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10 %

30 juillet 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog

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Un conseil reçu un jour par un accompagnateur spirituel : lire chaque jour une page du catéchisme de l’Eglise catholique. Première réaction intérieure : pfff… Deuxième réaction concrète : je l’achète. Puis je le laisse sur mon chevet. Une page par jour, je n’ai pas pu. Mais un ou plusieurs chapitres de temps en temps, oui, je le fais.
J’en ai lu plusieurs longs passages aujourd’hui. Et tout au long de ma lecture, je n’ai pas pu m’empêcher de penser : « Que tout ceci est masculin ! » A tout point de vue je trouve : la formulation, la pensée, cette façon de croire que l’âme humaine est indifférenciée face au péché, sans distinction de sexe, que le péché récurrent de l’homme est aussi le péché récurrent de la femme…
Sentiment augmenté par les citations : les encycliques qui reviennent sans cesse, les références constantes à saint Augustin, saint Thomas d’Aquin… Comme si toute pensée ecclésiale ne pouvait passer que par le filtre de l’esprit masculin.
J’ai lu et médité.
Et puis je me suis prêtée à un petit jeu : évaluer réellement d’où venaient les citations du CEC. Je me suis penchée sur l’index des citations de 56 pages (si !).
D’abord, 31 pages de références à l’Ecriture. Fort bien. Puis 7 pages de références à des conciles et des encycliques. Bon. Encore 4 pages de documents pontificaux. Hommes (forcément). Documents ecclésiaux, droit canon, liturgie : 5 pages. Viennent les écrivains ecclésiastiques : 10 pages, 70 auteurs. Je fouille à la loupe, et je déniche 7 références à des auteurs femmes : Catherine de Sienne, Elisabeth de la Trinité, Jeanne d’Arc, Julienne de Norwich, Rose de Lima, Thérèse de Lisieux, Thérèse d’Avila. 7 sur 70, autrement dit 10 % des auteurs cités.

Voilà. Tout est dit. Dans 1/6ème des citations utilisées par le Catéchisme de l’Eglise  catholique, on trouve 10 % d’auteurs femmes. Tout le reste, l’immense reste, nous est imposé par la pensée masculine bimillénaire.

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6 commentaires

  • Aucher Jean Paul says:

    Bonjour

    Bravo pour cet effort, relire le catéchisme de l’église catholique.
    Vous m’encouragez a recommancer.
    Mais je ne comprends pas cette inquiétude à ce que peu de femmes soient citées.
    Car à côté des pères de l’église et des papes, il ne faut pas oublier toutes les saintes, les fondatrices, les très nombreuses visionnaires auquelles le Christ ou la Sainte Vierges ont parlé.
    Les demandes, les prières, les conseils qu’elles ont transmis directement depuis le ciel passent par dessus les fonctionnaires.
    Et bien sûr, l’action actuelle de plus en plus mise en évidence malgré l’opposition du monde, de la Sainte Vierge qui est de plus en plus le général à la tête de l’armée des hommes (terme générique)de bonne volonté.
    A Fatima, la Sainte Vierge a montré aux voyants ( deux filles et un garçon ) une vision de l’enfer et les innombrables prêtres et évêques qui le peuplent.
    Alors finalement je crois qu’au bout du compte les fonctionnaires semblent avoir la plus mauvaise part au destin de l’humanité.
    Et plusieurs fois par jour, la foi me pousse a dire le « je vous salue Marie » au point qu’il m’arrive d’avoir des scrupules envers les autres saints.
    Tout ceci pour exprimer cette vérité qui allait de soi aux époques où la société était organisée vers le salut.
    Les femmes sont l’avenir et le centre de la vie de l’église, les hommes ont besoin de faire beaucoup pour se hisser au même niveau spirituel.
    Après tout, dès les premières paroles de la genèse, c’est à elle (l’Église qui est femme) qu’est dévolue la victoire.
    C’est Marie qui va écraser la tête du serpent.

    Tel est ce que je crois.
    Jean Paul.

