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Homélie de Pâques 2015 au Carmel de Saint-Maur

5 avril 2015 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Actes 10,34a.37-43 ; Psaume 117 ; Colossiens 3,1-4 ; Jean 20,1-9

On dirait ce matin que la nature a envie de s’associer à l’événement de Pâques – timidement – en s’arrachant peu à peu à l’hiver, vers la renaissance, la vie, la beauté, la clarté, comme l’aube sort de la nuit, comme l’espérance s’arrache au fatalisme, comme le mal lâche prise devant l’amour.

La puissance du Christ ressuscité ouvre nos aujourd’hui à l’avenir de Dieu.

Le premier jour, de grand matin, là où le jour commence à rendre visible ce que nous cachent les ténèbres, Marie Madeleine se rend au tombeau. La pierre qui fermait le tombeau est enlevée, roulée plus loin. Aurait-on volé le corps de Jésus ? Pierre et Jean arrivent en courant. Ils entrent à l’intérieur du tombeau. Jean voit et il croit en voyant des signes que Jésus est vivant.

Et Jean, le proche ami de Jésus, réalise après coup que Jésus ne pouvait pas être la victime définitive du mal et de la mort.

Dieu n’avait pas abandonné son Fils – « Pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matthieu 27,46) « Non, je ne t’ai pas abandonné – dit Dieu – malgré mon silence du samedi, j’ai pris parti pour toi, je t’ai donné raison. Je me reconnais bien en toi, mon Fils » – dit Dieu.

En le relevant de la mort, Dieu n’a pas permis que le mal ait le dernier mot, que le bien, la vie, le bon, la lumière, soient écrasés par la mort et les ténèbres de toutes sortes.

« Tout ce que tu as fait – dit Dieu à Jésus – tout ce que tu as dit, tout ce que tu as été avec les autres, en particulier pour les plus faibles et les plus blessés, tout cela, c’est bien moi, c’est bien mon visage et mon cœur, et mon désir, un projet que tu as montré à tes frères, pour qu’ils fassent comme toi et soient heureux. C’est leur présent et leur avenir.

En te redonnant la vie, pour toujours, je te donne raison d’avoir chassé le mal, d’avoir fréquenté les pécheurs, même si ça scandalisait ceux qui se réclamaient de moi. Tu as eu raison de guérir, d’accueillir, de nourrir, de pardonner, de relever, d’encourager. Tout cela ne peut mourir.

Ils t’ont condamné à mort. Tu as aimé tes frères les humains jusqu’au bout, en donnant librement ta vie. J’ai pris parti pour toi, tu es vivant, ressuscité.

Et à tous ceux qui essaieront de suivre ton chemin, je donnerai raison. Eux aussi vivront. Ce qui me ressemble – dit Dieu – ne peut jamais mourir. »

La résurrection de Jésus est un parti pris de Dieu pour tout ce que Jésus a enseigné et fait.

Cette victoire, elle est acquise… mais elle est à réaliser au quotidien, dans nos vies.

Il y a tant de manières de vivre du ferment de la vie ressuscitée.

Cette fête de Pâques nous invite à accueillir la vie de Dieu au plus intime de nous-mêmes.

« Le grand mystère de Dieu n’est pas qu’il habite l’inaccessible lumière mais qu’il s’enfonce lui-même là où l’homme – nous – n’a pas d’autres compagnes que les ténèbres. » (Didier Rimaud)

Pour nous sortir des tombeaux, et pousser les pierres qui nous empêchent d’accéder à la lumière et à l’amour – comme pour Jésus – il vient nous rejoindre et nous relever des creux de nos creux.

Qui a transmis au monde cette Bonne Nouvelle de la résurrection ? La première des apôtres, non? Marie Madeleine, à qui Jésus avait chassé sept démons. A elle, il a été donné, dans une grande délicatesse de Dieu, de voir et d’annoncer la première la manifestation de la Résurrection.

Elle avait déjà une expérience de résurrection, quand Jésus l’avait ressuscitée de l’intérieur.

Qui était-elle pour recevoir une telle mission ? Pour être l’apôtre des apôtres ?

Qui sommes-nous aujourd’hui pour recevoir une telle mission de témoins du Christ ressuscité ?

« Nous portons ce trésor – dit Paul – dans des vases d’argile (2 Corinthiens 4,7). » Nous sommes fragiles et pécheurs comme Marie Madeleine.

Pourtant, comme il l’a dit à Marie Madeleine, c’est à nous qu’est confiée cette parole : « Va trouver mes frères et dis-leur, montre-leur que je ne suis plus dans le tombeau mais en eux, chez eux, dans leur Galilée, leur vie, c’est là qu’ils me verront » (cf. Matthieu 28,10).

Père Maurice Boisson

Source : http://carmelsaint-maur.blogspot.fr/2015/04/homelie-paques-2015.html

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