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« N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? » Marc 6, 3

1 février 2017 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent.
Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains.
Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

Marc 6,1-6
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Depuis cinq ans que je tiens ce blog, j’évite de commenter cet évangile parce que je suis incapable de donner dans la langue de bois catholique. J’ai déjà lu et entendu tous les arguments possibles pour justifier que les frères et sœurs de Jésus ne soient pas ses frères et sœurs, nés de Marie et Joseph après lui. Il y a quelques décennies, il était courant de raconter que Joseph était un vieux veuf avec enfants qui avait épousé la jeune Marie s’épuisant bravement dans le rôle de belle-mère. Cela se devine même dans la peinture d’il y a quelques siècles, Joseph pourrait y être le grand-père de Marie !
Cette version est moins prisée de nos jours, alors on mégote sur des termes grecs pour justifier que les frères et sœurs de Jésus bien réels dans cet extrait ne soient que des cousins ou des parents plus éloignés…
Je suis catholique et j’ai subi ce lavage de cerveau depuis toujours, et ce matin même, encore, sur le blog d’un prêtre que je lis régulièrement.
En fait, tous les prêtres sont embarrassés quand ils doivent commenter cet évangile ou encore Marc 3, 31-35. On détourne le sujet, on noie le poisson, on ne peut surtout pas imaginer que la statue immaculée de la Vierge Marie ait pu concevoir d’autres enfants après Jésus ! Comme s’il pouvait y avoir là la moindre trace de péché ! Comme si c’eût été un déshonneur pour Marie, mère et épouse juive, d’avoir à mettre au monde et à élever une nombreuse famille. En fait, tout ce qui suscite la suspicion dans l’Eglise catholique d’aujourd’hui (un couple qui n’a pas d’enfant, ou un enfant unique) est glorifié s’agissant de la Sainte Famille, cette icône dans laquelle Jésus croît en enfant unique, choyé, couvé en permanence par le regard de sa mère et de son père nourricier, vivant une enfance lisse, sans confrontation avec aucun frère, aucune sœur qui aurait pu concevoir à son égard de la jalousie spirituelle…
Que Marie n’ait jamais révélé qu’à Joseph, et eux deux pas même à leurs autres enfants, que Jésus soit né de l’action de l’Esprit Saint, je le conçois tout à fait. Cela correspond parfaitement à l’humilité de Marie et à la discrétion de Joseph. Et de là, à l’âge adulte, l’incompréhension des frères de Jésus quand ils le voient commencer sa vie publique et accomplir des miracles.
Oui, « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. » C’est un fait immuable et universel. Même le Christ n’y a pas échappé.

On peut dire qu’après avoir « subi » une fratrie pas toujours aimable avec lui, Jésus était prêt à affronter la vie communautaire avec ses disciples, qui lui ont souvent donné du fil à retordre eux aussi.

Image : Le Christ à la maison (L’atelier du charpentier)
John Everett Millais (1829–1896)

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