Site de Véronique Belen
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Méditations bibliques

En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Voici que moi, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et candides comme les colombes.
Méfiez-vous des hommes : ils vous livreront aux tribunaux et vous flagelleront dans leurs synagogues.
Vous serez conduits devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : il y aura là un témoignage pour eux et pour les païens.
Quand on vous livrera, ne vous inquiétez pas de savoir ce que vous direz ni comment vous le direz : ce que vous aurez à dire vous sera donné à cette heure-là.
Car ce n’est pas vous qui parlerez, c’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous.
Le frère livrera son frère à la mort, et le père, son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront mettre à mort.
Vous serez détestés de tous à cause de mon nom ; mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé. »
Quand on vous persécutera dans une ville, fuyez dans une autre. Amen, je vous le dis : vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra. »

Matthieu 10,16-23
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Il est bon de bien se remettre en mémoire ces paroles du Christ Jésus.
Quand on est touché un jour par la grâce de l’Esprit, on a souvent la naïveté de croire que cette grâce sera contagieuse et que le témoignage nous vaudra du respect voire de la renommée.
Or en Dieu, les choses ne se passent pas du tout de cette façon-là. Le monde est souvent hermétique à la grâce de l’Esprit Saint, de cela nous pouvons nous douter à l’avance. Le témoignage vers le monde est toujours difficile, source au mieux de moqueries, au pire de persécution. Dans certains pays ce sera une persécution corporelle, dans nos nations plus permissives mais impies, un renvoi vers la psychiatrie. (suite…)

Ainsi parle le Seigneur : Mon épouse infidèle, je vais la séduire, je vais l’entraîner jusqu’au désert, et je lui parlerai cœur à cœur.
Là, elle me répondra comme au temps de sa jeunesse, au jour où elle est sortie du pays d’Égypte.
En ce jour-là – oracle du Seigneur –, voici ce qui arrivera : Tu m’appelleras : « Mon époux » et non plus : « Mon Baal » (c’est-à-dire « mon maître »).
Je ferai de toi mon épouse pour toujours, je ferai de toi mon épouse dans la justice et le droit, dans la fidélité et la tendresse ;
je ferai de toi mon épouse dans la loyauté, et tu connaîtras le Seigneur.

Osée 2,16.17b-18.21-22
Textes liturgiques©AELF

Accueillir les textes bibliques, même ceux du Premier Testament, dans l’aujourd’hui de nos vies…
Le Livre d’Osée me bouleverse depuis de longues années. Je le trouve d’une beauté et d’une justesse saisissantes, en particulier cet extrait donné à la liturgie d’aujourd’hui.
Essayons de sortir de l’exégèse, de l’analyse historique du texte. Prenons-le vraiment comme la Parole de Dieu, qui n’est jamais obsolète. Prenons-le comme un message intemporel qui s’adresse aux croyants d’aujourd’hui, à ce chrétien que tu es peut-être, ami lecteur.
Personnellement, ce texte me parle au plus intime de mon cœur, de mon âme et de ma chair, et ce depuis une vingtaine d’années. J’en ai même choisi un extrait comme titre de l’un des chapitres de mon témoignage « Histoire d’une foi ».
Oh, je n’ai jamais été une épouse infidèle, je n’ai jamais été une femme vénale. Jamais. Mais infidèle à mon Seigneur, oui peut-être, pendant ces quinze années de doute qui ont miné mon passage à l’âge adulte. Infidèle peut-être à l’appel très fort qui reposait sur moi, depuis l’instant de mon baptême à quelques jours et sans doute même depuis l’instant de ma conception dans le sein d’une mère qui ne me désirait pas, épuisée déjà par trois grossesses antérieures en peu d’années de mariage. Oui, un appel reposait sur moi.

A 16 ans, je me suis interrogée sur la vie religieuse, mais à cet âge-là, ce n’était pas ma vocation. Ma chair hurlait vers la vie de femme et de mère. (suite…)

En ce temps-là, Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et ses disciples le suivirent.
Le jour du sabbat, il se mit à enseigner dans la synagogue. De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : « D’où cela lui vient-il ? Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ?
N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » Et ils étaient profondément choqués à son sujet.
Jésus leur disait : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays, sa parenté et sa maison. »
Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; il guérit seulement quelques malades en leur imposant les mains.
Et il s’étonna de leur manque de foi. Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

Marc 6,1-6
Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

J’ai lu et entendu sur cet évangile des homélies musclées pour souligner que les Nazaréens n’ont pas reconnu en Jésus le Verbe de Dieu, et que « nous » sommes bien souvent capables de la même chose.

Mon propos diffère : je trouve tout de même assez facile, après vingt siècles d’évangélisation, un peu de foi et de bonne volonté, de reconnaître en Jésus au minimum un homme de bien, au mieux le Fils de Dieu, de façon médiane un grand prophète comme les religions non-chrétiennes le font.  Il me semble que le problème n’est pas tant d’accepter Jésus et sa parole – beaucoup de non-croyants ont pour lui du respect – que d’accepter les expressions de l’Esprit Saint dans l’aujourd’hui des femmes et des hommes, qui est aussi l’aujourd’hui de Dieu.
On peut trouver que Jésus est un chic type, on peut même s’abîmer d’amour pour lui devant des images pieuses ou dans l’euphorie d’un concert de louange, on n’en sera pas pour autant forcément capable de discerner l’Esprit Saint chez la personne ordinaire qui est en face de soi et qu’on croit tellement bien connaître.