    • Véronique Belen says:

      Bonjour Jean-Paul,

      Ce n’est pas tant le nombre de citations qui me froissent dans le CEC, mais l’esprit général, que je trouve résolument masculin, ce dont vous ne pouvez peut-être pas vous rendre compte étant donné que vous êtes un homme…
      Quant à prendre en considération les femmes inspirées dans l’histoire de l’Eglise, il n’y en a pas tant que ça qui aient trouvé grâce aux yeux des ecclésiastiques. Et dans la grande majorité des cas, on a prêté attention à ce qu’elles disaient longtemps après leur mort, ou tout du moins, après leur avoir fait endurer le mépris pendant bien des années…
      On cherche toujours, en tant que femme, à nous consoler par les mérites de la Vierge Marie : or la Sainte Vierge vénérée universellement n’a plus grand chose à voir avec l’humble Marie de Nazareth. Je ne la vois pas personnellement comme « le général à la tête de l’armée des hommes (terme générique)de bonne volonté », comme vous dites.
      Mon espérance n’est pas extravagante : que l’on prenne enfin la pensée féminine en considération au niveau du magistère, de nos jours, au lieu de fouiller dans le lointain des siècles pour se donner bonne conscience à peu de frais en canonisant par exemple Hildegarde de Bingen 1000 ans après sa mort…

      • AUCHER Jean Paul says:

        Merci de cette réponse.

        Je crois que nous sommes d’accord, De fait, l’Église Catholique est largement dirigée par des hommes depuis le début. En cela, cette institution a fonctionné avec les individus qui composent la société dans laquelle elle baigne.
        Le Christ lui-même s’entoure d’homme comme apôtre et au moment de la Cène, aucune femme n’est là (quoique puisse en dire Dan Brown, pour rire), non parce que Dieu incarné serai phallocrate ou machiste, mais parce que la transmission de la « pédagogie » divine va se faire à travers un monde qui est comme ça.
        Pour autant, le christianisme est la seule tradition spirituelle qui accorde une telle importante aux femmes.
        Parallèlement, les croyances contemporaines (si l’on fait abstraction de la différence entre la vérité et l’erreur) considèrent toutes les femmes comme soumises aux hommes, une quasi esclave dans le judaïsme, une éternelle mineure dans la tradition grecque ou romaine. Seuls les celtes tiennent une balance équilibrée entre les sexes, sauf qu’il n’ y a pas de « grand » druide femme. Et c’est la même chose sur les autres continents, sauf a me démontrer mon ignorance.
        La question que l’on peut se poser est pourquoi ?
        Vous parlez de l’esprit général de la tradition écrite ecclésiastique, bien oui, on peut même dire que le corpus doctrinal depuis deux mille an a continué a être écrit par des hommes, comme la Bible depuis Moîse.
        Toutefois, les saintes sont bien présentes et écoutées, l’évolution actuelle des mentalités est-elle une bonne ou une mauvaise chose ?
        Est-ce l’esprit du monde (au sens ou le Christ l’entend) ou un gain dans la vie de la communauté ?
        En ces temps de révélation, comment développer la prise de parole féminine et en tirer une valeur spirituelle pour nos frères et sœurs chrétiens ?
        Peut-être est il temps de collecter de façon la plus exhaustive possible, les écrits, les témoignages, les actions féminines de théologiennes, saintes, abbesses, écrivains et de les promouvoir à travers une maison d’édition qui reste peut-être a créer (l’œuvre d’une vie) ?
        Je vous offre ces interrogations tout en me préparant a partir pour la messe.
        Il est fort possible qu’une réponse apparaisse au sermon, comme bien souvent.
        En union de prière

        Jean Paul

        • Véronique Belen says:

