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« Ils se sont fabriqué un veau en métal fondu. » Exode 32, 8

22 mars 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Moïse était encore sur la montagne du Sinaï. Le Seigneur lui dit : « Va, descends, ton peuple s’est perverti, lui que tu as fait monter du pays d’Égypte. Ils n’auront pas mis longtemps à quitter le chemin que je leur avais prescrit ! Ils se sont fabriqué un veau en métal fondu. Ils se sont prosternés devant lui, ils lui ont offert des sacrifices en proclamant : ‘Israël, voici tes dieux, qui t’ont fait monter du pays d’Égypte.’ »
Le Seigneur dit encore à Moïse : « Je vois que ce peuple est un peuple à la tête dure.
Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s’enflammer contre eux et je vais les engloutir ! Mais, de toi, je ferai une grande nation. »
Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d’Égypte par la vigueur de ton bras et la puissance de ta main ? Pourquoi donner aux Égyptiens l’occasion de dire : ‘C’est par méchanceté qu’il les a fait sortir ; il voulait les exterminer dans les montagnes et les balayer de la surface de la terre’ ? Reviens de l’ardeur de ta colère, renonce au mal que tu veux faire à ton peuple. Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Jacob, à qui tu as juré par toi-même : ‘Je rendrai votre descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel, je donnerai à vos descendants tout ce pays que j’avais promis, et il sera pour toujours leur héritage.’ »
Le Seigneur renonça au mal qu’il avait voulu faire à son peuple.

Exode, 7 – 14

Quand je lis ce passage de l’Exode, ou  Jérémie 1,16 :  « Ils se prosternent devant l’oeuvre de leurs mains », je ne peux m’empêcher de penser que ce reproche de Dieu à ses enfants est vraiment très actuel. Dieu a toujours dénoncé l’idolâtrie, or nous vivons à une époque plongée tout entière dans la vénération de faux dieux.

Je suis toujours pensive devant les images, par exemple, du salon de l’automobile. On déambule entre des voitures rutilantes, on s’extasie des modèles de luxe, on se presse autour du dernier prototype. On se gonfle d’orgueil devant le génie humain qui a fait naître ces merveilles. « Ils se prosternent devant l’oeuvre de leurs mains. »

Nous vivons à l’époque des « people ». Ces gens-là sont une caste à part. Ils ont droit aux paparazzis, marque suprême de la notoriété. A-t-on l’occasion de les croiser « en vrai », de leur arracher un autographe, de capturer leur image avec son propre appareil photo, on a le sentiment d’avoir approché une divinité. Peu importe si la divinité d’aujourd’hui sombre dans l’oubli quelque temps plus tard. L’essentiel c’est de se tenir au courant de la dernière tendance, et de vénérer les idoles le temps que dure leur vaine gloire.

Et le système économique cautionne cette idolâtrie. Car ceux qui sont le plus idolâtrés sont aussi ceux qui gagnent le mieux leur vie. Quels sont les métiers qui obtiennent la plus grande  reconnaissance financière de nos jours ? Les acteurs « qui ont percé », les chanteurs en vogue, les footballeurs qui marquent des buts dans les clubs qui brassent de l’argent, et des quidams qui n’auraient rien été s’il n’avaient eu une vie télévisuelle à un moment donné. Voilà ce que nous donnons en modèle d’ambition à nos enfants.

Quels sont ceux qui sont les plus mal payés ?

Les aides-soignantes, les femmes de ménage, les aides à domicile et aux personnes âgées, les éducatrices de jeunes enfants…

Depuis presque 30 ans, j’apprends à lire, à écrire, à compter et à devenir citoyen à des enfants. J’ai bien du mal à boucler mes fins de mois…

Ne serait-il pas temps de s’interroger sur cette inversion complète des valeurs de notre société?

Pendant ce temps en tout cas, Jésus est bien seul dans le tabernacle…

 

Image : L’adoration du veau d’or   Nicolas Poussin

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7 commentaires

  • Véronique says:

    Jésus a appelé des hommes.
    Les femmes, il n’a pas eu besoin de les appeler.
    Elles sont venues d’elles-mêmes.

  • Debbie says:

    La société a tendance encore à bien rémunérer un travail prestigieux qui est exercé par un homme.
    Plus les femmes entrent dans un corps de métier, plus les salaires baissent, et souvent, plus les hommes le désertent.
    Je suis bien placée pour le savoir. J’ai un diplôme de psychologue, et en ce moment la profession se bat pour sa survie.
    A ses débuts, la profession était prestigieuse, et exercée presque exclusivement par les hommes, avec quelques exceptions féminines. (Il y en a toujours eu des exceptions… féminines. Ce qui est intéressant, c’est que nous continuons à les passer sous silence.)
    Maintenant les hommes l’ont désertée, et elle est menacée.
    La même chose est en train de se passer avec la profession médicale.
    Moi aussi…. je fais un constat.
    Tu constateras que Jésus n’avait pas de disciples femme.
    Pourquoi, à ton avis ?
    Avait-il.. TORT ?

