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« Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, elle leur était voilée » Luc 9, 45

30 septembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

En ce temps-là,
comme tout le monde était dans l’admiration
devant tout ce qu’il faisait,
Jésus dit à ses disciples :
« Ouvrez bien vos oreilles à ce que je vous dis maintenant :
le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes. »
Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole,
elle leur était voilée,
si bien qu’ils n’en percevaient pas le sens,
et ils avaient peur de l’interroger sur cette parole.

Luc 9, 43b-45
textes liturgiques©AELF

Jésus ne parvient pas, incarné au milieu des hommes, à atteindre sa cible : on le suit partout pour les guérisons et les délivrances d’esprits mauvais qu’il est capable d’accorder, mais peu se laissent pénétrer en profondeur par sa parole de vérité et sa clairvoyance sur ce qui l’attend de la part de ceux en qui il suscite jalousie spirituelle et inquiétude pour leur pouvoir. Il est caractéristique que juste après cet extrait de Luc 9, les disciples se mettent à débattre pour savoir qui parmi eux est le plus grand ( Luc 9, 46). Les disciples n’étaient pas complètement désintéressés en le suivant : sans doute l’espéraient-ils roi terrestre d’Israël, leur distribuant de bonnes places à ses côtés durant son règne. Et l’annonce de sa passion qui se profile brise leurs ambitions, ils n’en veulent pas. Ils veulent bien admirer Jésus pour ses miracles, mais faire l’économie de son chemin de croix. Recherche de gloire qui vient des hommes avec une touche de pleutrerie…
Il faudra regarder du côté des femmes qui ont eu confiance en Jésus pour trouver de l’amour vrai et désintéressé : sa mère, bien sûr, mais aussi Marie de Magdala, Marthe et Marie de Béthanie, la samaritaine au bord du puits, et toutes ces femmes qui le suivaient non par intérêt mais pour le servir de leurs biens ou de leurs compétences. En filigrane de l’Evangile, on devine, dans les confidences poussées sur sa messianité que Jésus a accordées à celles-ci, la consolation qu’elles ont été pour lui de son vivant parmi les hommes. Elles demeurent à son écoute et ne l’abandonnent pas au pied de la croix.
Les choses ont-elles beaucoup changé ? Je n’en suis pas si sûre… Il faut regarder du côté des carmélites que nous allons fêter ce mois-ci – Thérèse de Lisieux et Thérèse d’Avila, puis Elisabeth de la Trinité le 8 novembre – de vraies adoratrices du Seigneur qui n’ont pas ambitionné de gravir des échelons dans une hiérarchie, comme les saintes femmes de l’Evangile.

Notre Pape François se bat contre la mondanité d’un certain clergé et de la curie. Que ne ferait-on pas pour gagner une responsabilité ou une barrette… Pendant ce temps, une multitude de femmes composent avec un emploi du temps déjà bien chargé pour assurer encore la catéchèse ou la préparation aux sacrements des enfants, pour une reconnaissance proche de zéro…

« Celui qui accueille en mon nom cet enfant, il m’accueille, moi. Et celui qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. En effet, le plus petit d’entre vous tous, c’est celui-là qui est grand. »
Luc 9, 48

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2 commentaires

  • Claire says:

    Merci Véronique, votre commentaire sonne très juste, et m’aide à regarder sous un autre éclairage l’Evangile de ce jour. Peut être certains clercs de passage s’en inspireront pour une homélie! Amicalement, et bon courage à votre petit « CP »..

    • Véronique Belen says:

      Bonjour Claire, et merci ! Clin d’œil au sujet de « mon petit CP » : maintenant, outre le I, le R et le A, il connaît aussi le L, donc on peut dire : « Ça ira, il lira !  » 😉



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