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Un proverbe obsolète

27 août 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Ouvrant aujourd’hui mon « Prions en Eglise », je lis l’antienne d’ouverture ( Proverbes 31, 30. 28)

La femme qui craint le Seigneur
est seule digne de louange ;
ses enfants la bénissent,
son mari fait son éloge.

Curieux me dis-je, moi j’ai vécu tout l’inverse, et j’ai souvent observé l’inverse autour de moi.

La femme croyante n’attire guère, les hommes la fuient, pour ma part je n’ai pas souvenir que mon mari ait fait en quelque circonstance mon éloge. Et quand la foi a pris trop de place à ses yeux dans ma vie, il a déserté la maison.

Je connais un certain nombre de femmes qui sont croyantes, pratiquantes, et dont les maris sont athées. Certaines le vivent comme une croix. En fait d’éloges, elles essuient parfois des sarcasmes et des humiliations. Comme si la foi était un état inférieur du psychisme, une faiblesse, une naïveté. Je pense que bien des jeunes filles, dont le coeur pencherait pourtant à croire, le cachent ou le répriment tout bonnement de crainte de déplaire au garçon qu’elles aiment. Car le fait d’être croyante correspond dans l’esprit de beaucoup à tellement de clichés réducteurs que les jeunes hommes  – et les moins jeunes aussi d’ailleurs – préfèrent et de loin s’attirer des compagnes non croyantes.

Ce retournement des mentalités n’est pas anodin je pense. Et il y a matière à en tirer un enseignement profond.

Récemment, j’ai assisté à un mariage de culte mennonite. C’était très beau, très fervent, mais j’ai été quelque peu choquée quand le pasteur a tendu la Bible au marié en lui signifiant qu’il était le chef spirituel de la famille et qu’il ne devait pas attendre que sa femme lui demande de lire les Ecritures. Que signifiait cette parole ? Qu’elle était naturellement moins portée à le faire que lui ?

Pour moi, je suis persuadée du contraire. Les femmes ont une ouverture spirituelle naturelle que les hommes, bien souvent, n’ont pas, dans l’excès de leur orgueil et de leur volonté de domination. Le Christ doux et humble de coeur, très peu pour eux !

Aïe ! Que n’ai-je pas dit là ! Et pourtant je l’assume. D’ailleurs il suffit d’entrer dans une église pour constater qu’il y a environ trois quarts de femmes pour un quart d’hommes.

Image : Edith Stein

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1 commentaire

  • André BONDU says:

    Tu as raison, Véronique, continue ton combat à la suite d’ Edith Stein !
    Il est évident que les Proverbes, comme, d’ailleurs, toute la Bible, ont été écrits par des « machos » !:
    Dès le péché originel, Adam n’ a trouvé comme défense aux yeux de Dieu, que c’ était la femme qu ‘Il lui avait donnée qui était responsable qu’il se soit laissé entraîner…
    Bien sûr, une femme pieuse qui craint Dieu, craindra aussi son mari et lui sera davantage soumise !
    Il est évident qu’ il y a deux mille ans, il était inenvisageable que Jésus confie la direction, de son Eglise à des femmes. Il n’ aurait pas été crédible ! De là à dire que le Christ l’ a ainsi voulu et que c’était immuable …
    Ce je le répète souvent, on devrait s’ intéresser davantage à la place que Jésus a réservée aux femmes tout au long de sa vie sur terre le rôle et la place de Marie, son Magnificat, sa visite à Elisabeth, les trente ans qu’il a passés avec sa « maman » sur les 33 de sa vie sur terre. Et n’ oublions pas que c’ est Marie de Magdala qui a été la première à voir le Ressuscité, que c’ est elle qui a été chargée par Jésus d’ aller annoncer cette Résurrection à ses Apôtres et de leur donner ses instructions pour la suite des évènements : qu ‘ils aillent me rejoindre en Galilée !

    Depuis 2000 ans, les choses ont encore peu évolué. Il y a tout juste 60 ans que les femmes peuvent voter en France ! Quant à l’ Eglise, n’ en parlons pas ! Quand on voit cette belle brochette de cardinaux et de « monsignori » de la « curie romaine » qui fait la pluie et le beau temps. Quand je vois tous les bons cardinaux, avec leur barrette et leur camail rouges, assis autour du pape par dizaines, la mine réjouie et tout fiers d’ eux, il n’ a aucun doute : l’ Eglise reste un monde de « machos »..

    C’était comme cela dans le Judaïsme, c’ est toujours cela chez les musulmans.

    Il faut dire que Dieu nous a posé une sacrée colle en créant l’ humanité : homme et femme, il les créa !

    Fréquentant les forums et les blogs catholiques, je m’ aperçois qu ‘il y a un monde entre les hommes et les femmes, dans leur façon d’ être, de penser, de sentir, d’ aimer, de vivre, de prier, et qu ‘on se demande vraiment, quand on y réfléchit profondément, ce qu ‘il y a de commun entre eux, comme ils peuvent réussir à ne faire qu’ un , tout en restant pleinement eux-mêmes !

    Et il faut dire que les féministes n’ arrangent pas toujours les choses, avec des prétentions souvent idiotes et complètement déjantées.

    Mais, courage, Véronique, les choses évoluent. Non seulement dans l’égalité entre les hommes de toutes races, de tous pays, de toutes cultures, mais aussi dans l’égalité – dans le respect des différences – entre les hommes et les femmes. N’ aie pas peur des sarcasmes !

    Aujourd’hui, non seulement on admet que les femmes aient une âme, mais qu’ elles puissent devenir  » Docteurs de l’ Eglise » !.

    Je lis tout ce que tu écris – c’ est tellement sensé – même si je ne réagis pas chaque fois !

    Je t’ embrasse.

    *André



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