Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

« Ce que j’ai entendu dire dans mon pays
sur toi et sur ta sagesse,
c’était donc vrai !
Je ne voulais pas croire ce qu’on disait,
avant de venir et de voir de mes yeux ;
mais voilà qu’on ne m’en avait pas appris la moitié !
Tu surpasses en sagesse et en magnificence
la renommée qui était venue jusqu’à moi.
Heureux tes gens,
heureux tes serviteurs que voici,
eux qui se tiennent continuellement devant toi
et qui entendent ta sagesse ! »

1 Rois 10, 6-8

Heureuse reine de Saba qui vit la splendeur et goûta la sagesse du roi Salomon !
Ces mots siéraient parfaitement à la fiancée du Cantique des cantiques et, les prenant à son compte, toute femme consacrée au Seigneur pourrait les déclamer d’un cœur ému à son Bien-Aimé.
« Tu surpasses en sagesse et en magnificence
la renommée qui était venue jusqu’à moi. »

Oh, ce n’est pas la richesse matérielle de Jésus qui nous impressionne, car il n’en a point ! Mais l’âme qui s’est donnée à Lui et l’approche jour après jour au creux de l’oraison est éblouie elle aussi par sa sagesse et sa magnificence !
Rares sont les âmes bénies qui ont pu contempler le Christ Jésus des yeux de l’esprit. Sainte Thérèse d’Avila en fut terrassée d’amour pour lui, c’est dire à quel point sa beauté doit surpasser toute beauté !
Pour moi, jamais mes yeux n’ont vu sa gloire et sa splendeur. Mais quant à la renommée qui était venue jusqu’à moi dès mon plus jeune âge au sujet de son amour de la vérité, de sa justice et de sa miséricorde, je dois dire que ce que j’ai trouvé en son cœur si pur et si aimant les surpasse infiniment ! Oui, le Christ Jésus notre Roi est d’une innocence, d’une justesse de sentiments et d’une authenticité insurpassables. Je ne le dis pas par ouï dire. Je le dis par expérience, par vécu, par rencontre ineffable, par connaissance intime de sa délicieuse Personne.
Qui a goûté à sa perfection tant humaine que divine ne pourra jamais plus s’émerveiller d’une créature, et ne trouvera de complicité vraie, dans l’amitié spirituelle, qu’avec ses plus authentiques et heureux serviteurs.

Le soir venu, après le coucher du soleil,
on lui amenait tous ceux qui étaient atteints d’un mal
ou possédés par des démons.
La ville entière se pressait à la porte.
Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies,
et il expulsa beaucoup de démons ;
il empêchait les démons de parler,
parce qu’ils savaient, eux, qui il était.

Marc 1, 32-34
Textes liturgiques©AELF

Je vais me démarquer, dans cet article, de tout ce qui est contemporain, raisonnable, moderne, tendance théorie du genre et j’en passe…
Pour moi, l’Evangile est vraiment le livre de la parole et des actes de Jésus, et je le prends tel qu’il est, sans le tronquer, sans l’édulcorer, sans le mettre à la sauce du rationalisme de ces deux derniers siècles.
Pour nier l’existence du démon et des esprits mauvais, il faut ne pas y avoir été confronté dans sa vie. Or, par toute ma vie, j’en atteste : le Malin existe, oui, il se manifeste sous un tas de formes et dans de nombreuses situations, nous pouvons faire confiance aux saints et aux mystiques qui, toujours, l’ont trouvé en travers de leur chemin. Alors bien sûr, quand on a l’esprit du monde et que l’on vit selon ses modes et ses fluctuations, on discerne peu l’esprit mauvais : il est, avec les mondains, d’une très grande mansuétude et il les préserve de ses attaques directes ou indirectes. Je suis toujours frappée de constater que mes proches qui adoptent les attitudes et les opinions de la « pensée unique » ont une vie plutôt fluide, pas désagréable, qu’ils sont appréciés et admirés par beaucoup de gens. Ce qui les interpelle en l’autre est attribué aux dysfonctionnements de son psychisme, ils recherchent dans les sciences humaines des explications à tout mauvais caractère ou déviance morale, voire criminelle.

