir déjà éperdument aimé jusqu’à mes 18 ans – et bien au-delà même.

Et quand j’eus la joie incomparable de le retrouver, lui, tel que je le comprenais et tel qu’il méritât toute mon adoration et la consécration du reste de ma vie, je dus découvrir avec stupeur que ma foi déplaisait à beaucoup de chrétiens. Sans arrêt on cherchait à me ramener vers le dogme et les observances. On essayait de me persuader que je l’aimerais davantage en aimant mon conjoint plus que Lui, alors que mon conjoint ne faisait que me détourner de Lui.
Ce fut une souffrance sans fond, dont je ne suis pas encore totalement sortie. Car lorsque j’oppose à certains catholiques ne vantant que la miséricorde du Christ avec un certain goût pour la mièvrerie, un Christ qui est aussi justice et dont la crucifixion n’est pas un malheureux accident de l’histoire mais l’accomplissement des promesses de Salut par le sang, on me rétorque souvent que je fais du dolorisme ou que je ne sais pas pardonner. Et plus je m’approche du Christ dans mon oraison, plus je le comprends vraiment tel qu’il est, plus on me fait la leçon en prétendant savoir mieux que moi qui il est.

Grâce au ciel, il existe des personnes saintes auxquelles ces mystères sont aussi révélés. Et dans le cocon de leurs prières, je suis enfin réconfortée.

Image : Icône de la sainte Trinité   Andreï Roublev

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