          Merci Jean-Paul pour cette contribution intéressante.
          Vous dites : »Est-ce l’esprit du monde (au sens ou le Christ l’entend) ou un gain dans la vie de la communauté ? »
          On me connaît comme revendiquant plus d’écoute et d’influence des femmes au niveau du magistère. Mais contrairement à certaines personnes, je ne suis pas une militante du sacerdoce féminin et des évolutions de l’Eglise qui pourraient être qualifiées de venant de « l’esprit du monde ». Non, il ne s’agit pas de cela.
          Je suis favorable à une plus juste prise en compte de la pensée, voire de la mystique féminine. Le pape François aime bien rendre à chaque pensée religieuse son sens dans son contexte, son époque. Or, ce que je disais déjà plus haut, c’est que trop souvent, on prend en considération un apport féminin à la théologie longtemps après la mort de la personne. Nous allons entrer dans l’année de la Miséricorde. Or sainte Faustine qui l’a inspirée a vécu jusqu’en 1938. Le contexte dans lequel elle a reçu ses révélations mystiques était donc bien différent de celui d’aujourd’hui. Plaquer les apports de sainte Catherine de Sienne sur l’Eglise d’aujourd’hui, six ou sept siècles plus tard, n’a plus beaucoup de sens non plus. De même, la doctrine de sainte Thérèse de Lisieux est très en vogue de nos jours, or ses écrits sont très imprégnés de la mentalité de son époque, et son ingénuité qui plaît tant est tout de même en décalage avec la vie d’une femme contemporaine. Par exemple, elle n’avait certainement même pas accès à la Bible en son entier, et ne pouvait pas de ce fait porter un regard complet sur l’Ecriture.
          C’est cela que je déplore, ce décalage permanent de l’Eglise catholique avec certaines réalités de son temps. L’Eglise parle beaucoup du monde et au monde, oui, mais très souvent depuis le tricot du magistère incontestable en son sein, et qui cependant comporte des lourdeurs désuètes dont on a bien du mal à se dépétrer.
          Les frères de Taizé disaient ce matin à la télévision que l’unité des chrétiens était une nécessité urgente. Qui a conscience de cette urgence aujourd’hui ?

          • Aucher says:

            Excellente réponse e fait une chose à laquelle je ‘avait jamais pensé, c’est ce décalage dont vous parlez. Le temps spirituel n’est pas le même que l’histoire.
            Un point de vue du 19 ème siècle ou avant peut être une révolution une bénédiction.
            Il faut y réfléchir.
            A bientôt.
            Jean Paul

  • André BONDU says:

    Les rédacteurs du Catéchisme de l’ Eglise catholique n ‘ont fait que donner l’ image de ce qu’ est l’ Eglise aujourd’hui.

    Or,;on sait très bien que, depuis 2000 ans, les femmes ont toujours été écartées des postes de responsabilité dans l’ Eglise. Même si la mentallité ecclésiastique évolue, cette évolution reste très lente, et beaucoup de prêtres, d’ évêques et de cardinaux sont loin d’ être mûrs pour accepter des femmes à de vrais postes de responsabilité. Voir à Paris l’ histoire du Comité de la jupe.

    Bruno Frappat a raconté récemment que, lorsqu ‘il a quitté ses fonctions de Directeur de La Croix et que Dominique Quinio avait pris sa place. Ils sont allés à Rome pour présenter les changements à la Curie. Or, il dit qu’ à son grand étonnement(, la seule chose qui a retenu l’ attention des « ‘fonctionnaires » du Vatican et qui leur a posé problème, c’ est que ce soit une femme qui devienne la patronne d ‘un grand journal catholique comme La Croix !

    On dit que Marie de Magdala est la première des apôtres, parce que c’ est à elle que Jésus a confié le soin d’ aller annoncer sa résurrection aux apôtres et leur donner pour instruction d’ aller le rejoindre en Galilée. Or, qui a parlé d’ elle depuis ? Qu’est-elle devenue ?

    Le Saint – Esprit saura faire évoluer les mentalités,; c’ est certain, mais à son rythme…

    Plusieurs femmes ont déjà des postes importants à la Curie, mais elle disent combien elles rencontrent de difficultés sur leur chemin.

    Ce n’ est pas une raison pour se décourager et jeter le manche après lq cognée !.

    Pour l’ instant, l’ Eglise est encore dirigée par des  » machos » !

    Moi, je ne peux que prier pour que cela change.

    Quant à vous, les femmes, n’ hésitez pas à montrer, par des exemples concrets, comment vous pourriez faire différemment et mieux que les hommes. N’ hésitez pas à critiquer concrètement les décisions prises seulement par des hommes.

    Bon courage, Véronique !.

    Une autre Véronique, Véronique Margron, a réussi à devenir Doyenne de la Faculté de Théologie de l’ Université d’ Angers !

    Et on commence à découvrir le travail réalisé par Hildegarde de Bingen ou Thérèse d’ Avila, auxquelles aucun homme ne peut se comparer….

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