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Ma mouette voyageuse

16 février 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Les « Coucou, je suis à Londres » ou « Trop bien, Amsterdam ! », je ne les compte plus. La chanceuse a découvert des lignes low cost depuis l’aéroport de sa ville étudiante. Et comme elle n’est pas du tout fourmi – normal, elle fait des études de cigale : chanter ou danser, au choix – dès qu’elle a trois sous en poche, elle s’envole. Je ne suis pas du genre mère anxieuse, elle a de la chance. Et d’ailleurs, ses escapades, ça me rappelle bien les miennes à son âge : ma maman se plaignait auprès d’une amie que j’étais toujours sur les routes à visiter des connaissances de préférence habitant un peu loin.« Véronique est un pigeon voyageur ! » A quoi son amie lui répondait que j’avais bien raison de profiter de ma jeunesse, sa fille à elle s’étant mariée à 18 ans. Bref, j’aurais beau jeu aujourd’hui d’empêcher mes propres enfants de sillonner l’Europe, voire plus et plus loin. Ce qui était à portée d’une journée de voiture pour nous est devenu pour le même budget à portée de quelques heures d’avion pour eux.
Mais là, j’avoue qu’elle a fait fort, ma petite mouette. En janvier, elle parlait de Malte pour ces vacances-ci. Je grommelais qu’il lui manquerait le budget.
Il y a quelques semaines, elle me demande si je veux bien lui envoyer un colis : son gros bonnet, un fuseau de neige et des collants chauds.
« Tu veux faire quoi, encore ??? »
Elle rit au téléphone.
Et je n’ai pas le temps de protester qu’elle a déjà le billet et tout planifié pour son séjour. Elle s’envole donc pour l’Estonie et a prévu de visiter les trois pays baltes : Tallinn, Riga, Vilnius, cela ne m’évoque rien d’autre que les cases du Monopoly « Europe » mais ce sont les villes escales qu’elle a choisies. Les pieds dans la neige, tête au vent de la mer Baltique, elle fait ses visites toute seule avec son sac à dos.
Deuxième jour. « Tu sais, Tallinn c’est tout petit, j’en ai fait le tour en une journée, le ferry pour la Finlande est super pas cher, je vais visiter Helsinki. »
Et puis quelques heures plus tard : « Bon, Helsinki, ce n’est pas très typique de la Finlande, je prends un bus et je vais visiter une petite ville touristique ! »
Et elle nous envoie des photos à couper le souffle de Porvoo.
Le soir, merveille des nouvelles technologies, elle m’appelle par messenger et me raconte les péripéties de son escapade. Il est 22h là-bas, elle va reprendre son ferry pour Tallinn. Il traverse des zones de mer gelée.
Et moi je voyage, devant ses grappes de photos toutes plus belles les unes que les autres, tandis que cuit ma soupe de courges qui consolera mon rhume débutant.
Franchement, je ne sais pas d’où viendront les « Coucou » et les photos demain, ni après-demain. Mais vole ma mouette, de bonnes étoiles veillent sur toi !

Un dimanche à Lourdes

11 février 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Sur mon histoire personnelle avec Lourdes, j’avais déjà rédigé ce billet :