Je voudrais aujourd’hui témoigner de ce qu’est une vie hors de l’esprit du monde, une vie qui recherche sans arrêt l’authenticité dans son être et dans son agir, une vie qui n’a qu’un seul modèle : le Christ Jésus.
Oui, j’ai pris cette voie étroite et difficile depuis mon plus jeune âge. Travaillée jusqu’aux entrailles par la Parole et la façon d’être du Christ.
Eh bien, vous pouvez m’en croire, le démon savait, lui, qui je désirais devenir.
Mais je voudrais souligner une différence de taille entre ma personne et celle de mon maître absolu, le Christ Jésus : il s’est incarné homme, et moi je suis femme. De là, un comportement diamétralement opposé du Malin à son égard et à mon égard. (suite…)

Moïse disait au peuple : « Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l’écouterez.
C’est bien ce que vous avez demandé au Seigneur votre Dieu, au mont Horeb, le jour de l’assemblée, quand vous disiez : « Je ne veux plus entendre la voix du Seigneur mon Dieu, je ne veux plus voir cette grande flamme, je ne veux pas mourir ! »
Et le Seigneur me dit alors : « Ils ont bien fait de dire cela.
Je ferai se lever au milieu de leurs frères un prophète comme toi ; je mettrai dans sa bouche mes paroles, et il leur dira tout ce que je lui prescrirai.
Si quelqu’un n’écoute pas les paroles que ce prophète prononcera en mon nom, moi-même je lui en demanderai compte.
Mais un prophète qui aurait la présomption de dire en mon nom une parole que je ne lui aurais pas prescrite, ou qui parlerait au nom d’autres dieux, ce prophète-là mourra. »

Deutéronome 18,15-20
Textes liturgiques©AELF

A l’évidence, le Père annonce ici, par la bouche de Moïse, le Fils qui viendra quelques siècles plus tard. Et nous avons à l’écouter. Instamment.
De là à croire que tous ceux qui parlent soit-disant au nom de Jésus prononcent aujourd’hui des paroles de vérité venues de Dieu lui-même, il y a un pas.
Il ne suffit pas de porter une soutane et même une chasuble à l’ambon pour dire la vérité du Christ. L’homme, fût-il prêtre, restera toujours marqué par son péché intrinsèque, sa partialité, sa formation dans un univers presque entièrement masculin et un reste de méfiance instinctive – ou inculquée – vis-à-vis de ses sœurs en humanité.
Cela étant dit, je voudrais souligner que ce n’est pas parce qu’on est une femme qu’on ne peut pas recevoir et annoncer des paroles qui viennent de Dieu lui-même. Et surtout, que l’on n’est pas obligée, en tant que femme chrétienne, de prendre Marie, qui n’a prononcé que quelques mots dans l’Evangile, comme modèle absolu de comportement chrétien. Je m’inspire davantage d’une Thérèse d’Avila ou d’une Catherine de Sienne, qui n’avaient pas la langue dans leur poche. Personnellement, je suis quelqu’un qui parle peu. Mais j’écris beaucoup ! Et j’aimerais enfin que l’on comprenne que je ne le fais pas au nom de frustrations ou de traumatismes qu’on me renvoie souvent avec dédain à la figure, mais d’ardeur évangélique qui me vient du Dieu Trinité.
Par le baptême, nous devenons « prêtre, prophète et roi », et pas seulement si nous portons soutane, chasuble ou couronne ! (suite…)

Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »
Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs.
Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets.
Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.

