Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

À Celui qui peut vous rendre forts
selon mon Évangile qui proclame Jésus Christ :
révélation d’un mystère
gardé depuis toujours dans le silence,
mystère maintenant manifesté
au moyen des écrits prophétiques,
selon l’ordre du Dieu éternel,
mystère porté à la connaissance de toutes les nations
pour les amener à l’obéissance de la foi,
à Celui qui est le seul sage, Dieu, par Jésus Christ,
à lui la gloire pour les siècles. Amen.

Romains 16, 25-27
Textes liturgiques©AELF

A lire cette conclusion de l’Epître aux Romains par l’apôtre Paul, je me demande comment l’Eglise catholique romaine, au cours des siècles sur deux millénaires, a pu en venir à croire et faire croire à ses fidèles que l’ultime mystère que Dieu avait à révéler à l’humanité ait pu tenir dans ces quelques lignes et les Ecritures achevées au terme de l’Apocalypse de Jean. Loin de moi l’idée de contester les Ecritures telles qu’elles ont été définies canoniquement. Qui me lit régulièrement sait d’ailleurs que je suis assez allergique aux évangiles apocryphes… dans lesquels l’Eglise a toujours du mal à avouer puiser l’origine de certaines de ses fêtes liturgiques et de ses doctrines (ce qui concerne la Vierge Marie en particulier).
Ce que je voudrais simplement souligner, c’est que ce verrouillage de la doctrine catholique aux écrits du dernier des Apôtres marque une forme de mépris de la puissance de l’Esprit Saint. Tout fonctionne comme si, après Paul et la révélation de Jean, l’Esprit Saint n’avait plus rien eu à révéler à l’humanité, que ce soit dans le cadre de l’Eglise ou en dehors.
A y regarder de près, je me dis que cela arrange bien une certain clergé 100 % masculin. Un Père, un Fils et un Esprit que le langage chrétien masculinise aussi. Une vision très arrêtée de la place des femmes dans l’Eglise et la famille dans les écrits de Paul. Combien de générations de femmes ont-elles eu à souffrir du fameux « Femmes, soyez soumises à vos maris ! » (Ephésiens 5, 22). Nous n’en sommes pas encore totalement sorties – par exemple  dans les milieux traditionalistes. Et j’irai plus loin : c’est tellement entré dans les mœurs que de nos jours, les femmes sont plus soumises, même en Europe, à leurs compagnons de vie qu’elles ne le croient. En effet, je le constate depuis toujours, bien des femmes abandonnent la petite flamme de la foi chrétienne qui aurait pu brûler en elles pour mieux plaire à l’homme qu’elles veulent conquérir et garder. Ne soyons pas aveuglés par les traditions bibliques : bien plus d’hommes que de femmes sont foncièrement mécréants et rejettent l’Evangile comme un discours contraignant pour leur ego orgueilleux et libertin. Je ferme la parenthèse. (suite…)

Malachie 1,14-2.2,2.8-10
Psaume 130
1 Thessaloniciens 2,7-13
Matthieu 23,1-12

C’était aussi un 31ème dimanche du temps ordinaire, avec les mêmes lectures liturgiques qu’aujourd’hui. C’était, je crois, il y a dix-huit ans.
J’étais à la messe avec mon papa, et mon mari encore à cette époque, dans mon village natal. Le prêtre, vieillissant, était un ami de longue date. Son homélie fut poignante. Il exprima soudain une grande souffrance intérieure. Je me souviens de ses mots : « C’est un appel au secours que je vous lance ! » Etant à cette époque dans la même disposition intérieure que lui, j’en avais été bouleversée.
Nous sommes sortis de l’église, la messe était finie. Mon père formule le vœu de nous diriger vers le cimetière. Je lui réponds aussitôt : « Mais papa, ce ne sont pas les morts qu’il faut aller voir, mais René qui ne va pas bien ! »
Et mon mari et moi sommes allés au presbytère où nous avons rejoint notre ami prêtre, celui-là même qui avait apaisé le conflit dans notre famille quand nous avions décidé, après très mûre réflexion, neuf ans plus tôt, de ne nous marier qu’à la mairie.
Nous nous enquérons de sa santé, de son moral, du pourquoi de son appel à l’aide. Il change aussitôt de sujet : « Et vous, comment allez-vous ? Et les enfants ? » Et la conversation glisse vers notre situation à nous. Il va nous chauffer un café dans une petite casserole, non sans mal car son logis est un fouillis indescriptible. « Vous voyez comment je vis, ce n’est même plus digne d’un être humain ». Partie de la réponse à notre question précédente…
La lecture du Livre de Malachie m’a profondément secouée, en particulier ce passage : (suite…)

Glorifie le Seigneur, Jérusalem !
Célèbre ton Dieu, ô Sion !
Il a consolidé les barres de tes portes,
dans tes murs il a béni tes enfants.

