Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

En ce temps-là, Jésus disait aux Juifs : « Si c’est moi qui me rends témoignage, mon témoignage n’est pas vrai ;
c’est un autre qui me rend témoignage, et je sais que le témoignage qu’il me rend est vrai.
Vous avez envoyé une délégation auprès de Jean le Baptiste, et il a rendu témoignage à la vérité.
Moi, ce n’est pas d’un homme que je reçois le témoignage, mais je parle ainsi pour que vous soyez sauvés.
Jean était la lampe qui brûle et qui brille, et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière.
Mais j’ai pour moi un témoignage plus grand que celui de Jean : ce sont les œuvres que le Père m’a donné d’accomplir ; les œuvres mêmes que je fais témoignent que le Père m’a envoyé. »
Et le Père qui m’a envoyé, lui, m’a rendu témoignage. Vous n’avez jamais entendu sa voix, vous n’avez jamais vu sa face,
et vous ne laissez pas sa parole demeurer en vous, puisque vous ne croyez pas en celui que le Père a envoyé.
Vous scrutez les Écritures parce que vous pensez y trouver la vie éternelle ; or, ce sont les Écritures qui me rendent témoignage,
et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie !
La gloire, je ne la reçois pas des hommes ;
d’ailleurs je vous connais : vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu.
Moi, je suis venu au nom de mon Père, et vous ne me recevez pas ; qu’un autre vienne en son propre nom, celui-là, vous le recevrez !
Comment pourriez-vous croire, vous qui recevez votre gloire les uns des autres, et qui ne cherchez pas la gloire qui vient du Dieu unique ?
Ne pensez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance.
Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c’est à mon sujet qu’il a écrit.
Mais si vous ne croyez pas ses écrits, comment croirez-vous mes paroles ? »

Jean 5,31-47

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Un extrait d’évangile cinglant pour ceux qui prétendent annoncer un Jésus doucereux et facile à aimer et à reconnaître en son temps. Beaucoup s’exclament de nos jours « Ah, ces pharisiens et ces juifs pieux qui n’ont pas su reconnaître le Christ, qui l’ont persécuté et mis à mort sur une croix! Si j’avais été là, comme je l’aurais aimé et suivi ! La preuve : j’ai donné ma vie pour son Eglise ! »

Cela me fait toujours sourire, mais avec un peu d’amertume. Car rien n’est plus difficile que de discerner la vérité du Christ dans le temps où on vit. Ses chemins ne sont pas les chemins des hommes, et ses préoccupations ne sont pas forcément celles des responsables religieux, même se réclamant de Lui. Ainsi, il est fort à parier que Jésus incarné en notre temps serait moins préoccupé de bioéthique que du sort que chacun réserve, dans son entourage proche, à celle qui lui fait son ménage ou se soucie de ses besoins les plus élémentaires au quotidien. La femme qui rend salubres les toilettes publiques est plus importante aux yeux du Christ que le prélat capable de tenir un discours bien ficelé sur la GPA, la PMA et tous ces sujets qui monopolisent le discours catholique occidental et font perdre de vue l’essentiel de notre foi : l’Evangile. (suite…)

Ainsi parle le Seigneur : Voici l’ordre que j’ai donné à vos pères : « Écoutez ma voix : je serai votre Dieu, et vous, vous serez mon peuple ; vous suivrez tous les chemins que je vous prescris, afin que vous soyez heureux. »
Mais ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont suivi les mauvais penchants de leur cœur endurci ; ils ont tourné leur dos et non leur visage.
Depuis le jour où vos pères sont sortis du pays d’Égypte jusqu’à ce jour, j’ai envoyé vers vous, inlassablement, tous mes serviteurs les prophètes.
Mais ils ne m’ont pas écouté, ils n’ont pas prêté l’oreille, ils ont raidi leur nuque, ils ont été pires que leurs pères.
Tu leur diras toutes ces paroles, et ils ne t’écouteront pas. Tu les appelleras, et ils ne te répondront pas.
Alors, tu leur diras : « Voilà bien la nation qui n’a pas écouté la voix du Seigneur son Dieu, et n’a pas accepté de leçon ! La vérité s’est perdue, elle a disparu de leur bouche. »

