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Au sujet de la fête de la Nativité de la Vierge Marie

8 septembre 2020 | Publié par Véronique Belen dans Blog

Je l’avoue d’emblée : je n’aime pas cette fête des Eglises catholique et orthodoxe qui ne s’origine dans aucun écrit de la Bible canonique. On a brodé autour des évangiles apocryphes que je rejette absolument et puisé dans des traditions qui relèvent plus de la légende que de la vérité.

Tout cela pour nous faire croire quoi ? Que la naissance de la Vierge Marie n’est pas une naissance ordinaire, elle serait précédée de stérilité, de jeûne au désert, de visites d’anges et que sais-je encore. Tout cela pour justifier la croyance en une mère de Jésus radicalement différente des autres femmes depuis l’instant de sa conception.

Eh bien, que l’on sache que je m’érige contre cette perception de la naissance de Marie. Car toutes ces légendes farfelues ne visent qu’à la mettre à part de l’humanité et à la distinguer absolument des autres femmes qui l’ont précédée et qui lui succèdent encore.

Quoi ? Une femme née de parents ordinaires et semblable à toutes ses sœurs en humanité n’aurait donc jamais pu avoir une foi suffisante pour accepter d’accueillir en son sein le Fils de Dieu? Une jeune fille vierge sans naissance surnaturelle n’aurait donc pas été digne de porter en son sein le Messie d’Israël ?

Croire cela, c’est en fait mépriser profondément toute femme. Car je le dis et le répète : de très nombreuses jeunes filles au cœur pur, à la foi vive et au grand désir de contribuer au salut de l’humanité auraient acquiescé au projet de Dieu avec autant de grâce et de foi que Marie si elles s’étaient retrouvées dans la même situation. Aucun besoin d’être « Immaculée » à un titre particulier pour cela. Catholiques et orthodoxes commettent toujours la même erreur en voyant du surnaturel en Marie et en finissant par relativiser la différence de Jésus d’avec les autres hommes. Car enfin, qui, de Jésus ou de Marie, est né sans aucune intervention d’un géniteur masculin ? C’est Jésus et non Marie ! C’est Jésus qui est fondamentalement différent de ses frères en humanité puisqu’il ne partage pas avec eux le péché profondément inscrit dans leur chair, tandis que Marie est seulement une jeune fille ouverte à la Parole et à l’action de Dieu comme peut l’être n’importe quelle fille dans n’importe quelle culture.

Le péché masculin commence dans le doute à ce sujet : Joseph, dans son tout premier mouvement, ne croit pas à l’origine divine de Jésus et envisage de répudier Marie, comme n’importe quel homme soucieux de sa réputation et de ne pas « perdre la face » en société l’aurait fait. Oui, là commence le péché masculin : ne pas croire que la femme que l’on a en face de soi puisse être dans l’intimité de Dieu davantage et mieux que n’importe quel homme, y compris celui que l’on est.

Le péché masculin, c’est encore de rédiger des évangiles apocryphes pour laisser entendre que Marie est à part des autres femmes – elle dit son « Oui » parce qu’elle est surnaturelle, elle accouche de façon extatique, elle met au monde un fils premier-né dont le passage la laisse vierge et elle se refuse à son légitime époux toute sa vie en étant néanmoins glorifiée par lui ! Bien sûr, comme on fait de Marie une créature surnaturelle, on fait de Joseph un saint exceptionnel. Il passe toute une vie conjugale dans le lit de la plus délicieuse des épouses sans seulement l’effleurer du bout des doigts…

Tout cela est tellement ridicule que j’en suis affligée. Les Pères de l’Eglise ne se sont même pas rendu compte qu’en coupant Marie de la vie ordinaire des femmes, ils en faisaient une déesse païenne. Glorifiant leur Reine du Ciel / Astarté, ils méprisent plus sûrement toutes les femmes ordinaires censées ne pas lui ressembler.

C’est encore et toujours masquer le fait que c’est Jésus le Christ qui est absolument différent d’eux, étant sans péché, et non sa mère qui est différente de toutes ses sœurs en humanité. Le culte disproportionné rendu à la Vierge Marie est la meilleure façon de demeurer dans le mépris des femmes passées, présentes et à venir. Y compris de celle que je suis quand je ne fais que dire, comme ici, la vérité.

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