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« Mon Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse » Psaume 70 (71) Verset 17

29 août 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

En toi, Seigneur, j’ai mon refuge :
garde-moi d’être humilié pour toujours. 
Dans ta justice, défends-moi, libère-moi,
tends l’oreille vers moi, et sauve-moi. 

Sois le rocher qui m’accueille,
toujours accessible ; 
tu as résolu de me sauver :
ma forteresse et mon roc, c’est toi ! 

Seigneur mon Dieu, tu es mon espérance,
mon appui dès ma jeunesse. 
Toi, mon soutien dès avant ma naissance, 
tu m’as choisi dès le ventre de ma mère.

Ma bouche annonce tout le jour 
tes actes de justice et de salut.
Mon Dieu, tu m’as instruit dès ma jeunesse,
jusqu’à présent, j’ai proclamé tes merveilles

Comme tous les psaumes, celui-ci résonne profondément en moi.

Humiliée voire niée de bien des façons dans ma vie, j’en suis venue l’âge aidant à mettre ma confiance dans le Seigneur avant toute créature. Si j’ai beaucoup d’amis, nul ne m’est plus intime à moi-même que le Dieu Trinité qui m’habite et me comble de ses consolations.

Je médite souvent ce grand mystère :

Toi, mon soutien dès avant ma naissance, 
tu m’as choisi dès le ventre de ma mère.

J’ai souffert profondément pendant une grande partie de ma vie de me savoir non désirée, fardeau ayant causé de l’angoisse à ma mère quand elle dut se résoudre à se découvrir enceinte pour la quatrième fois en six ans. Si je ne porte là aucun jugement et que je peux parfaitement comprendre sa détresse et sa fatigue, mon coeur a été longtemps déchiré en entendant et en comprenant le récit de ma naissance superflue, d’autant plus que j’étais non seulement niée en tant qu’enfant, mais aussi en tant que fille. Brisure d’une sensibilité exacerbée, vaine attente de tendresse, sentiment permanent d’être différente quand je constatais que mes amis avaient fait la joie de leurs parents.

Après toutes les expériences heureuses ou malheureuses de ma vie et une psychothérapie aidant, j’ai su déceler l’amour et l’attention de ma mère dans les attitudes qui ne m’avaient pas été assez parlantes dans ma jeunesse. Je crois que j’ai bâti aussi mon équilibre sur la grande proximité que j’ai toujours eue avec mon père, même sans gestes de tendresse. La qualité de son regard me suffisait.

Pour en revenir au psaume, il m’interpelle profondément, car ce que je n’avais pas en marques d’amour par mes parents, je l’avais dès mon plus jeune âge en une profonde intuition spirituelle. Enfant, je n’ai jamais eu à chercher Dieu, je n’ai jamais connu le doute jusqu’à mes 18 ans. La foi m’habitait totalement, et le Christ m’était plus proche que toute personne que je pouvais côtoyer. J’étais avec lui dans une intimité de coeur que nul ne pouvait me ravir. Et j’ai même compris, aujourd’hui, bien plus tard, que si j’ai tant souffert en amour, c’est qu’aucun homme dans ce monde, absolument aucun, ne pouvait m’offrir la complémentarité de ma personne, de ma féminité, comme je la vivais avec le Christ.

Sois le rocher qui m’accueille,
toujours accessible ; 
tu as résolu de me sauver :
ma forteresse et mon roc, c’est toi !

Seigneur Jésus, toi qui daignes poser ton regard sur celle dont la naissance n’a pas été une bonne nouvelle, je te dédie ma vie, car je n’ai besoin de nulle tendresse humaine quand tu combles si merveilleusement les élans de mon coeur vers Toi.

Image : Cantique des cantiques  V   Marc Chagall

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