Jérémie 7,23-28
Textes liturgiques©AELF

Je me demande souvent comment les chrétiens peuvent lire avec quiétude le Livre de Jérémie. Il faut avoir une bonne dose d’orgueil pour croire que les reproches adressés par le Père à son peuple élu six siècles avant Jésus Christ ne concernent que les Juifs de ce temps. La parole du Père, que Jérémie nous donne avec tant de sincérité, n’est-elle pas intemporelle ? Elle en dit long sur Dieu, sur son attachement au peuple qu’il s’est choisi, sur son amour jaloux et blessé par les infidélités quasi païennes de ce peuple à cette époque-là. Et nous, chrétiens, le lirions en toute bonne conscience, un peu satisfaits que Dieu ait fait basculer son amour sur nous et renié le peuple élu aux origines ? Nous serions donc ceux qui ont reçu la vraie Parole en son Fils et qui baignent dans son amour inconditionnel, les portes du Royaume grandes ouvertes devant nous parce que Jésus est mort sur le croix pour nos péchés, que nous avons obtenu le salut par notre baptême et que nous n’avons plus, à notre mort, qu’à nous jeter dans les bras de Dieu quoi que nous ayons fait notre vie durant de la Parole et des commandements laissés par son Fils ?
Que tout cela est facile et illusoire ! Comme la théologie d’aujourd’hui donne bonne conscience à peu de frais !

Depuis longtemps, je suis fâchée contre le paragraphe 65 du catéchisme catholique qui spécifie que Dieu nous a tout dit en Jésus Christ et qu’il n’a plus rien à nous dire – je résume, cet article est inspiré de saint Jean de la Croix. Une fois de plus, on a considéré qu’un saint canonisé, tout saint soit-il, disait une parole descendue tout droit du ciel, qu’il n’y avait plus qu’à l’inscrire dans le catéchisme et à l’apprendre par cœur comme vérité absolue. (suite…)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.
Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise.
Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux. »

Matthieu 5,17-19
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

J’ai constaté souvent que des prêtres ou des pratiquants catholiques très observants qui étaient confrontés à ce que j’écris ici depuis six ans étaient incommodés, leur réaction allant de la contestation à la froide prise de distance. On essaie de me mettre dans des petites cases : « féministe » avec tout le poids de préjugés que ces personnes y mettent, « progressiste » et on me soupçonne alors aussitôt d’être favorable au mariage des prêtres ou au sacerdoce des femmes, « hérétique » et on m’invite plus ou moins aimablement à rejoindre une communauté protestante.
N’ai-je pas le droit d’être moi-même, c’est-à-dire n’entrant dans aucune de ces catégories-clichés?

J’ai été baptisée dans l’Eglise catholique, ce fut le choix de mes parents, de mes parrain et marraine, de mon oncle alors tout jeune prêtre qui m’a lui-même baptisée. Sans doute aussi le choix de Dieu, qui m’a fait naître dans cette famille-là, avec cette hérédité-là et cette tradition religieuse-là et pas une autre. Je respecte absolument le baptême que j’ai reçu, j’en vis et je continue à pratiquer ma foi dans l’Eglise catholique romaine, malgré tous les griefs que je peux avoir contre elle.

Si j’entre souvent en contestation avec le dogme officiel et le catéchisme catholiques, ce n’est pas non plus dans l’espérance de les voir être réformés. Je pense que pour cela, il est trop tard. Luther est sans doute arrivé au bon moment, mais faute d’avoir été consensuel et étant donné le conservatisme de l’Eglise de son temps, sa Réforme a engendré la division que nous subissons encore douloureusement aujourd’hui. (suite…)

Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays.
En vérité, je vous le dis : Au temps du prophète Élie, lorsque pendant trois ans et demi le ciel retint la pluie, et qu’une grande famine se produisit sur toute la terre, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie ne fut envoyé vers aucune d’entre elles, mais bien dans la ville de Sarepta, au pays de Sidon, chez une veuve étrangère.
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »
À ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux.
Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu’à un escarpement de la colline où leur ville est construite, pour le précipiter en bas.
Mais lui, passant au milieu d’eux, allait son chemin.

Luc 4,24-30
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Tout est vrai dans l’Evangile, mais cette parole de Jésus, qui est devenue une expression courante dans notre langage, est particulièrement pertinente au sujet de la persécution des prophètes depuis les temps bibliques et jusqu’à nos jours, où les motions de l’Esprit saint exprimées ouvertement passent si mal dans les consciences, à commencer par l’entourage de la personne qui les reçoit et jusque dans les rangs de l’Eglise au sens large. Je suis en contact avec un religieux dominicain assez connu pour son franc parler dans l’Eglise au sujet des dossiers d’abus sexuels et aussi du peu de considération véritable dont sont victimes de la part de la hiérarchie ecclésiale les femmes de foi, de nos jours encore. Ce dominicain a beau être un professeur de théologie compétent et reconnu, il se heurte à une véritable omerta sur ces thèmes-là. Depuis que je le lis ici ou là, je me sens un peu moins seule dans l’incompréhension dont j’ai moi-même été victime quand je m’exprimais, maladroitement certes, dans mon entourage proche il y a une vingtaine d’années. Ce même dominicain soulignait aujourd’hui-même sur les réseaux sociaux qu’un évêque français n’était guère poursuivi pour soutenir actuellement une fausse mystique aux propos délétères. Je suis stupéfaite depuis des années du défaut de discernement de nombreux hommes d’Eglise, de leur tolérance complice pour des faux prophètes incitant à d’inutiles pieuseries, tandis qu’ils font tout pour étouffer, en les ignorant ou les discréditant, les propos des personnes véritablement inspirées par l’Esprit saint. Ce qu’endure le Pape François est de cet ordre-là, mais lui-même ne semble pas avoir pouvoir sur cette horde de prélats au discernement défaillant.