http://www.histoiredunefoi.fr/blog/6682-vis-cite-sainte

En voici un autre qui lui succède…

Avril 2016

Je suis à Toulouse avec ma fille qui doit passer des auditions dans deux écoles de danse où elle souhaite étudier. Entre les deux dates, j’ai prévu une escapade d’un dimanche à Lourdes avec elle. C’est pour moi une grande première, je n’y suis jamais allée, ma fille non plus. Quand on est du nord-est, Lourdes, c’est très loin !
Comme il se doit dans ces cas-là, les billets de train sont réservés, mais il y a une grève sur une partie du réseau SNCF. Rester dans la paix intérieure. Nous effectuerons une partie du trajet en bus et attraperons in extremis le TGV réservé qui s’arrête à Lourdes.
En quittant la gare, je suis saisie d’une grande émotion : quelle beauté, ce paysage de début de printemps, dans cet écrin blotti sous les Pyrénées encore enneigées ! Au cœur du paysage, non pas la basilique du sanctuaire, mais l’église paroissiale où Bernadette reçut les sacrements. Nous achèverons d’ailleurs la journée par cette visite émouvante.
Il fait très beau, encore un peu frais comme il sied à un jour d’avril, mais ce sera la première fois de l’année où je pourrai quitter mon manteau d’hiver.
C’est l’année de la Miséricorde. Nous passons la Porte sainte et nous retrouvons sur le parvis du sanctuaire, coloré de pèlerins et de ces voiturettes si caractéristiques de Lourdes. J’ai déjà vu maintes et maintes photos du lieu, mais je ne pensais pas que c’était aussi beau, vaste et éloigné des boutiques de souvenirs qui n’occupent fort heureusement que le centre ville. Il n’y a pas encore une foule trop compacte ce jour-là, nous nous déplaçons aisément d’un lieu à l’autre du sanctuaire, éblouies, je dois l’avouer, par les beautés de ce lieu sous un franc soleil. Nous nous réservons la grotte pour l’après-midi et arrivons un peu en retard à la messe dominicale à la basilique de l’Immaculée Conception. Je suis habituée à  mes petites églises rurales, et je dois dire que j’ai du mal à me recueillir dans cette immense basilique, au milieu des va-et-vient des passants plus ou moins intéressés par la célébration. Ma fille y met un peu de mauvaise volonté, et cela me chagrine. Dans ma famille, j’ai l’habitude d’avoir la foi pour beaucoup d’autres…
Elle a mal aux jambes, très mal. L’audition de la veille était rude et l’a épuisée. Je lui demande, un peu agacée, si je dois lui prendre une voiturette. Mais comme elle me dit presque oui, je respecte sa souffrance.
Après le déjeuner, nous nous retrouvons de manière imprévue dans une catéchèse de pèlerinage du diocèse de Bordeaux. Je devais y rencontrer un ami des réseaux sociaux, mais nous n’avons qu’un fort bref échange, il est occupé à l’animation musicale de la réunion. Les gens s’y connaissent, il y a peu de place, nous nous asseyons près des enfants mais nous sentons un peu intruses, pas très concernées par la conférence de bilan de pèlerinage. Ma fille y voit surtout l’opportunité d’être assise. Nous sortirons discrètement avant la fin. Une expérience de plus où, dans l’Eglise catholique, je me suis sentie comme un cheveu sur la soupe.

Nous avons la chance ne pas faire la queue trop longtemps pour aller nous recueillir dans la grotte, voir l’eau suinter, toucher la roche toute lissée par des décennies de gestes de piété. Je suis à la fois émue, touchée, et un peu ailleurs. Je ne ressens pas vraiment plus qu’en d’autres lieux le besoin de m’arrêter ici pour prier, il y a trop de monde, et comment dire cela sans choquer… le Père, le Fils, la mère de Jésus sont tellement en mon cœur que je les ressens plus fortement dans un temps d’oraison recueillie chez moi qu’en des lieux de pèlerinage où se mêlent la foi la plus pure et la dévotion la plus susceptible de tendre vers la superstition…
Ma fille et moi remplissons néanmoins les divers contenants que nous nous sommes procurés en ville avec l’eau de la source, nous en buvons en abondance et en réservons pour nos proches. Pas excessivement de monde là non plus.
Le parvis est noyé de soleil. Nous nous asseyons sur un banc et j’écris quelques cartes postales à ceux dont je sais qu’ils seront touchés par une pensée de Lourdes. Toujours, envoyer un souvenir en priorité à ceux qui sauront l’apprécier dans la foi, surtout s’ils vivent seuls.
Nous visitons ensuite la basilique souterraine, ma fille souffre un martyre dans l’escalier. Elle est au bord des larmes. Je me dis que décidément, ce pèlerinage prend une dimension que nous n’avions pas prévue. Prier pour elle, pour qu’elle ait la force de danser à nouveau le lendemain en situation d’audition. Prier aussi pour toutes mes intentions du moment.
Très peu de monde dans cette basilique, si ce n’est une chorale qui commence une répétition.
Nous achèverons l’après-midi par la visite des lieux de vie de Bernadette Soubirous, bien touchante.
Beaucoup d’attente dans une gare un peu morne, et le retour à la nuit tombante vers Toulouse.

Qu’ai-je gardé de ce court pèlerinage ? La joie d’avoir « vu de mes yeux » ce lieu dont parle toute l’Eglise catholique depuis 160 ans aujourd’hui. Une forme de réconciliation avec cette piété populaire. Mais aussi ce sentiment toujours là, au creux de mon âme, d’être un peu une étrangère dans cette Eglise tout absorbée par le culte à la mère de Jésus. J’aurai beau exprimer par toutes mes lignes que le Seigneur a bien des choses à nous dire en ce siècle-ci, qu’il en murmure encore et encore à l’oreille de mon cœur, cela n’intéresse pas grand monde puisque je ne viens pas pour confirmer un dogme tout fraîchement élaboré au Vatican, mais plutôt pour mettre en évidence que Dieu est bien plus haut et plus grand que tous nos dogmes, et qu’en ces temps, il pleure encore sur la division de ses enfants toujours enclins à développer ce qui fracture le peuple croyant plutôt que ce qui pourrait le rassembler.

Je ne suis pas de ceux qui pensent que l’unité des croyants viendra par Marie. Le personnage que l’Eglise catholique romaine en a fait est trop inacceptable par les autres traditions.
Avec elle, dans ma prière, je recherche ardemment une autre voie.

