Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

En ce temps-là, quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus
et l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : ‘Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.’
Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ;
de même le deuxième, puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants.
Finalement la femme mourut aussi.
Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »
Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari.
Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.
Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur ‘le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.’
Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. »

Luc 20, 27-38
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous amis lecteurs, mais jamais les homélies catholiques ne m’incommodent  autant que les jours où l’on lit en Eglise cet évangile-là. Je dois dire que cet évangile lui-même me met déjà dans l’embarras. Que dire alors des homélies catholiques qui, puisant à peu près toutes aux mêmes sources, nous livrent une image de la résurrection tellement  désincarnée et éthérée que même Jésus n’a pas forcément voulu nous l’inculquer ainsi ?

J’ajoute à cette introduction qu’ayant lu aujourd’hui une dizaine d’homélies sur les lectures du jour, j’y ai trouvé presque à chaque fois l’image de l’enfant dans le sein de sa mère, de la chenille qui devient papillon, du grain qui meurt pour devenir épi… Ces métaphores catholiques sont tellement rebattues qu’elles finissent vraiment par lasser. Et je ressens comme un très grand manque en ce jour le fait que nous soyons sans cesse obligés d’écouter des prêtres, et donc des hommes exclusivement, nous parler de « l’au-delà » tout en nous recommandant instamment de ne pas nous poser trop de questions à ce sujet ! (suite…)

J’estime qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous.

En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu.

Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps.

Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance ; voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer: ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ? Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.

Romains 8, 18-25
Textes liturgiques©AELF

Est-ce parce qu’ils ne sont jamais passés et ne passeront jamais par les douleurs de l’enfantement que les hommes d’Eglise semblent parfois prendre si mal en considération ces versets de l’Epître aux Romains ? Peut-être faut-il être femme, et mère, pour les comprendre pleinement.
L’enfantement ! Passage douloureux s’il en est ! Toute mère se souvient de l’angoisse diffuse qui l’a habitée tandis que grandissait en elle son enfant : « Il faudra bien qu’un jour il sorte de moi !  » Entre la réticence à faire entrer dans un monde violent son tout-petit avec lequel elle est en symbiose totale pendant neuf mois et l’impatience de découvrir son visage et d’entendre son premier cri, la femme enceinte passe par des sentiments ambivalents : plénitude, lassitude due à la fatigue et aux contraintes de la grossesse, émerveillement devant les soubresauts de son enfant dans son sein, crainte de ce passage redouté et imprévisible de l’accouchement… Une future maman passe par toute une panoplie de ressentis possibles, tout autant que sont variées les tournures possibles que prendra cet accouchement-là, toujours unique et inédit. (suite…)

Devant Dieu,
et devant le Christ Jésus qui va juger les vivants et les morts,
je t’en conjure,
au nom de sa Manifestation et de son Règne :
proclame la Parole, interviens à temps et à contretemps,
dénonce le mal,
fais des reproches, encourage,
toujours avec patience et souci d’instruire.

2 Timothée 4, 1-2

Par ces mots, l’apôtre Paul encourage son disciple Timothée à poursuivre avec foi et ardeur son ministère d’évangélisation. Timothée a étudié les Ecritures, il a reçu le baptême, il s’est formé auprès de Paul, il est un homme de Dieu (verset 3, 17).
Tous, nous savons que Paul, en son temps, n’avait pas compris, ne pouvait pas comprendre à cette époque encore très patriarcale qu’une femme était elle aussi capable de lire et méditer les Ecritures, de les mettre pleinement en pratique et aussi de les enseigner. Etre une « femme de Dieu » est une expression qui n’aurait pas pu effleurer Paul, toujours d’ailleurs un brin misogyne, ce que le Christ Jésus, quant à Lui, n’a jamais été. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je n’aime pas beaucoup qu’après une lecture de saint Paul, on proclame « Parole du Seigneur ». Paul n’est pas Dieu, il marche parfois sur des chemins tout humains qui ne sont ni les chemins du Père, ni ceux du Fils dont les pensées sont infiniment plus élevées. Paul n’a pas su avoir vis-à-vis des femmes l’attitude du Christ Jésus qu’il n’a pas côtoyé de son vivant. C’est sa plus grande différence d’avec Lui, et je pense qu’il est temps pour nous les femmes de nous libérer du joug de certaines sentences de Paul, qui sont paroles de Paul et non pas du Seigneur.

