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Homélie du 9 septembre 2012 à Taizé

9 septembre 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

« Ephata » : c’est la parole même de Jésus, dans sa langue maternelle. « Ouvre-toi », dit-il au malade. Le prophète Isaïe l’avait annoncé : « Dieu vient lui-même et rend justice aux pauvres. » Le Christ Jésus accomplit cette annonce. Il va d’abord vers les pauvres, vers les exclus.

Mais regardons de plus près. Il y a beaucoup de malades autour de lui, il ne les guérit pas tous. Et il demande même aux gens de ne pas parler de ce miracle. Alors, quelle est son intention profonde ? En disant au malade : « Ouvre-toi », il n’ouvre pas seulement ses oreilles et sa bouche, mais son cœur au salut que Dieu donne.

En même temps, il veut aussi faire comprendre quelque chose à tous les autres. À nous tous, il nous demande d’adopter une nouvelle attitude face aux malades, aux exclus, une attitude de compassion et de respect.

Quand plus tard il enverra ses disciples en mission il leur dira : « Guérissez les malades. » Par-là, il ne leur transmettra pas un pouvoir miraculeux ou facile, mais il leur dira : « Allez, faites-vous le prochain de ceux qui souffrent ! »

Je me souviens comment, autrefois, frère Roger nous a entraînés dans des quartiers pauvres de l’hémisphère sud. Il était poussé par cette intuition : nous ne pouvons pas discourir sur l’injustice et la pauvreté sans toucher de près les misères de l’humanité.

Même sans grands moyens, ni pouvoirs miraculeux, nous pouvons être proches de ceux qui sont plus pauvres que nous. En eux, le Christ nous accueille. Et à travers eux, nous entendons à notre tour le Christ nous dire : « Ouvre-toi, ouvre ton cœur à l’Évangile. »

Quand nous souffrons nous-mêmes, nous attendons bien sûr la guérison ou une aide matérielle, mais nous attendons aussi « quelqu’un », une autre personne, qui prenne le temps d’être avec nous. Une telle compassion peut briser le mur d’isolement que suppose toute maladie grave.

La rencontre de Jésus avec l’homme sourd-muet se passe en terre étrangère. Jésus élargit sa mission aux autres peuples. Mais il ne va pas seulement annoncer l’Évangile en terre étrangère, il ira l’annoncer jusque dans la mort. Il ne touche pas seulement le mal qui terrasse un homme, mais il déracinera le mal.

Le Christ révèle la dignité de chaque être humain. Il nous a laissé en héritage une nouvelle solidarité. Comme le dit l’épître de Jacques, nos communautés chrétiennes sont appelées à être le signe que Dieu « a choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde ». Faisons tout pour que nos paroisses, nos communautés et nos groupes, soient des lieux de partage et d’amitié.

« Ephata, ouvre-toi ». Le Christ ouvre notre cœur à l’amour de Dieu et du même coup à l’amour de celles et ceux qu’il nous confie. Alors, par notre vie, nous pouvons dire cette même parole à d’autres, pour que le monde s’ouvre davantage à l’espérance du Christ.

Frère Aloïs

Source : http://www.lejourduseigneur.com/Replay/Dimanche-dernier/Texte-de-l-homelie

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2 commentaires

  • Véronique says:

    En fait je n’avais pas suivi l’émission de dimanche en direct, étant moi-même à la messe à cette heure-là. Je viens de la visionner sur le site du « Jour du Seigneur », et je suis émerveillée. Cette fraternité à Taizé, la paix, le silence, le recueillement, l’oecuménisme, la beauté des chants, tous ces jeunes qu’on voit si peu à l’église habituellement… Je suis bouleversée. Je n’ai jamais eu l’occasion d’aller à Taizé, c’est quelque chose qu’il faut absolument que je fasse un jour.

    Vraiment, je conseille à ceux qui passent ici de visionner cette messe, le reportage avant et l’interview de frère Aloïs après, c’est un très beau moment d’Eglise.

    http://www.lejourduseigneur.com/Replay/Dimanche-dernier

  • André BONDU says:

    Aujourd’ hui, comme tous les dimanches où personne ne peut me conduire à l’ église, j’ ai suivi la messe du Jour du Seigneur sur France 2.

    C’ était à l’ église de la Résurrections de Taizé, l’ église était pleine d’ ados et de jeunes, la foule était recueillie et priante, les chants toujours beaux et chantés avec ferveur ! .
    J’ ai donc écouté Frère Aloïs nous donner son homélie.

    Oui, ce dont ont besoin les malades, les exclus, les vieux et tous ceux qui souffrent, c’ est, avant tout, la compassion et le respect !

     » À nous tous, il ( le Christ) nous demande d’adopter une nouvelle attitude face aux malades, aux exclus, une attitude de compassion et de respect. ».

    Qu’ on les traîte avec tout le respect que l’on doit à toute personne humaine …

    C’ est ce que demandait, l’ autre jour, un SDF, dans une émission de KTO consacrée à  » Aux captifs, la libération », un petit mot gentil !, alors que tout le monde se détourne en passant dev C’ est ce qui manque le plus, aussi et surtout, aux handicapés mentaux.
    Cette nouvelle solidarité n’ a pas l’ air de se manifester beaucoup dans notre monde d’ aujourd’hui !



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