Je me réjouis néanmoins, avec Notre Dame de Lourdes, et prie à la belle intention de la journée du malade pour sa fête en ce 11 février.

Et au fait, ma fille a pu danser le lendemain de notre escapade à Lourdes, et elle a été admise dans les deux écoles…

Vu de l’extérieur

10 février 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

J’ai eu cette chance, dans ma vie, de sortir plusieurs fois pour des années plus ou moins longues des milieux les plus prégnants de mon existence, les quittant un temps pour mieux y revenir ensuite. Et ces parenthèses m’ont permis de nuancer mon regard sur ces milieux et ceux qui ne leur appartiennent pas.
Edifiante fut pour moi l’expérience de vivre deux ans, puis quelques années plus tard quatre ans de congé parental. Je quittais ainsi l’école, l’Education Nationale qui avait été le cadre de ma scolarité et dans la même continuité de ma profession pendant si longtemps. Eh bien, on peut m’en croire, on n’a pas le même vécu quand on est « dedans » ou « dehors ». J’ai vécu les devoirs à la maison trop lourds pour des enfants fatigués par une journée de classe, l’étonnement du parent devant la tâche inadaptée aux prérequis de son enfant. J’ai vécu aussi l’attente devant – et non derrière – la porte fermée de l’école avec un bébé dans les bras plus de quinze minutes quand une classe sortait très en retard, j’ai entendu les conversations des parents au sujet des enseignants trop ceci ou pas assez cela, j’ai préparé certaines années un pique-nique par semaine pour des sorties répétées et pas toujours très pertinentes pédagogiquement, j’ai été de ces parents convoqués parce que l’enfant présentait un changement de comportement, et j’ai fait face aux questions indiscrètes sur les causes de son trouble passager… J’ai été de ces mamans qu’on jugeait désœuvrées parce qu’à la maison et ne se précipitant pas pour accompagner une classe à la piscine, j’ai été soupçonnée comme toutes les autres dans mon cas de regarder la télé pendant la sieste de mes petits tandis que ces pauvres maîtresses s’échinaient au travail… Ce discours au sein des écoles, je le connais très bien. Et croyez m’en, quand on a été « mère au foyer » et rien de plus pendant quelques années, on ne le vit pas très bien venant de celles qui pourraient être des collègues. Combien plus alors quand de sa vie, des collègues, on n’en a eu aucune, par choix ou faute de trouver du travail !
Cette expérience m’a définitivement servi, je pense, à sortir des jugements hâtifs sur « les parents », cette caste « d’ennemis publics N°1 » comme me le disait une amie entrée tardivement dans l’Education Nationale et qui fut estomaquée, après avoir été travailleuse sociale, du langage qui avait cours dans les écoles et même en formation, dénotant une méfiance viscérale des enseignants vis-à-vis des parents de leurs élèves. Il est bon, parfois, d’avoir été, dans un milieu donné, « l’autre », fût-il « ennemi public N°1 ». (suite…)

La serpillère neuve

3 février 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

J’étais si épuisée intellectuellement que cela m’a fait du bien de faire mon ménage. Enfin une activité qui ne fait pas bouillonner le cerveau ! Il n’était pas complètement au repos cependant, trop de stress extrême ces derniers temps.
J’ai regardé ma serpillère, en assez piteux état. Tiens, j’en avais une neuve en réserve. On change tout ça… Ménage d’autant plus facile et efficace.
La vie vous offre parfois de ces allégories bizarres…
A la poubelle, la vieille serpillère !
Et puis moi, depuis hier, je m’oppose enfin à la personne qui me harcèle moralement à petit feu depuis quinze ans.
J’en ai assez de m’effilocher sous ses coups larvés. Vraiment.

Désormais, je ne serai plus la serpillère de personne.