Après ce petit préambule, je peux poursuivre en disant que je me sens très concernée par les recommandations de Paul à Timothée, ayant moi-même énormément médité les Ecritures au cours d’une vie déjà bien plus longue que celle de ce jeune homme. Et je voudrais ici redire qu’il n’est pas forcément nécessaire d’être ordonné diacre ou prêtre ni même d’avoir un diplôme universitaire de théologie – ce qui est la grande mode de nos jours – pour y entendre quelque chose à la Parole de Dieu. Ne négligeons pas la puissance des sacrements accessibles aux baptisés et la sagesse insurpassable de l’Esprit Saint qui sourd de lui-même dans l’âme qu’Il se choisit avec une éminente liberté, faisant fi des catégories ecclésiales qui ont parfois l’orgueil de s’en croire propriétaires privilégiées. N’oublions pas qu’une sainte Catherine de Sienne était illettrée et qu’elle eut bien des choses à apprendre aux papes de son époque. Et ce n’est là qu’un exemple, l’histoire sainte regorgeant de femmes d’humble condition qui nous ont laissé des trésors d’intelligence des mystères divins, laissant de leur vivant pantois, bien souvent, jusqu’à leurs confesseurs… (suite…)

En effet, nous estimons que l’homme devient juste par la foi,
indépendamment de la pratique de la loi de Moïse.
Ou bien, Dieu serait-il seulement le Dieu des Juifs ?
N’est-il pas aussi le Dieu des nations ?
Bien sûr, il est aussi le Dieu des nations,
puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu :
il rendra justes en vertu de la foi
ceux qui ont reçu la circoncision,
et aussi, au moyen de la foi,
ceux qui ne l’ont pas reçue.

Romains 3, 28-30
Textes liturgiques©AELF

Ce texte me parle… dans son contexte des tout débuts du christianisme.
Vingt siècles plus tard et en tant que catholique contemporaine, j’aimerais le remanier un peu. Qu’on me pardonne la liberté que je prends, l’essentiel étant que l’on comprenne le message que, dans l’Esprit, je désire faire passer :

En effet, nous estimons que l’homme devient juste par la foi,
indépendamment de la pratique du catéchisme et du droit canon de l’Eglise catholique.
Ou bien, Dieu serait-il seulement le Dieu des catholiques ?
N’est-il pas aussi le Dieu de tous les croyants de bonne volonté, et même des incroyants qui mettent en pratique, sans le savoir, l’Evangile ?
Bien sûr, il est aussi le Dieu de ceux-là,
puisqu’il n’y a qu’un seul Dieu :
il rendra justes en vertu de la foi
ceux qui ont reçu le baptême,
et aussi, au moyen de la foi et/ou de la justice
ceux qui ne l’ont pas reçu.

(D’après Romains 3, 28-30)

En ces jours-là, tout le peuple se rassembla comme un seul homme sur la place située devant la porte des Eaux. On demanda au scribe Esdras d’apporter le livre de la loi de Moïse, que le Seigneur avait prescrite à Israël.
Alors le prêtre Esdras apporta la Loi en présence de l’assemblée, composée des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre. C’était le premier jour du septième mois.
Esdras, tourné vers la place de la porte des Eaux, fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu’à midi, en présence des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre : tout le peuple écoutait la lecture de la Loi.
Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois, construite tout exprès.
Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l’assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout.
Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre.
Les lévites, expliquaient la Loi au peuple, pendant que le peuple demeurait debout sur place.
Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l’on pouvait comprendre.
Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi.
Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! »
Les lévites calmaient tout le peuple en disant : « Cessez de pleurer, car ce jour est saint. Ne vous affligez pas ! »
Puis tout le peuple se dispersa pour aller manger, boire, envoyer des parts à ceux qui n’avaient rien de prêt, et se livrer à de grandes réjouissances ; en effet, ils avaient compris les paroles qu’on leur avait fait entendre.

Néhémie 8,1-4a.5-6.7b-12
Textes liturgiques©AELF

La première lecture d’aujourd’hui est longue, mais je l’ai restituée ici en entier car c’est un texte que j’aime particulièrement. Il narre la redécouverte de la Loi de Moïse par le peuple juif après le retour de l’exil à Babylone qui a duré une cinquantaine d’années (587-538 avant J.C). On mesure dans ces lignes l’émotion du peuple élu qui retrouve sa terre, le temple et la Parole de son Dieu. Ils ont conscience d’avoir été infidèles à leur vocation de témoins de l’Eternel, et sont saisis par sa Parole quand prêtres, scribes et lévites la leur redonnent à entendre. C’est très beau !

A quand une redécouverte par tous les baptisés de la Parole de Dieu contenue dans la Bible, du témoignage de Jésus laissé avec fidélité par les évangélistes et les divers auteurs du Nouveau Testament ? Certains d’entre nous ont une telle méconnaissance du trésor de la foi chrétienne, qui n’est qu’un parfait prolongement de la foi juive de nos frères aînés !

Cependant, je voulais souligner le passage mis ici en titre. Après l’exil à Babylone, les prêtres, scribes et lévites ont encore une connaissance et une compréhension de la Loi que le peuple a perdue. Visiblement, il ne parle plus la langue des Ecritures. Il faut la leur traduire et la leur expliquer. Un parallèle est facile à établir entre ce qui se vit là et nos propres cultes chrétiens. On se lève pour la lecture de l’Evangile puis on écoute le prédicateur, prêtre, diacre ou pasteur, nous en donner une interprétation en phase avec la doctrine de son église. (suite…)