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« Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise » Matthieu 5, 18

27 mars 2019 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »

Matthieu 5,17-19
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Je voudrais aujourd’hui m’attarder sur deux déclarations de Jésus dans ce court extrait si important quant à sa mission d’évangélisation et pour nous. Deux aspects que l’on élude énormément dans l’Eglise catholique romaine.
Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise.
et l’opposition : sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux / celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux.

Le Christ Jésus nous dit expressément que la Loi juive ne disparaîtra pas « jusqu’à ce que tout se réalise », c’est-à-dire « que le ciel et la terre disparaissent. » Et je saisis l’occasion de rendre hommage à nos « frères aînés » et amis juifs dans la foi au Dieu Unique d’avoir malgré persécutions et tentatives d’extermination gardé vives leur foi et leurs coutumes conformes à la Loi de Moïse. Qui serions-nous, nous autres chrétiens, pour leur reprocher de ne pas se convertir au Christ ? Dans leur foi et leurs pratiques exigeantes, ne sont-ils pas souvent plus fidèles au Dieu de leurs pères que la majorité des baptisés qui ont remisé l’Evangile aux oubliettes de leur vie ?

Je l’ai déjà dit et écrit et je le redis encore ici : jamais je n’ai trouvé à notre époque une foi plus vive et authentique que celle d’une petite fille juive polyhandicapée, Annaëlle Chimoni, qui a écrit en 2000 un magnifique livre « le Livre d’Annaëlle », avant de décéder très jeune encore. On pourra bien me servir toutes les insipides « révélations » de fausses prophétesses chrétiennes contemporaines, je n’y trouve absolument rien d’édifiant pour la foi, tandis que l’œuvre de la toute jeune Annaëlle est traversée d’un souffle d’Esprit Saint qui remue jusqu’au plus profond de l’âme et des entrailles. Et cette fillette a été phare de foi pour sa famille juive, à laquelle, sans la connaître, je porte toute mon estime. Je ne doute donc pas un seul instant qu’Annaëlle soit déclarée grande dans le Royaume des Cieux par son Dieu qu’elle a tant aimé, commenté et servi.

Alors bien sûr, vous aurez beau relire toutes les pages de ce livre indispensable, vous n’y trouverez pas trace du Christ Jésus. Mais Annaëlle, au moins elle, annonce la venue du « Machiah Ben David » qu’elle attend fermement. Et qu’elle sait tout proche. Et c’est évidemment le Messie glorieux que moi aussi je sais tout proche, dans la paix de mon oraison.

Ce que j’ai principalement à reprocher à l’Eglise de mon baptême, c’est qu’elle occulte totalement le fait que Jésus ait évoqué maintes fois que le ciel et la terre – la première création – allaient disparaître, ce qu’on peut interpréter encore par le fait qu’ils seront abandonnés de Dieu et de tous les rachetés et laissés à ceux qui ne désirent qu’une existence matérielle dictée par leurs sens et leur cupidité. Ceux-là on déjà trouvé leur Prince, et pourront goûter à ce qu’est un monde perverti jusqu’à l’extrême sous sa gouverne.

L’Eglise n’annonce plus la fin des temps. Qu’est-ce donc que cette frilosité ? Tous les signes des temps sont pourtant convergents aujourd’hui : l’Eglise elle-même est à terre, la planète se meurt, l’écart entre riches et pauvres n’a jamais été aussi important, l’apostasie chrétienne se fait galopante, les femmes et les enfants sont exploités comme jamais, plus personne ne croit au Mauvais, pourtant hilare de pouvoir tirer toutes les ficelles de l’orgueil, de la concupiscence, de l’égocentrisme et de la violence meurtrière. La première création est vouée à une perte dans laquelle principalement l’homme mâle l’a attirée sous sa domination presque sans partage.

Un autre mensonge de l’Eglise, c’est d’affirmer, et je l’ai souvent entendu en homélie, qu’au Royaume du Christ – la terre nouvelle sous les cieux nouveaux – il n’y aura « que des premières places. » C’est bien faire mentir Jésus et sa Parole. Nous sommes déjà sûrs que deux places ont été préparées par le Père « à la droite et la gauche » de Jésus (Marc 10, 40). Qui donc veut prétendre s’y hisser ? Ces prélats en soutanes qui ont laissé perdurer pendant des décennies voire des siècles d’infâmes scandales dans les secrets des couvents, des internats et des sacristies ?

Eh bien moi, j’ai envie de dire : que mes frères en humanité mesurent enfin lucidement qu’ils ont tout possédé dans cette création-ci, et que Dieu, dans son infinie justice, saura réhabiliter toutes ses filles et les faire entrer premières, avec son Fils sans péché, dans le véritable Eden qui lui ne passera jamais – ailleurs qu’ici.

Ce Carême est vraiment – vraiment – le temps de la conversion. Je le dis le plus sérieusement du monde.

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