Parfois, j’aimerais, comme Jésus, pouvoir dire à la mer déchaînée : « Silence, tais-toi ! » et qu’il se fasse un grand calme… (Marc 4, 39)  Mais j’ai compris depuis longtemps que la mer, toujours, d’une façon ou d’une autre, se déchaînerait contre mon entourage proche et contre moi. Que même une prière intense ne suffirait pas, parfois, à calmer les furies de la tempête.
Déjà, la Genèse l’annonçait : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. » (Genèse 3, 15)
Toujours il revient, larvé, lové aux recoins de mon existence, ce serpent des origines. Oh, il n’a plus beaucoup de prise sur moi : depuis longtemps, je sais l’identifier et ne plus le laisser pénétrer ma conscience. Je le reconnais de loin et je suis affûtée à résister à toutes ses tentations. Mais il essaie, encore et encore, de me déstabiliser, de me fragiliser, de me discréditer même auprès de ceux qui auraient toutes les raisons d’avoir confiance en moi, par ses manœuvres perverses et rusées. Il s’empare volontiers d’une personne ayant un peu d’ascendant sur moi pour lui murmurer de me harceler à petit feu, jour après jour, année après année, jaloux qu’il est de la sérénité que j’ai gagnée à grand prix dans ma lutte contre lui avec le Seigneur à mes côtés.
Cette jalousie du malin ne se rassasie jamais de miner mon quotidien.
Me voilà à un tournant de ma lutte silencieuse contre lui. Vais-je enfin donner de la voix ? Vais-je oser le faire taire en en référant à plus autoritaire et clairvoyant que lui ?
Car il est assez stupide, le serpent des origines. Il met les gens dans de petites cases. Il ne sait pas les cerner psychiquement, et encore moins spirituellement. Il hait la foi en Dieu de l’autre, mais il s’en sert : « Celle-ci est bien trop chrétienne et honnête pour oser dénoncer mes manœuvres un jour, alors allons-y, détruisons sa confiance en elle et son moral jusqu’au bout ! »

« Silence, tais-toi ! »

Ce n’est pas moi qui prononcerai cette injonction, car je ne suis pas Jésus, et je ne puis avoir l’autorité d’un disciple homme contre le malin. Mais des alliés, j’en ai. Et ils sauront intimer à la tempête de se calmer et de laisser ma barque poursuivre sa traversée sur des flots désormais tranquilles. J’ai foi dans le Seigneur. De façon inébranlable.

Image : Le Christ dans la tempête sur la mer de Galilée      Rembrandt 1633

Ma vocation dans l’Eglise

20 janvier 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 3 commentaires

Hier soir, j’ai relu le texte de sainte Thérèse de Lisieux « Ma vocation, c’est l’amour… »
Je l’aime bien, la petite Thérèse, même si son style est devenu de nos jours bien désuet. J’ai déjà écrit dans un autre billet ce que je pensais de son innocence et de son amour bienveillant pour l’Eglise : elle a vécu dans un autre temps, encore très religieux, et, partie rejoindre son Seigneur depuis son Carmel à un très jeune âge, elle n’a pas toute l’expérience que peuvent conférer à une femme mûre les aspérités du monde et les relations humaines parfois compliquées un siècle plus tard. Pour faire court, la petite Thérèse est d’une grande sainteté, oui, mais il ne faudrait pas pour autant attendre d’une femme d’aujourd’hui, en Eglise, une telle ingénuité.

Petite Thérèse ne m’en voudra pas. Elle sait bien que j’ai placé mon témoignage « Histoire d’une foi » dans le prolongement du sien. Et hier, méditant son acte de consécration, j’ai soudain trouvé ma propre vocation dans l’Eglise, que je vous livre en forme de pastiche :

« Oui j’ai trouvé ma place dans l’Eglise et cette place, ô mon Dieu, c’est vous qui me l’avez donnée… dans le Cœur de l’Eglise, ma Mère, je serai… le poil à gratter. »

 

Le texte de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face :
https://www.carmeldelisieux.fr/spiritualite-carmelitaine/therese-de-lenfant-jesus/les-essentiels-textes-tej/rien-que-pour-aujourd-hui/23-spiritualite-carmelitaine-/therese-de-lenfant-jesus/55-ma-vocation-cest-lamour-texte-complet.html

Reconnaissance et ingratitude

10 janvier 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 1 commentaire

Je suis très sensible à la reconnaissance, et j’essaie de fermer autant que je peux les yeux sur l’ingratitude.
Il me semble que la reconnaissance n’est pas sans rapport avec la foi, et l’ingratitude fortement liée à l’égocentrisme, voire au narcissisme. N’est-ce pas célébrer Dieu que d’être sans cesse dans l’action de grâce, la reconnaissance pour les bienfaits dont il nous comble directement par ses mystères ou indirectement par l’intermédiaire de notre prochain ?
Je crois que je suis quelqu’un qui dit facilement et souvent « Merci ». Cela me rend d’autant plus sensible à la reconnaissance d’autrui pour ceci ou cela que j’ai pu lui offrir. Non pas que j’attende de la déférence ou quoi que ce soit de ce genre : j’ai horreur de la flatterie par exemple. Mais un discret et chaleureux merci, cela fait toujours plaisir.

Je plains les gens qui font couramment preuve d’ingratitude, car non seulement ils se privent d’une source de joie – rendre grâce en est une – mais ils se coupent encore de ce fait progressivement de leur prochain. Tout le monde a fait l’expérience des relations qui s’étiolent à force de ne jamais être entretenues par la braise de la reconnaissance. Rendez mille services à une personne qui soit ne s’en rendra même pas compte, soit estimera tout comme lui étant dû, et vous verrez que l’amertume et la lassitude risqueront de gagner peu à peu votre cœur. Au contraire, la personne reconnaissante pour peu obtiendra de vous davantage.

