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Homélie du 23 septembre 2012 à Nantes

23 septembre 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

La Parole et mon silence

Frères et sœurs, avec l’Église nous rendons grâce pour les fruits portés par le concile Vatican II et spécialement dans les initiatives entreprises pour mieux accueillir la Parole de Dieu. Mais il n’y a de progrès dans l’Église que si, en nous, dans notre vie personnelle, cette Parole éternelle habite réellement. Quelle est ma relation avec la Parole ? Ce n’est qu’ainsi que je saurai si elle a fait du progrès dans l’Église !

La Parole n’est jamais seule : elle est mariée au silence. Le silence comme condition préalable, qui permet l’écoute attentive ; mais aussi le silence provoqué par la Parole. Un silence que nous aimerions souvent, un silence de paix et d’harmonie, où l’homme échange avec son Dieu. Mais sa Parole provoque surtout en nous un silence gêné. Un silence qui me dérange, comme dans ces discussions où, soudain « un ange passe » : quelqu’un vient de « jeter un pavé dans la mare » ; un silence qui fait résonner toutes nos contradictions ; un silence extérieur masquant mal le bouillonnement de notre conscience « flashée » par la Parole. Ce silence gêné est celui des disciples après l’annonce de la Passion. Leur bouche se tait, mais leur cœur est tumultueux : pourquoi Jésus renouvelle-t-il cette mauvaise nouvelle alors que des foules vont à lui et qu’il réalise des signes éclatants devant tout le peuple ? Et pourquoi, quand nous méditons la Bible, nous attardons-nous à l’image d’un Jésus berger, ami de l’homme et repoussons-nous l’image de celui qui prévient, reprend, invective, souffre et meurt pour notre salut ? Pourquoi vient-il nous troubler ainsi dans nos moments de tranquillité, de confort ? Nous aimerions qu’il se taise comme ces hommes qui méditent le mal dans le livre de la Sagesse. Ils se disent en eux-mêmes : « attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie, il s’oppose à notre conduite, il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu. » Les disciples ne comprennent pas l’insistance de Jésus sur ses souffrances, sa mort et sa résurrection. Et nous, l’avons-nous mieux comprise ?

Pour accueillir cette Parole, il faut que les apôtres entrent eux-mêmes dans une mort et une résurrection. Il faut qu’ils meurent à leur propre parole, à leurs idées, à leurs projets et opinions. « De quoi discutiez-vous en chemin ? » demande Jésus ; alors, ils se taisent ! Encore un silence gêné. Leurs discussions de grandeur étaient si médiocres ! Après l’annonce de sa pâque, Jésus les invite eux-mêmes à leur propre pâque : « celui qui veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous ». Jésus ne leur reproche pas d’être ambitieux, au contraire : il leur donne la clé du succès ! Mais ce n’est pas un succès mondain, social, politique ou même religieux. C’est un succès bien plus grand, bien plus haut, bien plus profond. Celui d’être le premier, le premier auprès de Dieu, le premier avec Jésus. Jésus, qui à la résurrection sera exalté plus haut que les cieux, donne à tous ceux qui veulent le suivre le chemin certain de cette exaltation. Cela nécessite de notre part la conversion : c’est-à-dire l’abandon définitif de notre parole intérieure qui nous fait miroiter les succès de papier glacé… c’est la pâque que nous avons à vivre. Saint Jacques prévient : « Vous n’obtenez rien parce que votre prière est mauvaise : vous demandez des richesses pour satisfaire vos instincts ».

La Parole aura fait des progrès en nous et dans l’Église quand nous aurons compris que l’unique Parole de Dieu, c’est celle de la Sainte Croix. « Salut, ô Croix, notre unique espérance. » Frères et sœurs, soyons ambitieux. Visons la gloire ! La vraie, celle de Dieu. Entrons dans le combat contre ces paroles intérieures qui nous habitent et nous trompent sur le vrai chemin : le chemin de la gloire, c’est le chemin de la croix ! Amen.

