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« Aussi, quand il ressuscita d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. » Jean 2, 22

9 novembre 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Comme la Pâque des Juifs approchait, Jésus monta à Jérusalem.
Il trouva installés dans le Temple les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple ainsi que leurs brebis et leurs bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes :«Enlevez cela d’ici. Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic. »
Ses disciples se rappelèrent cette parole de l’Écriture : L’amour de ta maison fera mon tourment.
Les Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour justifier ce que tu fais là ? »
Jésus leur répondit : « Détruisez ce Temple, et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce Temple, et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais le Temple dont il parlait, c’était son corps.

Aussi, quand il ressuscita d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

Jean 2, 13-22

On commente souvent cet évangile, surtout hors de l’Eglise, pour remettre en cause les sanctuaires près desquels se trouvent des boutiques où on peut acheter, il est vrai, tout et n’importe quoi, un bric à brac de souvenirs dont certains ont besoin pour soutenir leur foi. Mon propos aujourd’hui n’est pas de critiquer ce besoin d’objets pieux. Nous avons tous nos faiblesses, nos petitesses, et si un objet peut nous aider à prier ou à vénérer un saint, pourquoi pas ? Je ne prie pas non plus devant un mur blanc. J’ai un beau crucifix auquel j’attache d’autant plus de prix qu’il me vient de mon grand-oncle prêtre. Et quelques images des saints que je préfère. C’est un petit univers qui me rapproche d’eux d’une façon très simple, surtout qu’à chacune de ces images se rattache une histoire d’amitié importante dans ma vie. Et j’aime orner mon crucifix de rameaux bénis. Je ne me sens pas idolâtre pour autant.

Non, c’est autre chose qui me frappe dans cet évangile :
Aussi, quand il ressuscita d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent aux prophéties de l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite.

Ce genre de phrase revient souvent. Les disciples de Jésus, qui vivaient avec lui quotidiennement, ne croyaient bien souvent pas à ce qu’il disait. Il avait beau accomplir même des miracles sous leurs yeux, ils ne comprenaient pas qui il était. Ils n’adhéraient pas spontanément à sa Parole. Ils la mettaient en doute très souvent.

Sommes-nous meilleurs qu’eux ?
Certainement pas.
Dernièrement, j’étais songeuse, quand Benoît XVI a proclamé Hildegarde de Bingen Docteur de l’Eglise. Excellente initiative. Mais combien de temps a-t-il fallu à l’Eglise pour la reconnaître comme telle ? Presque 1000 ans !
Et il y a quantité de saints, surtout des femmes d’ailleurs, qui ont été ainsi complètement ignorés voire brimés de leur vivant par l’Eglise, avant qu’on les porte sur les autels en prenant bien soin d’occulter toutes les persécutions dont ils ont été l’objet. Jeanne d’Arc en est le plus bel exemple. Condamnée à mort par l’Eglise, reconnue comme sainte… 500 ans après !

J’ai ma propre explication à cela. Les prophètes authentiques portent une parole qui dérange. Il en était déjà ainsi du temps des Prophètes de l’Ancien Testament. Ils sont craints voire haïs par les instances religieuses. Que dire alors des femmes qui portent une parole prophétique ! Elles n’ont pratiquement aucune chance d’être entendues, car tous ceux qui sont chargés de « discerner » sont des hommes, dans l’Eglise, et qu’elles suscitent donc double méfiance. La sainte absolue pour l’Eglise catholique, c’est Notre Dame, qui ne parle pratiquement pas dans l’Evangile. On pourrait ainsi  traduire le dicton populaire par : « Sois sainte et tais-toi. »

Nous vivons dans des temps difficiles, où quantité de faux prophètes et de faux voyants se sont levés, monopolisant l’attention sur eux, s’attirant la sympathie des foules, obligeant l’Eglise à discerner leurs révélations fleuves et leurs apparitions multiples. Lourde perte de temps pour ceux qui sont chargés de discerner, confusion semée en bien des âmes, discrédit de la foi catholique au regard des autres confessions chrétiennes.

Veut-on risquer une parole éclairante sur ces fléaux, on est prié de se taire, de rentrer dans le rang, de faire plutôt le catéchisme aux enfants du village ; et si on a en plus l’outrecuidance de ne pas encore être morte, ce qui est presque un  passage obligé, quand on n’est pas ordonné,  pour susciter un début d’intérêt dans l’Eglise institutionnelle, on a toutes les chances de voir ses appels à la clairvoyance oubliés au fond d’un tiroir…

Image : Jésus chasse les marchands du Temple  Leandro Bassano

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2 commentaires

  • André BONDU says:

    Il fallait que Jésus meurt et ressuscite d’ abord,

    pour que les discipies croient en tout ce qu ‘il leur avait dit …

    Seul Lui , par la Rédemption, peut nous donner la Foi..

    • Véronique says:

      Ses disciples hommes n’ont pas cru en la perspective de sa résurrection. Marie sa mère, Marie de Magdala, Marthe et Marie de Béthanie, elles, y ont cru dès avant sa passion, elles ont toujours eu les mots de la foi.



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