Site de Véronique Belen
Header

Réflexion sur l’évangile de la fête de la Sainte Famille par le père Yvon-Michel Allard

29 décembre 2013 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Matthieu 2, 13-23

Il existe une certaine image de la Sainte Famille qui est folklorique, doucereuse et complètement fausse. La crèche en carton coloré, les gentils bergers, les petits moutons, les rois mages accompagnés de leurs chameaux, les guirlandes de lumières risquent de nous faire considérer Noël comme un beau conte de fées.

Dans les faits, ce jeune couple, qui parcourt les routes de Galilée, suite aux exigences de l’Empire romain et qui fuit la violence meurtrière du roi Hérode, partage le sort tragique de millions de réfugiés, d’expulsés chassés de leur maison par la brutalité des dirigeants et des soldats. Une existence précaire, menacée, humiliée. Dès sa naissance Jésus connaît les difficultés et les épreuves des pauvres et des opprimés, avec qui il s’identifiera toujours. Jésus naît dans un lieu de fortune, comme des millions d’enfants à travers le monde. Pour comprendre la famille de Jésus, il faut connaître le drame angoissant de tant d’immigrants, de réfugiés, de victimes de la violence de notre monde.

Aujourd’hui encore nos gouvernements décident souvent qu’il est nécessaire de mettre en danger et de faire mourir quelques milliers d’enfants pour défendre les intérêts de nos banques et de nos marchés et d’assurer la «sécurité nationale». Il faut bien accepter quelques «dommages collatéraux» pour garantir la paix ! Lorsqu’il s’agit de choisir entre la «les intérêts du pays» et la vie des enfants innocents, les «innocents» sont toujours les perdants.

Dans cette petite famille que nous célébrons aujourd’hui, Joseph est un époux dont l’histoire commence par une affaire de doutes lancinants sur la fidélité de son épouse ! Il refuse cependant de la répudier publiquement parce qu’il l’aime trop pour salir sa réputation !

Il est le personnage principal du récit de Matthieu. Il est au centre de l’événement, le chef de famille et le responsable du «petit groupe». Cependant dans cette page où Joseph a tant d’importance, il ne dit pas un seul mot. Lui qui est à l’avant-scène, lui à qui s’adressent tous les messages du ciel, il ne parle pas… il agit.

Joseph est l’homme des songes. Quatre messages lui sont adressés, messages qu’il exécute avec promptitude : «N’aies pas peur de prendre Marie comme épouse», «Lève-toi et fuis en Égypte», «Lève-toi et retourne en Israël», «Retire-toi dans la région de Galilée».

«Joseph se leva dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère et se dirigea vers l’Égypte». Parfois dans notre vie menacée, comme dans notre vie de foi, le salut est dans la fuite. Et dans la fuite, il nous faut conserver la lumière de notre vraie patrie, d’un monde différent, d’une manière de vivre qui soit digne de l’être humain.

Comme pour Joseph, Dieu nous invite à nous réveiller, à nous mettre debout, à passer à l’action : «Lève-toi»! Trop d’éléments de notre société moderne contribuent à nous endormir, à nous mettre en état de torpeur, de non-conscience : la propagande, la mode, les habitudes, le conformisme, la publicité, les sports, les slogans…

Au coeur de ce monde de rejet et d’atrocités, Dieu a procuré à son Fils un havre d’accueil, une oasis de paix et de douceur : Marie, sa mère, et Joseph qui sera comme un père pour lui. C’est cette petite famille que nous célébrons aujourd’hui. Au milieu de la violence, une famille est un lieu d’amour, une terre de musique, de poésie, de gratuité, où chacun et chacune peut être soi-même, où disparaissent les barrières de l’égoïsme et de l’intolérance.

Dieu, par son incarnation, ne se défend pas lui-même. Il s’est remis entre nos mains, entre les mains des croyants. Aujourd’hui, comme au temps de Joseph, il nous faut protéger Dieu, le sauver de ceux et celles qui voudraient bien s’en débarrasser.

À travers leur existence mouvementée, Marie, Jésus et Joseph demeurent un modèle pour toute famille humaine. Ils ont su assurer «le dessein bienveillant de Dieu» et nous rappeler que le Seigneur est venu «pour que nous ayons la vie et l’ayons en abondance». (Jean 10, 10)

Père Yvon-Michel Allard, s.v.d., directeur du Centre biblique des Missionnaires du Verbe Divin, Granby, QC, Canada.

Source : http://www.cursillos.ca/formation/reflexions-dominicales/annee-A/R-A07-SteFamille.htm

Vous pouvez suivre les réponses à cet article via le RSS 2.0 Vous pouvez répondre, ou faire un trackback.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *