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Pour la fête de sainte Catherine Labouré

28 novembre 2018 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

Oh, emportée par le devoir quotidien, j’ai failli manquer le fait que c’était la fête de sainte Catherine Labouré aujourd’hui ! Je l’aime bien, cette Catherine ; depuis des années, je me suis intéressée à sa vie si humble et si donnée, je suis allée déjà plusieurs fois prier à la chapelle de la rue du Bac à Paris, même si je n’aime pas beaucoup qu’on nous poursuive avec des médailles jusque dans les rames du métro… Dieu donne quand Il veut donner, et dans le contexte des années 1830, cela revêtait certainement un sens de diffuser une médaille suggérée par une apparition de Marie, Mère du Sauveur, à la jeune sœur de la Charité qu’était Catherine… De nombreuses grâces en ont découlé, je n’en doute pas un seul instant, mais de là à faire de ce petit bout de métal précieux ou non un absolu de la voie de la conversion aujourd’hui encore, je suis un peu plus réticente. Veillons toujours, comme catholiques, à ne pas devenir fétichistes. Mieux vaut sans doute déposer au pied de l’autel de la rue du Bac une prière sincère au Seigneur ou à Marie que de dévaliser la boutique attenante en médailles pour tous ses proches.

Plusieurs aspects de la vie de Catherine Labouré retiennent mon attention : pauvreté, don de soi, persévérance dans la vocation religieuse, abnégation dans le service quotidien aux déshérités et grâces mystiques remarquables. Le signe de la vérité des apparitions dont elle a été gratifiée, c’est le fait qu’elle n’en ait pas fait étalage. C’est à sa mort que ses sœurs de congrégation ont appris qu’elle était la religieuse de la rue du Bac favorisée de visions. Je pense à certaines fausses voyantes contemporaines qui feraient bien d’en prendre de la graine. Marie avait aussi quelque chose à dire et à faire dans le contexte de vie de sainte Catherine Labouré : peu de mots, mais que l’on peut méditer longuement avec fruit. Peu d’apparitions, mais qui laissent une trace vive dans l’histoire de l’Eglise. Et, ce qui est très significatif, la méfiance voire le mépris de son confesseur. Toujours se défier d’une « apparition » qui emporte promptement l’adhésion de religieux et des foules ! Le témoin chrétien authentique , et l’évangile d’aujourd’hui  nous le redit clairement (Luc 21, 12-19) , est toujours persécuté par ceux-là-mêmes qui devraient le croire, parfois longtemps, parfois même jusqu’à sa mort et au-delà !

Catherine Labouré est donc pour nous une référence de sainteté authentique et de vie mystique vraie. C’est bien à ce genre de personne humble et dévouée que le Seigneur, ou Marie, s’adressent avec prédilection. Là où personne, dans l’entourage quotidien, ne soupçonne la grâce, on peut présupposer qu’elle soit réelle, au contraire de ces faux prophètes et voyants médiatiques dont nous sommes saturés jusqu’à l’écœurement depuis plusieurs décennies.

Le Christ Jésus a dans son cœur des petites familles d’âmes qu’il chérit particulièrement : ses trois Marie (sa Mère, de Magdala et de Béthanie), ses trois Catherine (d’Alexandrie, de Sienne et Labouré) et ses trois Thérèse (d’Avila, de Lisieux et Bénédicte de la Croix / Edith Stein). Confidence pour confidence…

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