  • cécilia says:

    Bonjour, tes propos Véronique me semblent justes et simples. Ton métier a du sens mais il devrait aussi être rétribué correctement.

  • Véronique says:

    Tu te trompes beaucoup sur la nature de mon propos.
    Je fais un constat, c’est tout. La société n’a aucune reconnaissance ni morale, ni financière, pour les métiers qui sont les plus utiles à la personne humaine.
    En aucun cas je n’idolâtre l’argent, sinon j’aurais d’ailleurs cherché par tous les moyens à me faire éditer plutôt que de donner tous les jours gratuitement ici.
    Je demande simplement : est-ce qu’il est normal de crouler sous l’argent quand on a fait de son loisir préféré son métier, et de peiner à vivre et à élever ses enfants quand on fait l’un des métiers les plus utiles à la société ? Même les autres Européens sont choqués des salaires des enseignants français. Je n’aime pas la richesse, mais je ne désire pas non plus la pauvreté car j’ai des enfants à élever – seule.

    Et d’ailleurs une de mes prières préférées, c’est « Ne me donne ni la richesse, ni la pauvreté. »

  • Debbie says:

    Est-ce à dire que tu voudrais qu’ici sur terre, les gens les plus… « MERITANTS » reçoivent le plus d’argent ?
    Ou préconises-tu que tout le monde reçoit le même argent pour son travail ? (On a déjà essayé cette solution très.. évangélique, dans le fond ; elle a conduit à des horreurs sociales.)
    Comment vois-tu l’organisation sociale ?
    De manière tout à fait subtile, en insistant que l’argent soit.. LA MESURE DE LA VALEUR, tu contribues à l’idolâtrie de l’argent, le sais-tu ?
    Ton analyse montre à quel point notre modernité, tout en essayant depuis un bon bout de temps de lutter contre l’idolâtrie de l’argent (si, si), se fourvoie dedans d’une autre manière. (Mais c’est le sort de l’homme monothéiste, de déplacer l’idolâtrie d’un endroit à un autre.)
    Ce serait erreur de croire que seul les riches idolâtrent l’argent.
    Un petit exemple : bon nombre des musées de la République sont gratuits en ce moment. Dans un monde utopique, on pourrait imaginer que… les pauvres pourraient passer un bon moment dans un musée, non ?
    S’ILS N’Y SONT PAS, POURQUOI ILS N’Y SONT PAS ? Pourquoi ils ne s’entourent pas de beauté, de gratuité, et préfèrent-ils, pour bon nombre, acheter des télés écran plat, et des ordinatueurs pour passer les journées souvent désoeuvrées devant ? Pourquoi c’est souvent les enfants des pauvres qui sont habillés de fringues de marque dans la classe, si le pauvre n’idolâtre l’argent, tout comme son frère, le riche ?
    Je pense que Jésus était un homme très intelligent. Ça ne pouvait pas lui échapper qu’idolâtrer le pauvre était un mauvais plan…
    Ne reçois-tu pas d’autres.. RECOMPENSES pour ton travail que de l’argent ?
    Ces récompenses ne sont-elles pas dans le registre de la grâce, et pas de la valeur mesurée et chiffrée par l’argent ?
    Te plains-tu surtout de ne pas recevoir d’argent, ou de ne pas recevoir une reconnaissance pour ton travail ?
    Combien est… ASSEZ d’argent pour ton travail ? Comment le sauras-tu ?
    Il y a une citation excellente de MA BIBLE A MOI, celle que je préfère à l’Ancien, et le Nouveau Testament, car de plus en plus je trouve que parler DE Dieu est idolâtrie, nous n’avons pas à parler DE Dieu, car ce faisant, nous l’instaurons déjà en objet de notre parole :
    Shakespeare, « Le Marchand de Venise », Acte IV, i, dans la bouche de Portia :

    « Bien payé est celui qui est bien satisfait,
    Et en vous délivrant, je me trouve satisfait,
    Et je me considère par là même bien payé.
    Je n’ai jamais jusqu’ici eu l’âme plus mercenaire. »

    La citation de Shakespeare a le mérite de bien cerner le problème, je trouve : de quoi te satisfais-tu ?
    Ou encore… regarde à quel point nous avons poussé l’insatisfaction à un degré hallucinant dans notre civilisation. QUI peut être satisfait de ce qu’il est, ce qu’il a, sinon le sage ?
    Logiquement… l’Evangile devrait tendre vers cette réponse, et non pas vers l’apologie, ni de la richesse, ni de la pauvreté.
    Les métiers que tu cites relèvent, dans l’ensemble, de l’action de la femme, et de ses compétences et attributs pour notre corps social depuis le moyen âge.
    L’argent… cela a toujours été… une affaire d’homme, tu sais ?
    De nos jours, si l’argent devient une affaire d’homme ET de femme, ce sera… les femmes qui perdront.
    Et toute l’humanité, qui subit de plein fouet les attaques de plus en plus violentes contre le royaume de la grâce (féminine).



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