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« Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. » Marc 6, 4

8 juillet 2018 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent.
Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains.
Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

Marc 6,1-6
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

J’ai lu et entendu sur cet évangile des homélies musclées pour souligner que les Nazaréens n’ont pas reconnu en Jésus le Verbe de Dieu, et que « nous » sommes bien souvent capables de la même chose.

Mon propos diffère : je trouve tout de même assez facile, après vingt siècles d’évangélisation, un peu de foi et de bonne volonté, de reconnaître en Jésus au minimum un homme de bien, au mieux le Fils de Dieu, de façon médiane un grand prophète comme les religions non-chrétiennes le font.  Il me semble que le problème n’est pas tant d’accepter Jésus et sa parole – beaucoup de non-croyants ont pour lui du respect – que d’accepter les expressions de l’Esprit Saint dans l’aujourd’hui des femmes et des hommes, qui est aussi l’aujourd’hui de Dieu.
On peut trouver que Jésus est un chic type, on peut même s’abîmer d’amour pour lui devant des images pieuses ou dans l’euphorie d’un concert de louange, on n’en sera pas pour autant forcément capable de discerner l’Esprit Saint chez la personne ordinaire qui est en face de soi et qu’on croit tellement bien connaître.

Ce qu’il faut avant tout considérer, c’est que Jésus ne ressemblait pas du tout aux images que l’on s’en fait de nos jours. Il avait une famille ordinaire : mère, père dont presque tous ignoraient qu’il ne fût qu’adoptif, frères et sœurs qui le considéraient plutôt comme dérangé que Fils de Dieu. Il ne rayonnait pas la sainteté quand il était harassé de fatigue par le poids des jours et de la route, il s’entourait d’amis à la mauvaise réputation dans sa tradition religieuse. Ne fondant pas de famille, il ne se comportait pas en Rabbi digne de ce nom. Il pouvait souffrir de la faim, de la soif, pleurer, être trahi, se faire insulter et cracher au visage. Jésus dans son incarnation et en son temps dégageait sans doute un grand charisme de charité et de vérité, mais sa parole acérée et percutante – qui incommodait tant les autorités religieuses de son temps – le rendait certainement aussi impopulaire parmi les bien-pensants qu’apprécié des foules oppressées par le joug romain et d’impossibles prescriptions religieuses.

Alors aujourd’hui, en méditant cet extrait d’évangile, il me semble qu’il s’agit surtout de se demander, en tant que chrétien ou non-chrétien :
« Qui, dans mon entourage proche, m’incommode à force de ne pas commettre le mal et de vivre avec radicalité les exigences de l’Evangile ? Qui me heurte quand son témoignage de foi sort des sentiers battus et de la bien-pensance de l’Institution ecclésiale ? Qui ressemble le plus, pas loin de moi, au Christ véridique et intransigeant avec les hypocrites et ceux qui rajoutent quantité d’observances à la Parole miséricordieuse et juste du Père ?  »

L’Esprit Saint survenant sur la scène publique au XXIe siècle ne prend pas forcément les traits d’un homme considéré par beaucoup comme un prophète.

Comme le Christ, il vient chez les siens, et les siens ne le reconnaissent pas.

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