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« Ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l’a dit. » Jean 12, 50

2 mai 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Jésus affirmait avec force : « Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé ; et celui qui me voit voit celui qui m’a envoyé.
Moi qui suis la lumière, je suis venu dans le monde pour que celui qui croit en moi ne demeure pas dans les ténèbres.
Si quelqu’un entend mes paroles et n’y reste pas fidèle, moi, je ne le jugerai pas, car je ne suis pas venu juger le monde, mais le sauver.
Celui qui me rejette et n’accueille pas mes paroles aura un juge pour le condamner. La parole que j’ai prononcée, elle le condamnera au dernier jour.
Car ce que j’ai dit ne vient pas de moi : le Père lui-même, qui m’a envoyé, m’a donné son commandement sur ce que je dois dire et déclarer ; et je sais que son commandement est vie éternelle. Donc, ce que je déclare, je le déclare comme le Père me l’a dit. »

Jean 12, 44 – 50

Voilà un passage tout à fait important de l’Evangile. Jésus souligne la légitimité de sa Parole : elle n’est pas construction intellectuelle de sa part, projet de société et de salut qu’il aurait mis lui-même au point, non, c’est la Parole même qu’il a reçue du Père, par la personne qu’il est, enfanté de la Vierge Marie sous l’action de l’Esprit Saint, et grand priant de l’Eternel qui lui a fait connaître ce qu’il avait à annoncer aux foules et à ses disciples.

Je pense qu’il est important de méditer ce passage de l’Evangile de Jean, car on a trop tendance de nos jours, même avec la foi chrétienne la plus sincère, à mégoter sur certains aspects de l’Evangile, à retenir ce qui nous convient, retrancher ce qui nous déplaît, au besoin en argumentant : « L’Evangile a été écrit il y a si longtemps, et par des hommes, pas par le Christ  lui-même… »

C’est oublier toute la puissance de l’Esprit Saint qui a accompagné les rédacteurs des évangiles à tous moments de leur belle mission.

Il se trouve que je lis beaucoup les débats qui ont cours sur les forums catholiques. Et je ne peux que constater que l’Evangile est devenu assez secondaire, on accorde une importance démesurée au catéchisme, au droit canon, aux prises de position des uns et des autres sur les problèmes très actuels qui émergent dans nos sociétés. Je ne nie pas que les responsables de l’Eglise se réfèrent à l’Evangile pour donner leurs directives. Mais l’Evangile lui-même est souvent bien maladroitement annoncé. Selon la mouvance à laquelle on appartient, il va être singulièrement édulcoré (on est charismatique, on croit pour être heureux, il ne faut effrayer personne…) ou alors habilement mis au second plan (on est intégriste, seules comptent  la tradition, la morale et la liturgie, et l’enfer est partout qui guette…)

Il n’y a à mon sens qu’un seul juste milieu : c’est l’Evangile dans sa vérité. Jésus nous a dit il y a 2000 ans ce qu’il attend de nous. Sa Parole a été retranscrite et elle n’a pas changé. Et c’est elle qui jugera chaque âme le moment venu. Chaque conscience sera confrontée à ce qu’elle a fait, ou pas fait, en conformité avec les commandements de Jésus.

Rien ne nous empêche, bien au contraire, de faire cet examen de conscience dès aujourd’hui. Et là où nous sentons que nous n’avons pas été fidèles, que nous avons trahi la parole du Christ, nous avons ce merveilleux recours qu’est le sacrement de réconciliation. Car oui, notre Dieu est un Dieu riche en miséricorde. Il prend plaisir à nous ouvrir les bras et à pardonner nos fautes.

Le tout est de les confesser humblement et de s’efforcer ensuite de poursuivre notre route plus conformément à l’Evangile. A chaque chute, nous pourrons encore nous relever. Mais par la grâce du Christ immolé pour nous, et non par nos propres moyens…

 

Image : Saint Jean l’Evangéliste   Benivieni

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10 commentaires

  • Olivier says:

    Véronique ,comme vous ,j’ai souvent dans le passé accepté la doctrine traditionnelle . Depuis x dizaines d’années,
    je revisite ….
    Par exemple ,dans l’Evangile de Thomas ,on lit :

     » ont dit les disciples à jésus
    nous savons que tu nous quitteras
    qui sera notre guide
    jésus leur dit
    vu l’endroit où vous êtes vous irez vers jacques le juste
    ce qui ressort du ciel et de la terre lui revient  »