Ce qu’il faut avant tout considérer, c’est que Jésus ne ressemblait pas du tout aux images que l’on s’en fait de nos jours. Il avait une famille ordinaire : mère, père dont presque tous ignoraient qu’il ne fût qu’adoptif, frères et sœurs qui le considéraient plutôt comme dérangé que Fils de Dieu. Il ne rayonnait pas la sainteté quand il était harassé de fatigue par le poids des jours et de la route, il s’entourait d’amis à la mauvaise réputation dans sa tradition religieuse. Ne fondant pas de famille, il ne se comportait pas en Rabbi digne de ce nom. Il pouvait souffrir de la faim, de la soif, pleurer, être trahi, se faire insulter et cracher au visage. Jésus dans son incarnation et en son temps dégageait sans doute un grand charisme de charité et de vérité, mais sa parole acérée et percutante – qui incommodait tant les autorités religieuses de son temps – le rendait certainement aussi impopulaire parmi les bien-pensants qu’apprécié des foules oppressées par le joug romain et d’impossibles prescriptions religieuses. (suite…)

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Ce n’est pas en me disant : “Seigneur, Seigneur !” qu’on entrera dans le royaume des Cieux, mais c’est en faisant la volonté de mon Père qui est aux cieux.
Ce jour-là, beaucoup me diront : “Seigneur, Seigneur, n’est-ce pas en ton nom que nous avons prophétisé, en ton nom que nous avons expulsé les démons, en ton nom que nous avons fait beaucoup de miracles ?”
Alors je leur déclarerai : “Je ne vous ai jamais connus. Écartez-vous de moi, vous qui commettez le mal !”
Ainsi, celui qui entend les paroles que je dis là et les met en pratique est comparable à un homme prévoyant qui a construit sa maison sur le roc.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé et se sont abattus sur cette maison ; la maison ne s’est pas écroulée, car elle était fondée sur le roc.
Et celui qui entend de moi ces paroles sans les mettre en pratique est comparable à un homme insensé qui a construit sa maison sur le sable.
La pluie est tombée, les torrents ont dévalé, les vents ont soufflé, ils sont venus battre cette maison ; la maison s’est écroulée, et son écroulement a été complet. »
Lorsque Jésus eut terminé ce discours, les foules restèrent frappées de son enseignement,
car il les enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme leurs scribes.

Matthieu 7,21-29

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible – © AELF, Paris

Il l’a dit. Le Christ Jésus. Lui-même.
Je n’ai pas grand-chose à ajouter.
Personnellement, quand on me propose d’écouter ou de chanter, au cours d’une messe ou d’une session, des chants de louange charismatique qui dégoulinent de superlatifs, je suis un peu mal à l’aise. Pas parce que j’ai l’esprit chagrin. Mais parce que très profondément, dans ma rencontre intime avec le Seigneur Jésus et avec le Père, je ressens qu’ils n’apprécient pas tant que ça la flatterie.
Ceux qui entonnent ces chants – composés parfois par des faiseurs de miracles – sont souvent dans un profond bien-être. Les bras balancent, les yeux se ferment et le corps danse.
Ma foi, s’ils se font du bien…
Personnellement, ce n’est pas ma tasse de thé.
Je sais que le Seigneur rayonne pour un merci, un pardon et un s’il te plaît sincères. Et pour des actes évangéliques quotidiens posés dans la discrétion. Cela, bien souvent, lui suffit.

C’était il y a quarante-cinq ans aujourd’hui, un dimanche de la saint Jean Baptiste aussi. Pour la première fois, je recevais le Corps du Christ. Avec une très grande foi.
J’ai raconté dans mon récit téléchargeable sur ce site quelques détails de cette journée, aussi ne vais-je pas y revenir.

Ce que je voudrais souligner, c’est que je pense, depuis, ne jamais avoir communié sans foi en la Présence Réelle du Seigneur dans l’Eucharistie. C’est un mystère auquel je crois très profondément. Et quand le doute m’a saisie à l’entrée dans l’âge adulte, j’ai cessé de communier tout le temps où cela a duré, même quand j’allais à la messe pour des raisons de fêtes familiales. Je crois pouvoir dire que je m’en suis tenue aux prescriptions de l’Apôtre Paul :

Et celui qui aura mangé le pain ou bu la coupe du Seigneur d’une manière indigne devra répondre du corps et du sang du Seigneur.
On doit donc s’examiner soi-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe.

Celui qui mange et qui boit mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps du Seigneur. ( 1 Corinthiens 11, 27-29 – Textes liturgiques©AELF )

Cela fait une bonne vingtaine d’années que je suis redevenue pratiquante régulière, et le sacrement de l’Eucharistie me nourrit toujours autant et même de plus en plus.

Viendra-t-on donc un jour me reprocher de ne pas en être digne parce que depuis longtemps, je ne crois pas que Jésus « venu dans la chair » ait traversé magiquement à sa naissance la paroi abdominale de sa mère ? Dieu a toujours haï la magie, et il en aurait mis là, dans cette naissance de son propre Fils – conçu sans l’intervention d’un géniteur masculin, certes, cela est ma foi profonde –  mais Dieu serait-il allé jusqu’à donner à Jésus une chair qui ne soit pas vraiment une chair et qui puisse se dématérialiser au moment de quitter le sein maternel pour traverser les voies naturelles de la naissance sans laisser aucune trace de son passage ? (suite…)