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Les petites cases

30 août 2019 | Publié par Véronique Belen dans Blog

Finalement, c’est peut-être bien ce qui fait enrager mes contradicteurs, ici et ailleurs. On aime beaucoup mettre les gens dans de petites cases, les classifier, les catégoriser. Or, et je pense que cela agace profondément, je n’entre dans aucune case. Inclassable. Et depuis longtemps.

Les cathophobes et autres allergiques à l’Eglise aimeraient bien que je sois une catholique standard : un brin bourgeoise, pétrie de dogme, militante en bioéthique et catéchiste à mes heures. Ce serait plus facile pour eux de me rejeter en bloc en me caricaturant. Mais je suis une rurale, fille de la classe ouvrière, je conteste bien des dogmes au cœur de l’Eglise de mon baptême, je n’aborde jamais ici les questions de bioéthique et je ne prends pas de mandat paroissial. Et zut, les critiques habituelles tombent à plat.

Les catholiques pratiquants qui ne me connaissent pas dans la « vraie vie » me reprochent mon manque d’orthodoxie doctrinale et aimeraient soit que je taise mes griefs contre le catéchisme catholique et rentre dans le rang, soit que j’aille vivre ma foi du côté des protestants. Mais je suis attachée aux sacrements catholiques, à notre liturgie et aux paroisses que je fréquente. Dans une communauté protestante, je ne me sens pas à ma place.

Les catholiques progressistes s’irritent que je ne milite pas pour le mariage des prêtres et l’accès au sacerdoce des femmes. Mais je ne suis, au fond de moi, favorable ni à l’un, ni à l’autre, en cohérence avec ce que je comprends du sacerdoce et que je reçois dans ma prière.

Les catholiques plus ou moins traditionalistes me reprochent invariablement d’être féministe. Or mes idées et prises de position ne correspondent absolument pas à l’idée que l’on se fait du féminisme. Je ne milite pas pour le droit à l’avortement sans tenir compte de la petite vie déjà là, et je suis restée plusieurs années au foyer pour élever mes trois enfants.

Les hommes me reprochent la misandrie qu’ils me fantasment.
Les femmes me soupçonnent d’avoir « un problème » avec les hommes, alors que je ne fais que souligner notre différence intrinsèque d’avec eux, marqués qu’ils sont dans leur chair par le péché bien plus que ne l’est une femme, à condition que le souci principal de celle-ci ne soit pas de leur plaire.

Bref, où que je me tourne, on trouve toujours matière à me rejeter, mais pour de mauvaises raisons.

Une chose cependant est certaine : telle que je suis, je ne déplais pas à Notre Seigneur. Et loin de là. Lui qui, jamais, non plus, n’a pu entrer dans aucune petite case.

 

Photo  Cultura

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