Site de Véronique Belen
Header

« Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? » Marc 10, 2

28 février 2014 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Cantique des cantiques V Chagall

Jésus arrive en Judée et en Transjordanie. De nouveau, la foule s’assemble près de lui, et de nouveau, il les instruisait comme d’habitude.
Des pharisiens l’abordèrent et pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
Jésus dit : « Que vous a prescrit Moïse ? »
Ils lui répondirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. »
Jésus répliqua : « C’est en raison de votre endurcissement qu’il a formulé cette loi.
Mais, au commencement de la création, il les fit homme et femme.
À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais ils ne font qu’un.
Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question.
Il leur répond : « Celui qui renvoie sa femme pour en épouser une autre est coupable d’adultère envers elle. Si une femme a renvoyé son mari et en épouse un autre, elle est coupable d’adultère.»

Marc 10, 1-12
©AELF

Seigneur Jésus, sur cet évangile-là, qui est souvent si dur à entendre pour beaucoup de personnes, je voudrais m’adresser à toi.
Ta parole est vérité, je le sais, et si parfois j’achoppe sur certains textes, j’y reviens encore et encore par amour pour toi.
Ai-je besoin de te dire combien de fois j’ai été profondément blessée par les homélies que j’entendais sur cette parole-là, retenant mes larmes à la sortie de l’église ? Moi qui ai un si grand goût pour les homélies, qui bois les paroles des prédicateurs sans jamais me lasser, je t’avoue que ces dernières années, quand je voyais cet extrait à la liturgie, j’appréhendais la messe avant même qu’elle ne commence. Je pense qu’il n’y a peut-être aucun autre passage d’évangile où il soit plus malaisé à des célibataires de prêcher avec justesse que sur ces mots que tu nous as laissés.
Qui dira la souffrance d’être répudiée ?
Qui comprendra que malgré cette grande souffrance, on puisse vivre par la suite cet abandon comme une libération de tout notre être ?
Jésus, tous les hommes ne sont pas comme toi, c’est bien l’indicible souffrance de ce monde. Pour les connaître un peu, je peux même dire que ceux qui ne te sont pas consacrés sont en général très différents de toi. Là où tu es charité, attention à ton prochain, amour qui donne tout, jusqu’à sa vie, compréhension profonde de la sensibilité d’une femme, respect infini pour elle, je dois te dire que je n’ai pas retrouvé ces qualités chez la plupart des hommes que j’ai connus. En tant que femme, que n’ai-je pas eu à souffrir de l’égoïsme, de l’individualisme, et pire, du narcissisme de ceux avec qui j’ai partagé un bout de chemin !
Seigneur Jésus, la conjugalité est implacable : les apparences affables cèdent au bout que quelques années, et on peut se sentir plus seule dans un couple que dans la vraie solitude consentie. Que ne souffre-t-on pas au contact permanent d’une personne narcissique !
Que vaut-il mieux, alors, Jésus ? Mourir psychiquement d’une mort lente par scrupule de fidélité, ou retrouver le goût de vivre, malgré toutes les difficultés qui se surajouteront, en reprenant en main sa vie, quitte à vivre une autre forme de fidélité en se donnant à Toi ?
Vois-tu, toi qui comprends tout, je préfère encore avoir été répudiée que de n’être jamais considérée pour mon être profond par celui qui partageait ma vie.
Mais de grâce, Seigneur, ce soir, pour une fois, épargne-moi d’entendre une homélie qui blesse au-delà même des résidus de blessures…

Image : Le Cantique des cantiques    Marc Chagall

Vous pouvez suivre les réponses à cet article via le RSS 2.0 Vous pouvez répondre, ou faire un trackback.

1 commentaire

  • Véronique says:

    Le pape François ce matin dans son homélie à Sainte Marthe :

    « Mais quand on laisse son père et sa mère pour s’unir à une femme, ne faire qu’une seule chair et aller de l’avant et que cet amour échoue, nous devons écouter la douleur de l’échec, accompagner ces personnes qui ont subi cet échec de leur propre amour. Ne pas condamner ! Marcher de l’avant avec eux ! Et ne pas faire de casuistique avec leur situation ».

    Merci, pape François !

    http://www.news.va/fr/news/ne-pas-condamner-ceux-qui-font-lexperience-de-lech



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *