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« Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » Jean 6, 51

19 août 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Jésus disait à la foule : « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » Les Juifs discutaient entre eux : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même aussi celui qui me mangera vivra par moi. Tel est le pain qui descend du ciel : il n’est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. »

Jean 6, 51 – 58

Homélie de Serge Lefebvre :

Les routes de notre vie nous mettent constamment devant des choix à faire. Les deux premières lectures font mention de la sagesse. Le livre des Proverbes parle de s’abreuver à la source de la sagesse. Saint Paul écrivait aux chrétiens d’Éphèse qu’ils ont à se conduire selon l’Esprit de Dieu, avec sagesse. La vraie sagesse se trouve dans l’écoute de Dieu, dans le silence de nos cœurs et dans la Parole proclamée, méditée et vécue en communauté. C’est à nous que Jésus s’adresse dans son enseignement sur le pain de vie donné pour la vie du monde. Il ne s’agit évidemment pas de la vie au sens courant du terme. Il faut écouter Jésus jusqu’au bout de sa pensée. Croyons-nous, vraiment, que sans lui, on ne vit pas ?

La question des Juifs dans l’évangile d’aujourd’hui : « Comment cet homme-là peut-il donner sa chair à manger ? » est percutante. Elle permet à Jean de clarifier le sens de l’Eucharistie : manger la chair et boire le sang, c’est se nourrir de la personne de Jésus dans son humanité et se nourrir de sa vie de ressuscité. Jésus nous invite à être un avec lui, à devenir tout ce qu’il est. Le corps désigne la personne tout entière : son humanité dans toute sa fragilité. Lorsque Jésus parle de donner son sang à boire, il parle de la vie qui circule et qui fait vivre l’être humain . Ce n’est pas chose facile à saisir, mais Jésus nous parle du don de Dieu. Tout vient de Dieu ; ce que nous avons, ce que nous sommes. Reconnaître cela est sagesse.

Manger Dieu, c’est un acte communautaire qui nous oblige à reconnaître tous les autres, avec leurs différences et leur histoire, comme des frères et des sœurs, et de nous mettre à leur service. Nous ne pouvons pas nous contenter d’être pour Jésus de loin, vaguement. Impossible de croire vraiment Jésus sans l’écouter quand il nous dit : « Prenez, mangez … ; prenez, buvez » Que dirions-nous de quelqu’un que nous inviterions à dîner, et qui nous dirait : « Je suis d’accord sur ton invitation à ce repas, mais je ne mangerai pas, et je ne boirai pas » ?

Nous savons les défis de la vie quotidienne. Nous sommes confrontés avec des choix qui sont parfois déchirants. Il y a l’attrait de la consommation, celui du paraître, celui de la puissance et de la domination. Nous sommes en présence d’injustices et de graves atteintes à la vie qui font partie d’un système social. Pour nous, la sagesse consiste à ne pas nous laisser endormir, à rester en éveil et à agir selon notre foi avec l’aide du pain de Vie.

Si nous avons le sens de la communauté diversifiée, si nous sommes capables de solidarité entre nous, surtout avec les plus faibles d’entre nous, si nous reconnaissons nos propres fragilités, si nous pratiquons la charité, l’accueil inconditionnel de l’autre, si nous faisons preuve de tolérance et de compassion envers les autres…nous sommes sur la voie de la sagesse, celle des affamés de Dieu.

Sommes-nous des affamés de Dieu ou est-ce que le monde nous suffit ? Nous avons des choix importants à faire.

Serge Lefebvre

 

Source : http://francoisassise.homestead.com/homelies.html

Image : Terre cuite d’Antoine Gélineau

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