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« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. » Jean 14, 6

3 mai 2012 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

À l’heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi. Puisque vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Dès maintenant vous le connaissez, et vous l’avez vu. » Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le Père ; cela nous suffit. » Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire : ‘Montre-nous le Père’ ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; mais c’est le Père qui demeure en moi, et qui accomplit ses propres œuvres. Croyez ce que je vous dis : je suis dans le Père, et le Père est en moi ; si vous ne croyez pas ma parole, croyez au moins à cause des œuvres. Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi accomplira les mêmes œuvres que moi. Il en accomplira même de plus grandes, puisque je pars vers le Père. Tout ce que vous demanderez en invoquant mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en invoquant mon nom, moi, je le ferai. »

Jean 14, 6 – 14
Textes liturgiques©AELF

Comme j’aime cet Evangile ! Et pourtant j’ai mis du temps à le comprendre en profondeur, à le recevoir comme le roc de ma foi. Là où l’ardente foi de mon enfance avait sombré dans le doute, toute ma perception du Christ était brouillée. Je continuais à penser qu’aucun homme jamais n’avait donné une parole plus bienfaisante à l’humanité, mais le questionnement spirituel et existentiel me taraudait jour après jour.

Qui était le Christ ?
Etait-il le chemin ?
Etait-il la vérité ?
Etait-il la vie ?
Mon propre chemin je ne le voyais plus, dans les bouleversements de ma vie à 18 ans.

La vérité était devenue une notion hautement taboue, la philo était passée par là, la rigueur de la laïcité m’avait appris que toute vérité n’est que relative. Je n’ai pas d’aigreur contre cette école publique dans laquelle j’ai grandi et où j’enseigne encore, non, aucune aigreur, la laïcité est dans notre école un puissant ferment de tolérance, d’aptitude à vivre ensemble, d’ouverture à autrui. Mais j’ai mis beaucoup de temps – 15 ans – à oser suivre mon intuition profonde, à oser me dire qu’il y avait une vérité incontournable dans cette vie, et que cette vérité était dans la personne du Christ.
Et la vérité du Christ me rendait la vie : car si le Christ était Vérité, alors il était bien ressuscité, en vie, et je retrouvais en lui la vraie vie, celle dont la privation m’avait tant fait souffrir pendant toutes ces années !
Jésus n’attendait de moi que ce saut dans la confiance de la foi, cette reconnaissance intime et profonde de sa personne, il voulait que cela vienne de moi, sans aucune contrainte d’aucune sorte, qu’un jour enfin je puisse à nouveau confesser, du plus profond de mon coeur :
« C’est bien Toi. Tu Es. »

En le reconnaissant lui comme vivant et ressuscité, je le reconnaissais comme Fils du Père, et je retrouvais le Père. Je revenais me jeter dans ses bras comme l’enfant prodigue, le Père était là qui m’attendait avec toute sa tendresse, comme s’il me disait, le sourire dans la voix : « Mon enfant, je t’ai vue t’égarer sur bien des chemins, mais vois, je suis toujours là, je t’ai attendue fidèlement, et je n’ai jamais cessé de t’aimer. »

Bouleversantes retrouvailles dans la lumière de la Trinité Sainte…
J’avais 33 ans et je revenais dans la maison où l’on m’avait toujours gardé ma place, pour le jour certain où je reviendrais.

Quand le Christ se donne, aussitôt après il demande. Mais que ne ferait pas l’âme qui a retrouvé ce séjour de délices pour lui être agréable !

C’est dans cet Evangile-là et le coeur à coeur de l’oraison que j’ai compris que Jésus avait pour nous bien des grâces, mais que son sourire se faisait triste à voir que nous demandions si peu en son Nom. Et je me suis trouvée devant un vrai problème : j’aimais prier devant une icône de sa personne, et quand les mots du coeur ne suffisaient pas, j’aurais aimé avoir une prière, une prière en son Nom. Le « Notre Père » nous unit à lui,  c’est une prière que je dis plusieurs fois chaque jour avec le plus grand amour, mais mon coeur veut aussi s’adresser au Fils, lui demander ces grâces dont ses mains sont pleines, et qu’on lui demande si peu…
Alors je l’ai interrogé longtemps pour savoir les mots qu’il attendait, j’ai lu dans ses yeux, sur cette icône, je lui ai soumis chaque ébauche, chaque réécriture. Jusqu’au jour où j’ai su par la paix de mon coeur qu’il était content de ce que j’avais fait.
Cette prière existe depuis 12 ans maintenant.
Peut-être devait-elle être comme le vin, qui mûrit dans des fûts avant qu’on le fasse couler.

Peut-être…

 

Jésus, notre Sauveur et notre frère,

Notre force et notre lumière,

Donne-nous par ta vie, ta mort et ta résurrection,

De sentir le monde à ta façon.

Que l’Esprit Saint reçu au baptême

Anime nos yeux, nos oreilles, notre bouche et nos mains.

