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« De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » Jean 1, 46

24 août 2019 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

En ce temps-là, Philippe trouve Nathanaël et lui dit : « Celui dont il est écrit dans la loi de Moïse et chez les Prophètes, nous l’avons trouvé : c’est Jésus fils de Joseph, de Nazareth. »
Nathanaël répliqua : « De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ? » Philippe répond : « Viens, et vois. »
Lorsque Jésus voit Nathanaël venir à lui, il déclare à son sujet : « Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui. »
Nathanaël lui demande : « D’où me connais-tu ? » Jésus lui répond : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. »
Nathanaël lui dit : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! »
Jésus reprend : « Je te dis que je t’ai vu sous le figuier, et c’est pour cela que tu crois ! Tu verras des choses plus grandes encore. »
Et il ajoute : « Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. »

Jean 1,45-51
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Du préjugé négatif à la profession de foi en Jésus Messie d’Israël, Nathanaël aura franchi en quelques minutes un saut remarquable dans la foi au Christ. Simplement parce que Jésus a su le « voir » tel qu’il est : assidu à la méditation des Ecritures, sous un figuier, et donc Israélite sans ruse et sans mensonge. Jésus le reconnaît comme frère dans la foi et possible disciple. Et il se risque à une confidence plutôt rare dans sa bouche au sujet des signes que le Père accomplira en sa faveur, comme celui-ci le fit autrefois pour Jacob en un songe déterminant (Genèse 28, 12) au cours duquel Dieu lui accorda sa protection irrévocable.
Ce n’est pas si souvent que Jésus se révèle comme qui il est – le Fils de Dieu, le Messie d’Israël – lui qui est habituellement si discret sur sa véritable nature. C’est qu’il est là en confiance, avec un Nathanaël dépourvu de ruse contrairement aux scribes et aux pharisiens qui le poursuivront bientôt de leur hargne.

Nous comprenons que Jésus avait à lutter contre bien des obstacles pour être cru et suivi : la mauvaise réputation de sa région d’origine, la Galilée, et de son village insignifiant aux yeux des gardiens de sa tradition religieuse. Il est considéré comme « fils de Joseph », seulement charpentier, un humble du peuple sans intérêt pour les notables juifs. Jésus a tout à construire pour son itinéraire de prédication du Royaume et de la miséricorde de Dieu, lui qui est d’origine modeste et n’est pas officiellement scribe ou rabbin. Et toujours, ses adversaires argueront de son illégitimité à pardonner les péchés et à commenter la Loi et les Prophètes, toujours ils chercheront à le confondre quand il ne respectera pas ouvertement les contraintes du sabbat devenues quasi ridicules en ce temps-là.

J’entends d’ici les chrétiens s’exclamer : « Ah que nous sommes bénis, nous, de croire en la messianité de Jésus, de l’avoir pour Seigneur et pour Dieu ! Ah que nous sommes sauvés, contrairement à tous ceux qui en veulent à la Croix du Christ ! »

Voire.

Car Dieu ne cesse d’envoyer l’Esprit Saint, depuis la première Pentecôte et en particulier en ce siècle où nous sommes, et ses porte-paroles n’ont parfois pas du tout les origines, titres, diplômes et onctions ecclésiales que l’on s’attend à leur trouver. Il est même fort peu probable que le Père s’obstine encore, au XXIe siècle, à parler par les hommes qui ont tellement démontré, en tant d’institutions, d’organes décisionnels et de lieux de pouvoir depuis les origines leur incapacité à faire la vérité et à lutter contre leurs propres tentations despotiques. Observons tous les intégrismes et idéologies mortifères issus du siècle passé, et nous y verrons de manière forte la marque d’une virilité bien des fois dévoyée. Pour le plus grand malheur des humbles, des exclus, des opprimés, à commencer par les femmes et les enfants en tous lieux et en tous temps.

A ce tournant du troisième millénaire, à n’en pas douter, le Père s’est choisi cette fois des voix féminines, désormais plus fiables, pour parler en son Nom.

A nous de nous demander si nous méditons vraiment les Ecritures, et si nous ne sommes pas prompts à laisser filer, nous aussi, devant ces témoins imprévus d’aujourd’hui, un :
« De cette femme, peut-il sortir quelque chose de bon ? ».

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