Je crois qu’il en va ainsi dans notre relation à Dieu. Non pas que Lui se lasse de nous combler de ses bienfaits, il ne s’agit pas de cela. Mais par contre, à qui est dans l’action de grâce permanente et à tout propos, Dieu donne encore et encore, sans compter. Au milieu de l’ingratitude massive du monde à son égard, il s’émeut d’une âme reconnaissante, et la comble au-delà de ses propres désirs.

Un Noël lumineux

5 janvier 2018 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 1 commentaire

J’ai eu, dans ma vie, des Noël tristes. Quand j’avais rêvé de jouets que je ne recevrais jamais, et que mes camarades d’école raconteraient avec joie à la rentrée. Quand notre mère ne voulait pas s’encombrer d’un sapin parce qu’on avait un jeune chat. Quand toutes mes sœurs étaient déjà parties et que je passais une soirée morne entre mes parents. Quand la vie a fait que, parfois, je sois loin de ma famille en des contrées où Noël n’avait pas le caractère recueilli et priant que je lui aurais souhaité. Quand un être cher parti peu de temps avant manquait cruellement au rendez-vous. Quand mes enfants n’avaient plus leurs deux parents ensemble ce jour-là. Quand l’un de nous, malheureusement, se voyait frappé par une maladie hivernale en plein 24 décembre.

Oui, j’ai eu des Noël tristes. C’est peut-être la raison pour laquelle j’appréhende cette fête dès que le temps de l’Avent s’annonce. Comme s’il fallait le traverser en retenant sa respiration pour pousser un grand ouf de soulagement en janvier.
Cette année, je sais que des personnes discrètement saintes ont prié pour que j’aime ce Noël. Pour que j’en comprenne mieux le sens.
Et voilà que tout s’est conjugué pour que ce Noël soit des plus beaux ; vraiment, l’un des plus heureux de ma vie.

Autour de moi, je n’avais plus trois, mais six enfants. Mes trois bien-aimés, avec chacun à son bras la personne qui fait battre son cœur. Quelle joie de les voir épanouis et heureux ! Quelle plénitude de faire connaissance avec deux hommes choisis entre tous par mes filles et de les voir rayonner sous leurs regards amoureux ! Quelle espérance pour la jeune femme que mon fils chérit et qui ne pourra qu’aller mieux après des épreuves personnelles des plus difficiles l’année passée !

Des échanges brefs, parce que le temps d’un ou deux repas, c’est court, ou des partages bien plus profonds quand demeure sous votre toit pendant une semaine le petit couple nouvellement constitué. Leur bonheur et leur joie de vivre ont été contagieux. Ma voiture les a promenés des marchés de Noël typiques de la région aux bords du Rhin en passant par les sommets enneigés où ils ont goûté aux sensations des sports d’hiver. Que d’enthousiasme et de sourires sur les photos ! Et combien de thés partagés dans la douceur d’être ensemble !

J’ai aimé ce Noël et ces jours de vacances, vraiment. Pleinement. Des lumières dans les villes, les églises et dans leurs yeux, à profusion. La joie d’être ensemble, palpable, exprimée. Le bonheur de leur faire plaisir et l’émotion de leur reconnaissance.

Nous voilà soudain en janvier, dans un doux passage, sans même que la météo détestable ait eu raison de notre moral.

Oui, ce fut vraiment un joyeux Noël. Merci à l’Unique capable de nous prodiguer une telle joie !

Un blog, un site internet comme celui-ci ne peut vivre que s’il est lu, consulté. Je livre ici beaucoup de ma personne, non pas par narcissisme, mais parce que je n’ai pas vraiment d’espace, dans ma vie quotidienne, pour exprimer tout ce qui anime ma personne profonde. Ce goût de la vie, cette joie d’aimer les miens et bien au-delà, les rencontres inattendues et toujours intéressantes que cet échange a permis depuis bientôt six ans… La foi brûlante qui m’habite et que je pratique discrètement dans ma communauté de paroisses et intensément dans ces mots que je vous livre et dont je ne sais que rarement comment ils sont reçus… Semer, sans compter, la vérité de la Parole du Christ Jésus et ouvrir mon cœur et mon esprit aux autres traditions religieuses qui ont toutes quelque chose à nous apprendre sur Dieu, l’Unique, l’Eternel, Celui dont je voudrais témoigner inlassablement jusqu’à mes dernières forces…
Amis lecteurs, chacun de vous m’est précieux. Vous êtes environ 150 à vous connecter à ce site chaque jour, les fidèles comme ceux d’un seul passage, qui recherchent un verset biblique, une homélie, un article qui va leur parler dans le secret de leur vie…
Merci infiniment à tous, qui que vous soyez, amis fidèles et connus ou internautes du hasard – mais croyez-vous vraiment au hasard ?
A tous, aujourd’hui, je souhaite une année 2018 de paix intérieure et de progrès spirituel.
Merci d’être vous, vous m’aidez à me trouver de plus en plus moi-même !