Prédicateur :
Père Edouard Roblot
Références bibliques :
Sg 2, 12.17-20 ; Ps 53 ; Jc 3, 16-4, 3 ; Mc 9, 30-37

Eglise Sainte-Croix, Nantes (Loire-Atlantique)

Source : http://www.lejourduseigneur.com/Web-TV/Homelies/Temps-Ordinaire/25eme-dimanche/B/Homelie-de-la-messe-a-Nantes

Source image : http://iconesettableaux.voila.net/icones/christ/christ.htm

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1 commentaire

  • André BONDU says:

    Il peut être intéressant de préciser que cette homélie a été prononcée à l’ église Sante Croix de Nantes et que le Père ROBLOT est en charge de la formation EVEN à l’ église ND de Nantes. EVEN ( Ecole du Verbe Eternel; et nouveau ), qui se développe beaucoup en France actuellement, donne une formation chrétienne aux jeunes de 18 à 30 ans, par l’ étude très approfondie de la parole de Dieu dans la Bible et les évangiles, dans un cadre paroissial.
    EVEN permet,notamment ,aux Jeunes qui ont été interpellés par les JMJ, à la génération Jean Paul II, ( et aux autres) de vivre et d’ approfondir leur Foi,à une période charnière de leur vie, à l’ âge où ils abordent les études supérieures et la vie professionnelle, et, où, souvent, ils ne trouvaient plus l’ accompagnement indispensable des Mouvements de Jeunesse Catholique d’ autrefois..

    Jésus dit deux choses, absolument, époustouflantes, en contradiction avec tout ce qu ‘on attendait de lui, à ces jeunes qui se lancent dans la vie et découvrent le monde, plein d’ enthousiasme et de projets
    mirobolants et grandioses, prêts à mordre dans cette vie à pleines dents… :

    – Oui, il faut réussir dans la vie, être le premier, mais pas du tout comme on l’ envisage généralement. Il faut devenir le premier en se mettant le dernier, à la dernière place, en mettant son tablier et à genoux, pour laver les pieds de ses frères les plus pauvres, en se faisant petit enfant, et aussi en souffrant la passion avec le Christ, c ‘ est-à-dire en acceptant le rejet, l’ humiliation, l’ ironie, la moquerie qu ‘ Il a eu à affronter tout au long de sa passion, pour, enfin ressusciter et entrer dans la Gloire ( que l ‘on croyait à portée immédiate de la main).

    – Car, au moment où Jésus est adulé par les foules, qui ont compris qu ‘il était le Messie, sont toutes prêtes à le faire Roi, il dit : non. Il faut d’abord que je souffre beaucoup, que je meurs pour pouvoir ressusciter, et, enfin, proclamer mon Royaume : un candidat à la Royauté qui refuse la Gloire immédiate et veut souffrir et mourir avant d’ instaurer cette Royauté, avouons que c’ est bizarre, incompréhensible, illogique, absurde, pour tous ceux qui rêvent de devenir PDG, Premier Ministre, Cardinal, personnalité en vue qui fait la « une » de tous les journaux…

    Oui, il est indispensable de faire silence, et un silence qui va faire du bruit à l’ intérieur du crâne, pour mettre de l’ ordre dans ses idées, pour comprendre ce que veut dire Jésus, ce qu ‘il demande, ce qu ‘il exige ! C’ est de la folie, et, on ne peut comprendre cette folie d’ Amour de Jésus,de son Père et de l’ Esprit qui donne la vie, qu’ en rentrant en soi-même, pour, finalement, rompre toutes ses attaches, abandonner tous ses rêves de grandeur, toutes ses ambitions humaines, et se jeter aux pieds de Jésus, en disant : l Je suis là, fais de moi ce que tu veux, je te fais confiance, je suis tout entier à toi …, même si je ne comprends pas encore très bien ce que tu demandes !
    Je te suivrai jusqu’ au bout, parce que tu as les paroles de la Vie Eternelle !



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