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Au sujet du meurtre de la jeune psychologue d’Annecy

28 août 2020 | Publié par Véronique Belen dans Blog

Je n’ai pas pour habitude de m’exprimer sur ce blog sur des sujets d’actualité, mais cette fois mon émotion est trop forte et je ne puis cacher ma colère.
Mercredi 26 août, une jeune psychologue de 30 ans a été tuée en pleine consultation dans son cabinet du centre ville d’Annecy d’un coup de fusil de chasse par un homme de 75 ans. Il n’était pas son patient, non. Le mobile du crime est abominable : la jeune psychologue allait signaler ce septuagénaire à la justice pour des faits d’agression sexuelle sur une mineure dans le cadre familial.

Le meurtrier a reconnu le coup de feu. Certes, il demeure la présomption d’innocence sur les faits d’abus sexuels sur mineure, mais je conçois difficilement qu’une adolescente, ou une personne s’exprimant à son sujet chez cette psychologue ait inventé cette histoire dans le cabinet jusqu’au point de provoquer chez la jeune professionnelle la réaction de faire remonter l’information préoccupante à la justice.

Dans le cadre de mon métier de professeure des écoles, je sais que l’on ne procède jamais à un signalement au sujet d’un enfant en danger ou déjà victime sans maintes précautions et suspicions vraiment fondées. Je n’imagine donc à aucun moment que cette jeune psychologue ait agi à la légère sans avoir de bonnes raisons de faire remonter une information préoccupante sur cette mineure.

Pourquoi ce billet de blog ?
Parce que la coupe est pleine.
Je n’en peux plus de la violence aveugle pour couvrir des faits criminels dans le souci de garder sa bonne réputation et d’éviter toute sanction.
Je n’en peux plus du déni des criminels qui usent et abusent du mensonge pour se dédouaner de leurs fautes.
Je n’en peux plus de ces procès où le coupable est défendu comme s’il était lui-même la victime, avec surabondance de circonstances atténuantes.
Je n’en peux plus de cette banalisation du crime de sang, comme si les meurtriers se croyaient dans un film d’action dont ils seraient le héros.

Et j’ajoute encore, comme chrétienne, je n’en peux plus non plus des super miséricordieux qui vont pleurnicher sur le coupable et demander à la famille de la victime de pardonner.

Je suis dure ? Est-ce moi qui suis dure, ou cette affaire qui est insupportable ?
La jeune psychologue avait 30 ans et un bébé, le père de son enfant travaillait avec elle.
Tragédie jamais cicatrisée pour lui, l’enfant, les parents de la jeune femme et tout son entourage.
La jeune psychologue prenait son travail à cœur et voulait venir en aide à une mineure victime d’abus dans le cadre familial. Elle a fait ce qu’elle avait de mieux à faire. Elle l’a payé de sa vie, et d’une existence dévastée pour tous ses proches.

Je crie ma révolte.
Je ne prierai pas pour le meurtrier. Non. Tuer une innocente pour couvrir ses crimes, c’est au-delà de mes capacités de compassion.

On va encore me juger mauvaise chrétienne, je le sais et je l’assume.

Mais ce que je demande à Dieu dans ces circonstances, c’est, puisque la justice des hommes ne pourra jamais rien réparer, que sa justice à Lui se fasse jour, et que le chrétien y réfléchisse à deux fois avant de lâcher un trop facile : « Il faut pardonner. » On n’a pas là affaire à une offense. C’est infiniment pire. La jeune femme est morte, son bébé n’a plus de maman. Qu’on me trouve un verset d’évangile où Dieu se place du côté d’un tel meurtrier, et pas de cette famille brisée.

Véronique Belen

28 août 2020

Article de presse sur le fait :
https://www.20minutes.fr/societe/2848539-20200828-psychologue-tuee-annecy-victime-allait-signaler-suspect-faits-agression-sexuelle-mineur

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