Véronique

Ma famille cosmopolite

26 décembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 2 commentaires

Ma famille a pris cette année une dimension cosmopolite qui m’enchante, et notre Noël en fut d’autant plus riche et intense.
Mes enfants ont toujours eu des traits marqués par leur double origine française et ukrainienne. Les pommettes hautes, les yeux clairs, le nom qui n’est pas d’ici. Il était sans doute naturel que leurs cœurs s’ouvrent et se mettent à battre pour des amours d’ailleurs, ou tout du moins au sang mêlé. La belle jeune femme au bras de mon fils a des origines franco-marocaines. La beauté du corps et de l’âme est souvent due à un subtil mélange des terres et des cultures, et elle en est l’exemple parfait. Je l’aime comme ma propre fille.
Mes filles me présentent ces derniers jours leurs partenaires que les mouvements migratoires du XXe siècle et les nouvelles technologies leur ont offert de rencontrer, pour leur plus grand bonheur. La blondeur étincelante de ma grande chérie rayonne dans les bras d’un homme qui a passé son enfance en Espagne et nous offre, comme cadeau de première prise de connaissance, des produits de son pays d’origine que j’affectionne particulièrement pour avoir failli, à la vingtaine, m’y expatrier.
Quant à mon feu follet de petite dernière, voici que ses yeux pétillent de nous présenter enfin celui qu’elle chérit depuis deux ans via skype et les réseaux sociaux, et qui est venu de la lointaine Australie pour serrer enfin dans ses bras sa belle, affrontant courageusement l’hiver européen. Il fournit des efforts admirables pour soutenir des conversations des plus intéressantes en français, et nous fait découvrir à la fois son merveilleux pays d’adoption et son attachement profond à ses racines perses. Ses yeux noirs dans lesquels elle se noie brillent d’intelligence, et je le
découvre délicat, attentionné, d’une gentillesse exquise.

J’ai toujours été très fière et heureuse de mes trois enfants, qui sont la bénédiction de ma vie. Voici que leurs trois partenaires m’enchantent à leur tour, et que j’ai sujet de me réjouir infiniment des perspectives nouvelles qui s’ouvrent, par leurs amours, dans leurs vies déjà si riches…

Tranche de vie

21 décembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 4 commentaires

C’était il y a bientôt huit ans, je venais de perdre ma maman, et je me suis sentie en risque de fragilité psychique un moment, n’ayant  plus qu’un généraliste qui me faisait mes ordonnances de traitement de fond depuis quelques années. J’ai ouvert l’annuaire à la page de la petite ville la plus proche, et j’ai trouvé son nom. Il me plaisait bien, son double nom à la consonance à la fois musulmane et  juive, et son prénom aux parfums d’au-delà de la Méditerranée. Un coup de fil, et un rendez-vous.
Elle avait la douceur d’une maman, mais pas assez âgée pour en figurer une pour moi. La beauté des femmes de là-bas. Et la compétence d’une première de la classe depuis toujours, jusque dans les études les plus difficiles, je l’ai compris très vite. Rien ne pouvait la désarçonner, dans un domaine médical pourtant si compliqué. Je lui ai raconté les grandes lignes de mon parcours, parce que j’arrivais sans dossier, comme neuve dans son cabinet, et confié mon chagrin plein d’espérance chrétienne pour ma maman. Je me souviens très bien de ses mots : « C’est bien, d’avoir la foi. Moi aussi j’ai perdu ma maman, et parfois, quand je veux la retrouver, je la « convoque » en m’endormant, et je rêve d’elle… »
C’était aussi simple que cela. Deux femmes face à face, sans supériorité de l’une sur l’autre, même si je lui remettais toute ma santé psychique, et elle son écoute, son regard et son intelligence. Et toujours, l’ordonnance la plus adaptée. Elle a compris assez vite que je n’aimais pas le changement à ce niveau-là, mais elle a toujours fini par arriver à m’y amener, avec sa douce et patiente persuasion. A chaque fois, pour un mieux. Elle ne pratiquait pas la langue de bois des autres : « Mais non, ce n’est pas ce médicament qui vous fait prendre du poids ! » Femme, elle savait les regards au dehors, et la détresse sur le pèse-personne. Changement pour un mieux, un lent et patient mieux.
Quand vous rencontrez une personne tous les mois dans son cabinet, vous finissez par la voir davantage que vos meilleurs amis. Et c’est une vraie relation qui s’installe. Au fil des années, elle a fini par se confier à moi presque autant que moi à elle. Oh, pas de l’intime, mais son histoire, sa famille, ses enfants… Sa figure en devenait d’autant plus aimable. J’étais bien dans ce fauteuil, et j’aimais ce rendez-vous d’amitié, avec juste la petite ordonnance glissée presque discrètement à la fin. Délicate encore, un jour elle m’a dit qu’elle pratiquerait désormais pour moi le tiers payant, et il n’y a plus eu de mouvement d’argent entre nous. (suite…)