Il fait régner la paix à tes frontières,
et d’un pain de froment te rassasie.
Il envoie sa parole sur la terre :
rapide, son verbe la parcourt.

Il révèle sa parole à Jacob,
ses volontés et ses lois à Israël.
Pas un peuple qu’il ait ainsi traité ;
nul autre n’a connu ses volontés.

Ps 147 (147b), 12-13, 14-15, 19-20

Textes liturgiques©AELF

Croyez-vous, amis lecteurs, que Dieu puisse s’attacher davantage à une ville qu’à une personne ?
Personnellement, je ne le crois pas. Aussi suis-je parfois ahurie de toutes ces guerres autour de Jérusalem depuis sa fondation.
Pas un peuple qu’il ait ainsi traité, oui, là, d’accord. Dieu peut s’attacher à un peuple, il s’est attaché au peuple juif depuis les origines, et on ne m’enlèvera pas l’idée qu’il y soit toujours autant attaché aujourd’hui. Le peuple juif préfigure son Fils, né Juif, élevé dans une tradition qui plaisait au Père et que son Fils a observée.
Et aujourd’hui ?
Il envoie sa parole sur la terre : rapide, son verbe la parcourt.
Oui, la parole du Christ Jésus n’a pas encore fini de parcourir la terre, et il serait stupide et orgueilleux de prétendre qu’elle soit parfaitement circonscrite dans une seule tradition, une seule Eglise chrétienne. Aucune ne possède l’absolue vérité dans sa plénitude.
Pour en revenir à Jérusalem, c’est un haut lieu des trois grandes religions monothéistes, oui, c’est certain.
Mais ne peut-on aller au-delà de la métaphore ?

Il a consolidé les barres de tes portes, dans tes murs il a béni tes enfants. A qui, mieux qu’à une femme ayant eu plusieurs enfants, tous sa joie et tous bénis, cette image peut-elle s’appliquer ?

Il fait régner la paix à tes frontières, et d’un pain de froment te rassasie. Paix, sérénité, sagesse venant avec l’âge. Nourriture incomparable que représente, pour soutenir une foi, le pain de l’Eucharistie.

« Amen, amen, je vous le dis : celui qui écoute ma parole et croit au Père qui m’a envoyé, celui-là obtient la vie éternelle et il échappe au Jugement, car il est déjà passé de la mort à la vie. »
Jean 5, 24
Textes liturgiques©AELF

Je ne suis pas triste. A l’âge que j’ai, je vois partir peu à peu la génération qui me précède. Mais j’ai cette chance de faire mes « à Dieu » la plupart du temps à des justes, et je suis confiante pour leur salut.
L’autre jour, j’ai eu ce dialogue avec ma grande fille :
« La Toussaint n’est pas un jour triste cette année, nous sommes restées en Alsace et nous ne faisons pas la tournée des cimetières. »
Je songe tout de même un moment au regret de ne pas pouvoir me recueillir sur la tombe de ma maman. Mais je dis aussitôt à ma fille :
« De toute façon, mamie n’est pas dans sa tombe. »
Elle rit :
« Oui, c’est comme une petite fille indisciplinée qui n’est pas restée là, hop, elle s’est sauvée de sa tombe !  »

Quand je fleuris la tombe de ma mère, j’ai toujours la même pensée : elle aimait les fleurs, ça lui fera plaisir de les voir sur sa tombe… de là-haut.

Frères, j’estime, qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous.
En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu.
Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance
d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu.
Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore.
Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps.
Car nous avons été sauvés, mais c’est en espérance ; voir ce qu’on espère, ce n’est plus espérer: ce que l’on voit, comment peut-on l’espérer encore ?
Mais nous, qui espérons ce que nous ne voyons pas, nous l’attendons avec persévérance.

Romains 8,18-25
Textes liturgiques©AELF

Je me demande comment Paul a pu trouver une métaphore si juste que celle « des douleurs d’un enfantement », lui qui n’était pas spécialement attentif aux ressentis profonds des femmes de son temps dans ses prédications et ses écrits. Et pourtant, moi qui suis femme et mère, je comprends très profondément, pour mon âme et dans ma chair, ce qu’il a voulu exprimer ici.
Oui, dans l’enfantement, il y a l’attente et l’espérance à la fois patiente et impatiente. On porte un enfant en soi, et à bien des égards, c’est merveilleux. Il se manifeste et répond à nos sollicitations tactiles. Il réagit à des états physiques ou psychologiques dans lesquels nous pouvons nous trouver. Il agit parfois à contre-courant de notre volonté propre : l’un de mes bébés par exemple remuait systématiquement beaucoup quand je voulais m’endormir.
Ne suis-je pas en train ici de poursuivre la métaphore sur les surprises de l’Esprit Saint en nous ? (suite…)