Sois notre humilité et notre charité

Par le salut que tu veux nous donner,

Habite en nous par ta Parole de Vie,

Sois notre joie et notre espérance,

Augmente en nous la foi et la confiance,

Et donne mission à nous tous, fils et filles,

De former avec toi une unique famille

En Dieu, éternel Amour, notre Père.

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12 commentaires

  • Debbie says:

    Olivier… j’en viens à souhaiter que nous cessions tous de parler/écrire de ces choses.
    Qu’elles restent.. INTIMES, et inDICIBLES.
    Peut-être pourrions-nous nous entendre mieux ?
    Sommes-nous assez disciplinés pour accepter de ne pas dire, ouvrir la bouche, saisir le crayon ?
    Pas en ce moment, en tout cas…
    Peut-être que notre civilisation souffre surtout de notre absence de continence verbale ?
    De notre absence de discernement sur ce que nous pouvons partager, et ce que nous devrions garder.. pour nous ?

  • Olivier says:

    L’intuition et le sentiment CONTRE la connaissance rationnelle…
    Comme si l’un excluait l’autre…

    Debbie

    Les moments mystiques ne sont pas permanents . Ce sont des instants « d’union » à Dieu au-delà de la pensée ,des raisonnements etc.
    Les mystiques utilisent souvent les termes amoureux voire érotiques pour exprimer ce dont ils prennent conscience à ce moment-là.
    Dans l’amour humain ,à un certain niveau la pensée ou la raison n’est plus nécessaire . A la limite ,on ne sait plus qui est l’un ,qui est l’autre . Pour le mystique c’est pareil lors de ‘l’union » avec Dieu !

  • Olivier says:

    Ce que je comprends de tous ces mystères, je le comprends dans la foi, dans la prière, dans l’intérêt que j’ai pour les écrits des saints (mystiques surtout), et pas dans des constructions intellectuelles. Et je le revendique.
    Véronique
    Une définition du mysticisme qui me plait particulièrement ( voir ci dessous) de par son absence d’intermédiaires entre la personne et Dieu . Pas de  » fonctionnaires  » de Dieu …!

     » Attitude philosophique ou religieuse fondée davantage sur le sentiment et l’intuition que sur la connaissance rationnelle, et qui a pour objet l’union intime et directe entre l’homme et la divinité.( Mysticisme arabe, chrétien, hindou, platonicien)

    • Debbie says:

      Toujours… ces sacrées OPPOSITIONS, Olivier…
      L’intuition et le sentiment CONTRE la connaissance rationnelle…
      Comme si l’un excluait l’autre…

  • Olivier says:

    Véronique says:
    Le 4 mai 2012 à 12 h 24 min
    Le Fils de Dieu mérite bien une majuscule

    Tout en attirant l’attention sur le fait que l’expression « fils de Dieu » est souvent citée dans l’ancien testament mais avec une minuscule car elle signifie ,dans ce cas ,une proximité avec Dieu .

    Le christianisme a repris cette expression mais en lui donnant une toute autre signification en parlant de Jésus Fils Unique de Dieu .Cette affirmation a été établie et arrêté en 325 lors du premier concile de Nicée .

    Là ,on trouve une rupture fondamentale entre judaïsme et christianisme , un rapprochement impossible . Pour le judaïsme Dieu seul est Dieu et une créature ne peut être Dieu . N’oublions pas que Jésus  » ramenait vers le père les brebis perdues d’Israël  » ou qu’il priera le Père d’envoyer la Paraclet  » . Il ne se substitue donc pas à Dieu . Ce sont les théologiens du début du christianisme qui ont développé cette identité entre Jésus et celui qu’il appelait  » Père  » ,puis « mon Père » .

    • Véronique says:

      Olivier, je crois en la Trinité : le Dieu Père, bien sûr, c’est l’Eternel, le Dieu des Juifs et le Père dans la Trinité des chrétiens, mais je crois aussi au Fils, né non pas de Joseph mais de la Vierge Marie, Verbe de Dieu depuis les origines et qui a pris chair en Marie – sans aucune intervention masculine, c’est bien ça qui le rend différent de tous les autres hommes et donc sans péché – et en l’Esprit Saint, la Ruah, qui préexistait aussi dès les origines et que le Christ a envoyé à la Pentecôte. Et je crois que l’Esprit Saint n’est la « propriété privée » d’aucune religion, là je pense que je tombe d’accord avec toi.

      Je n’ai pas une foi dogmatique, je n’ai jamais étudié la théologie et je ne fais pas de recherches historiques autres que les bases que j’ai en tant qu’enseignante et en tant que chrétienne passionnée par les Ecritures.
      Ce que je comprends de tous ces mystères, je le comprends dans la foi, dans la prière, dans l’intérêt que j’ai pour les écrits des saints (mystiques surtout), et pas dans des constructions intellectuelles. Et je le revendique.



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