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« Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple. » Luc 14, 27

6 novembre 2013 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Sainte Thérèse de Lisieux

De grandes foules faisaient route avec Jésus ; il se retourna et leur dit :
« Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères et sœurs, et même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi ne peut pas être mon disciple.

Quel est celui d’entre vous qui veut bâtir une tour, et qui ne commence pas par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? Car, s’il pose les fondations et ne peut pas achever, tous ceux qui le verront se moqueront de lui : ‘Voilà un homme qui commence à bâtir et qui ne peut pas achever !’
Et quel est le roi qui part en guerre contre un autre roi, et qui ne commence pas par s’asseoir pour voir s’il peut, avec dix mille hommes, affronter l’autre qui vient l’attaquer avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, il envoie, pendant que l’autre est encore loin, une délégation pour demander la paix.

De même, celui d’entre vous qui ne renonce pas à tout ce qui lui appartient ne peut pas être mon disciple. »
Luc 14, 25-33
©AELF

En lisant cet évangile si exigeant, je pense à sainte Thérèse de Lisieux qui se fondit dans le Carmel à 15 ans en n’entretenant pas plus de liens particuliers avec ses soeurs de sang qu’avec les autres carmélites de Lisieux :
« La Servante de Dieu me confia qu’elle avait demandé au bon Dieu de n’être jamais aimée humainement, ce qui eut lieu car, bien que les novices l’aimassent profondément, jamais l’affection qu’elles lui portèrent ne fut un attachement naturel. Ce qui faisait toute la force de notre jeune maîtresse, était son entier dégagement d’elle-même: elle s’oubliait complètement et veillait toujours à se mortifier. Jamais elle n’adressait une question qui pût satisfaire sa curiosité, car elle avait pour maxime qu’on ne fait aucun bien en se recherchant soi-même. »
Source : http://www.archives-carmel-lisieux.fr/carmel/index.php?option=com_content&view=article&id=821&Itemid=1170

Quel exemple !
Quand on veut vivre l’Evangile, on est toujours tendu entre deux attitudes opposées : pratiquer l’amour du prochain et entretenir les affections que la vie nous offre, ou radicalement « ne rien préférer à l’amour du Christ » (Règle de Saint Benoît) et se prémunir des liens trop étouffants qui nous feraient oublier que le Seigneur doit être premier dans nos vies. C’est un travail d’équilibriste qui est souvent fort mal perçu par l’entourage.

Un critère me semble important : quand une relation est trop basée sur la flatterie, sur les cadeaux plus ou moins désintéressés, sur la curiosité excessive,  il faut aller vers le détachement, car, pour reprendre les mots de Thérèse, on finit par s’y rechercher soi-même et non plus l’ami. Trop d’affectivité, paradoxalement, gâche les amitiés qui se voulaient les plus pures.

Contrairement à une théologie contemporaine qui voudrait que marcher à la suite du Christ soit une riante promenade dans un champ de fleurs, n’oublions pas le chemin que lui-même a suivi, et qui est passé par le Golgotha. Si nous nous voulons vraiment disciples de Jésus crucifié, nous ne pourrons pas faire l’économie de notre propre chemin de croix. Ce qui ne signifie pas forcément être de tristes chrétiens. Car qui a choisi le Christ crucifié et ressuscité comme phare absolu de sa vie marche dans la joie du matin de Pâques, et notre Seigneur sait se montrer plein de reconnaissance pour ses compagnes et compagnons de route. Une seule de ses consolations surpasse infiniment toute consolation humaine.

Image : Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face

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1 commentaire

  • Claire says:

    Il me semble en effet que certains liens affectifs sont envahissants et sont à offrir, quite à s’imposer parfois pour le bien de l’autre, ou pour le nôtre, ou pour les deux, des coupures, sans rencontres, sans mails, sans lettres, sans téléphone..C’est vrai quand on devient amoureux et que l’on est déjà engagé dans une fidélité (dans le mariage ou une consécration)..C’est vrai, avec moins de radicalité, dans les relations intrafamiliales quand la distance n’est pas juste, quand un lien légitime nous étouffe ou empiète sur notre liberté d’enfant de Dieu..Même si humainement c’est difficile ou douloureux, je me dis que dans 50 ans au plus tard pour moi avec mes 48 ans, j’aurai au ciel tout le temps d’être en pleine communion, avec ceux avec lesquels j’aurai aimé passer plus de temps sur la terre et nos cœurs et nos volontés seront alors accordés à ceux de Dieu, en pleine lumière…



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