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Petits « fioretti » d’une enfance campagnarde

4 octobre 2019 | Publié par Véronique Belen dans Blog

Quand j’étais petite fille, mes parents, sans avoir une authentique exploitation agricole, cultivaient potager et champs et pratiquaient l’élevage en plus du métier de mon père, pour avoir de quoi nourrir quatre enfants. C’était pour moi un terrain de jeu tout trouvé.

Je me souviens de ces longs jours de printemps ou d’automne pendant lesquels mon père bêchait le potager à la force des bras. J’étais toujours non loin de lui et il me lançait les énormes vers de terre qui surgissaient sous sa bêche. Je courais, très fière, les jeter à mon tour aux poules qui finissaient par me connaître et par apprécier ce nourrissage de choix. Quand elles se rassemblaient, très tôt, pour la nuit, je pénétrais dans le poulailler et là, perchées sur leurs échelons, elles devenaient ma chorale : je dirigeais avec assurance la cacophonie de leurs caquetages en canons.

Je ramassais tous les insectes et autres bestioles que je trouvais, au désespoir de ma mère, qui me disait que je finirais par attraper des boutons partout. Un magnifique carabe doré fit mon émerveillement, enfermé dans une bouteille – le pauvre ! – pendant des semaines. J’avais une passion pour les batraciens, et rien ne m’enthousiasmait plus que de les élever de l’œuf à la grenouille ou au triton en passant par les tétards. Quand l’élevage aboutissait : deux pattes, puis quatre pattes, c’était un triomphe.

Au collège, on nous infligeait la dissection de la souris, ce qui me fendait le cœur. A la veille des vacances d’été, j’adoptais les souris blanches en surnombre. Autre sujet de désolation pour ma mère, qui en avait la phobie, elle qui s’était retrouvée, puisant dans la réserve à grains petite fille, avec une souris grise dans la main. Je me souviens ainsi de mes compagnes Souricette, Titine et Barnabé. Je poursuivais l’élevage à la maison, mais celles-ci n’étaient du moins pas sacrifiées. Elles se laissaient prendre dans la main sans mordre, au contraire de mes hamsters dont je me méfiais toujours un peu. Souricette étant très fine quand je l’avais eue, elle était un jour passée entre les barreaux de sa cage. Il fallut fouiller toute la pièce où je la gardais, je finis par la retrouver dans le cartable d’une de mes sœurs. Elle avait sans doute besoin d’espace car elle parcourait en intention de longues distances dans sa roue mobile une fois consignée dans sa cage.

Et puis il y avait des cochons d’Inde dans les clapiers des lapins, des moutons dans nos enclos, des pigeons dans une volière. Tout un univers de créatures que j’affectionnais toutes, et qui, pour certaines d’entre elles, atterrissaient dans nos assiettes non sans avoir causé quelques larmes les samedis après-midi d’immolation…

De cette enfance entourée d’animaux divers, j’ai gardé le goût pour ces créatures compagnes de nos vies humaines, et je porte une affection sans borne à mes chats successifs, qui me le rendent bien. Il n’y a aucune malice dans les animaux, et souvent, je rêve qu’il en soit de même entre humains, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.
En ce jour, prions saint François d’Assise qu’il nous préserve de nos prédations humaines guerrières ou psychologiques !

Cantique de la prière de Saint François d’Assise, mis en images par mes soins :

https://www.youtube.com/watch?v=36gtZh4iifk

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