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« Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance » Romains 8, 25

31 octobre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Frères, j’estime, qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous.
En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu.
Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance
d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu.
Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore.
Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps.
Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance ; voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer: ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ?
Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.

Romains 8,18-25
Textes liturgiques©AELF

Je me demande comment Paul a pu trouver une métaphore si juste que celle « des douleurs d’un enfantement », lui qui n’était pas spécialement attentif aux ressentis profonds des femmes de son temps dans ses prédications et ses écrits. Et pourtant, moi qui suis femme et mère, je comprends très profondément, pour mon âme et dans ma chair, ce qu’il a voulu exprimer ici.
Oui, dans l’enfantement, il y a l’attente et l’espérance à la fois patiente et impatiente. On porte un enfant en soi, et à bien des égards, c’est merveilleux. Il se manifeste et répond à nos sollicitations tactiles. Il réagit à des états physiques ou psychologiques dans lesquels nous pouvons nous trouver. Il agit parfois à contre-courant de notre volonté propre : l’un de mes bébés par exemple remuait systématiquement beaucoup quand je voulais m’endormir.
Ne suis-je pas en train ici de poursuivre la métaphore sur les surprises de l’Esprit Saint en nous ?

Mais dans une grossesse, il y a aussi, surtout, l’attente ardente et curieuse. Je me demandais toujours vraiment quel visage aurait mon enfant. Je guettais des indices de ses traits à l’échographie. Telle courbure de nez évoquait déjà une ressemblance familiale. Que visage aurait cet enfant à sa naissance et en grandissant ?
Je savais aussi qu’il faudrait en passer par les douleurs de l’enfantement pour avoir le privilège de le serrer dans mes bras et contre mon sein. Toute femme enceinte porte en elle cette angoisse : voici dans mon ventre un enfant qui prend du poids jour après jour, comme vais-je parvenir à le faire sortir de là ? Aurai-je la chance de ne pas trop souffrir par les voies naturelles, devrai-je en passer par l’épreuve d’une intervention chirurgicale ?

Et puis le grand jour arrivait, non programmé, et il fallait vraiment passer par des douleurs et des gémissements. Mais tout était dans l’espérance de l’heure de la délivrance, et de cet enfant que deux parents allaient enfin pouvoir voir, toucher, respirer, nourrir et protéger. Pour de très longues années.

Et c’est ainsi que j’espère la révélation des fils – et filles – de Dieu. Voir enfin en pleine lumière le visage de la justice et de la vérité. Etre dans l’au-delà de notre finitude et de cette création tellement livrée au pouvoir du Mauvais. Entrer dans la lumière qui n’aura pas de fin. Jouir pleinement de la grâce et des bontés de Dieu.

Dieu, je ne l’ai jamais vu. Son Fils me l’a fait connaître. Et j’aspire comme une femme enceinte à découvrir enfin le visage merveilleux de l’enfant du Père et de Marie. Dans sa gloire de ressuscité et de Roi d’éternité.

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