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« Après deux jours, il nous rendra la vie ; il nous relèvera le troisième jour » Osée 6, 2

30 mars 2019 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Venez, retournons vers le Seigneur !
il a blessé, mais il nous guérira ;
il a frappé, mais il nous soignera.
Après deux jours, il nous rendra la vie ;
il nous relèvera le troisième jour :
alors, nous vivrons devant sa face.

Osée 6, 1-2

On a tort de considérer souvent Jésus du temps de sa vie parmi les hommes comme une sorte de Dieu incarné omniscient, coupé de la nécessité d’apprendre par autrui qui il était, quelle serait sa mission sur terre et à quelle extrémité elle allait aboutir. Nous ne savons rien de la vie de Jésus de ses douze à ses trente ans, et nous pouvons en déduire que tout ce temps a été nécessaire à sa maturation de messie, à sa prise de conscience d’être Fils du Père à un titre tout à fait particulier, à sa formation à la prédication et avant tout à sa familiarisation avec les Ecritures. Si Paul a été disciple de Gamaliel, nous ne savons pas si Jésus a eu besoin d’un maître rabbin. Sans doute non, étant donné qu’à douze ans, il leur faisait déjà des observations et des réponses tout à fait sensées dans le temple de Jérusalem quand ses parents l’y avaient perdu (Luc 2, 41-50).

Si j’exprime souvent mon agacement devant les évangiles apocryphes et les fausses révélations romancées de fausses mystiques telles que Maria Valtorta, c’est que ces écrits mensongers biaisent totalement notre conception du Christ Jésus. Nous devons résolument nous défaire de l’idée que Jésus savait d’avance « tout sur tout ». Jésus a pris chair de Marie sa mère, vierge, c’est-à-dire qu’il est vraiment Fils de la substance de Dieu, sans géniteur masculin et donc sans péché. Mais Dieu le Père et créateur n’est pas « descendu du Ciel », comme on le dit parfois par excès de langage, Jésus a prié toute sa vie et c’est bien une preuve suffisante que le Père était encore au Ciel pour l’écouter, l’inspirer, le guider pendant tout le temps de son incarnation. S’il en avait été autrement, Dieu son Père n’aurait pas jugé nécessaire de le faire croître dans le sein d’une femme comme tout fœtus humain et de le mettre à l’école de ses parents, qui l’ont élevé, et non le contraire. Marie éduque et observe son enfant, et elle médite sur son évolution. Joseph lui apprend ce que tout père juif enseigne à un fils, y compris son métier. Que l’on ne perde jamais de vue cette donnée essentielle : Jésus a eu à apprendre d’autrui. Il n’a jamais été omniscient. Lucide et très intuitif sur son prochain, oui, bien sûr. Il a eu comme personne le don de discernement des esprits, de son baptême à sa passion. On ne pouvait pas berner Jésus. « Lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme » (Jean 2, 25) , lui qui n’était pas tiraillé par le péché qui gouverne toute chair masculine. Il comprenait mieux que quiconque les compromissions de son prochain avec le péché, de ses disciples à ses persécuteurs.

Ce que je pense, pour ma part, c’est que Jésus, outre le fait d’apprendre et d’exercer un métier, a passé les presque vingt ans de sa vie cachée à Nazareth à scruter et méditer les Ecritures dans lesquelles il pouvait trouver tout ce qui le concernait. Se sachant sans doute Fils du Très-Haut depuis l’adolescence par la confidence de sa mère Marie, il a dû rechercher avec grande curiosité tout ce qui concernait l’accueil fait par Isarël à un prophète authentique – accueil en général très mauvais – la venue du Messie d’Israël qu’il a compris être, les attentes du Père sur son peuple élu et donc aussi sur son propre Fils. Gageons que la prière de Jésus à son « Abba » était un dialogue dans lequel le Père le confirmait et l’éclairait dans ses découvertes scripturaires. Jésus avait besoin de cet échange avec Lui pour mieux cerner sa propre mission, qu’il devait un peu redouter, comme nous le voyons aux noces de Cana quand sa mère lui demande d’intervenir sans doute un peu trop tôt à son goût : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » Jean 2,4.

Jésus, sachant ce qui avait été fait à Jérémie et à bien d’autres prophètes, connaissait aussi non seulement sa passion inéluctable, mais encore le caractère rédempteur du sacrifice de sa vie. Et ainsi, dans son humanité tendre et sensible, on peut imaginer à quel point il était effrayé d’avancer ainsi jour après jour vers une mort infamante, qui plus est causée par ceux qui se réclamaient officiellement de Dieu. Alors des versets tels que ceux d’Osée devaient lui donner force et courage : « Après deux jours, il nous rendra la vie ; il nous relèvera le troisième jour. » Osée 6, 2

Si le Père lui promettait, dans sa prière, résurrection d’entre les morts, Jésus avait bien besoin d’en trouver aussi des traces dans l’Ecriture pour en avoir une assurance supplémentaire. Dieu tient toujours ses promesses envers ses élus, donc envers son propre Fils, en tout premier lieu.

Et ainsi, environ 750 ans après la prophétie d’Osée, la promesse divine se réalisa : Jésus s’est bien relevé d’entre les morts le troisième jour. Pour notre plus grande espérance, à nous qui en sommes quotidiennement témoins.

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