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« Examinez les esprits pour voir s’ils sont de Dieu » 1 Jean 4, 1

4 janvier 2016 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Bien-aimés,
ne vous fiez pas à n’importe quelle inspiration,
mais examinez les esprits
pour voir s’ils sont de Dieu,
car beaucoup de faux prophètes
se sont répandus dans le monde.
Voici comment vous reconnaîtrez l’Esprit de Dieu :
tout esprit qui proclame que Jésus Christ
est venu dans la chair,
celui-là est de Dieu.
Tout esprit qui refuse de proclamer Jésus,
celui-là n’est pas de Dieu :
c’est l’esprit de l’anti-Christ,
dont on vous a annoncé la venue
et qui, dès maintenant, est déjà dans le monde.
Vous, petits enfants, vous êtes de Dieu,
et vous avez vaincu ces gens-là ;
car Celui qui est en vous
est plus grand que celui qui est dans le monde.
Eux, ils sont du monde ;
voilà pourquoi ils parlent le langage du monde,
et le monde les écoute.
Nous, nous sommes de Dieu ;
celui qui connaît Dieu nous écoute ;
celui qui n’est pas de Dieu
ne nous écoute pas.
C’est ainsi que nous reconnaissons
l’esprit de la vérité et l’esprit de l’erreur.

1 Jean 4, 1-6

Textes liturgiques©AELF

L’Ecriture est toujours à méditer, et ce texte est fort intéressant à plus d’un titre. D’autres en feraient un commentaire plus érudit que le mien. Pour ma part, je vais simplement poser une question : les critères de discernement de saint Jean ne seraient-ils pas obsolètes, près de 2000 ans après leur rédaction ?
Ce texte date d’une époque où il y avait très peu de chrétiens. De nos jours, on compte plus de deux milliards de chrétiens plus ou moins fidèles à leur foi, certes, mais néanmoins, a priori, évangélisés.
Ainsi, il est très facile de confesser que Jésus Christ est venu dans la chair . C’est la base même de notre foi, et près d’un tiers de l’humanité actuelle est capable de le dire, du moins des lèvres, à défaut de faire preuve d’une adhésion spirituelle forte. De là à dire que tout « prophète » qui confesse cela est de Dieu, il y a un très grand pas que personnellement, je ne franchirais pas.
Je ne veux pas ici parler de ceux qui ne confessent pas la foi chrétienne, encore que je trouverais choquant, selon les critères de cette épître, de décréter que les juifs d’aujourd’hui « ne sont pas de Dieu ». C’était sans doute un langage possible à tenir dans les cercles des premiers temps du christianisme pour encourager à la conversion à l’Evangile. Cela me semble tout à fait impossible aujourd’hui, et même, non souhaitable. Nous chrétiens avons beaucoup à apprendre de nos « frères aînés dans le foi ».

Je me cantonnerai donc à parler de ceux qui confessent que Jésus Christ est venu dans la chair . Cela en fait-il des prophètes authentiques ? Loin de là ! J’ai déjà lu beaucoup de pages de « révélations » qui paraissent très orthodoxes du point de vue de la théologie. Je dirais même que la grande majorité des faux prophètes mettent un point d’honneur à soigner à l’excès la respectabilité théologique de leurs discours. Et qu’ils affichent une pratique et une fidélité à l’Eglise parfaites. De là le piège qu’ils tendent à l’Eglise, et dans lequel un certain nombre de chrétiens, voire de consacrés, tombent.

L’esprit mauvais – qui existe – est bien plus subtil qu’on ne croit. Il n’arbore pas forcément un look de chanteur de metal. Raccourci trop facile. Au contraire, il adore se déguiser en pur, en pieux, en parfait. D’ailleurs, il connaît la théologie par cœur. Rien de plus facile à contrefaire. On peut avoir des logorrhées sans aucune faille dogmatique, sans pour autant « être de Dieu ».
Toute la subtilité du faux prophète est là – car bien souvent, il n’a pas conscience lui-même de ne pas être authentique. Il écoute la voix de l’esprit séducteur, croyant entendre celle du Christ. Et il nous sert tout un verbiage insipide et trompeur.

Je crois qu’un critère de discernement plus réaliste est de rechercher si ce « prophète » a des adeptes qui le défendraient jusque dans le feu. Si on lui trouve une cour, on est à peu près sûr qu’il est faux. S’il vend force livres et DVD, aussi. Il séduit. Ce n’est pas la manière de faire de l’Esprit Saint.

Pourquoi ? Parce que les chemins de Dieu ne sont pas nos chemins, et que ses pensées sont bien au-dessus de nos pensées. Quelqu’un dérange-t-il profondément l’ordre établi, serait-ce au cœur même de l’Eglise, comme le fit Jésus en son temps et en son peuple, celui-là mérite peut-être qu’on s’intéresse un peu à lui…

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1 commentaire

  • Vincent says:

    J aime beaucoup ce que vous ecrivez ici. Je suis d’accord avec vous. Personnellement, je suis tres vigilant. Je ne connaissais pas ce passage. Merci pour cette decouverte.



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