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« Révélation d’un mystère gardé depuis toujours dans le silence » Romains 16,25

11 novembre 2017 | Publié par Véronique Belen dans Méditations bibliques

À Celui qui peut vous rendre forts
selon mon Évangile qui proclame Jésus Christ :
révélation d’un mystère
gardé depuis toujours dans le silence,
mystère maintenant manifesté
au moyen des écrits prophétiques,
selon l’ordre du Dieu éternel,
mystère porté à la connaissance de toutes les nations
pour les amener à l’obéissance de la foi,
à Celui qui est le seul sage, Dieu, par Jésus Christ,
à lui la gloire pour les siècles. Amen.

Romains 16, 25-27
Textes liturgiques©AELF

A lire cette conclusion de l’Epître aux Romains par l’apôtre Paul, je me demande comment l’Eglise catholique romaine, au cours des siècles sur deux millénaires, a pu en venir à croire et faire croire à ses fidèles que l’ultime mystère que Dieu avait à révéler à l’humanité ait pu tenir dans ces quelques lignes et les Ecritures achevées au terme de l’Apocalypse de Jean. Loin de moi l’idée de contester les Ecritures telles qu’elles ont été définies canoniquement. Qui me lit régulièrement sait d’ailleurs que je suis assez allergique aux évangiles apocryphes… dans lesquels l’Eglise a toujours du mal à avouer puiser l’origine de certaines de ses fêtes liturgiques et de ses doctrines (ce qui concerne la Vierge Marie en particulier).
Ce que je voudrais simplement souligner, c’est que ce verrouillage de la doctrine catholique aux écrits du dernier des Apôtres marque une forme de mépris de la puissance de l’Esprit Saint. Tout fonctionne comme si, après Paul et la révélation de Jean, l’Esprit Saint n’avait plus rien eu à révéler à l’humanité, que ce soit dans le cadre de l’Eglise ou en dehors.
A y regarder de près, je me dis que cela arrange bien une certain clergé 100 % masculin. Un Père, un Fils et un Esprit que le langage chrétien masculinise aussi. Une vision très arrêtée de la place des femmes dans l’Eglise et la famille dans les écrits de Paul. Combien de générations de femmes ont-elles eu à souffrir du fameux « Femmes, soyez soumises à vos maris ! » (Ephésiens 5, 22). Nous n’en sommes pas encore totalement sorties – par exemple  dans les milieux traditionalistes. Et j’irai plus loin : c’est tellement entré dans les mœurs que de nos jours, les femmes sont plus soumises, même en Europe, à leurs compagnons de vie qu’elles ne le croient. En effet, je le constate depuis toujours, bien des femmes abandonnent la petite flamme de la foi chrétienne qui aurait pu brûler en elles pour mieux plaire à l’homme qu’elles veulent conquérir et garder. Ne soyons pas aveuglés par les traditions bibliques : bien plus d’hommes que de femmes sont foncièrement mécréants et rejettent l’Evangile comme un discours contraignant pour leur ego orgueilleux et libertin. Je ferme la parenthèse.

Il y a quelques années, j’avais écrit sur un forum catholique un post qui s’intitulait « La religion catholique verrouillée ». Il fut rejeté deux fois par la modération, puis accepté quand j’ai pris sur moi pour l’édulcorer un peu. Je n’ai pas changé d’avis depuis. Arrêter la révélation au « dernier des Apôtres », c’était prendre le risque de confisquer la parole féminine à tout jamais dans l’Eglise. C’était nier que le Christ Jésus n’ait pas pu tout dire dans le temps de son incarnation, car l’époque ne s’y prêtait pas. C’était lui interdire de confier des vérités ultimes, par la puissance de l’Esprit Saint, à qui il voudrait et quand il voudrait. C’était présupposer que toute vérité sur la révélation chrétienne ne puisse venir que par le Magistère catholique – car même quand une femme est inspirée dans le cœur de l’Eglise, ce sont encore des clercs masculins qui doivent discerner. Autant dire que tout ce qui les blesse un peu dans leur ego est a priori rejeté. Même si cela vient vraiment de l’Esprit Saint…
J’ai souvent été frappée, en lisant les œuvres complètes de sainte Thérèse d’Avila, qu’elle ait signé toutes ses lettres à des clercs « Votre indigne servante ». Jusqu’à quel abaissement n’a-t-elle pas dû aller pour être prise en considération par ces messieurs !
Alors bien sûr, pour ne pas paraître misogyne, l’Eglise catholique a sublimé la Vierge Marie. Pour elle, tous les qualificatifs élogieux sont bons.
Pour une femme qui s’exprime dans la folle liberté de l’Esprit Saint, reste en Eglise la consigne présentée comme aimable de se taire comme un santon de Marie dans la crèche…

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