Qui prêche la vérité ne peut avoir qu’un seul modèle : le Christ Jésus, qui a enduré pire encore que ce qu’avait déjà subi le prophète Jérémie en son temps. Le propre Fils de Dieu a été condamné à mort par les gardiens de sa tradition religieuse. Qui serions-nous pour échapper au mépris de ceux qui ont une place et un petit pouvoir à défendre ?

Image : La lapidation d’Etienne

Moïse disait au peuple d’Israël : « Aujourd’hui le Seigneur ton Dieu te commande de mettre en pratique ces décrets et ces ordonnances. Tu veilleras à les pratiquer de tout ton cœur et de toute ton âme.
Aujourd’hui tu as obtenu du Seigneur cette déclaration : lui sera ton Dieu ; toi, tu suivras ses chemins, tu garderas ses décrets, ses commandements et ses ordonnances, tu écouteras sa voix.
Aujourd’hui le Seigneur a obtenu de toi cette déclaration : tu seras son peuple, son domaine particulier, comme il te l’a dit, tu devras garder tous ses commandements.
Il te fera dépasser en prestige, renommée et gloire toutes les nations qu’il a faites, et tu seras un peuple consacré au Seigneur ton Dieu, comme il l’a dit.»

Deutéronome 26,16-19
Textes liturgiques©AELF

De la notion de peuple juif élu par Dieu – et qui le demeure, j’y crois – il me semble que nous sommes passés, après l’avènement de Jésus-Christ dans la chair, non pas à un peuple de chrétiens élu de façon comparable – notion qui contribue souvent à l’orgueil de l’Eglise qui s’est crue longtemps appelée au prestige – mais plutôt à un appel de personne à personne de la part de Dieu sur ceux qui veulent bien croire au Nom de son Fils – « Dieu sauve ».
Le baptême en est le signe, certes, mais vu la manière dont il est donné depuis des siècles par l’Eglise catholique en particulier – comme un dû pour certains parents d’enfants proposés au baptême, comme un « vaccin contre l’enfer » pour d’autres, comme une occasion de fête de famille encore pour d’autres – ce signe n’est de loin pas suffisant pour vivre en chrétien authentique. Et d’ailleurs nous ne pouvons que le constater, avec chagrin, dans nos paroisses : on ne revoit en général les baptisés que pour recevoir la première communion, puis ils disparaissent à nouveau jusqu’à un éventuel mariage où il se rappellent qu’ils ont déjà reçu deux sacrements et que c’est plus joli et solennel à l’église…

Bref, je ferme là cette parenthèse sur le baptême catholique qui me pose question depuis longtemps. Etre véritablement chrétien, c’est tout autre chose. C’est, comme Dieu l’attendait du peuple qu’il s’était choisi aux origines de l’alliance, « suivre ses chemins, garder ses commandements, écouter sa voix. » Cela peut concerner une assemblée réunie pour prier ensemble, écouter la Parole, la méditer et recevoir des sacrements. Mais plus encore, et j’insiste, cette attitude relève d’une réponse personnelle à un appel reçu personnellement.

Qui perçoit encore cet appel dans l’Occident d’aujourd’hui ? Je suis frappée par l’addiction au bruit de nombre de mes contemporains. Nos jeunes font leurs devoirs et leur footing avec des écouteurs sur les oreilles. La télévision s’est invitée dans les chambres à coucher et est pour beaucoup le dernier son qu’ils entendent avant de s’endormir, quand elle ne meuble pas déjà l’atmosphère familiale de toute la soirée. Quelle place pour l’écoute de la Parole de Dieu dans cette ambiance qui fuit le silence ?

La Parole de Dieu a besoin du silence.

C’est, pour qu’elle se manifeste, une condition incontournable. (suite…)