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« Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont les gens qui ont entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance  » Luc 8, 15

17 septembre 2016 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Et ce qui est tombé dans la bonne terre, ce sont les gens qui ont entendu la Parole dans un cœur bon et généreux, qui la retiennent et portent du fruit par leur persévérance.
Luc 8, 15
©Evangelizo.org 2001-2016

Je ne sais pas pour vous, mais je dois avouer que depuis quelques semaines, j’ai un peu la nausée du mot « miséricorde ». Année jubilaire oblige. Comme j’aime beaucoup le Pape François et que je m’intéresse à tout ce qu’il dit, je suis ses paroles et son agenda sur le site http://www.news.va/fr/. Mais là, comment dire, qu’il parle de la miséricorde presque dans chaque déclaration, homélie voire tweet, je trouve que ça finit par devenir lassant. On n’en finit plus de battre sa coulpe depuis novembre 2015 ! Toujours pécheurs, toujours en attente de la miséricorde du Seigneur… C’est notre humaine condition, je le sais bien, mais là je suis peut-être un peu comme le fils aîné de la Parabole, qui est resté tout contre le cœur de son Père depuis bien longtemps, et qui est un peu fatigué des déballages de tapis rouge pour les plus ou moins grands pécheurs de notre quotidien…

J’ignore s’il y a des statistiques sur ce jubilé de la miséricorde, qui est, il est vrai, une occasion inespérée de faire retour au confessionnal et d’y être potentiellement bien accueilli. Le bilan sera-t-il un succès, ou un flop ? Combien d’âmes auront-elles saisi cette occasion de prendre conscience de leurs manquements et de se rapprocher de Dieu dans la repentance et la joie du pardon ? Et ce, pour un progrès durable de l’âme et de la foi ?

Je souhaite de tout mon cœur que l’initiative du Pape François ait porté du fruit spirituel. Je dois simplement dire que dans mon entourage, je n’ai remarqué personne qui accomplisse la démarche de la confession si elle n’était pas déjà bien ancrée dans sa pratique religieuse…

Je disais donc que pour une fois, je voulais me faire un peu l’avocate du fils aîné. Pourquoi fils, d’ailleurs ? On pourrait aussi parler des filles de Dieu fidèles à ses commandements, fidèles à la pratique communautaire, fidèles au sacrement de la réconciliation, fidèles à l’examen de conscience, fidèles aux œuvres de charité, bref, celles qui ont un cœur bon et généreux dans lequel la Parole du Seigneur finira par porter du fruit par la persévérance, ou en porte déjà. On a peu parlé d’elles, cette année. L’accent a été mis sur l’homme pécheur, oui nous le sommes tous, mais il y a des degrés tout de même dans le péché ! Je connais bien des femmes qui ne nuisent à personne – même si chacune de nous a des progrès à faire en matière de médisance. Mais quand on nous incite en permanence à nous examiner pour trouver le moindre péché, jusqu’au scrupule, j’ai envie de dire stop, laissez-nous un peu goûter la joie d’être vraiment proches du Seigneur par le cœur, la prière, les œuvres de charité et la recherche de la sainteté ! La bonne terre, cela existe aussi heureusement, et c’est se faire du tort dans ces cas-là que de battre sans arrêt sa coulpe. Je crois que d’une manière profonde et générale, il faut davantage apprendre à nos sœurs croyantes et respectueuses de la Parole du Seigneur à se déculpabiliser enfin de toutes ces choses qui ne sont souvent, en elles, pas l’ombre d’un péché… Sortons de cette opposition constante entre la glorieuse Immaculée et toutes les autres, supposées pécheresses invétérées, opposition construite et nourrie par l’Eglise depuis les temps immémoriaux…

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2 commentaires

  • Claire says:

    « … Sortons de cette opposition constante entre la glorieuse Immaculée et toutes les autres, supposées pécheresses invétérées, opposition construite et nourrie par l’Eglise depuis les temps immémoriaux… »
    Chère Véronique, je ne vois pas beaucoup d’ allusion aux femmes pécheresses invétérées dans les homélies de nos prêtres..Souvent, au contraire, ils mettent en valeur par leurs exemples des femmes ou des saintes (nombreuses!) du calendrier…Ils relèvent souvent la présence des femmes au pied de la croix avec Marie, et la couardise des apôtres tous absents exeptés Jean..que l’idée d.appeler le feu sur un village était bien une idée d’homme…donc un point de vue que je me permet de nuancer par mon expérience…bonne fin de week-end!

    • Véronique Belen says:

      Bonjour chère Claire, je vous envie d’être aussi sereine sur cette question. Tant mieux si les prédicateurs que vous entendez ont cette juste vision des choses !
      Je réagis un peu vivement , il est vrai, par rapport à des choses qui sont déversées en homélies sur tous à égalité, hommes et femmes, et que je trouve parfois blessantes, notamment sur le manque de foi, quand il n’y a pourtant que quelques femmes aux messes de semaine… Et je crois que je devrais m’abstenir encore plus de certains forums dits « catholiques »… Merci de m’apporter un peu d’optimisme aujourd’hui, Claire, j’en manquais ! Amitiés 🙂



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