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Un obstacle majeur au rapprochement avec les réformés

21 janvier 2016 | Publié par Véronique Belen dans Blog

Tandis que les faux prophètes qui accentuent le trait d’une tradition chrétienne au mépris de toutes les autres – je pense en particulier aux propagandistes des mariolâtries exacerbées – attirent nombre d’adeptes et entendent phagocyter l’Eglise avec leur propre interprétation des dogmes et des phénomènes apparitionnaires, je constate avec tristesse que les voix qui défendent un retour plus pur à l’Evangile et une révision de certaines doctrines catholiques ou orthodoxes rencontrent peu d’écho. On insiste encore et encore sur ce qui divise comme étant la plus pure vérité – alors qu’elle ne relève que de la Tradition et pas des Ecritures – en négligeant ce qui pourrait unir dans le dialogue avec les réformés.

Je l’avoue, j’ai parfois honte d’appartenir à cette Eglise qui tolère en son sein des idolâtres d’une Vierge Marie qui n’a plus rien d’humain. On parle d’Elle avec une majuscule, on la proclame reine de ceci et de cela, co-rédemptrice de l’humanité, épouse du Christ – ce qui est tout de même le comble pour sa mère – et on l’enrubanne de superlatifs qui finissent par la rendre aussi désincarnée qu’une déesse païenne.

Disant cela, je dois une fois de plus préciser que j’ai une grande tendresse pour Marie et qu’elle a toute sa place dans ma prière d’intercession. Mais je suis fatiguée que l’on se serve d’elle pour mieux souligner l’indignité de toutes les autres femmes. C’est facile de se pâmer devant une image pieuse de la Vierge Marie et de fermer son cœur et ses oreilles dès qu’une femme bien de notre siècle tente d’avancer des arguments contre cet excès de vénération.

Il faut bien dire que dans ces dernières décennies, surtout me semble-t-il depuis Jean-Paul II, on n’a cessé de se passionner pour la mariologie, de forcer le trait, de répandre l’idée que toute solution à tout problème interne ou externe à l’Eglise viendrait par la consécration au cœur de Marie. Pourquoi ces excès ? Je ne me les explique pas.

Par contre, je suis persuadée que c’est un lourd obstacle dans la progression vers l’unité des chrétiens. Les fils et filles de la Réforme nous regardent d’un œil consterné. Et s’ils se détournent de plus en plus de la figure aimante et maternelle de Marie, c’est bien de notre faute, à nous catholiques et orthodoxes exagérément exaltés dans la louange à sa personne.

Comment retrouver un peu de mesure et tendre la main à nos frères et sœurs protestants et évangéliques en leur disant simplement que nous avons parfois perdu la raison sur ce sujet, relégué le Christ Jésus au second plan, fait passer des traités de mariologie au-dessus de la sobriété des Evangiles au sujet de la mère du Seigneur Jésus ?

Nombre de catholiques pensent que l’unité pourra se faire quand les réformés accepteront de vénérer Marie comme « Reine du Ciel et Reine des anges ».
Je suis persuadée du contraire. Quand nous, catholiques et orthodoxes, serons capables de leur dire : « Nous avons préféré l’image que nous nous faisons de la Vierge Marie au dialogue avec vous », alors, peut-être, quelque chose pourra-t-il enfin se dénouer positivement.

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