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« Réjouissez-vous avec moi car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue! » Luc 15, 6

8 novembre 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter. Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole : « Si l’un de vous a cent brebis et en perd une, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ? Quand il l’a retrouvée, tout joyeux, il la prend sur ses épaules, et, de retour chez lui, il réunit ses amis et ses voisins ; il leur dit : ‘Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !’ Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion.
Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’à ce qu’elle la retrouve ? Quand elle l’a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines et leur dit : ‘Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !’ De même, je vous le dis : Il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

Luc 15, 1-10
Textes liturgiques©AELF

Il y a tant de belles pages dans l’Evangile, mais celle-ci me touche particulièrement, comme à chaque fois que Jésus utilise des paraboles sur le pasteur et ses brebis.
‘Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !’
Cette phrase de réjouissance résonne fort en moi car je l’ai vécue. Quinze années à errer loin de mon berger… Même si je n’ai jamais cessé de l’aimer, de reconnaître sa parole comme la plus belle et la plus juste qui ait jamais été donnée à l’humanité, je ne savais plus si je pouvais croire aussi en sa divinité. Longue quête spirituelle, ardue, douloureuse…

Et j’ai vivement senti toute la joie du Ciel quand je suis revenue au milieu du troupeau.
Je ne pourrais plus concevoir, aujourd’hui, de vivre ma foi hors de l’Eglise. J’ai un besoin des sacrements et de la vie en communauté paroissiale aussi fort que de l’oraison et de la méditation des Ecritures. Tout est redevenu profondément lié en moi.

Et c’est l’ardent désir du Berger qui me gagne : ramener vers Lui des brebis.
Ma propre expérience de la vie a façonné mon propre charisme. Je ne me sens pas appelée à aller vers les délinquants, c’est un univers que je connais peu, mais je sais que beaucoup d’autres s’en préoccupent dans l’Eglise et qu’il y a lieu de leur faire confiance.

Pour moi, les brebis que je cherche à faire revenir vers leur berger, ce sont celles qui souffrent en leur âme, celles de ce temps de détresse spirituelle et psychique, celles qui cherchent partout un réconfort qui ne sera jamais complet dans les seuls médicaments, psychothérapies, travail sur l’estime de soi… Tout cela est très souvent nécessaire, et moi-même j’en ai eu besoin. Je n’ai pas l’irresponsabilité de certains charismatiques qui encouragent à cesser toute aide médicamenteuse et psychologique. Bien au contraire, j’ai bien des amis qui ont besoin de tout cela, et je les encourage toujours à poursuivre leurs soins.

Mais il y a un au-delà du mal-être psychique, un au-delà de la résilience purement psychologique.
En Dieu, en son Fils Jésus-Christ qui a tant souffert pour nous racheter de nos fautes, il y a la grâce de la compassion et du pardon. La grâce d’un regard d’amour qui ne blesse pas, qui ne juge pas, mais qui aime et qui répand un baume sur les plaies du coeur et de l’âme.

Moi qui en ai tant bénéficié et en bénéficie encore, je voudrais en témoigner pour encourager les coeurs à s’approcher sans crainte de Lui !

Ainsi, je pense qu’une des grandes carences contemporaines de la vie spirituelle, c’est d’avoir perdu le recours au sacrement de réconciliation. Pourtant j’entends souvent des personnes souffrant profondément d’événements qui les ont traumatisées, culpabilisées, et qui auraient besoin de déposer ce fardeau. Je crois que nous avons trop délégué aux « psy » de toutes sortes et plus assez aux prêtres.
Certes, nos prêtres sont débordés.
Mais j’appelle de mes voeux un retour vers le sacrement de réconciliation, la confession en entrevue seul à seul avec un prêtre, et je me suis réjouie que cela soit une des conclusions également du Synode des Evêques à Rome.

Revenons vers notre Berger, il y a tant de joie au Ciel pour chaque brebis qui fait retour à Lui !

Image : Icône russe du bon pasteur,  XIXe siècle

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5 commentaires

  • Véronique says:

    Un an après avoir rédigé ce commentaire de l’évangile que nous méditons à nouveau aujourd’hui, je crois toujours aussi fort aux bienfaits du sacrement de réconciliation !

  • Véronique says:

    Oui, je te comprends André, à ta place cela m’aurait aussi manqué de ne pas recevoir l’absolution. On pèche tous sur de grandes choses ou sur des détails !

  • André BONDU says:

    Véronique,

    j’ aimais bien l’ exercice de la confession avec le curé de ma paroisse,

    qui vient de partir pour une paroisse de Paris bien plus grande !

    Quand il venait me voir, je lui racontais ma vie, comme à un psy.,

    et vous échangions sur ce qu’ elle avait été.

    Mais, avec lui, à la fin, il me donnait le sacrement le la Réconciliation

    pour ce qui nous avait semblé, ensemble, être des  » fautes »..

    Et je me sentais tellement en paix. !

    Depuis son départ, j’ ai vu un prêtre africain,

    Il a été très à l ‘ écoute, mais il n’ a pas jugé bon de me donner l’ Absolution; !

    Pour lui cela ne se justifiait pas..

    J’ ai regretté ensuite de ne pas avoir insisté,

    car, péché ou pas, il y a toujours quelque chose à pardonner;

    Et c’ est bon de recevoir un sacrement;…

  • Monique Durand Wood says:

    Chère Véronique,
    comme toujours, vous avez des paroles qui me touchent profondément, celle-ci en particulier : « il y a un au-delà du mal-être psychique ». J’ai un fils malade psychique, vous le savez, et il est aujourd’hui comme une brebis perdue,
    après avoir quitté la communauté où il résidait et travaillait. Je fais confiance à cet « au-delà’, mais mon coeur de mère est désemparé. Ce texte d’aujourd’hui et votre commentaire me redonnent de l’espérance. Jésus cherche la brebis « jusqu’à ce qu’il l’ait trouvée ». Quelle persévérance. Ne jamais renoncer à la petite lumière de ma pauvre foi, voilà ce que j’essaie de faire. Merci pour les témoins sur la route, comme vous l’êtes. Ce soir, je confie Samuel, mon fils à votre prière. Amitié. Monique D.W.



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