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Réflexions au sujet de ce long carême ecclésial

24 mars 2020 | Publié par Véronique Belen dans Blog

Totalement confinée chez moi depuis une semaine puisque je pense avoir contracté il y a quinze jours le coronavirus, fort heureusement sans gravité, et que j’observe le délai de quatorzaine pendant ma convalescence, j’ai le loisir de méditer sur ce qui compte le plus dans ma vie et ce qui revêt moins d’importance… comme le font, je pense la grande majorité de nos concitoyens et frères et sœurs d’Europe.

J’ai médité ainsi sur mon rapport à ma pratique religieuse. Quand les premières mesures ont été prises ici début mars, j’ai craint de beaucoup souffrir de ce jeûne eucharistique, moi qui allais à la messe plusieurs fois par semaine. Mais je l’ai considéré comme une offrande de carême, la période y étant propice. C’est cependant beaucoup plus difficile d’envisager la Semaine Sainte et les célébrations pascales sans aucun partage communautaire. Ce temps liturgique-là, je l’affectionne au-delà de tout. Depuis bien des années, du Jeudi Saint à l’octave pascale, je ne manque aucun office.

Depuis deux semaines, je suis la messe télévisée, et ici ou là, des messes offertes par des prêtres internautes. Mais je me suis rendu compte que ce n’était pas tant le rituel catholique qui me manquait, et même pas non plus l’Eucharistie pour laquelle j’ai pourtant une très grande dévotion, non, ce qui me manque en fait vraiment, c’est la communauté paroissiale, toutes ces personnes que j’ai appris, au long des années, à connaître et à aimer comme une famille dans nos quatre villages d’une même communauté de paroisses. Là, pour sûr, je peux dire que ces femmes et ces hommes, ces plus rares jeunes et enfants me manquent terriblement. Nous nous rassemblons dimanche après dimanche, fête après fête et aussi en semaine pour les petites messes du soir, dans une sacristie en hiver, une chapelle latérale ou une petite église à la lumière tamisée, nous sommes alors quelques fidèles, la plupart âgés, et je les chéris tous comme s’ils étaient de ma famille.

Au moment où j’écris ces lignes, mon cœur se serre. L’épidémie est catastrophique dans mon département, dans cette région d’Alsace. Je ne peux m’empêcher de me demander qui manquera à l’appel quand nous sortirons du confinement. Mes amis paroissiens ont 50, 60, 70 ou 80 ans, nous avons même une aïeule des plus fidèles qui doit fêter en septembre ses 100 ans, elle est notre modèle et notre fierté.

Qui manquera à l’appel à la sortie du confinement ?

Guerre cruelle où les soignants sont au front, les plus humbles au travail et où tombent foudroyés nos aînés.

Pensant à mes amis paroissiens, je me dis que finalement, ce n’est pas tant la liturgie, l’Eucharistie et les homélies qui me manquent, non, ce sont ces êtres chers, de chair et de sang, que je voudrais côtoyer encore, avec qui je voudrais chanter, échanger le geste de paix, partager nouvelles et sourires au sortir de l’église. Ce qui me manque cruellement, ce sont ces frères et sœurs dans la foi.

Alors après cette longue et dure épreuve que nous traversons, confinés dans nos foyers respectifs sans plus nous voir, je crois que je n’attendrai plus la même chose de la messe, je crois même que j’aurai du mal à supporter que tout redevienne comme avant, sans aucun changement. J’ai envie de faire corps, de faire église avec d’autres chrétiens, de célébrer ensemble notre foi, certes, mais beaucoup plus proches les uns des autres, en partageant la parole et pas seulement en étant des écoutants passifs du prêtre, en échangeant vraiment verbalement au cours de l’office, en étant eucharistie les uns pour les autres.

A l’issue de ce rude carême qui ne prendra pas fin avec la Pâque cette année, j’appelle de mes vœux une refondation de notre Eglise, une nouvelle manière de vivre la messe. Vraiment, quelque chose de neuf, de beaucoup plus coopératif et chaleureux. Etre réellement, concrètement, essentiellement là les uns pour les autres, avec le Christ au milieu de nous.