Marc 1,14-20
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

C’est une conviction que je porte depuis longtemps : Dieu a un problème de timing. Incontestablement.
Jésus, qu’est-ce que tu nous racontes là ? « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. » Euh, j’ai beau regarder autour de moi, depuis les 2000 ans que tu as prononcé cette phrase, je ne le vois pas vraiment, le règne de Dieu ! Pas une année sans guerre en un recoin ou même une vaste étendue de la planète, l’égoïsme et l’orgueil, toujours – peut-être même de plus en plus – l’asservissement des pauvres et des faibles aux puissants de ce monde…
On aura beau prêcher que le règne de Dieu est « au milieu de nous », il faut avoir des lunettes chrétiennes un peu spéciales pour le discerner !
Non, assurément, le temps de Dieu n’est pas le temps des hommes. J’en ai déjà fait l’intime et amère expérience. Je recevais une intuition spirituelle très forte et très profonde : la promesse belle me semblait imminente, c’est ainsi qu’elle m’était donnée. J’affolais du monde autour de moi – ou pas. J’espérais enfin la fin de mes tourments et la justification promise, et non, je tombais dans pire encore. Et cela pouvait durer des années. Cela dure depuis des années.
Est-ce que je doute de ces promesses pour autant ? Non. Car parfois, pour une promesse entre temps oubliée, se dessine un accomplissement, oh, cela peut être 15 ou 20 ans plus tard, mais soudain l’exaucement est là, tangible, incontestable, et bien au-delà de mes espérances… (suite…)

Par ses paroles, David retint ses hommes. Il leur interdit de se jeter sur Saül. Alors Saül quitta la grotte et continua sa route.
David se leva, sortit de la grotte, et lui cria : « Mon seigneur le roi ! » Saül regarda derrière lui. David s’inclina jusqu’à terre et se prosterna, puis il lui cria : « Pourquoi écoutes-tu les gens qui te disent : “David te veut du mal” ?
Aujourd’hui même, tes yeux ont vu comment le Seigneur t’avait livré entre mes mains dans la grotte ; pourtant, j’ai refusé de te tuer, je t’ai épargné et j’ai dit : “Je ne porterai pas la main sur mon seigneur le roi qui a reçu l’onction du Seigneur.”
Regarde, père, regarde donc : voici dans ma main le pan de ton manteau. Puisque j’ai pu le couper, et que pourtant je ne t’ai pas tué, reconnais qu’il n’y a en moi ni méchanceté ni révolte. Je n’ai pas commis de faute contre toi, alors que toi, tu traques ma vie pour me l’enlever.
C’est le Seigneur qui sera juge entre toi et moi, c’est le Seigneur qui me vengera de toi, mais ma main ne te touchera pas !
Comme dit le vieux proverbe : “Des méchants sort la méchanceté.” C’est pourquoi ma main ne te touchera pas.

1 Samuel 24, 8-13

Je mentionne cet extrait de la liturgie du jour simplement pour relever que dans la foi, comme David, on est en droit de dire, parfois : « Je n’ai pas commis de faute contre toi. »
Je sais bien qu’il est écrit, dans la Première Lettre de Jean : « Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n’est pas en nous. Si nous reconnaissons nos péchés, lui qui est fidèle et juste va jusqu’à pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice. Si nous disons que nous sommes sans péché, nous faisons de lui un menteur, et sa parole n’est pas en nous. » (1 Jean 1, 8-10)
Ce passage marquant des Ecritures est-il la source de cette manie très chrétienne de battre sans arrêt sa coulpe ? Est-il à l’origine de cette sorte de déni ecclésial de l’innocence possible dans certaines situations ?
Nul n’est sans péché, certes. Mais il y a néanmoins des situations de la vie où on peut ne pas être un incorrigible pécheur. On peut très bien, à force d’aimer le Christ et de vouloir vivre son Evangile, veiller sur toutes ses paroles et tous ses actes. Pécher parfois en telle ou telle circonstance, par tentation ou « contagion » de l’entourage, voudrais-je dire, mais aussi vivre les vertus évangéliques du mieux que l’on peut. Je trouve morbide de devoir se scruter sans cesse à la recherche d’inévitables péchés que nous sommes censés commettre à longueur de journée, si l’on en croit par exemple la teneur de la plupart des homélies ou des examens de conscience.
On pèche toujours par omission, cela est certain.
Mais je revendique aussi une sorte de droit à la pertinence évangélique. Le droit de penser de temps en temps, au terme de sa journée : « Merci Seigneur de m’avoir aujourd’hui inspiré le juste chemin et d’être parvenu à vivre ton Evangile. »
C’est pharisien ?
Battre sa coulpe sans cesse et se proclamer sur tous les toits un grand pécheur, cela peut l’être aussi, et parfois même davantage, car l’Eglise aime applaudir le pécheur contrit… et considérer le saint comme un insupportable orgueilleux.