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Intraduisible différence

28 octobre 2015 | Publié par Véronique Belen dans Blog

Hildegarde de Bingen écrivant

Ces derniers jours, je me suis beaucoup penchée sur les commentaires consécutifs au Synode sur la famille, et j’ai lu ici ou là des articles de féministes engagées par exemple dans le « Comité de la jupe ». J’ai du respect pour ces femmes qui tentent de faire entendre leur voix, au nom des autres femmes, dans l’Eglise, mais comment dire… je n’adhère pas au ton et aux arguments, même bibliques. Et je me dis que si l’opinion et les clercs font des amalgames entre ce type de féminisme et la petite voix que j’essaie de faire entendre, j’ai encore bien du chemin à faire pour être comprise et prise au sérieux.
Tout d’abord, je constate qu’elles sont toutes fort diplômées professionnellement et en théologie. Ce n’est pas mon cas. Je n’en conçois aucun complexe d’infériorité, me former en théologie est même une sorte de refus profond, je n’ai aucune envie d’accéder à la sphère des « sages et des intelligents », et encore moins de risquer d’être formatée dans ma foi. Je regrette d’ailleurs que pour avoir la parole sur la scène religieuse, il faille pouvoir exhiber des diplômes de théologie. Les mystères de Dieu ne sont -ils pas révélés aux « tout-petits » ?
Là n’est pas ma seule différence. Je suis profondément blessée du peu de cas qui est fait dans le Magistère de la pensée des femmes, oui, mais je ne revendique certainement pas pour autant de revêtir des vêtements sacerdotaux. Je suis de celles qui ne militent pas pour l’accession des femmes à la prêtrise. Je m’en suis déjà expliquée et j’ai été fort mal comprise. Je le referai peut-être dans un autre billet.
Je peux me permettre une parole relativement libre parce que je n’appartiens  à aucun ordre religieux. Pour autant, je crois beaucoup aux vertus de l’obéissance ecclésiale, et je pense que l’on peut obtenir plus de crédit par la voie de cette obéissance que par l’affrontement direct et la dénonciation publique des insuffisances, voire des incohérences des clercs qui ont pouvoir de décision.

Ces derniers jours, des représentants de la « jeune garde » de l’Eglise qui se veut plus soumise à la doctrine et convaincue de détenir la vérité grâce au catéchisme, ont reproché aux penseurs catholiques plus progressistes de s’éloigner du catholicisme et de tendre vers le protestantisme – comme si ce mot était en lui-même une insulte à la foi.
J’ai de grandes aspirations œcuméniques, mais ma foi est résolument catholique et je serais comme une étrangère dans un temple protestant. Je supporte donc mal qu’on tente de nous pousser vers la sortie dès que nous avons quelque critique à émettre sur des doctrines supposées immuables.
J’en reviens à cette idée d’obéissance ecclésiale qui n’existe justement pas chez nos frères réformés.
Moi qui ai eu à combattre toute ma vie une nature un peu rebelle, j’ai expérimenté maintes fois que l’obéissance ecclésiale me sortait de toutes les situations difficiles spirituellement. Je n’ai pas abdiqué mon libre arbitre, ni ma compréhension personnelle des Ecritures au souffle de l’Esprit. Mais j’ai compris profondément que la volonté de Dieu se réalisait plus facilement dans l’obéissance à ce que le pape François nomme « la sainte Eglise hiérarchique ».

Alors les grandes voix féminines de l’Eglise, je les perçois plutôt dans des personnalités telles que Hildegarde de Bingen, sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse d’Avila, Edith Stein… Elles en ont certainement beaucoup ravalé, mais quelle fidélité à l’Eglise et quelle fécondité spirituelle !

Image : Enluminure de Hidegarde de Bingen écrivant

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2 commentaires

  • Claire says:

    Je suis en accord avec vous Véronique..Les responsabilités d’ Eglise sont déjà endossées par des femmes au niveau paroissial (responsables de la catéchèse, de la liturgie, forte présence dans les équipes d’ animation pastorale), ces dernières sont très certainement insuffisantes en nombre dans les conseils diocésains et dans les dicastères de Rome..Cela va probablement changer avec les dires récents de notre pape! Mais les femmes ont leur perception propre, et leur richesses, qui ne nécessite pas un calquage sur le sacerdoce masculin..c’est à inventer, je suis sûre que cela évoluera de notre vivant! Mais l’ Eglise est un grand voilier, tout changement de trajectoire prend du temps..Je dirai que dans ce voilier, avançant au souffle de l’ Esprit, il est probable que les petites navigatrices de la base qui travaillent dans le secret, sont tout proche du cœur de Dieu ( non, Dieu ne boude pas les femmes…pour faire écho à votre billet précédent)…bonne fin de vacances!



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