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3 commentaires

  • FONCEL says:

    Ô Véronique, MERCI.
    INFINIMENT ! Si vous saviez. Marie m’a fait son ANNONCIATION…déjà dès le matin…j’ai écouté à sept heures la messe en direct de Rome dites par pape François à Sainte Marthe…et puis sur mon PC, la première image de Facebook, l’image souvenir, justement, exactement de MARIE de L’ANNONCIATION ! Seigneur ! Moi aussi, je suis confinée, seule, je ne sors plus du tout priant pour que je n’attrape pas ce vilain virus qui pourrait m’achever étant déjà bien touchée…bref…ce qui compte c’est faire passer le MESSAGE : FRANCE CONVERTIS-TOI reviens à cette vraie foi, en famille chrétienne, dévote, croyante, pratiquante qui partage dans les villes et les village les choses de la foi, engagée, active, charitable, solidaire et pieuse. Que ceci soit vécu vivement dans la joie, en proximité de corps et de voix , de geste, de travail commun, de visite et de veillées, suivi de toutes les fêtes liturgiques au calendrier. CONFIANCE ! FOI ! ESPÉRANCE ! NOTRE FRANCE SERA SAUVÉE ! Parce que nous l’aurons demandé à Marie en ce beau jour d’ANNONCIATION qui la fête spécialement. A nos fenêtres à MIDI, pour le Notre-Père ou devant l’écran avec le Pape ou autre prêtre…ce soir sur les fenêtres le lumignon en union avec toutes les cloches de France qui sonneront en même temps, signe sonore de « J’ADORE » OUI, NOTRE SEIGNEUR MARIE DIEU ET TOUT SON CIEL. Amen. Reconnaissance profonde pour votre signe, votre invitation. Je suis infiniment heureuse de vous connaître par ici. GUÉRISSEZ VITE. Vous retrouverez de toute façon votre paroisse quoiqu’il advienne. Gardez foi. Dieu sait. Son mystère est infini, sa compassion illimité, son AMOUR EXPONENTIEL ET PUISSANT. IL GUÉRIRA LES ÂMES. Oui tout changera en MIEUX, parce que nous le saurons par cette pandémie qui au bout du compte est une GRÂCE. Bonne journée malgré tout. Marie-Danielle.

    • Macchia says:

      Merci à vous deux pour ce beau partage, qui m’a aussi permis de réfléchir.
      Particulièrement à l’Eucharistie.

      • « …qui me manquait, et même pas non plus l’Eucharistie » :
      hum…et le Seigneur dans tout ça ?
      Faire Eglise, oui, mais nous sommes appelés à l’Eucharistie par le Seigneur, pour partager son Corps et son Sang, pour faire ceci en mémoire de Lui et prier ensemble le Père pour que son règne vienne. Ensemble. Bien sûr. Mais gardons au cœur l’essentiel de l’Eucharistie. Cette proximité des corps et des voix se vit dans n’importe quelle fête de nos communautés.
      L’Eucharistie se vit avec le Seigneur, nous recevons sa Paix que nous échangeons, nous sommes envoyés au dehors pour être témoins de la Parole, c’est bien plus que la proximité physique et amicale de nos frères et sœurs dans la foi.

      • « cette pandémie qui au bout du compte est une GRÂCE » :
      pas d’accord du tout ! Le Seigneur n’envoie pas les virus…
      Plutôt, que nous vivions ce moment de notre histoire humaine de la meilleure des façons, en solidarité, en respect accru des autres,
      en reconnaissance de ceux qui sont au service, en joie de la chaleur familiale retrouvée…là d’accord !

      Angelo MACCHIA
      diacre permanent
      Diocèse de Tournai, Belgique

      • Véronique Belen says:

        Merci Angelo d’être passé ici et d’avoir laissé un commentaire.
        Je vous réponds sur l’Eucharistie : bien, sûr, je comprends très bien ce que vous nous dites. Vous ne devez pas être un lecteur habituel de ce blog, où j’ai déjà témoigné maintes fois de la très grande importance que j’accorde à l’Eucharistie comme présence réelle du Seigneur, par exemple dans ce billet qui date de 2012 :

        https://www.histoiredunefoi.fr/meditations-bibliques/1140-leucharistie-ma-force

        Mais comme nous sommes dans des circonstances exceptionnelles de jeûne eucharistique total, je m’interroge et j’apprends à m’accommoder de cette privation. Par exemple, je me sens de ce fait plus proche des catholiques privés habituellement de communion, et des autres chrétiens. Nous voilà sur un pied d’égalité. Il faut retenir quelque chose de positif dans toutes ces épreuves que nous vivons actuellement, c’était un peu le sens de mon billet.
        Bien cordialement à vous,



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