    C’est donc à Jacques ,frère de Jésus qu’aurait été confiée la première communauté ,celle de Jérusalem et non à Pierre . Je dis communauté car le terme Eglise n’existait pas à l’époque . Par rapport au judaïsme ,Jésus était un anti-institutionnel tant vis-à vis des pharisiens que sadducéens . Il n’allait donc pas recréer une institution …

    Venons en à Paul . Il n’a as connu Jésus personnellement ,n’a pas connu la tradition orale des apôtres .Le Jésus historique ne l’intéresse pas . Remarquez qu’il ne parle jamais de Jésus seul mais toujours du christ ou de Jésus-Christ . Il a développé une christologie en partant d’un personnage Jésus qu’il ne connaissait pas .
    Si c’est grâce à Paul que les païens ont été  » christianisés » , cela signifierait que Jésus a été incomplet ,qu’un autre a été nécessaire immédiatement après lui : Saül de Tarse .

    Quant à sa vision du Christ,j’ai des doutes …phénomène inhabituel ,étrange ! Est-ce sa chute à cheval qui a causé un traumatisme cérébral ?

  • Véronique says:

    Mais saint Paul a tout fait à l’appel du Christ ! Quel sens aurait sa conversion sinon ?
    Et pourquoi Jésus aurait-il dit à Pierre : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. » ?
    Oui, le salut vient des Juifs, mais il ne pouvait pas se cantonner aux seuls Juifs et les païens n’avaient pas à se convertir au judaïsme, mais à la Parole du Christ !

  • Olivier says:

    Comme Debbie ,je pense aussi que Jésus n’a pas voulu écrire . Il avait son « livre » la Thora et ne voulait pas la remplacer par un « Nouveau Testament » . Il a comme tout juif ,pratiqué l’interprétation mais avec beaucoup de liberté ce qui lui a valu des ennuis du côté des chefs religieux .

    Il était juif et n’a pas voulu fonder une nouvelle religion en rupture avec la sienne . Il n’était pas « chrétien » . Ce sont ceux qui de sont réclamés de son mouvement qui ont fondé le christianisme . C’est Paul de Tarse et quelques autres qui sont les les fondateurs du christianisme

  • Yéshoua est responsable de ce qu’il a dit,pas de la manière dont nous l’avons compris!
    Le mythe de la Tour de Babel est toujours bien présent…
    Etudions Sa Parole pour que nous ne mourrions pas faute de connaissance(voir osée)

  • Debbie says:

    Serais-tu… réformatrice ?…
    Si tu regardes de près le conflit qui déchire les U.S. en ce moment, au delà des questions de foi chrétienne ou pas foi chrétienne, pointe la question hautement épineuse et problématique de l’interprétation du texte.
    Oui… le texte est là (et parfois tu ne peux pas imaginer combien je m’en désole, et combien je me demande dans quelle mesure c’était la volonté de Jésus que son message soit transmis dans un texte ECRIT. Je crois qu’il était trop intelligent pour ne pas s’apercevoir à quel point la transmission par écrit nuirait au plus haut point à la dimension de la parole qu’il défendait. A quel point la transmission PAR ECRIT rouvrirait toute la « perversion » qui a fini par miner le Judaïsme au moment où il est arrivé sur la scène pour prôner autre chose.).
    Mais ce n’est pas pour autant qu’il est monolithique, pas pour autant qu’il se donne à nous comme une vérité… révélée.
    Il est à interpréter ce texte, et nous ne pouvons QUE l’interpréter. Nous n’avons pas le choix, là, car NOUS sommes humains.
    C’est ergoter, ça ??
    Dieu merci qu’il nous a AUSSI donné une intelligence pour comprendre.
    Je constate l’intrication de deux aspects : jugement et salut.
    Deux missions qui hantent notre civilisation depuis longtemps…

    • Véronique says:

      Il y a une dimension dont tu fais complètement abstraction dans ta réponse : c’est l’Esprit Saint.
      Crois-tu que le Christ ait donné l’Esprit Saint à ses disciples à la Pentecôte pour qu’ils ne fassent rien de sa Parole, n’aillent pas la prêcher jusqu’aux confins de la Méditerranée, et ne mettent pas un jour cette Parole par écrit ? Et crois-tu que les évangélistes n’aient pas été assistés par l’Esprit Saint au moment d’écrire ?

      Ce n’est pas tant avec l’intelligence qu’il faut aborder les Ecritures qu’avec l’Esprit. C’est tout le sens de la Lectio divina. Les moines ont compris cela depuis bien des siècles…



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