Etre soi-même

16 décembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - 2 commentaires

Je crois qu’il n’y a pas de meilleure attitude à adopter, notamment quand on a à affronter un entretien professionnel difficile et important avec son supérieur hiérarchique, que de rester soi-même.
J’ai été bombardée de questions pointues et difficiles qui visaient à cerner ma connaissance de l’institution à laquelle j’appartiens et mes capacités d’analyse et de réaction face à certaines situations qui pourraient se présenter et relèveraient de ma responsabilité. Je crois qu’à un moment, je suis parvenue à inverser le sens du dialogue : tout en avouant mes lacunes quant à certains détails de terminologie, j’ai mis en avant mes valeurs éthiques et mon sens profond de la déontologie professionnelle. Etre honnête dans toute situation de sa vie, personnelle ou professionnelle, c’est ce qui me tient le plus à cœur, vraiment. Et je l’ai détaillé au niveau de la pratique professionnelle que j’envisage si je prenais une plus grande responsabilité.
Eh bien, c’est cela qui a plu, je pense, à mon interlocuteur. Et il m’a dit avec la plus grande franchise que d’un avis réservé ou défavorable à ma candidature aux fonctions de directrice d’école, il était passé au cours de l’entretien à un avis favorable.
Je n’ai pas brillé. J’ai été moi-même, c’est tout, et ainsi reconnue pour une compétence valable elle aussi.
Merci au passage à ceux qui ont, discrètement mais efficacement, prié pour moi !

Renaître de ses cendres

8 décembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Je n’étais pas la bienvenue, comme cela a très souvent été le cas dans les grandes étapes de ma vie.
Je ne fus pas la bienvenue dans le ventre de ma mère, et en tant que femme je le comprends très bien : aurais-je moi-même désiré un quatrième enfant en six ans de mariage ?
Je ne fus pas la bienvenue dans la vie de plusieurs jeunes gens que j’ai intensément aimés. Sans réciprocité.
Je ne fus pas la bienvenue non plus dans cette école. J’avais posé au préalable des choix professionnels mal vus aux yeux de ces collègues-là, et pour cause de ces choix, j’avais d’emblée bloqué un poste qui m’appartenait pendant plusieurs années sans exercer dessus. Malvenu aussi de ma part d’attendre, au moment où j’aurais dû revenir sur ce poste, un troisième enfant avec le choix de lui consacrer les quatre années suivantes, le poste me restant comme par miracle réservé.
Revenez sur ce poste après sept ans sans l’avoir occupé, et vous traînerez derrière vous sept ans de préjugés et de médisance. J’aurais pu craquer et partir, j’ai fait le choix de ravaler et de rester. Mais j’ai toujours été celle qui traînait des casseroles après elle.
Par chance, beaucoup de jeunes collègues adorables se sont succédé pendant des années dans cette école, et j’ai toujours noué avec elles les meilleures relations. Plusieurs sont restées, même parties ailleurs, d’excellentes amies. Pour cette raison principalement, j’ai quand même trouvé là ma place et mon bonheur. Et tenu bon dans le dénigrement fréquent de mes compétences et de mes initiatives.

Chacun le sait, quand il est peu reconnu dans son travail pour son investissement et ses qualités propres, il doute très vite de lui-même. Et ainsi, mes rapports d’inspection plutôt élogieux m’étonnaient toujours. N’étais-je donc pas une piètre enseignante ? J’ai fini par accorder plus d’importance à ce regard autorisé sur ma pédagogie qu’à la défiance dont j’étais au quotidien souvent l’objet.

Et là, il a suffi d’une semaine hors de ce contexte, dans une situation de formation continue où mes capacités étaient pleinement reconnues, il a suffi de quelques échanges avec des collègues positives et bienveillantes pour que je reprenne profondément confiance en moi et que je me sente capable d’aller de l’avant. Ici, dans cette école qui est aussi intensément la mienne et qui sans doute, le restera pour les années qu’il me reste à enseigner. A la prochaine rentrée, je suis en droit de l’espérer et de m’investir en ce sens, peut-être comme directrice.

Dynamique positive

2 décembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

Il y a parfois du bon à prendre du recul. Sortir de son environnement quotidien pour changer de regard sur sa pratique professionnelle et ses perspectives.
Je viens de vivre une très belle semaine de formation continue en enseignement des langues vivantes au CM1-CM2. Ce n’est plus très souvent, dans mon métier, que l’on nous propose de quitter nos classes pour nous former, faute de remplaçants et de moyens. Alors je n’ai pas voulu manquer une occasion si belle qui se présentait. Et quel bain de jouvence ! Les formateurs se succédaient pour nous donner des pistes et des ressources nouvelles dans nos pratiques en classe. Nous avons parlé, chanté, joué, exploré et testé des logiciels, découvert des albums et des manuels, élaboré de petits projets en sous-groupes pour nous faire la main et avoir matière à réinvestir. Le tout dans une ambiance des plus sympathiques : un groupe d’une douzaine de collègues qui ne se connaissaient pas au préalable, mis en situation de faire connaissance comme on le ferait lors d’une rencontre transfrontalière avec des élèves. C’était à la fois intimidant, ludique puis motivant. De vrais liens se sont noués au fil de la semaine, de riches partages sur nos pratiques respectives ont été possibles, et les conversations ont été variées et joyeuses lors des cafés et des repas pris en commun.

Il se trouve que j’ai cette année une décision professionnelle difficile à prendre à l’horizon de septembre 2018. Et à partager ainsi avec des collègues d’autres circonscriptions que la mienne, qui ne me connaissaient que dans ce court contexte, j’ai reçu des conseils très judicieux et des encouragements qui m’ont ouvert une perspective que je n’avais pas envisagée jusque là.

Me voilà beaucoup plus sereine pour prendre ma décision, et l’option qui se profile est la dernière que j’aurais envisagée… Plus de détails, amis lecteurs, dans les prochains mois.

Un mois sans

28 novembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Blog - Aucun commentaire

C’est ça, ça doit faire un mois.
Un jour je l’ai allumée, et puis rien. Ni image, ni son. Tiens, j’étais un peu contrariée sur le coup, ça devait être à l’heure du 20h, puisqu’il n’y avait de toute façon que là que je la sortais de son mutisme depuis un bon moment. Et rien. Ecran noir.
Bon, j’ai de nouveau tout éteint. Ça ne devait pas être la télé, plutôt un problème de réception.
Ma grande fille était là quelques jours plus tard : « Tu regardes mes branchements ? » (Parce que moi, j’ai mal au dos…)
Elle ausculte un peu tout et ne trouve rien d’anormal, mais bon, ça ne marche toujours pas.
Pas grave en fait, on ne regarde jamais la télé ensemble, elle et moi. Trop de choses à se dire.

Donc, ça fait un mois, et je n’ai pas essayé de la rallumer, si ça se trouve tout marche mais ça m’est égal. Car j’ai savouré ce mois-là. Ne pas voir toutes les horreurs du monde à 20 h, eh bien ça me repose l’esprit et tout le reste aussi. De toute façon, les horreurs du monde me sautent à la figure dès que je m’aventure sur internet. Bien malin qui voudrait y échapper, ne serait-ce que sur les réseaux sociaux.

J’ai un peu, un tout petit peu mauvaise conscience : il doit se passer des trucs pas très clean que j’ignore. Je n’arrive plus trop à comprendre pourquoi les gens s’échauffent comme ça sur les fils de commentaires. Je n’arrive plus non plus à saisir pourquoi on a le pire président de la République qu’on ait jamais eu ( c’est le cas pour au moins les trois derniers ou je me trompe ?). Je n’ai pas suivi le dernier truc qui nous empoisonne dans ce qu’on mange. Bientôt, d’ailleurs, il vaudrait mieux arrêter tout à fait de manger, ça résoudrait peut-être le problème qu’on a avec nos assiettes ces dernières décennies.

Voilà. Je suis comme en vacances, parce qu’habituellement, il n’y avait qu’en vacances que je me coupais à ce point de l’actualité.

Et finalement, il est où, le problème ? Je ne suis pas journaliste et je ne fais pas de politique, pas besoin de savoir tout ce qu’il se passe dans chaque recoin de la planète. Ce qui concerne mon métier m’arrive sur ma boîte mail au moins en triple exemplaire, ça suffira bien comme ça. Et j’ai cette chance de passer mes journées avec des enfants qui ont des préoccupations d’enfant. Ça peut avoir un avantage, de rester un peu à leur niveau, pour mieux les comprendre et les aimer. Je n’ai pas du tout l’habitude d’alimenter les conversations de comptoir. Et tout le reste, à la télé, me barbe profondément depuis longtemps. Rien qu’en zappant, j’ai parfois la nausée du consumérisme et de l’abîme d’ineptie des jeux et de la plupart des émissions.

Bref, ça fait un mois que je n’ai plus regardé la télé, et je m’en porte comme un charme. Les pieds enracinés au sol et le feuillage résolument tendu vers le ciel. Comme avant qu’elle n’existe.